Maria Elena Vieira da Silva

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Maria Elena Vieira da Silva

Naissance
Lisbonne, Drapeau du Portugal Royaume de Portugal
Décès
Paris, Drapeau de la France France
Activités Peintre
Mouvement artistique Nouvelle École de Paris

Vieira da Silva, Maria Helena (parfois mal orthographié comme Maria Elena), née à Lisbonne le et morte à Paris le , est une artiste peintre portugaise appartenant à l'École de Paris.

Son style pictural propose un espace qui combine réseaux et mosaïques dans des compositions aux perspectives fuyantes. Elle est considérée comme l'un des chefs de file du mouvement esthétique dit du paysagisme abstrait.

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de onze ans, Vieira da Silva commence l'apprentissage du dessin et de la peinture à l'Académie des beaux-arts de Lisbonne. Avant l'âge de vingt ans, elle étudie la peinture avec Fernand Léger, Charles Dufresne, la sculpture avec Antoine Bourdelle, et la gravure avec Stanley Hayter et Johnny Friedlaender, tous des maîtres dans leur discipline. Elle crée aussi des œuvres textiles (tapisseries) et céramiques (vitraux). Vieira da Silva s'installe en France en 1928, où elle se marie en 1930 avec le peintre d'origine hongroise Árpád Szenes; elle est naturalisée en 1956. En 1930, elle expose ses peintures à Paris. Après un bref séjour à Lisbonne et une période passée au Brésil durant la Seconde Guerre mondiale, elle a vécu et travaillé à Paris le reste de sa vie.

Vieira da Silva a reçu le Grand Prix National des Arts du gouvernement français en 1966 (elle fut la première femme à être ainsi distinguée). Elle a été nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1979.

Elle est morte à Paris le 6 mars 1992.

Vieira da Silva fait partie des peintres réunis pour l'exposition "L'envolée lyrique, Paris 1945-1956" présentée au musée du Luxembourg (Sénat), avril-août 2006 (La Ville de Sindbâd, 1950; Le Port, 1953, du Musée de Cologne; Composition 1955, 1955) [catalogue : (ISBN 8876246797)].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Entrée du métro Cité Universitaire à Lisbonne, d'après Vieira da Silva, 1989

À la fin des années 1950, Vieira da Silva avait acquis une renommée internationale pour ses compositions denses et complexes, influencées par Paul Cézanne, avec ses formes fragmentées, ses ambiguïtés spatiales et une palette de couleurs restreinte issue du cubisme et de l'art abstrait. Ces linéaments empruntés au monde réel et intégrés à une pratique picturale de tendance non figurative constituent certains des éléments caractéristiques de la définition du paysagisme abstrait, mouvement plastique à la tête duquel elle s'est rapidement retrouvée.

Elle est considérée comme un des plus importants artistes de l'art abstrait d'après-guerre bien que sa peinture ne soit pas purement abstraite. Ses œuvres axées sur les lieux de passage comme les ports, les carrefours, les rues, les gares (gare Saint-Lazare, 1949), rideaux, fenêtres ou portes où tout s'emmêle, où rien ne commence rien ne finit, où progressivement l'angoisse émerge au fil du temps, ressemblent souvent à des villes labyrinthiques ou même à des rayonnages de bibliothèque, allégories d'une quête éternelle de connaissance et d'absolu.

Vieira da Silva a exposé ses œuvres dans de nombreux endroits à travers le monde et a gagné un prix de peinture à la biennale de São Paulo en 1961.

En novembre 1994 est inaugurée la fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva à Lisbonne qui expose une importante collection des deux artistes.

La Fondation Arpad Szenes-Vieira da Silva à Lisbonne

Jugement[modifier | modifier le code]

  • « (…) L'œuvre de Vieira da Silva surgit et l'aiguillon d'une douce force obstinée, inspirée, replace ce qu'il faut bien nommer l'art, dans le monde solidaire de la terre qui coule et de l'homme qui s'en effraie. Vieira da Silva tient serré dans sa main, parmi tant de mains ballantes, sans lacis, sans besoin, sans fermeté, quelque chose qui est à la fois lumière d'un sol et promesse d'une graine. (…) »
René Char (1960)[1]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Premier Prix de tapisserie de l'Université de Bâle (1954)
  • Troisième Prix à la Biennale de Caracas (1955)
  • Titre de Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres (1962)
  • Grand Prix National des Arts (1966)
  • Élue membre de l'Académie nationale des Beaux-arts, Portugal (1970)
  • Grã-Cruz da Ordem de San-Iago de Espada (1977)
  • Titre de Chevalier de la Légion d'Honneur (1979)
  • Élue membre de l'Académie des Sciences, des Arts et des Lettres (1984)
  • Grand Prix Florence Gould et Premier Grand Prix-Antenne 1-Lisbonne (1986)
  • Médaille de la ville de Lisbonne (1988)

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

  • René Char, L'Inclémence lointaine, avec vingt-cinq burins de Vieira da Silva, Pierre Berès éditeur, 1961.
  • Pierre-André Benoit, Fleurir, gravure de Vieira da Silva, PAB, Alès, 1972.
  • Platon, Le Banquet, traduction de Pierre Boutang, Hermann, Paris, 1989.
  • Maria Helena Vieira da Silva, Kô & Kô les deux esquimaux (ouvrage pour la jeunesse publié en 1933 à 300 ex. à la galerie Jeanne-Bucher avec un texte de Pierre Gueguen), nouvelle édition, Chandeigne, Paris, 2005, 28 pages + deux planches à découper (ISBN 2915540209).

Philatélie[modifier | modifier le code]

En hommage à Vieira da Silva un timbre reproduisant l'une de ses œuvres est émis par les Postes françaises en 1993 (valeur de 5 F).

Bibliographie (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Pierre Descargues, "Vieira da Silva", P.L.F., Paris, 1949
  • René de Solier, Vieira da Silva, Le Musée de Poche, Paris, 1956
  • Antoine Terrasse, L'univers de Vieira Da Silva, Henri Scrépel, 1977.
  • Guy Weelen et Jacques Lassaigne, Vieira da Silva, Cercle d'Art, 1992, 366 pages (ISBN 270220323X) (2e édition)),
  • Lydia Harambourg, Maria Elena Vieira da Silva, dans L'École de Paris 1945-1965, Dictionnaire des peintres, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1993 (ISBN 2825800481)
  • Ouvrage collectif (Virginie Duval, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, Musée Campredon…), Vieira da Silva, Réunion des Musées Nationaux, Le Seuil, 1999, 178 pages (ISBN 2711838773).
  • Anne Philipe, Entretiens avec Maria Elena Vieira da Silva et Arpad Szenes, Paris, Gallimard, 1978.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Char, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 1983, p. 703

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]