Chicago Board of Trade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

41° 52′ 40″ N 87° 37′ 56″ O / 41.87782, -87.63228

Logo du CBOT sur son bâtiment.

Le Chicago Board of Trade (CBOT) NYSE : CME, (en français: « Bourse de commerce de Chicago), fondée en 1848, est la plus ancienne bourse de commerce au monde, et siège dans le secteur du Loop à Chicago, aux États-Unis. Plus de 50 différentes options et contrats à terme y sont traités, par les quelque 3 600 membres du CBOT, à la corbeille et par eTrading. Le volume des échanges en 2003 y a dépassé les 454 millions de contrats. Le 12 juillet 2007, le CBOT a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange (CME) et a cessé d'exister en tant qu'entité indépendante[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La corbeille du CBOT en 1993.

Afin de sécuriser les transactions entre acheteurs et vendeurs de matières premières, les marchands américains ont développé le système des contrats à terme. Comme le risque de crédit posait toujours un problème, il fut décidé de créer le CBOT, qui permettait de rassembler en un même lieu acheteurs et vendeurs.

Le CBOT est créé en 1848, dans une période de grande incertitude sur le prix des céréales: l'offre américaine risque de noyer le marché , car elle est dopée par l'immigration de nombreux fermiers allemands dans la région des Grands Lacs, mais il y a aussi un risque de flambée des cours car les récoltes européennes sont désastreuses, en particulier après les crûes de la Loire en France et la Grande Famine en Irlande. De plus, l'abolition des Corn Laws à l'été 1846 en Angleterre ouvre grand les scénarios possibles de l'import/export.

Le CBOT est loin d'être le premier "Bord of Trade" américain. En 1845, Joseph Dart l'inventeur du silo moderne, avait fondé le "Buffalo Board of Trade" (BBOT), avec d'autres marchands de la ville, dans le sillage de ce qui s'était fait à New York(1768), Baltimore(1821), Philadelphie(1833), La Nouvelle-Orléans(1834), Boston(1836) et Cincinatti(1839)[2].

En 1848, le premier télégramme est arrivé à Chicago, via Détroit, après 18 heures de délai, car la ligne télégraphique n'est pas achevée, mais permet déjà de révéler l'ampleur des fluctuations de cours. Dans une édition de septembre 1848, le Chicago Democrat de John Calhoun raconte que le cours du boisseau de blé passe de 80 à 85 cents en seulement un quart d'heure, juste après l'arrivée d'un télégramme mentionnant que les récoltes sont décevantes sur la côte est[3]. Dès 1858 le CBOT envoie lui-même de nombreux messages télégraphiques en Europe, car il est devenu l'une des références pour les cours mondiaux.

La création du CBOT correspond aussi à deux inventions majeures, qui commencent à être exploitées sur le pourtour des Grands Lacs à la même époque, en tout premier lieu l'élévateur à grains de Joseph Dart, mis au point en 1842. Dans l'année 1843, seulement 70 navires l'utilisent[4]. Mais dès 1846, plus de 4 millions de boisseaux de blé passent par Buffalo, contre une moyenne de un a deux millions les huit années précédentes [2], ce qui amène la production des Grands lacs à mieux s'écouler. En 1847, des silos identiques sont installés à Brooklyn et Toledo puis en 1848 à Chicago, en 1851 à Oswedo, Fort Wayne et Detroit, et Milwaukee en 1853[5].

L'arrivée du CBOT coïncide aussi avec celle de la moissonneuse-batteuse de Cyrus McCormick, installé à Chicago en 1847 pour commercialiser sa machine mise au point quinze ans plus tôt[6],[7].

Ces deux machines vont contribuer à une "Révolution agricole américaine": entre 1835 et 1880, la production de blé par tête aux États-Unis est passée de 3 à 10 boisseaux (de 81 à 272 kilos)[6]. D'autre innovations ont lieu à la même époque: au milieu des années 1830, la première charrue en acier de John Deere, dont la société porte aujourd'hui encore son nom et en 1852 dans l'Ontario la première faucheuse mécanique, mise au point par Daniel Massey, à l'origine de Massey-Ferguson[6].

Au cours des années 1850, l'État de l'Illinois acquiert à lui seul 2 500 miles de voies ferrées, tandis que l'ensemble du pays passe de 9 000 miles à 30 000 miles[8]. Chicago dépasse le tonnage de Saint-Louis pour les céréales en 1860, alors qu'en 1850 Saint-Louis en expédiait deux fois plus[9]. En 1854, le chemin de fer rejoint le Mississippi à l'ouest de Chicago, ce qui dope la production céréalière et les ventes de Cyrus McCormick[10], inventeur une douzaine d'années plus tôt de la moissonneuse-batteuse[11]. En 1856, il en vend 4000 contre seulement sept en 1842[12].

