Paul Sauer

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Paul Sauer
Paul Sauer
Paul Sauer
Fonctions
Ministre des terres et forêts
Premier ministre Hendrik Verwoerd
Gouvernement gouvernement Verwoerd
Prédécesseur F.C. Erasmus (forêts)
Lui-même (terres)
Successeur D.C.M. Uys (terres)
W.A. Maree (forêts)
Ministre des travaux publics
Premier ministre Hendrik Verwoerd
Gouvernement gouvernement Verwoerd
Prédécesseur Jan de Klerk
Successeur Pieter Botha
Ministre des terres et de l'eau
Premier ministre Johannes Strijdom
Gouvernement gouvernement Strijdom
Prédécesseur Johannes Strijdom
Successeur P.K. Le Roux (eau)
Lui-même (terres)
Ministre des transports
Premier ministre Daniel François Malan
Gouvernement gouvernement Malan
Prédécesseur Sidney Frank Waterson
Successeur Ben Schoeman
Membre de l'Assemblée pour la circonscription de Humansdorp
Premier ministre James Barry Hertzog
Jan Smuts
Daniel François Malan
Johannes Strijdom
Hendrik Verwoerd
Prédécesseur Charles Wynand Malan
Membre de l'Assemblée pour la circonscription de Victoria West
Premier ministre James Barry Hertzog
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Wynberg,
Flag of the Cape Colony 1876-1910.svg Colonie du Cap
Date de décès (à 78 ans)
Lieu de décès Stellenbosch, province du Cap,
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Nationalité Sud-africaine
Parti politique parti national
Diplômé de Université du Cap
Université de Stellenbosch
Profession Viticulteur

Paul Olivier Sauer (né le à Wynberg, colonie du Cap et mort le à Stellenbosch en Afrique du Sud) était un viticulteur et un homme politique sud-africain, membre du parti national, député de Victoria West (1929-1933) puis de Humansdorp, ministre des Transports (1948-1954), des terres et de l'eau (1954-1958), des terres, forêts et des travaux publics (1958-1964).

Origines et études[modifier | modifier le code]

Né le 1er janvier 1898 à Wynberg, colonie du Cap, P.O. Sauer est le fils de Jacobus Wilhelmus Sauer, un membre du cabinet de l'union sud-africaine et dirigeant libéral afrikaner, et de Mary Constance Cloete.

Après ses études secondaires au South African College School, il fait des études supérieures à l'Université du Cap et à l'université de Stellenbosch où il est diplômé en agriculture.

Il travaille sur le domaine viticole de Kanonkop au côté de son père et entame parallèlement une carrière politique.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1923, Sauer se présente à une élection législative partielle à Stellenbosch pour le compte du parti national. Il est battu de justesse (par 21 votes d'écart). Lors des élections générales sud-africaines de 1924, il se présente de nouveau à Stellenbosch mais est cette fois battu de 470 votes par le candidat du parti sud-africain (SAP). Dénonçant le clientélisme etl'opportunisme de ses adversaires, il attribue sa défaite au fait que le SAP a fait enregistré quelques 600 électeurs coloureds supplémentaires sur la circonscription durant l'année précédent l'élection[1]. Il leur en gardera rancune en préconisant par la suite que les électeurs coloureds soient retirés des listes électorales communes avec les blancs pour voter sur des listes électorales séparées[1].

En 1929, Paul Sauer est finalement élu député de Victoria West puis, en 1933, de Humansdorp. Il devient membre du conseil fédéral du parti national ainsi que vice-président du groupe parlementaire du parti national purifié puis du parti national réunifié (1938-1939).

En 1946-1947, ce membre de l'Afrikaner Broederbond est chargé par le parti national réunifié de présider une commission chargée de faire des contre-propositions en matière de politique raciale après la publication du rapport de la commission Fagan, mandatée par le gouvernement sud-africain de Jan Smuts, qui préconisait une intégration des noirs sud-africains dans la vie politique, économique et sociale.

