Malo-Renault

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ne doit pas être confondu avec Jean Malo-Renault ou Nori Malo-Renault.
Malo-Renault
Emile Malo-Renault (à Paris ).jpg

Émile Malo-Renault dans sa chambre parisienne, vers 1895.

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
Le HavreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Émile Auguste Renault
Nationalité
Activité

Malo-Renault, pseudonyme d'Émile Auguste Renault, né à Saint-Malo le et mort au Havre le , est un dessinateur, pastelliste, graveur et illustrateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bachelier ès lettres, Malo-Renault part étudier l'architecture à Paris où il est élève à l’École des arts décoratifs.

Il dessine beaucoup dès l'enfance, au trait ou à la plume. Auguste Lemoine (1848-1909)[1], professeur de dessin au collège de Saint-Malo de 1883 à 1903, lui donne le goût du dessin d'après nature et celui de la couleur. Sous la direction de son professeur de dessin, il fait des essais de gravure, notamment à l'eau-forte.

Ce n'est qu'à partir de son mariage en 1897 avec Honorine Tian (1871-1953), dite Nori Malo-Renault, élève de l’aquafortiste Adolphe-Alphonse Géry-Bichard, que Malo-Renault commence sa carrière de graveur avec l'appui de son épouse.

Il se spécialise dans la gravure en couleur[2], d'abord à l'eau-forte, au vernis mou, puis à la pointe sèche. En 1912, il aborde la gravure sur bois sur le conseil de Stéphane Pannemaker, mais c’est surtout par la suite qu’il adopte le procédé du bois au canif pour une série d’illustrations monochromes comme La Rapsode foraine et Le Pardon de Sainte-Anne d'après un poème de Tristan Corbière.

Le Menu pour les Cent bibliophiles (1922), est un exemple d'estampe en couleur utilisant quatre bois gravés.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Malo-Renault est celle d'un coloriste[3]. Une grande partie de son œuvre traduit la grâce féminine, la mutinerie et la naïveté des enfants. Il s'inspire aussi de sa terre natale, Saint-Malo et la Bretagne : les personnages et les paysages bretons sont le sujet de beaucoup de ses dessins et gravures. Il est influencé par l’œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec et l’art japonais qui se traduisent par la sobriété, la richesse des tons et la composition décorative[3]. Malo-Renault dessine au pastel, principalement des thèmes bretons, et grave des estampes en couleur originales[4] sur des thèmes parisiens[5] ou bretons.

Une partie de l’œuvre de Malo-Renault a été versée de son vivant à Paris au cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France. La majeure partie de ses œuvres à thème breton — estampes et pastels — est conservée à Rennes au musée de Bretagne.

Galerie[modifier | modifier le code]

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Ces livres illustrés sont conservés à la bibliothèque de Rennes Métropole, pole patrimoine [archive].

  • Jules Renard, Ragotte, eaux-fortes en noir et blanc imprimées en taille-douce par Geny Gros, 28 × 19 cm, Paris, librairie de la Collection des Dix, A. Ramagnol éd., 1909, 117 p.
  • Malo-Renault, Quelques-unes, album, suite gravée en couleur de 15 croquis de Parisiennes, préface de Roger Marx, 41 × 29 cm, 1909.
  • Paul Adam, Le Serpent noir, plus de 80 eaux-fortes et pointes-sèches en couleur, Les Cent bibliophiles, 29 × 21 cm, 1913, 335 p.
  • Tristan Corbière, La Rapsode foraine et Le pardon de Sainte-Anne, 12 bois rehaussés de couleurs, 32 × 26 cm, Flory, 1920, 22 p.
  • Maurice Barrès, Le Jardin de Bérénice, 30 pointes-sèches en couleur, 28 × 20 cm, Les Cent bibliophiles, 1922, 170 p.
  • Émile Malo-Renault, Raquettes, Texte et gravures, 6 pointes-sèches en couleur, 39 × 28 cm, L’Estampe nouvelle, 1923.
  • François-René de Chateaubriand, René, 6 pointes-sèches en couleur et bandeaux, 28 × 19 cm, gravures imprimées par Porcabeuf, Paris, Dorbon, 1925, 101 p.
  • Charles Perrault, Peau d'âne, La Belle au bois dormant, dessins de Malo-Renault, Larousse, 1923
  • Honoré de Balzac, Ursule Mirouët, Paris, collection « L'Adolescence catholique », 1928.
  • Chansons de France, réunies par Adolphe Gauwin, illustrations de Malo Renault, Paris, 1923, 1925, 1926, 1928 ; Hachette, 1931 ; Hachette Jeunesse, 1993.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

