Monkir et Nekir

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Mounkar et Nakîr sont, dans l'eschatologie musulmane, les anges qui viennent voir le défunt et l'interroger sur sa croyance et ses actions. Ils sont mentionnés par la tradition islamique mais leurs noms ne se trouvent pas dans le Coran[1].

Selon la tradition islamique, ils posent trois questions au mort: Quelle est ta religion ? Qui est ton seigneur ? Et Qui est ton prophète ? et si la personne interrogée ne répond pas « ma religion est l'islam, mon Seigneur est Allah et mon Prophète est Mahomet », ils envoient un ange sourd, aveugle et muet (pour éviter qu'il ne soit pris de pitié pour le mort, en le voyant et en entendant ses supplications) qui applique au défunt de violents coups de bâton, et à chaque coup, le corps de ce dernier se brise puis s'assemble à nouveau, et ce châtiment dure jusqu'au jour du jugement dernier.

Dans l'Islam[modifier | modifier le code]

Selon la religion musulmane, le croyant, après sa mort et en attendant le jour du jugement, passe par une période appelée « Al barzakh » (« برزخ »). Durant cette période, les anges Mounkar et Nakîr vont poser au mort trois questions. Plusieurs versets du Coran font référence à ce passage : (Ces versets font référence au sort des gens de Pharaon)

« Allah donc le protégea des méfaits de leurs ruses, alors que le pire châtiment cerna les gens de Pharaon : »

(Sourate 40, v45)

« Le feu, auquel ils sont exposés matin et soir. Et le jour où l'heure arrivera (il sera dit) : faites entrer les gens de Pharaon au plus dur du châtiment. »

(Sourate 40, v46)

Selon l'Islam, le croyant passe après son décès une période en attendant le Jour du Jugement. Un autre verset fait ainsi allusion des châtiments pouvant être subis dans la vie de Barzakh.

Un autre verset[Lequel ?] fait ainsi allusion au châtiment de la tombe (dans la vie de Barzakh). Un hadith dit :

« La tombe est ou bien l'un des jardins du Paradis ou bien l'une des fosses de l'Enfer. Mounkar et Nakîr demandent ainsi : "Qui est Ton Dieu ?" "Qui est Ton Prophète ?" "Quelle est Ta Religion ?"

Le mort doit répondre "Allah l'Unique, Mohammed, l'Islam". Seulement, c'est le cœur du croyant qui parle. Donc les hypocrites ne pourront pas mentir. Si le mort répond correctement, les deux Anges lui diront : 'Sadakt' (Ce que tu as dit est juste). Ensuite, sa tombe sera élargie et les bonnes œuvres de cette personne se présenteront à Lui sous la forme d'un bel homme qui lui annoncera de bonnes nouvelles. Quant à l'hypocrite ou au non croyant, il sera incapable de répondre tellement il sera terrorisé. Les deux Anges alors Le tortureront jusqu'au jour du jugement. »

Mounkar et Nakîr dans la littérature[modifier | modifier le code]

Plusieurs œuvres de la littérature européenne font référence aux deux Anges exterminateurs. Lord Byron y fait référence dans son poème The Giaour :

But thou, false Infidel! shalt writhe;
Beneath avenging Monkir's scythe;
And from its torment 'scape alone
To wander round lost Eblis' throne;

Gérard de Nerval, dans le Voyage en Orient, parle de Mounkar et Nakîr lorsqu'il relate la naissance de la religion druse : « Le boulanger était à genoux et tendait le cou en recommandant son âme aux anges Mounkar et Nakîr. ». Les notes du roman indiquent que la source de Nerval serait Byron dans The Giaour.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eric Chaumont, Eschatologie in Mohammad Ali Amir-Moezzi (Dir.), Dictionnaire du Coran, Paris, Robert Laffont, 2007, p. 268.