Musée royal de l'Afrique centrale

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Arrière du Musée, vu des jardins

Le musée royal de l’Afrique centrale (néerlandais : Koninklijk Museum voor Midden-Afrika) est un établissement scientifique fédéral belge situé en Brabant flamand à Tervueren, à quelques kilomètres de Bruxelles.

Il trouve son origine en 1897 lorsque la section coloniale de l'exposition universelle de Bruxelles est établie à Tervueren. Ensuite sous l’impulsion du roi Léopold II le musée actuel, intimement lié à l’histoire de la colonisation du Congo par la Belgique est érigé entre 1905 et 1908 sur les plans de Charles Girault inspiré par le Petit Palais. Le musée du Congo, situé au milieu d’un parc somptueux appartenant à la Donation royale et relié à Bruxelles par une double avenue spécialement créée et par une nouvelle ligne de tramway, était à l’origine destiné à éveiller l’intérêt et la curiosité du peuple belge pour ce qui était à l’époque l'« État indépendant du Congo » (1884 à 1908).

Le palais des Colonies, au bout de l'avenue de Tervuren

Après 1908, il devint le musée du Congo belge puis le musée royal de l'Afrique centrale (MRAC) en 1960.

Afin de procéder à d'importants travaux de transformation (rénovation du bâtiment et modification de la scénographie), le musée est fermé durant cinq ans, de fin 2013 à fait 2018. Il réouvre le 9 décembre 2018.

Histoire du musée[modifier | modifier le code]

Pour donner une vitrine à son Congo et une idée du potentiel économique de cette région aux Belges et ainsi attirer les investissements, Léopold II souhaitait aménager une sorte de musée en mettant en scène les objets originaux, importés en quantité suivant une approche multidisciplinaire : anthropologique, ethnologique, botanique, zoologique, entomologique, géologique et minéralogique[1].

À l’occasion de l’Exposition universelle de 1897, il fit construire dans le domaine royal de Tervueren le « Palais des Colonies » conçu par l'architecte Albert-Philippe Aldophe. Georges Hobé conçu une structure de bois[2] Art nouveau en bois exotique, pour décorer l'intérieur de ce pavillon et évoquer de ses formes courbes la luxuriance de la forêt africaine. L’exposition temporaire qui y fut aménagée faisait la part belle à côté des « curiosités » du Congo, animaux empaillés et objets d’intérêt ethnographique, aux produits d’exportation : le café, le cacao, le tabac et les essences forestières. Dans le parc, parmi d’autres « attractions », était offert aux regards des visiteurs un zoo humain de trois cents Congolais logés dans des villages africains reconstitués. Sept d’entre eux y moururent de maladies ou de froid[1].

Le succès de l’exposition (plus d'un million de visiteurs en six mois) et l’intérêt des scientifiques furent tels qu’il fut décidé de la rendre permanente. Très rapidement, les locaux devinrent trop exigus[1]. Le roi caressait le projet de faire du domaine son « petit Versailles ». La construction du bâtiment actuel, de style néo-classique, confié à l’architecte français Charles Girault débuta en 1905 pour être inauguré en 1910 à l’occasion d’une deuxième exposition universelle[3]. Le Congo avait alors depuis deux ans cessé d’être une possession royale pour devenir colonie belge.

Jusqu’en 1960, année de l’indépendance du Congo, les collections ne cessèrent de s’agrandir par les envois d’objets et d’échantillons de toutes sortes effectués par des militaires, des missionnaires, des administrateurs coloniaux, des commerçants et des scientifiques. C'est ainsi que le musée est aujourd'hui propriétaire d'une importante collection de trophées de chasse, don du Baron Lambert. Par la suite, les acquisitions furent élargies à l’ensemble de l’Afrique, et aussi à l'Amérique et l’Océanie.

Lors de sa fermeture pour rénovation en 2013, l'ancienne exposition permanente du musée n'avait pas été changée depuis les années 1950[4]. Le réaménagement des salles d'exposition, de fin 2013 à fin 2018, réoriente la présentation pour proposer un récit de la période coloniale et de ses conséquences. La surface d'exposition passe de 6 000 m2 à 11 000 m2, tout en présentant moins de pièces, 700 contre 1400 auparavant (sur un total de 180 000 objets conservés). Il rouvre le , alors qu'un débat a cours en Europe sur la restitution ou non des œuvres saisies aux pays africains pendant la colonisation[3]. Initialement conçu à la gloire de Léopold II et de la colonisation, le musée (renommé Africamuseum) est revu et reçoit l'adjonction d’œuvres d'artistes contemporains comme Chéri Samba. Bien que nombre de leurs suggestions aient été rejetées sans motivation, la nouvelle muséographie a associé six personnalités africaines ou afropéennes pour faire évoluer la présentation des collections. Le tabou du rôle de la royauté dans la colonisation empêche cependant certaines évolutions. Un salle nommée « Hors jeu » présente les objets et représentations coloniales les plus caricaturales ainsi décrites : « Les statues que l'on voit ici faisaient autrefois partie de l'exposition permanente mais n'y ont plus leur place aujourd'hui »[4]

Les collections[modifier | modifier le code]

Le musée abrite des collections uniques au monde dont il n'est possible d'exposer qu'une faible proportion. Il possède également des archives historiques, dont celles, complètes de Henry Morton Stanley, une photothèque, une filmothèque, des archives sonores ethnomusicologiques ainsi qu'un large éventail de cartes et de données géologiques et scientifiques.

Quelques chiffres :

  • 10 000 000 spécimens animaux
  • 250 000 échantillons minéraux
  • 180 000 objets ethnographiques
  • 57 165 échantillons dans la xylothèque
  • 20 000 cartes
  • 56 000 échantillons de bois
  • 8 000 instruments de musique
  • 350 fonds d’archives

Du mode d’acquisition souvent non scientifique d’une grande partie des objets résulte parfois le manque de données ethnographique et la nécessité d’en poursuivre l’étude. L’institution occupe 75 scientifiques travaillant dans cinq domaines : l’anthropologie culturelle, la zoologie, la géologie, l’histoire, l’économie agricole et forestière. Elle accueille étudiants et chercheurs en provenance du monde entier.

Galerie[modifier | modifier le code]

Panorama du parc et du Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le musée autorise les photographies des collections sans flash.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Anne-Marie Bouttiaux, « Des mises en scène de curiosités aux chefs-d'œuvre mis en scène. Le Musée royal de l'Afrique à Tervuren : un siècle de collections », Cahiers d'études africaines, vol. 39, no 155,‎ , p. 595–616 (ISSN 0008-0055, DOI 10.3406/cea.1999.1768, lire en ligne)
  2. Cette structure est à présent disposée à l'extérieur dans le fer à cheval formé par le palais des Colonies et ses deux annexes. C'est, avec le Palais des Colonies, un des rares vestiges de l'exposition de 1897
  3. a et b Eric Bietry-Rivierre, « La difficile renaissance du musée d'art africain de Tervuren en Belgique », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  4. a et b François Bonnet, « La Belgique décolonise à tout petits pas son grand musée de l’Afrique », sur mediapart.fr, (consulté le 10 décembre 2018)