  • Paris :
    • Chalcographie du Louvre : quelques planches gravées[6].
    • département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France :
      • La Fourrure blanche, vers 1907, pointe-sèche en couleur ;
      • Famille de Bigoudens, vers 1907, eau-forte en couleur ;
      • Le Cochon, illustration pour Le Rire du 20 avril 1907 ;
      • 19e Dîner du Moulin à Sel…, 1907, eau-forte ;
      • Sirène de Paris, 1908, eau-forte ;
      • frontispice pour l'annuaire 1897-1908 de L'Estampe nouvelle, eau-forte et pointe-sèche ;
      • La Petite fille aux poupées, 1911-1913, pointe-sèche en couleur ;
      • Un Trottin, pointe-sèche en couleur ;
      • Le Thé chez Rumpelmayer, 1912, pointe-sèche en couleur ;
      • Ex-libris André Barrier, vers 1912, pointe-sèche ;
      • Tête de Bretonne, 1912, projet d'ex-libris, bois ;
      • La Lecture, vers 1912, pointe-sèche en couleur ;
      • l'Oreiller, 1912-1913, pointe-sèche en couleur ;
      • 12 pointe-sèche pour Modes de Paris, 1912-1913 ;
      • Mlle Jacqueline R., 1913, pointe-sèche en couleur ;
      • Dîner des Amis de l'eau-forte, 1913, pointe-sèche ;
      • Cinq heures rue de la Paix, 1913, pointe-sèche en couleur ;
      • Menu pour la Société des Cent Bibliophiles, La Bretagne offrant le Serpent noir à cette Société.
      • Sur le sable, vers 1913, eau-forte en couleur ;
      • Soins maternels, vers 1913-1914, pointe-sèche en couleur ;
      • Vue de Quimperlé, 1913-1919, eau-forte ;
      • La Rose jaune,1914, pointe-sèche en couleur ;
      • Venezia delle Guerra, vers 1917, bois en couleur ;
      • cinq plaches pour la Douloureuse Passion de N.S. Jésus-Christ par A.C. Emme, 1921 ;
      • La Queste nocturne ; L'Âme consumée ; Divin dialogue, trois illustrations pour Saint Jean de la Croix. Les Canciones, 1920, bois ;
      • deux illustration pour En route de Joris-Karl Huysmans, 1921, bois ;
      • Après le Match, 1921, pointe-sèche en couleur ;
      • La Vierge de la mer, vers 1921, bois ;
      • Chansons de France choisies et accompagnées d'images par Malo-Renault, 1923 ;
      • Villeneuve-les-Avignon, 1925, eau-forte en couleur ;
      • illustrations pour les Sonnets pour Hélène de Ronsard, 1925, pointe-sèche en couleur ;
      • Menu pour la Société des Amis des Livres, 2 février 1926, pointe-sèche en couleur ;
      • La Tasse de thé, 1926, pointe-sèche en couleur ;
      • Vue du Mont-Saint-Michel, vers 1926, pointe-sèche en couleur ;
      • Le Château de Combourg, vers 1930 ;
      • Deux Pommes (cabaret breton), pointe-sèche en couleur ;
      • Illustration pour le Bulletin de l’œuvre de Sainte Clotilde, vers 1930.
  • Rennes, musée de Bretagne :
    • 55 estampes et pastels à thème breton[7].
  • Pont-Aven, musée de Pont-Aven[8] :
    • Coup de vent, ou Gardeuse d’oies, estampe en couleur ;
    • Fouesnant la petite chatte, estampe en couleur;
    • Les Deux Pommes ou L'Auberge, estampe en couleur;
    • La Famille de Bigouden tirant un cochon, estampe en couleur.
  • Quimper, musée départemental breton :
    • Menu pour les Cent Bibliophiles, 1930, eau-forte en couleur ;
    • Jeune sonneur, ex-libris pour Charles Le Goffic, eau-forte, 10 × 7,5 cm ;
    • illustration publicitaire pour Le Fureteur breton, bois ou linoléum, 22,6 × 40,5 cm ;
    • Dans la cour de la ferme, point-sèche en couleur ;
    • Veille Bretonne en cape appuyée sur un long bâton La Cozvarc'h, 1923, pastel, 32,6 × 24 cm ;
    • Bretonne portant coiffe, corsage noir, tablier bleu, pastel et crayon, 47 × 30 cm.
  • Saint-Malo, musée d’Histoire de la Ville et du Pays Malouin :
    • La Plage de l'éventail, 1914, dessin ;
    • La Plage de Bonsecours, dessin ;
