Marcel Guillaume

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Marcel guillaume)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guillaume.
Marcel Guillaume
Description de cette image, également commentée ci-après

Marcel Guillaume, lors d'une déposition en 1932.

Nom de naissance Marcel, Ludovic Guillaume
Alias
L'As de la PJ
Naissance
Épernay (Marne)
Décès
Bayeux (Calvados)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession

Marcel Guillaume, né le [1] à Épernay et mort le à Bayeux[2], est un célèbre commissaire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents tiennent une mercerie à Reims. Peu doué pour les études, Marcel Guillaume devient apprenti épicier, puis tente une carrière dans l'armée où il s'engage quatre ans et enfin dans l'administration. Marcel Guillaume épouse le 25 avril 1899[3] dans le XVe arrondissement de Paris, Élise Émilie Duponnois, la fille du commissaire de police François, Victor Amédée Duponnois. Ce mariage et les relations de son beau-père vont changer sa situation professionnelle.

En janvier 1900, Marcel Guillaume entre dans la police comme enquêteur-stagiaire, au commissariat du quartier La Chapelle. Il monte progressivement tous les échelons, passant des concours administratifs et devient commissaire en 1913. En 1928, il est nommé commissaire-divisionnaire au Quai des Orfèvres, où il dirige la célèbre brigade criminelle (appelée alors Brigade Spéciale 1)[4] de 1930 jusqu'à sa retraite en 1937. Il conduit la plupart des affaires criminelles parisiennes, comme celle de la bande à Bonnot et de l'entre-deux-guerres : Landru, l'affaire Violette Nozière, affaire Mestorino, Paul Gorgulov l'assassin du président Paul Doumer ou l'affaire Prince après la suspension de l'inspecteur Pierre Bonny. La presse populaire le surnomme « l'As de la PJ ».

En 1937, Georges Simenon a reconnu s'être inspiré très librement de Marcel Guillaume, pour créer le célèbre personnage du Commissaire Maigret : face au succès des premiers Maigret qu'il trouve entachés d'erreurs, montrant par exemple un commissaire de police parisien menant des enquêtes en province (jusqu'en 1966, un policier parisien n'avait aucun droit ni pouvoir, hors du département de la Seine) voire à l'étranger (comme dans Un crime en Hollande ou Le pendu de Saint Pholien), menant ses filatures seul, le directeur de la Police Judiciaire Xavier Guichard organise en effet au début des années trente une visite organisée au quai des Orfèvres et présente à Simenon le commissaire Guillaume[5]. Ce dernier montre alors à l'écrivain ses méthodes d’investigation et notamment sa psychologie fine pour faire avouer les coupables (notamment l'« interrogatoire à la chansonnette » du joaillier Charles Mestorino). Par la suite, ils deviennent même de vrais amis et Simenon tire de nombreux renseignements de leurs conversations. Xavier Guichard apparaît dans les romans de Georges Simenon en tant que supérieur et protecteur de Jules Maigret tandis que l'inspecteur Février, un collaborateur de Guillaume, devient l'inspecteur Janvier dans les Maigret[6]. Simenon reconnaît aussi s'être inspiré du successeur de Guillaume, le commissaire Massu[7],[8].

En 1945, Marcel Guillaume intègre le groupe d'investigateurs chargés de l'enquête sur la mort d'Adolf Hitler à Berlin.

Une fois en retraite, Marcel Guillaume se retire à Tribehou dans le département de la Manche et publie ses mémoires sous la forme d'un feuilleton dans le quotidien Paris-Soir (48 articles parus en 1937). Les textes sont de nouveau imprimés aux éditions des Équateurs, en 2006.

Le commissaire Marcel Guillaume s'éteint dans sa 91e année, le [9] à Bayeux dans le Calvados.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Guillaume - Mes grandes enquêtes criminelles. Mémoires du commissaire Marcel Guillaume - De la bande à Bonnot à l'affaire Stavisky - Éditions des Équateurs, octobre 2006. (ISBN 2-84990-031-1)
  • Commissaire Marcel Guillaume - Mémoires - « 37 ans avec la pègre ». Édition présentée et annotée par Laurent Joly, chargé de recherche au CNRS. Éditions des Équateurs, novembre 2007. (ISBN 978-2-84990-067-3)
  • Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires Criminelles de la Manche, de Borée, Paris, avril 2012.(Un chapitre consacré à la retraite manchoise du commissaire Guillaume)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance n°335 à Épernay - Archives départementales de la Marne. Cote 2E 258/93
  2. René Gautier, Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 4 (ISBN 2914541562)
  3. Acte de mariage n°427 - XVearrondissement de Paris. Archives de Paris. Cote V4E 9928
  4. La BS 1 est chargée des enquêtes de sang, la BS 2 enquête sur les vols et la BS 3 sur les escroqueries.
  5. Michel Carly, Simenon : la vie d'abord, Éd. du Céfal, 2000, 102 p.
  6. Le Commissaire Guillaume (Maigret) émission L'heure du crime sur RTL avec Laurent Joly, le 7 janvier 2011
  7. La PJ de l’entre-deux guerres Blog de Georges Moréas
  8. Matthieu Frachon, 36, quai des Orfèvres : Des hommes, un mythe, du Rocher, , 197 p. (ISBN 978-2-268-07098-8)
  9. Mention marginale du décès transcrit dans l'acte de naissance, en date du 26 février 1963.