Florence Gould

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gould.
Florence Gould
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
CannesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Frank Jay Gould (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Florence Gould (née Florence La Caze à San Francisco en 1895 et morte à Cannes en 1983) est une femme de lettres américaine, qui épousa en 1923 le milliardaire Frank Jay Gould.

Biographie[modifier | modifier le code]

Florence Gould est née de Maximilien Lacaze, un éditeur d'origine française ayant fait fortune en Californie. À l'origine, elle se destinait à une carrière de chanteuse d'opéra. Elle est célèbre pour avoir tenu durant plusieurs décennies à l'hôtel Meurice à Paris, dans sa demeure Avenue de Malakoff (16e arrondissement) et dans sa villa « La Vigie » à Juan-les-Pins et ensuite dans sa villa Le Patio à Cannes, un salon où étaient reçues de nombreuses personnalités des milieux littéraires et artistiques, notamment Jacques de Lacretelle, Maurice Genevoix, Marcel Jouhandeau et son épouse Elise, Jean Cocteau, André Gide, Dominique Aury, Pierre Benoit, Roger Caillois, Marthe de Fels, le général Antoine Béthouart, Mme Jean Delay, Mme Pasteur Vallery-Radot, André Fraignère, Ramon Fernandez, Louis-Gabriel Robinet, Gala et Salvador Dalí, Philippe Erlanger, Jean Dutourd, Pauline Benda dite Madame Simone, Paul Léautaud ; Marcel Arland dont elle a payé l'habit d'académicien un million d'anciens francs, Jean Paulhan, Francis Carco, Jules Supervielle, Louise de Vilmorin, Adry de Carbuccia et son mari Horace de Carbuccia ; le peintre-dessinateur Ren Schoeller, les ministres Georges Bonnet et Abel Bonnard, Jean Marais, Marie-Louise Bousquet, Françoise Sagan, Paul Morand, Marcel Brion, Roger Nimier, Roger Peyrefitte, les peintres Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen et Georges Braque ; le sculpteur du IIIe Reich, Arno Breker ; Geneviève Dorman, François Mauriac, le secrétaire de Florence, Jean Denoël ; son aumônier, le père Georget ; Henri de Montherlant, Christian Bérard, Jean Dubuffet, le Dr Verne Thompson, spécialiste de la syphilis ; Marie Laurencin, Jean-Claude Brialy, Mme Tharaud[Qui ?], la princesse Sixte de Bourbon-Parme et son frère Armand de La Rochefoucauld, qui était l'amant de Florence Gould, Alain Peyrefitte, Jacques Laurent, le journaliste et anthroposophe Jules Sauerwein, l'auteur dramatique Arthur Adamov, Jules Roy, Boni de Castellane, Jean Chalon, Josée de Chambrun, née Laval, Marcel Aymé, Henri Sauguet, Jean Giraudoux, le peintre André Julien, Zelda et Francis Scott Fitzgerald, les critiques littéraires Marcel Schneider, Jacques Brenner et Matthieu Galey, l'illustratrice et graveuse Denyse de Bravura.

Pendant l'occupation allemande au cours de la Deuxième Guerre mondiale, Florence Gould, toujours citoyenne américaine, a maintenu son salon du jeudi, recevant des lettrés français et des Allemands sympathiques à la France. Parmi les premiers Jouhandeau, Paulhan et Paul Léautaud et parmi les seconds le capitaine écrivain Ernst Jünger et Gerhard Heller qui selon certains aurait servi de modèle à Vercors dans son « Silence de la mer ». Selon Herbert R. Lottman (La Rive Gauche, Point), «Il y avait toujours foule chez Florence Gould». La mécène américaine finançait en outre, sous le manteau, une collection de livres dont un titre de Jouhandeau. Florence Gould poursuivit ses activités après la Libération. Dans son salon se nouaient souvent les liens qui influençaient les élections à l'Académie française. Parmi les convives une importante majorité se dessinait comme étant des auteurs considérés comme 'à droite' et parmi eux une assez forte proportion d'homosexuels, lesbiennes ou bisexuels.

Une semaine après la Libération, Gould continue ses salons, alors que ses "boyfriends" allemands quittent Paris[1]. Elle est désignée comme une collabo[2] ou encore une des deux reines collabos (l'autre étant Marie-Louise Bousquet)[3],[4].

Fondatrice de plusieurs prix, dont les prix Roger Nimier pour la littérature et Max Jacob pour la poésie, elle lèguera son immense fortune à la fondation qui porte son nom et qui contribue au renforcement des liens culturels entre les États-Unis et la France. La vente de ses collections rassemblée pendant plus de 30 ans dans sa villa Le Patio à Cannes (tableaux, mobiliers, bijoux...) battra des records d'enchères en 1985. À New York fut ouvert en 1988 le Florence Gould Hall, qui est dirigé par le French Institute Alliance Française. Il y a également un Florence Gould Theater à San Francisco. Il y a un Pavillon Florence-Gould au château de Blérancourt (Musée national de l'histoire de la coopération franco-américaine) et un Salon Florence Gould au Palais Garnier (Opéra) à Paris. En 2003 la Fondation Florence Gould distribua pour 14 millions de dollars en soutiens à différentes institutions et œuvres.

Roger Peyrefitte, dans ses carnets de souvenirs, a beaucoup écrit à son sujet, en particulier sur ses déjeuners à l'hôtel Meurice. Il n'y est pas allé de main-morte pour décrire la qualité médiocre de la nourriture offerte et en général la pingrerie de l'hôtesse. Les 'Journaux' littéraires de Paul Léautaud et de Matthieu Galey, autres convives réguliers, informent également, sur un ton toutefois moins acide.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frederic Spotts 2008, p. 29.
  2. Frederic Spotts 2008, p. 49.
  3. Frederic Spotts 2008, p. 61.
  4. Voir la coterie nazie de Florence Gould, selon Frederic Spotts 2008, p. 226.

Bibliographie[modifier | modifier le code]