Omar Blondin Diop

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Omar Blondin Diop
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Biographie
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 26 ans)
Île de GoréeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Parti politique
Condamné pour
Terrorisme, espionnage (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Omar Blondin Diop, né le à Niamey et mort en prison sur l'île de Gorée au Sénégal le , est un intellectuel, militant politique sénégalais et membre actif du Mouvement des jeunes marxistes-léninistes du Sénégal. Omar Blondin Diop fut une figure emblématique du mouvement contestataire post-soixante-huitard qui défia le président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Biographie[modifier | modifier le code]

Omar Blondin Diop naquit dans la capitale du Niger en 1946. Il fait ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris et poursuit ses études universitaires comme Normalien à l'École normale supérieure de Saint-Cloud d'où il sort diplômé[réf. nécessaire]. C'est à ce moment que sa conscience politique se consolide.

À Paris, il rencontre Jean-Luc Godard pour qui il joue dans La Chinoise en 1967 aux côtés de Jean-Pierre Léaud et d'Anne Wiazemsky. Son rôle est l'exacte réplique de sa vie, celle d'un militant maoïste de l'UJCml, habitant la Résidence universitaire de Nanterre. Dans ce film, cinq jeunes gens passent l'été dans un appartement qu’on leur a prêté, en appliquant les principes de Mao Zedong : Véronique, étudiante en philosophie à Nanterre, qui projette d'assassiner un dignitaire russe à Paris, Guillaume, acteur, Kirilov, peintre venu de l’ex-Union soviétique, Yvonne, paysanne, Henri, scientifique proche du Parti communiste français. Leurs journées sont une succession de cours et de débats sur le marxisme-léninisme et la Révolution culturelle chinoise[1].

Il fréquente le milieu estudiantin et participe aux évènements de mai 68 au côté d'Alain Krivine[1]. Il sera expulsé de France, tout comme Daniel Cohn-Bendit, mais plus tard[2]. Il participe à l’occupation de l’ambassade du Sénégal à Paris le 31 mai[3], avec entre autres le maoïste Landing Savané, membre lui-même de l’UJCML, puis repart à Dakar où l'impact des évènements de mai 68 a eu un retentissement important comme partout en Afrique. L'agitation syndicale et scolaire aboutit à la crise politique sénégalaise de 1968. Le gouvernement sénégalais prendra des mesures coercitives. Les partis étudiants, associations, regroupements sont interdits.

La population s'agite et manifeste dans la ville de Ziguinchor et en Casamance. Omar gardera contact avec les mouvements communistes français et ses camarades parisiens et sera au côté des militants du Parti communiste sénégalais de Landing Savané. Ce dernier, élève à l'ENSAE, obtient son diplôme d’ingénieur statisticien économiste en juillet 1969 et rentre aussitôt au Sénégal pour intégrer la fonction publique sénégalaise et devenir le premier cadre sénégalais à être nommé chef de la division de la démographie et des enquêtes[4].

Diop est expulsé en 1969 en France. À Dakar, il poursuit ses activités révolutionnaires, soutenu par ses frères cadets, ardents militants anticolonialistes, contre la politique pro-française de Senghor qui s'est adjoint, au poste de ministre de l'Intérieur, un proche de Jacques Foccart : le Français Jean Collin. Le MJML, son mouvement, essayait de s’implanter en milieu paysan dans les régions périphériques et dans le bassin arachidier ainsi que dans certaines grandes zones ouvrières (Thiès, Taïba, Richard-Toll, notamment). C’est ainsi qu’il réussit à faire échouer la campagne d’explication de la politique de jeunesse de l’Union progressiste sénégalaise (UPS).

Omar Blondin Diop a pu ensuite retourner en septembre 1971 en France, « comme boursier du Sénégal »[1] et réintégrer l’École normale supérieure de Saint-Cloud. Le président Senghor était intervenu « personnellement » et « avec insistance auprès du président de la République française (Georges Pompidou) », pour faire lever la mesure d’exclusion et d’expulsion qui le frappait [1],[5].

Pour protester contre des travaux démesurés pour une visite-éclair de Georges Pompidou à Dakar, les frères d’Omar, le , incendient le ministère des Travaux publics et le centre culturel français. Ils sont arrêtés.

Omar, alors jeune agrégatif, projette de libérer ses jeunes frères depuis le Mali où il s’est réfugié. Plusieurs ruptures interviennent au sein du mouvement maoïste sénégalais, en 1972: le groupe animé par Omar Blondin Diop, tenant des orientations qualifiées de « gauchistes » diverge de celui de Landing Savané, partisan d’une "ligne de masse maoïste authentique basée sur une action politique, moins spectaculaire".

Omar Diop est capturé et extradé vers le Sénégal. Le , il est inculpé pour « terrorisme » et pour espionnage comme agent étranger et condamné par un tribunal spécial sénégalais à 3 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l'État ». Il est emprisonné dans le cul de basse-fosse de la prison de l'île de Gorée. Quelques mois plus tard, on le retrouvera mort par strangulation. La population en réaction exprime sa colère. Le Sénégal est au bord du chaos. Le Gouvernement français participera au maintien de l'ordre à Dakar jusqu'au retour au calme. Sa photo trône aujourd'hui dans la salle du musée historique de l'île de Gorée, qui fut à l'époque, lorsque le Fort d'Estrées servait de prison civile pour les détenus politiques, sa cellule mortuaire. Omar Blondin Diop avait 26 ans lorsque l'administration pénitentiaire sénégalaise annonça son « suicide » par pendaison dans la nuit du 10 au .

En 2013, un de ses frères cadet, le docteur Dialo Diop, a saisi la justice sénégalaise pour une demande de réouverture du dossier pour faire la lumière sur ce drame[6].

Filmographie et arts[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d "QUAND OMAR BLONDIN DIOP MOURAIT EN DÉTENTION" par Aboubacar Demba Cissokho, sur Sénéplus, le 12/05/2019[1]
  2. Une autre histoire, Omar Blondin Diop.
  3. Fonds Foccart – Dossier AG 5 (FPU) 2244 – Dépêche AFP, 31 mai [2]
  4. Site personnel de Landing Savané [3]
  5. Selon le ministre de l’Information, Daouda Sow, lors d’une conférence de presse, le 15 mai 1973, trois jours après son décès
  6. Jeune Afrique daté du 21 mai 2013.
  7. « L'événement Vincent Meessen ».