Noix de macadamia

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Noix de macadamia

La noix de macadamia, ou noix du Queensland est le fruit du noyer du Queensland, un arbre tropical de l’État du Queensland (au Nord-Est de l’Australie) du genre Macadamia.

Historique[modifier | modifier le code]

La noix de macadamia a été découverte il y a 5 000 ans par les Aborigènes, et redécouverte, en 1858, par deux botanistes anglais venus faire des recherches au Nord-Est de l’Australie. Son nom lui a été donné en hommage au scientifique australien d'origine écossaise John Macadam (1827-1865) par Ferdinand von Mueller (1825-1896). Il s'agit de l'une des très rares plantes endémiques de l'Australie à avoir été domestiquées par l'Homme[1].

Culture[modifier | modifier le code]

Drupe de noix de macadamia.

La culture de ces noix demande un sol acide (avec un pH entre 5 et 6,5) et des hivers doux (gel bref jusqu’à −2 °C, pas de vents froids) soit la zone de l’avocat. Les variétés à grosses amandes sont recherchées. Deux espèces fruitières sont cultivées : Macadamia tetraphylla et Macadamia integrifolia. La seconde est préférée pour la qualité des noix. La noix de macadamia est cultivée en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Thaïlande, en Afrique du Sud, au Costa Rica, au Brésil et à San Francisco (en Californie, États-Unis). Elle est cultivée et commercialisée à Hawaï qui a importé les arbres d’Australie en 1887. Il existe une production marginale en Espagne et en Afrique du Nord, les pépiniéristes de Vélez-Málaga, par exemple, en proposent.

Les francs de semis produisent tardivement (après 7 ans) des fruits de qualité aléatoire. Les variétés fruitières sélectionnées sont nombreuses (une cinquantaine de cultivars en Nouvelle-Zélande), les usuelles sont Beaumont et Cate. On les greffe sur franc, la germination est facile, pas besoin de scarifier. L’arbre, persistant aux feuilles piquantes, a une croissance lente. Il atteint de grandes dimensions en zone tropicale (30 mètres), une douzaine de mètres en climat de transition. En verger de production, la distance de plantation est de 5 mètres. En climat méditerranéen chaud, un arrosage régulier durant l’été est nécessaire à la qualité des noix.

La noix de macadamia est une drupe formée d’une amande enfermée dans une coque ronde brunâtre, lisse et extrêmement dure protégée par une mince enveloppe charnue, le brou. Elles se présentent en grappes. À maturité, le brou se fend, la noix est mûre quand elle tombe. Les macadamias fraîches, aux amandes douces d’une saveur fine proche de celle de la noix de coco, sont spécialement difficiles à ouvrir, on utilise un casse-noix en forme d’étau[2]. La noix sèche en trois mois, elle éclate alors sous une pression légèrement moindre, sa saveur est plus prononcée et sa texture est devenue grasse.

Elle est consommée nature, cuite, salée, sucrée, grillée à l'apéritif ou caramélisée dans les glaces.

Valeur nutritive[modifier | modifier le code]

Macronutriments[modifier | modifier le code]

Noix de macadamia
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 3050 kJ
(Calories) (740 kcal)
Principaux composants
Glucides 8,35 g
- Amidon 1,05 g
- Sucres 4,57 g
Fibres alimentaires 8,6 g
Protéines 7,14 g
Lipides 72,9 g
- Saturés 11,6 g
Eau 1,45 g
Cendres totales 1,57 g
Minéraux et oligo-éléments
Calcium 85 mg
Cuivre 0,76 mg
Fer 3,69 mg
Iode 0,002 mg
Magnésium 130 mg
Manganèse 4,13 mg
Phosphore 188 mg
Potassium 368 mg
Sodium 5 mg
Zinc 1,3 mg
Vitamines
Vitamine B1 1,2 mg
Vitamine B2 0,16 mg
Vitamine B3 (ou PP) 2,47 mg
Vitamine B5 0,76 mg
Vitamine B6 0,28 mg
Vitamine B9 0,011 mg
Vitamine C 1,2 mg
Vitamine E 0,54 mg
Acides aminés
Acides gras
Acide myristique 606 mg
Acide palmitique 6 040 mg
Acide stéarique 2 330 mg

Source : base Ciqual (anses)[3]

Selon la table Ciqual[3] de l’anses, la noix de macadamia est le fruit à coque le plus riche en lipides (72,9 g/100g) avec la noix de pécan, ce qui en fait un fruit très énergétique apportant 740 kcal/100g. Le contenu en lipides se situe entre 70 et 76,9 g/100g suivant les variétés et les hybrides et les espèces (noix de Macadamia integrifolia ou de Macadamia tetraphylla[4]). Ils sont formés essentiellement d’acides gras mono-insaturés (78 %) et d’acides gras saturés :

Les acides gras de la noix de macadamia[3] (g/100g)
AG saturés AG mono-insaturés AG poly-insaturés
11,6 57,2 1,65

Les acides gras saturés sont principalement l’acide palmitique C16:0 (6,04 g/100g) et l’acide stéarique C18:0 (2,33 g/100g).

Avec une teneur de 57,2 g/100g d’acides gras mono-insaturés, la noix de macadamia est la plus riche de tous les fruits à coque (de la base Ciqual) en mono-insaturés. Ces acides gras mono-insaturés sont principalement des acides en C16:1[n 1] indifférenciés (dont l'acide palmitoléique et l'acide sapiénique) et C18:1 indifférenciés (dont l'acide oléique cis-Δ9, et trans-Δ9, trans-Δ11) avec des teneurs respectives de 12,98 g/100g et 43,75 g/100g[5].

