Malo-Renault

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Malo-Renault
Emile Malo-Renault (à Paris ).jpg
Émile Malo-Renault dans sa chambre parisienne, vers 1895.
Naissance
Décès
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Nom de naissance
Émile Auguste Renault
Nationalité
Activité
Formation

Malo-Renault, pseudonyme d'Émile Auguste Renault, né à Saint-Malo le et mort au Havre le , est un dessinateur, pastelliste, graveur et illustrateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bachelier ès lettres, Malo-Renault part étudier l'architecture à Paris où il est élève à l’École des arts décoratifs.

Il dessine beaucoup dès l'enfance, au trait ou à la plume. Auguste Lemoine (1848-1909)[1], professeur de dessin au collège de Saint-Malo de 1883 à 1903, lui donne le goût du dessin d'après nature et celui de la couleur. Sous la direction de son professeur de dessin, il fait des essais de gravure, notamment à l'eau-forte.

Ce n'est qu'à partir de son mariage en 1897 avec Honorine Tian (1871-1953), dite Nori Malo-Renault, élève de l’aquafortiste Adolphe-Alphonse Géry-Bichard, que Malo-Renault commence sa carrière de graveur avec l'appui de son épouse.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il se spécialise dans la gravure en couleur[2], d'abord à l'eau-forte, au vernis mou, puis à la pointe sèche. En 1912, il aborde la gravure sur bois sur le conseil de Stéphane Pannemaker, mais c’est surtout par la suite qu’il adopte le procédé du bois au canif pour une série d’illustrations monochromes comme La Rapsode foraine et Le Pardon de Sainte-Anne d'après un poème de Tristan Corbière.

Malo-Renault trouve son inspiration de sa terre natale, Saint-Malo et la Bretagne : les paysages et les Bretons sont les premiers sujets de ses pastels et ses estampes en couleur. La Vue de Quimperlé, le pastel préparatoire[3] puis l'estampe[4] illustrent bien sa méthode de travail avec un pastel dessiné sur place puis la gravure réalisée en atelier. Ici trois planches de cuivre sont nécessaire pour le tirage en couleur.

Une deuxième partie de son œuvre traduit la grâce féminine, la mutinerie et la naïveté des enfants. Il est influencé par l’œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec et l’art japonais qui se traduisent par la sobriété. La richesse des tons et la composition décorative est celle d'un coloriste[5], particulièrement en valeur dans les point-sèche en couleur qui illustrent Le Jardin de Bérénice de Maurice Barrès.

Le Menu pour les Cent bibliophiles[6] (1922), est un exemple d'estampe en couleur utilisant quatre bois gravés.

Galerie[modifier | modifier le code]

