Persuasion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La persuasion, du latin persuasio, est l'action d'amener quelqu'un à quelque chose, à croire, à faire, à vouloir, « à la faveur d'une connivence »[1]. « L'art de persuader a un rapport nécessaire à la manière dont les hommes consentent à ce qu'on leur propose, et aux conditions des choses qu'on veut faire croire »[2].

Les anciens, d'Isocrate à Aristote et Cicéron, ont défini la rhétorique comme l'art de convaincre et de persuader. Des auteurs classiques à partir de l'humaniste Ramus au XVIe siècle ont distingué persuader de convaincre, la persuasion ajoutant à la conviction par la dialectique[3], l'idée d'un sentiment actif excité dans l'âme de l'auditeur et joint à la conviction[4].

Avant-propos[modifier | modifier le code]

La persuasion vise à faire faire. On est confronté en permanence au désir, si ce n'est à la nécessité, de convaincre et de persuader. Si la politique n'est faite que de persuasion, chacun se trouve confronté, de temps en temps, à la nécessité de persuader. Éduquer un enfant, solliciter un emploi ou un logement, requièrent cette capacité. Or, gagner l'adhésion ne va pas de soi car « On ne persuade aux hommes que ce qu'ils veulent »[5]. C'est un exercice complexe qui demande du savoir-faire et du tact, puisque ce qui persuade n'est pas toujours ce que l'on croit.

Introduction[modifier | modifier le code]

La persuasion, « cette souveraine toute-puissante des hommes »[6], appartient au domaine de l'influence, elle n'est qu'une péripétie de l'action sur autrui. À ce titre, elle voisine avec la propagande, elle côtoie la rhétorique, elle n'est pas étrangère à la séduction et fondamentalement elle entretient un rapport ambigu avec la manipulation quand elle n'éprouve pas les pires difficultés à s'en démarquer[7].

« La persuasion mal entourée, traversée par des pratiques suspectées (« guerre psychologique », « lavage de cerveau », « normalisation »...), s'aliène les consciences parce qu'elle percute le libre arbitre, voire la liberté tout court et, en dernière instance, l'autonomie du « moi ». »[7]

Pour éviter cette dérive, les auteurs ont défini l'éloquence et le talent de persuader, et ils ont distingué persuader de convaincre, le premier de ces mots ajoutant à l'autre l'idée d'un sentiment actif excité dans l'âme de l'auditeur et joint à la conviction[4].

Depuis, toute une tradition de pensée a cherché, idéalement, à attacher la persuasion à la raison, à l'éthique et à la morale, pour éviter qu'elle ne s'égare sur le terrain dangereux de l'influence et que le « persuadeur » garantisse le déclenchement d'un consentement libre et authentique chez le « persuadé ».

Mais on mesure vite l'utopie d'une telle construction, dans une société humaine, culturellement agressive, dans laquelle chacun est confronté, à chaque instant, au désir, au besoin de convaincre et de persuader, où pour vaincre ou se défendre, il faut agir sur autrui et où la persuasion s'exerce dans un contexte d'adversité.

Devenue stratégique, « elle est comptable des vulnérabilités d'autrui en même temps qu'elle pense et gère son propre arsenal de moyens, se fournit au magasin de la rhétorique largement approvisionné par divers courants depuis les sophistes, Aristote et les maîtres de l'art oratoire et emprunte à la « psychologie des profondeurs » qui l'éclaire sur les systèmes de défense du moi, les processus d'identification, la théorie des émotions, le jeu des désirs et des besoins, les ressorts de l'anxiété. »[7]

Ressorts et procédés[modifier | modifier le code]

Aristote distingue dans la rhétorique, art de persuader, trois ressorts : la raison (logos), le respect pour l'orateur (ethos),qui est « la forme de persuasion qui a presque le plus d'autorité », le sentiment (pathos)[8]. Dans les jargons modernes, rhétorique se dit communication, propagande, publicité, quand on y consent, manipulation mentale, quand on s'y oppose. On parle de langue de bois pour refuser la tentative de persuasion ou de conviction.

L'appel à la raison[modifier | modifier le code]

L'exposition personnelle[modifier | modifier le code]

L'appel à l'émotion[modifier | modifier le code]

Procédés courants[modifier | modifier le code]

Procédés hypothétiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Denis Huisman, Le dire et le faire, Sedes, 1983
  2. De l’Esprit géométrique et de l’Art de persuader, (1657), Pascal, Géom. II
  3. Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, PUF, , p. 88.
  4. a et b D'Alembert, Mélanges de littérature et de philosophie
  5. Joseph Joubert, Extrait des Pensées
  6. Hécube, Euridipe, vers 424 av. J.-C.
  7. a b et c Lionel Bellenger, La Persuasion, PUF, 1992
  8. Rhétorique, respectivement I.1.3, I.2.4, I.2.5.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]