Avec une teneur de 1,65 g/100g d’acides gras poly-insaturés, la noix de macadamia est la plus pauvre en de tous les fruits à coque en poly-insaturés. Les poly-insaturés sont principalement des C18:2 indifférenciés (dont l’acide linoléique) et C18:3 indifférenciés (dont l’acide α-linolénique) avec les teneurs respectives de 1,296 g/100g et de 0,206 g/100g[5].

Une étude comparative de 9 variétés de noix de macadamia[4] de Macadamia integrifolia et M. tetraphylla et des hybrides interspécifiques, a établi que les acides gras les plus importants étaient l’acide oléique C18:1 (40 à 51 % des lipides), l’acide palmitoléique C16:1 24 à 36%) et l’acide palmitique C16:0 8,4 à 13,1%). La variété ‘Huatusco’ est la plus riche en lipides (79,7 g/100g) et possède le plus grand ratio d’acide mono-insatutés/saturés, ce qui suggère son application possible dans l’alimentation. La variété 'Cate' avec son taux mono-insaturés/saturés le plus faible est préférable pour les cosmétiques.

La teneur en protéines de 7,14 g/100g est la plus faible de tous les fruits à coque.

Avec une teneur de 8,35 g pour 100 g en glucides, la noix de macadamia est un fruit à coque à teneur moyenne en glucides, certes supérieure à la noix du Brésil ou la noisette mais très inférieure à la noix de cajou (26,7 g/100g).

Ainsi sur la dizaine de fruits à coque communs, la noix de macadamia bat plusieurs records : c'est la plus riche en lipides et en acides gras mono-insaturés et la plus pauvre acides gras poly-insaturés et en protéines.

Micronutriments[modifier | modifier le code]

Les noix de macadamia sont une excellente source[n 2] de thiamine (vitamine B1), vitamine B6, manganèse, fer, magnésium et phosphore.

Composés phytochimiques[modifier | modifier le code]

Le contenu total en composés phénoliquess est de 126 mg/100g, selon Phenol-Explorer[6].

Dans le cadre d’une étude comparative du contenu phénolique de dix fruits à coque du commerce, l'équipe de Yang et al.[7] a procédé à une extraction par solvant des composés phytochimiques libres et liés. Elle a établi par la méthode colorimétrique de Folin-Ciocalteu que la noix de macadamia possédait un contenu phénolique de 498 mg/100g, en tenant compte des formes libres et liées. La noix commune (avec 1 580 mg/100g) et la noix de pécan (1 464 mg/100 g) ont eux, un contenu d’environ 3 fois supérieur. Puis viennent la cacahouète, la pistache (572 mg/100 g), la noix de cajou (316 mg/100 g), la noisette (315 mg/100 g) et l’amande (213 mg/100 g)

noix com. > noix de pécan > pistache > macadamia…> noisette > amande> noix du Brésil

Une méthode colorimétrique a déterminé le contenu flavonoïde total[7] :

Noix Pécan Pistache Macadamia Noisette Amande Activités antioxydantes
de 10 fruits à coque[7]
Contenu phénolique total (mg/100 g) Antioxidant activity of 9 nuts.jpg
1 580 1 464 572 498 315 213
Contenu flavonoïde total (mg/100 g)
745 705 143 138 114 93
Activité antioxydante totale (µmol vit. C)
458 427 76 13 7 25

La capacité anti-oxydante a été mesurée par la capacité de piégeage oxyradicalaire (TOSC). Elle est assez faible, juste au-dessus des noisettes.

Les phytostérols sont déterminés par RP-HPLC (chromatographie en phase liquide à haute performance en phase inverse). Dans la noix de macadamia, les phytostérols sont composés de β-sitostérol (113,7 mg/100g) et de campestérol (5,7 mg/100g)[8] soit au total 119,4 g/100g, une valeur du même ordre de grandeur que pour le pignon de pin et la pacane mais beaucoup moins que pour la pistache (272 g/100g) et l’amande.

Cosmétique[modifier | modifier le code]

L'huile de macadamia est utilisée en cosmétique comme base de massage. Il s'agit d'une huile sèche, elle ne laisse pas la peau grasse. En raison de son excellent pouvoir de pénétration elle prévient efficacement le dessèchement de la peau. C'est une excellente huile de massage.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C16:1 se lit molécule de 16 Carbones et de 1 double liaison, voir Acide gras insaturé# Nomenclature biochimique et signification de la lettre oméga ω
  2. plus de 20 % des apports journaliers recommandés (AJR)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jared Diamond (trad. de l'anglais), De l'inégalité parmi les sociétés [« Guns, Germs and Steel »] (essai), Paris, Gallimard, , 484 p., chap. 15 (« Le peuple de Yali »)
  2. [1]
  3. a b et c Ciqual anses, « Noix de macadamia » (consulté le 4 mai 2019)
  4. a et b E. N. Aquino-Bolañosa et al., « Fatty acids profile of oil from nine varieties of Macadamia nut », International Journal of Food Properties, vol. 20, no 6,‎ , p. 1262-1269 (lire en ligne)
  5. a et b USDA National Nutrient Database, « 12131, Nuts, macadamia nuts, raw » (consulté le 4 mai 2019)
  6. Phenol-Explorer, « Showing all polyphenols found in Macadamia nut » (consulté le 4 mai 2019)
  7. a b et c Yang Jun, Rui Hai Liu, Linna Halim, « Antioxidant and antiproliferative activities of common edible nuts seeds », LWT Food Science and Technology, vol. 42, no 1,‎ , p. 1-8
  8. M. Kornsteiner-Krenn et al., « Phytosterol Content and Fatty Acid Pattern of Ten Different Nut Types », Int. J. Vitam. Nutr. Res., vol. 83, no 5,‎ , p. 263-265