Le rapport Sauer[modifier | modifier le code]

Le rapport Sauer (Verslag van die Kleurvraagstuk-Kommissie van die Herenigde Nasionale Party) devint le programme du parti national réunifié lors des élections générales de mai 1948. Le rapport de la commission Sauer préconisait un renforcement de la ségrégation raciale dans le cadre d'une politique de séparation raciale appelée apartheid. Dans ses propositions totalement opposées aux conclusions de la commission Fagan, le rapport Sauer préconisait une stricte régulation des migrations des populations bantous vers les zones urbaines, une restriction des droits politiques et sociaux des noirs en dehors des homelands, les réserves indigènes existantes au sein de l'Afrique du Sud, la réorganisation de l'instruction publique bantou, la consolidation des homelands et leur accession à l'autonomie. Le rapport insiste particulièrement sur la nécessité de freiner l'exode des bantous, une population alors rurale à plus 80 %, vers les zones urbaines alors essentiellement blanches, afin notamment de maintenir la suprématie politique et économique des blancs.

Ministre du gouvernement[modifier | modifier le code]

J.G. Strijdom, D.F. Malan et Paul Sauer à Pretoria en 1953 après l'annonce de la deuxième victoire électorale du parti national

Le 26 mai 1948, le parti national et ses alliés remportent les élections générales. Le 4 juin, Daniel François Malan forme un nouveau gouvernement exclusivement composé d'Afrikaners. Malan propose à Sauer de devenir son ministre des affaires indigènes mais Sauer refuse, lui proposant de nommer plutôt Hendrik Verwoerd à ce poste. Sauer devient alors ministre des transports. Il est reconduit dans le gouvernement de JG Strijdom le 3 décembre 1954 en tant que ministre des terres et de l'eau et le 23 octobre 1958 dans le gouvernement d'Hendrik Verwoerd en tant que ministre des terres, des forêts et des travaux publics.

En avril 1960, peu de temps après le massacre de Sharpeville, Sauer propose, lors d'une réunion du cabinet du premier ministre, d'abroger les laissez-passer (des passeports intérieurs obligatoires pour les noirs de plus de 16 ans), de réformer la loi sur les salaires et de réformer celle sur les ventes d'alcool aux populations noires. Il est alors soutenu par les ministres Theophilus Donges et Ben Schoeman ainsi que par le journal nationaliste Die Burger.

Quelques jours plus tard, alors que Verwoerd se remet d'une tentative d'assassinat, Sauer qui fait office de premier ministre par interim, fait sensation lors d'un discours dans sa circonscription de Humansdorp quand il déclare que le massacre de Sharpeville a refermé un chapitre de l'histoire sud-africaine et en appelle à de sérieuses réformes de l'administration bantoue dans le cadre de l'application de la politique d'apartheid.

Le 29 avril 1960, lors d'une entrevue avec des journalistes, le premier ministre par interim annonce une accélération du développement politique et économique des anciens homelands, les bantoustans, pour les 10 000 000 de noirs que comptaient alors l'Afrique du Sud. Quelques jours plus tard, Eric Louw, ministre des affaires étrangères et proche de Verwoerd, revint sur les propos de Sauer, déclarant que seul le premier ministre en titre était compétent pour annoncer de telles réformes politiques. En mars 1961, bien que désavoué quelque temps plus tôt, Sauer est néanmoins premier ministre par interim lors du déplacement de Verwoerd à Londres lors de la conférence des premiers ministres du Commonwealth. Le 4 août 1964, Paul Sauer quitte le gouvernement et met fin à sa carrière politique.

Retraite[modifier | modifier le code]

Il se retire ensuite sur sa propriété viticole de Kanonkop, située sur les pentes inférieures des monts Simonsberg entre les villes de Stellenbosch et Paarl. Il meurt d'une maladie pulmonaire en 1976. Il est enterré à Stellenbosch.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le barrage de Kouga (Kouga Dam) ans le Cap-Oriental s'est appelé Paul Sauer Dam jusqu'en 1995.
  • Le pont qui enjambe la rivière Storm (Cap-Oriental) se nomme pont Paul Sauer.
  • 2 lycées portent son patronyme : le Paul Sauer Hoerskool à Kareedouw et Uitenhage (Cap-Oriental)

Sources[modifier | modifier le code]

  • The Road to Democracy in South Africa: 1960-1970, South African Democracy Education Trust, 2004

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hermann Giliomee, The last afrikaner leaders, a supreme test of power, Tafelberg, 2012, p 23

Lien externe[modifier | modifier le code]