Vénètes (Italie)

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Les peuples dans la péninsule italienne au début de l'âge du fer :

Les Vénètes (latin Veneti, grec ancien ἐνετοί Enetoi, italien Paleoveneti) étaient un peuple indo-européen de l'Italie antique qui vivait en Vénétie, entre les sommets des Alpes et l'Adriatique. Leur langue, le vénète, connue grâce à quelques centaines d'inscriptions, était d'origine italique, ce qui les rapprochait des Romains, dont ils étaient les alliés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Vénètes auraient repoussé dans les montagnes les Euganéens, qui les auraient précédés dans cette région[1] ; ils combattaient sans cesse leurs voisins celtes et illyriens, notamment les Carnes, les Istriens et les Liburniens. Ils sont signalés comme alliés des Romains dès le IIIe siècle av. J.-C.. Ils fournissent alors des auxiliaires à l'armée romaine durant la Deuxième guerre punique. Pour combattre les Gaulois, ils se sont alliés à Rome et ont ensuite accepté facilement son hégémonie. Ils sont encore signalés dans les îles de l'Adriatique sous Marc Aurèle (IIe siècle). Leur capitale aurait été Padoue, la plus belle de leurs cinquante villes. Un centre important de leur civilisation, la civilisation atestine, était situé à Este, au sud de Padoue. Leur principale divinité était féminine : la déesse Reitia.

Les traditions grecques et romaines sur l'origine troyenne de certains peuples d'Italie faisaient d'Anténor le fondateur de Padoue[1],[2]. Certains auteurs anciens tels que Justin[3], Caton l'Ancien[4], Solin[5] ou Strabon font même des Troyens qui accompagnaient Anténor les ancêtres de l'ensemble des Vénètes d'Italie du Nord.

Une tradition dont on trouve la trace chez Euripide[6] faisait des Vénètes des éleveurs de chevaux réputés. Mais il semble bien que cette tradition concernait en fait les Énètes ou Vénètes de Paphlagonie[7].

Au Moyen Âge, un grand nombre de Vénètes se réfugièrent dans les îles de la lagune au sud d'Aquilée pour fuir les envahisseurs barbares. Ils formèrent ainsi le premier noyau de la future ville de Venise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tite-Live, Histoire romaine, I, 1-3. Tite-Live était lui-même originaire de Padoue.
  2. Virgile, Énéide, I, 247-248 ; Tacite, Annales, XVI, 21, 1.
  3. Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée, XX, 1, 8.
  4. Origines, II, fr. 12.
  5. II, 10.
  6. Hipp., 231 et 1131.
  7. Françoise Bader, « Héraclès et le cheval », in Corinne Bonnet, Colette Jourdain-Annequin, Vinciane Pirenne-Delforge dir., Le Bestiaire d’Héraclès : IIIe rencontre héracléenne, Presses universitaires de liège, 2013, p. 138 (en ligne). Le rapprochement entre les Vénètes de l'Adriatique et les Vénètes de Paphlagonie était courant : Tite-Live, loc. cit., dit que de nombreux Énètes avaient accompagné Anténor en Italie et explique ainsi l'origine du nom des Vénètes.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Giulia Fogolari et Aldo Luigi Prosdocimi dir., I Veneti Antichi. Lingua e cultura, Padoue, Editoriale Programma, 1988.
  • (it) Anna Maria Chieco Bianchi, Michele Tombolani, I Paleoveneti : Catalogo della mostra sulla civiltà dei Veneti antichi, Padoue, Editoriale Programma, 1988, 148 p. (ISBN 9788871230535)
  • (it) Attilo Mastrocinque, Santuari e divinità dei Paleoveneti, La Linea Ed., 1987.
  • (it) Loredana Capuis, I Veneti, Milan, Longanesi, 1993.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]