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

  • Jules Renard, Ragotte, eaux-fortes en noir et blanc imprimées en taille-douce par Geny Gros, 28 × 19 cm, Paris, librairie de la Collection des Dix, A. Ramagnol éd., 1909, 117 p.
  • Malo-Renault, Quelques-unes, album, suite gravée en couleur de 15 croquis de Parisiennes, préface de Roger Marx, 41 × 29 cm, 1909.
  • Paul Adam, Le Serpent noir, plus de 80 eaux-fortes et pointes-sèches en couleur, Les Cent bibliophiles, 29 × 21 cm, 1913, 335 p.
  • Tristan Corbière, La Rapsode foraine et Le pardon de Sainte-Anne, 12 bois rehaussés de couleurs, 32 × 26 cm, Flory, 1920, 22 p.
  • Maurice Barrès, Le Jardin de Bérénice, 30 pointes-sèches en couleur, 28 × 20 cm, Les Cent bibliophiles, 1922, 170 p.[7]
  • Émile Malo-Renault, Raquettes, Texte et gravures, 6 pointes-sèches en couleur, 39 × 28 cm, L’Estampe nouvelle, 1923.
  • François-René de Chateaubriand, René, 6 pointes-sèches en couleur et bandeaux, 28 × 19 cm, gravures imprimées par Porcabeuf, Paris, Dorbon, 1925, 101 p.
  • Charles Perrault, Peau d'âne, La Belle au bois dormant, dessins de Malo-Renault, Larousse, 1923
  • Honoré de Balzac, Ursule Mirouët, Paris, collection « L'Adolescence catholique », 1928.
  • Chansons de France, réunies par Adolphe Gauwin, illustrations de Malo Renault, Paris, 1923, 1925, 1926, 1928 ; Hachette, 1931 ; Hachette Jeunesse, 1993.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Malo-Renault, « Le Peintre Auguste Lemoine », Annales de Société d'histoire et d'archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo,‎ , p. 259-270 (lire en ligne).
  2. Émile Sedeyne, Malo-Renault, Graveur en couleurs, Byblis,, , pp. 106-109..
  3. collections.musee-bretagne.fr.
  4. collections.musee-bretagne.fr
  5. Clément-Janin, « Graveurs contemporains, Malo-Renault. », Revue de l’art ancien et moderne,‎ , pp. 163-168 (lire en ligne).
  6. Menu du banquet annuel de la Société des Cent bibliophiles, illustré par Malo-Renault, qui venait d'illustrer pour eux le Jardin de Bérénice de Maurice Barrès. Source: la Bibliothèque de Rennes Métropole.
  7. Le Jardin de Bérénice en ligne sur Wikimedia Commons.
  8. « Liste des planches gravées par Malo-Renault, conservées à la Chalcographie ».
  9. Catherinne Puget, L'estampe en Bretagne, 1880-1960, musée de Pont-Aven, 2006, [catalogue d'exposition].Catalogue général de la BnF.
  10. « Le Fureteur Breton » (ill. Malo-Renault (1870-1938) une gravure sur bois), Bulletin documentaire illustré,‎ , page 1 (lire en ligne)
  11. « Site Musée de Bretagne, collection Émile Malo-Renault », sur http://www.collections.musee-bretagne.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Noël Clément-Janin, « Graveurs contemporains. Malo Renault», Revue de l’art ancien et moderne, mars 1921, p. 163-168 (en ligne).
  • Paul-Joseph Angoulevent, Musée national du Louvre. La chalcographie du Louvre. Histoire et description, les collections, Paris, Musées nationaux, 1926, no 16, 163 p., ill. p. 48, 144. no 6653, ill. Vue de Quimperlé (voir en ligne).
    Malo-Renault a exécuté pour la Chalcographie du musée du Louvre des estampes en couleur des vues de Quimperlé, Saint-Malo, Villeneuve-lès-Avignon, du Mont-Saint-Michel et Le Château de Combourg.
  • Louis Boivin, « Un artiste malouin », Le Salut, Saint-Malo, 5 juin 1923.
  • Gustave Bord, « Malo-Renault », Le Salut, Saint-Malo, février 1930.
  • André Dézarrois, « Malo-Renault, graveur malouin », Le Salut, 19 août 1938.
  • Bormans, « Malo-Renault », Journal des Débats, 15 mars 1923.
  • Bormans, « Réflexions d’un bibliophile en l’honneur d’Eugène Rodrigues », Journal des Débats, 25 juillet 1928.
    Citation de l’illustration du Serpent noir de Paul Adam, par Malo-Renault.
  • Noël Clément-Janin, « Graveurs contemporains. Malo Renault », Revue de l’art ancien et moderne, mars 1921, p. 163-168.
  • Noël Clément-Janin, « Causerie bibliophilique », Nouvelles littéraires, 22 décembre 1923.
    Le Jardin de Bérénice, illustration.
  • Émile Dacier, La Gerbe II, Paris, Éditions Atelier A.B.C., In 4°, 32 p., 1927, fig. p. 21–24 (lire en ligne)
  • Émile Dacier, « Malo-Renault », La Bretagne Touristique, no 62, 15 décembre 1927, p. 275-277 (lire en ligne)
  • Émile Dacier, La gravure française, Paris, Larousse, In 16, 184 p., 48 pl., 1944, p. 140, 170.
  • Raymond Hesse, Le livre d’art du XIXe siècle à nos jours, Paris, la Renaissance du livre, In 16, 228 p., 20 pl., 1927 p. 107 et pl. p. 100.
    Illustration pour Jules Renard, Ragotte. Dessin de Malo-Renault, gravé à l’eau-forte par Nori Malo-Renault, éditeur Romagnol.
  • Roger Marx, « Un album de M. Malo-Renault », Gazette des Beaux-Arts, septembre 1908, p. 228–230.
  • Henri Nicolle, « La reliure moderne », Les Arts français, revue mensuelle, 3e année, [vers 1920], no 36, p. 189-201 ; p. 201.
    Malo-Renault : cuir modelé et pailleté d’argent [lamé] pour Le Serpent noir de Paul Adam, illustré par le même ; p.196 [Mme Malo-Renault, gardes brodées].
  • Jos Pennec, « Émile Malo-Renault, graveur et illustrateur (1870-1938) », Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique et Histoire d'Ille-et-Vilaine, 2004 (notice Refdoc).
  • Léon Rosenthal, « La Rapsode foraine et le pardon de Sainte-Anne », Art et décoration, Floury, juillet 1920, p. 6-7.
    Poème de Tristan Corbière. Bois de Malo Renault.
    Léon Rosenthal, « Notes d’art », La France libre, 15-16 avril 1923.
    Illustration du Jardin de Bérénice de Maurice Barrès, pour la Société des Cent Bibliophiles.
  • Émile Sedeyne, « Malo-Renault, Graveur en couleurs », Byblis, automne 1926, p. 106-109
  • Guy Tournier, Répertoire d'artistes bretons, tome III, manuscrit photocopié, documentation du musée des beaux-arts de Rennes], années 1960-1970, p. 10, 20, 20b, 21 (lire en ligne)
  • L'Estampe nouvelle : Annuaire 1897–1908, Paris, Impr. Frazier-Soye, In 8°, 1908, p. 14 et 16 [eau-forte en couleur].
  • Le Fureteur Breton, 6° année, no 32, décembre 1910–janvier 1911, p. 78. Ex-libris bretons, ex-libris de Charles Le Goffic, par Malo-Renault.
  • Malo-Renault, « Panorama de Saint Malo », A.B.C. magazine de l’art, 2e année, no 17, mai 1926, p. 134.
    Reproduction de la pointe-sèche en couleur commandée par L’État.
  • Malo-Renault, « Le peintre, dessinateur, graveur Auguste Lemoine », Annales de Société d'histoire et d'archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo, 1910, p. 259-270 (lire en ligne [archive]).
  • Malo-Renault, « La technique de Toulouse Lautrec, Henri de (1864 1901) », L'Amateur d'estampes, 6e année, no 3, mai 1927, p. 83-87.

Liens externes[modifier | modifier le code]