Johanna Langefeld

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Johanna Langefeld
Naissance
Kupferdreh (de), Essen, Empire allemand
Décès (à 73 ans)
Augsbourg, Allemagne
Origine Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Allemagne nazie
Arme Flag of the Schutzstaffel.svg Schutzstaffel
Grade SS-Aufseherin
Années de service 1935-1945
Commandement
Conflits Seconde Guerre mondiale

Johanna Langefeld, née le à Kupferdreh (de) (Essen, Empire allemand) et morte le à Augsbourg, était une gardienne de camps de concentration qui travailla dans différents camps durant la Seconde Guerre mondiale: Lichtenburg, Ravensbrück et Auschwitz.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Johanna Langefeld est née le dans une famille luthérienne et nationaliste. Son père est forgeron. En 1924, elle s'établit à Mülheim et épouse Wilhelm Langefeld qui décède en 1926 d'une maladie pulmonaire. En 1928, Johanna Langefeld rencontre un autre homme, ils auront un enfant, elle le quittera peu après et partira s'installer à Düsseldorf où naîtra son fils en août.

Johanna Langefeld l'élève jusqu'à l'âge de 34 ans. Elle commence alors à enseigner l'économie domestique dans un établissement scolaire de la ville de Neuss. À partir de 1935, elle travaille comme gardienne dans un Institut du travail à Brauweiler (de). En fait, il s'agit d'une prison pour femmes prostituées, sans travail et sans domicile fixe appelée femmes antisociales et internées à ce titre. Plus tard, elles seront placées en camps de concentration. En 1937, Johanna Langefeld rejoint le parti Nazi.

Sa vie dans les camps[modifier | modifier le code]

En , elle postule pour un emploi dans le premier camp de concentration SS pour femmes à Lichtenburg. Après une année, elle devient Oberaufseherin (de) du camp. Elle occupera ce poste jusqu'au transfert de la section à Ravensbrück en .


L’Oberaufseherin était l'adjointe du Schutzhaftlagerführung, le responsable des détentions préventives qui lui-même dépendait directement du commandant du camp. Selon le règlement du camp, l'Oberaufseherin devait consulter le Schutzhaftlagerführer pour toutes les questions relatives aux femmes détenues.

En 1941, Johanna Langefeld prend en charge les selektion durant l'Action 14f13 dont l'objet est l'euthanasie des inaptes au travail.

Mi-mars 1942, Johanna Langefeld prend part à la construction du nouveau camp pour femme à Auschwitz. Là, elle participe aux sélections pour la chambre à gaz.


Rudolf Höß, le commandant du camp d'Auschwitz, s'exprimera par la suite sur sa relation envers Johanna Langefeld en ces termes: « La responsable en chef de cette période, madame Langefeld, n'était d'aucune manière capable de faire face à la situation, elle refusa ainsi d'accepter toute instruction intimée par le responsable des détentions préventives. Agissant d'initiative, j'ai simplement placé le camp sous la juridiction de ce dernier »[réf. nécessaire].

Durant la visite d'Heinrich Himmler, le , Johanna Langefeld tenta d'obtenir de sa part une annulation de cet ordre. En fait, comme Rudolf Höß l'admettra après-guerre, le Reichsführer SS s'opposa totalement à cet ordre et souhaitait que ce fût une femme à la tête du camp pour femme[réf. nécessaire].

Le même mois, le camp pour femmes est transféré à Birkenau à trois kilomètres de là. Deux semaines plus tard, elle se blesse au genou et doit être opérée du ménisque au Hohenlychen SS Sanatorium près de Ravensbrück. Durant sa convalescence là-bas, elle va rencontrer Oswald Pohl le chef de l'Office central de l'administration et de l'économie de la SS à Berlin-Lichterfelde et obtient de lui d'être à nouveau transférée à Ravensbrück. Maria Mandel devint alors la nouvelle Oberaufseherin du camp pour femmes d'Auschwitz. Oswald Pohl informa le chef du département D de l'Office central de l'administration et de l'économie, Richard Glücks, pour ordonner que désormais, la charge de responsable des détentions préventives dans les camps pour femmes soit confiée aux Oberaufseherinnen.

Margarete Buber-Neumann, qui devint l'assistante de Johanna Langefeld à Ravensbrück, témoigna que celle-ci fut démise de ses fonctions en raison d'une trop grande sympathie envers les détenues polonaises. Elle fut séparée de son fils et écrouée à Breslau où un tribunal SS s'apprêtait à la juger. Le jugement ne vint jamais et sa charge envers le camp lui fut retirée. Elle s'installa alors à Munich et commença à travailler pour BMW[1].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Le , Johanna Langefeld fut arrêtée par l'U.S. Army et, en , fut extradée vers la Pologne qui préparait un procès pour des membres du personnel d'Auschwitz à Cracovie. Le , Johanna Langefeld s'évada de la prison où elle était retenue captive grâce à l'intervention de Polonais et en raison de son comportement dans les camps relativement clément[2]. Après son évasion, elle se dissimula un temps dans un couvent. Elle travaillait alors pour des particuliers.

Aux environs de 1957, elle rentra illégalement en Allemagne pour vivre auprès de sa sœur à Munich. Elle mourut à Augsbourg à l'âge de 73 ans, le .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johannes Schwartz, Les marges de manœuvre de trois gardiennes SS dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, dans : Pierre Truche (ed.) : Juger les crimes contre l'humanité, 20 ans après le procès Barbie, Lyon: ENS Éditions, 2009, p. 167-182.
  • (de) Johannes Schwartz, Das Selbstverständnis Johanna Langefelds als SS-Oberaufseherin, dans: Ulrich Fritz, Silvija Kavčič, Nicole Warmbold (ed.): Tatort KZ, Neue Beiträge zur Geschichte der Konzentrationslager, Ulm 2003, pp. 71–95.
  • (de) Johannes Schwartz, Geschlechterspezifischer Eigensinn von NS-Täterinnen am Beispiel der KZ-Oberaufseherin Johanna Langefeld, dans: Viola Schubert-Lehnhardt (ed.), Frauen als Täterinnen im Nationalsozialismus, Protokollband der Fachtagung vom 17.-18. September 2004 in Bernburg, im Auftrag des Kultur- und Bildungsvereins Elbe-Saale e.V. in Sachsen-Anhalt, Gerbstadt 2005, pp. 56–82, (ISBN 3-00-017407-9).
  • (de) Johannes Schwartz, Handlungsoptionen von KZ-Aufseherinnen. Drei alltags- und geschlechtergeschichtliche Fallstudien, dans: Helgard Kramer (ed.), NS-Täter aus interdisziplinärer Perspektive, Martin Meidenbauer Verlag, Munich 2006, p. 349-374.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Milena—Kafkas Freundin (Albert Langen—Georg Müller Verlag, Munich, 1977)
  2. http://www.wysokieobcasy.pl/wysokie-obcasy/1,53662,10856128,Kobiety_Ravensbr%C3%BCck.html?as=2&startsz=x

Liens externes[modifier | modifier le code]