Les transactions se faisant par le télégraphe, à distance, les céréaliers prennent l'habitude d'établir des contrats à terme, basés sur le prix "futur" de chaque céréale, en particulier celle qui émerge dans les Grands Lacs, le maïs[13]. Et en 1864, la CBOT créa le premier contrat d'échange standardisé qui prit le nom générique de futures contracts, soit en français « Contrat à terme ». En 1919, la Chicago Butter and Egg Board [14], une spin-off du CBOT, fut restructurée afin de permettre à ses membres de traiter les contrats à terme et fut rebaptisée, Chicago Mercantile Exchange (CME).

Plus tard, la cotation de contrats à termes sur les carcasses de viandes au CBOT correspondra à la très forte croissance de l'industrie de la viande et du cuir, avec l'apparition de très grands troupeaux américains de bétail, qui se déplacent à travers le Texas puis les grandes plaines américaines dans la deuxième partie du XIXe siècle. Leur passage est suivi par l'augmentation très rapide des terres agricoles, créant une incertitude sur le futur niveau de l'offre et donc des prix.

Ce n'est que dans les années 1970, après l'instabilité financière entraînée par la fin de la convertibilité en or du dollar (1971) et les deux chocs pétroliers de 1973 et 1980 que se développent les contrats à terme sur produits financiers sur le CBOT et son grand rival et voisin, le CME.

Le 19 octobre 2005, eut lieu l'introduction en Bourse (IPO) de 3 191 489 actions du CBOT à 54.00 ($US) par action. À la fin de sa première journée sur le marché, le cours de l'action était monté de 49 % à 80,50 ($US) à la NYSE. En 2007, le CBOT et le CME ont fusionné pour former le CME Group.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Depuis 1930, le Chicago Board of Trade opère au 141 West Jackson Boulevard à Chicago[15]. Il occupe un immeuble, dessiné par les architectes Holabird & Root, de 184 m de haut, le plus haut de la cité jusqu'à ce que le Richard J. Daley Center le surpasse en 1965. Ce bâtiment de style Art déco comprend des œuvres du sculpteur Alvin Meyer (et est surmonté d'une statue, de 9,5 m de haut), représentant la déesse de l'agriculture et des moissons, Cérès, évoquant le marché des matières premières. Le visage de Cérès ne fut pas sculpté, car son auteur, John Storrs pensait que l'immeuble de 45 étages resterait le plus haut de Chicago et, que par conséquent, nul ne pourrait admirer le visage de sa sculpture.

Le 4 mai 1977, le Chicago Board of Trade Building fut officiellement admis au sein des Chicago Landmarks[16], puis inscrit à l'inventaire des National Historic Landmarks, le 2 juin 1978[17]. Aujourd'hui le Board of Trade Building est entouré de nombreux gratte-ciel au cœur du très animé quartier du Loop.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) William J. Brown, American Colossus: The Grain Elevator, 1843 to 1943: The Grain Elevator, 1843 to 1943, Lulu.com,‎  Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) William Cronon, Nature's Metropolis: Chicago and the Great West, W. W. Norton & Company,‎ (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • William G Ferris, The grain traders : the story of the Chicago Board of Trade, East Lansing, Mich. : Michigan State University Press, 1988. (OCLC 17841375)
  • Charles Henry Taylor, History of the Board of Trade of the City of Chicago., Chicago, R.O. Law, 1917. (OCLC 6571457)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claire Gatinois, « Le Chicago Mercantile Exchange et le Chicago Board of Trade fusionnent », dans Le Monde du 12/07/2007, [lire en ligne]
  2. a et b Brown 2009, p. 71
  3. Cronon 2009, p. 121
  4. Brown 2009, p. 65
  5. Brown 2009, p. 66
  6. a, b et c "Cyrus McCormick et la moissonneuse", par TRISTAN GASTON-BRETON - dans LES ECHOS du 30/07/2003 [1]
  7. L'âge industriel de 1848 à 1939 (Europe & Amérique du Nord) [2]
  8. Cronon 2009, p. 68
  9. Cronon 2009, p. 110
  10. Cronon 2009, p. 315
  11. Cronon 2009, p. 115
  12. Cronon 2009, p. 117
  13. Brown 2009, p. 75
  14. (en) « Open Outcry to eTrading », Chicago Mercantile Exchange (consulté le 2 février 2008)
  15. Erioll world.svg Image satellite du Chicago Board of Trade Building
  16. (en) Chicago Landmarks sur le site officiel de la ville de Chicago.
  17. (en) « Chicago Board of Trade Building », National Park Service (consulté le 2 février 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]