Monophylie

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Dans cet arbre phylogénétique, le groupe des sauropsides, constitué des reptiles, des oiseaux et de leur ancêtre commun, est considéré comme holophylétique, pour les cladistes comme pour les évolutionnistes.

La monophylie, du grec monos « seul » et phulon « tribu », est la caractéristique d'un groupe qui contient l'espèce souche dont descendent tous ses membres.

Définitions[modifier | modifier le code]

Controverse[modifier | modifier le code]

Deux écoles de taxonomie s'affrontent sur la terminologie[1].

  • Pour les évolutionnistes, la définition ci-dessus est suffisante (Simpson 1961)[2] : le terme de monophylie est "la caractéristique d'un groupe qui contient l'espèce souche dont descendent tous ses membres", sans précision sur le caractère complet de la descendance. La monophylie unifie donc deux situations différentes : l'holophylie (du grec holos « tous ») et la paraphylie : dans le premier cas le groupe comprend tous les descendants de l'ancêtre commun (exemple des Sauropsides, figure de droite), tandis que dans le second cas certains descendants sont exclus du groupe (exemple des Reptiles = Sauropsides privés des Oiseaux). La monophylie sensu Simpson s'oppose donc à la polyphylie.
  • Pour les cladistes, la monophylie est la qualité d'un groupe qui inclut un ancêtre et tous ses descendants (Hennig 1966)[3], ce qui en fait un synonyme de l'holophylie des évolutionnistes. La monophylie sensu Hennig s'oppose donc à la polyphylie mais aussi à la paraphylie. La notion est au cœur du paradigme cladiste : un clade est avant tout un groupe « monophylétique ».

Du fait de cette controverse, le terme « monophylétique » est ambigu hors contexte. L'usage actuellement majoritaire semble cependant être celui des cladistes. L'ambiguïté, le cas échéant, peut être levée en parlant de clade ou d'holophylie.

La polyphylie représente un cas qui n'intéresse aucune de ces deux écoles. Ce concept permet de clarifier le sens de certains regroupements pratiques faits dans la vie courante, hérités de classifications anciennes ou bien issus d'autres disciplines biologiques comme l'écologie. Par exemple, le groupe des animaux cavernicoles ou bien celui des mammifères marins sont des assemblages polyphylétiques pratiques, mais sans signification phylogénétique puisqu'ils ne sont ni holophylétiques ni paraphylétiques.

Propriétés mathématiques[modifier | modifier le code]

En théorie des graphes, l'holophylie est égale à une paraphylie de degré 0 ainsi qu'à une polyphylie de degré 1[1].

Signification évolutive[modifier | modifier le code]

La présence de caractères dérivés communs à différents taxons (appelés alors caractères dérivés propres ou synapomorphies) permet de regrouper ceux-ci sous un même nom, représentatif du caractère monophylétique du groupe. Par exemple, la présence d'un noyau dans les cellules des eucaryotes. Les eucaryotes forment donc un groupe holophylétique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Aubert, D. 2015. A formal analysis of phylogenetic terminology: Towards a reconsideration of the current paradigm in systematics. Phytoneuron 2015-66:1–54. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01240878v1
  2. George Gaylord Simpson, 1961. Principles of animal taxonomy. New York: Columbia Univ. Press.
  3. Willi Hennig, 1966. Phylogenetic Systematics. Urbana: University of Illinois Press.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Termes dérivés :

Concepts associés :