Massaesyles

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Les Massaesyles (ou parfois Massaessyles ou Masaesyles) sont un peuple libyque. C'était, avec les Massyles, l'un des deux peuples numides qui vivaient dans l'actuelle Algérie et une petite portion du nord du Maroc jusqu'au fleuve Moulouya

Strabon[1],[2]. nous apprend qu'au « territoire des Maures » fait suite celui des Massaesyles qui commence au fleuve Molochath et se termine au cap Trêton; le fleuve dont il s'agit pourrait être la Moulouya, le cap celui de Bougaroun. Les Massaesyles occupaient donc le Maroc oriental et les deux tiers de l'Algérie. Si pour l'année -203, Tite-Live note Cirta comme capitale du royaume de Syphax, pour les années antérieures les auteurs anciens signalent l'intérêt que le souverain portait aux affaires d'Espagne, et à l'ouest du pays. Siga était alors la mieux placée pour être la capitale du royaume Massaesyle, c'est là en effet que Syphax reçut en -206 Scipion et Asdrubal.

On a d'ailleurs trouvé de nombreuses pièces de Syphax à Siga et il semble qu'à cette époque seul le roi pouvait battre monnaie. Les deux séries monétaires à l'effigie de Syphax et de son fils Vermina montrent chaque fois le roi ceint d'un diadème. Syphax aurait donc été à la tête des tribus de l'Oranie et c'est de cette province occidentale la plus florissante qu'il puisait argent et soldats. Il est le premier chef berbère qui fasse vraiment figure de roi, le premier qui ait fait battre monnaie. Souverain puissant, le port du diadème faisait de lui l'égal des rois hellénistiques.

Quoique marié à une princesse carthaginoise il fut très indépendant à l'égard du pays de sa femme. Les deux grandes puissances de la Méditerranée orientale se disputaient son alliance; la rencontre avec Scipion et Asdrubal en fit une troisième puissance, celle qui dominait la Méditerranée occidentale.

Des fouilles récentes ont montré l'importance des sites puniques, dans l'île Rachgoun, à Mersa Madakh, aux Andalouses, à Bethioua, à Guelta, à Gouraya Sidi Brahim et aussi celle des cités littorales qui étaient les débouchés et les centres économiques de la Massaesylie. Un commerce méditerranéen actif s'était établi entre l'Almérie et l'Algérie occidentale. D'Espagne arrivaient des poteries, des produits métalliques, l'Algérie exportait l'ivoire, les coquilles d'œufs d'autruche.

On ne sait pas avec précision quel était le statut de ces cités. Sans doute certaines étaient-elles autonomes, d'autres des comptoirs dépendant entièrement de Carthage et de l'aguellid. Il est certain que Portus Sigensis (Port de Siga, à l'embouchure de la Tafna) appartenait entièrement à Syphax. Il y a eu peut-être des villes intérieures dans le royaume de Syphax; des tessons de poteries, près d'El-Asnam, et une pièce de monnaie dans le Dahra le laisseraient supposer.

On n'est pas plus renseigné sur l'organisation administrative du royaume; l'étude des monnaies au nom de Syphax et de son fils Vermina, laissent à penser que Syphax aurait associé son fils à son règne. Nous savons par Strabon que la Massaesylie a été un royaume très riche, qu'elle fournissait beaucoup d'argent et beaucoup de soldats. La guerre menée par Syphax contre Carthage puis contre Rome et contre Massinissa fut à l'origine de la décadence du royaume.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. STRABON. La Géographie. trad. Amédée Tardieu, (1867), L. XVII, ch. III, § 9, 12 et 13. [1]
  2. GSELL (Stéphane). Histoire ancienne de l'Afrique du Nord (1929), t. 3, p. 176.