    • Terre-neuvas Saint-Servan, 1916, dessin ;
    • Grand Panorama de Saint-Malo, estampe en couleur;
    • Petit panorama de Saint-Malo, estampe en couleur ;
    • La Grand'Porte et le bassin à Flot, estampe en couleur;
    • Les Cancalaises, estampe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Malo-Renault, « Le Peintre Auguste Lemoine », Annales de Société d'histoire et d'archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo,‎ , p. 259-270 (lire en ligne).
  2. Émile Sedeyne, Malo-Renault, Graveur en couleurs, Byblis,, , pp. 106-109..
  3. a et b Clément-Janin, « Graveurs contemporains, Malo-Renault. », Revue de l’art ancien et moderne,‎ , pp. 163-168 (lire en ligne).
  4. Sur cuivre, à la pointe-sèche, ou à l'eau-forte et à l'aquatinte.
  5. « Suite de 12 estampes : figures de mode ou les mois de l'année », sur art-malo-renault.alwaysdata.net.
  6. « Liste des planches gravées par Malo-Renault, conservées à la Chalcographie ».
  7. « Site Musée de Bretagne, collection Émile Malo-Renault », sur http://www.collections.musee-bretagne.fr.
  8. Catherinne Puget, L'estampe en Bretagne, 1880-1960, musée de Pont-Aven, 2006, [catalogue d'exposition].Catalogue général de la BnF.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Noël Clément-Janin, « Graveurs contemporains. Malo Renault», Revue de l’art ancien et moderne, mars 1921, p. 163-168 (en ligne).
  • Paul-Joseph Angoulevent, Musée national du Louvre. La chalcographie du Louvre. Histoire et description, les collections, Paris, Musées nationaux, 1926, no 16, 163 p., ill. p. 48, 144. no 6653, ill. Vue de Quimperlé (voir en ligne).
    Malo-Renault a exécuté pour la Chalcographie du musée du Louvre des estampes en couleur des vues de Quimperlé, Saint-Malo, Villeneuve-lès-Avignon, du Mont-Saint-Michel et Le Château de Combourg.
  • Louis Boivin, « Un artiste malouin », Le Salut, Saint-Malo, 5 juin 1923.
  • Gustave Bord, « Malo-Renault », Le Salut, Saint-Malo, février 1930.
  • André Dézarrois, « Malo-Renault, graveur malouin », Le Salut, 19 août 1938.
  • Bormans, « Malo-Renault », Journal des Débats, 15 mars 1923.
  • Bormans, « Réflexions d’un bibliophile en l’honneur d’Eugène Rodrigues », Journal des Débats, 25 juillet 1928.
    Citation de l’illustration du Serpent noir de Paul Adam, par Malo-Renault.
  • Noël Clément-Janin, « Graveurs contemporains. Malo Renault », Revue de l’art ancien et moderne, mars 1921, p. 163-168.
  • Noël Clément-Janin, « Causerie bibliophilique », Nouvelles littéraires, 22 décembre 1923.
    Le Jardin de Bérénice, illustration.
  • Émile Dacier, La Gerbe II, Paris, Éditions Atelier A.B.C., In 4°, 32 p., 1927, fig. p. 21–24 (lire en ligne)
  • Émile Dacier, « Malo-Renault », La Bretagne Touristique, no 62, 15 décembre 1927, p. 275-277 (lire en ligne)
  • Émile Dacier, La gravure française, Paris, Larousse, In 16, 184 p., 48 pl., 1944, p. 140, 170.
  • Raymond Hesse, Le livre d’art du XIXe siècle à nos jours, Paris, la Renaissance du livre, In 16, 228 p., 20 pl., 1927 p. 107 et pl. p. 100.
    Illustration pour Jules Renard, Ragotte. Dessin de Malo-Renault, gravé à l’eau-forte par Nori Malo-Renault, éditeur Romagnol.
  • Roger Marx, « Un album de M. Malo-Renault », Gazette des Beaux-Arts, septembre 1908, p. 228–230.
  • Henri Nicolle, « La reliure moderne », Les Arts français, revue mensuelle, 3e année, [vers 1920], no 36, p. 189-201 ; p. 201.
    Malo-Renault : cuir modelé et pailleté d’argent [lamé] pour Le Serpent noir de Paul Adam, illustré par le même ; p.196 [Mme Malo-Renault, gardes brodées].
  • Jos Pennec, « Émile Malo-Renault, graveur et illustrateur (1870-1938) », Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique et Histoire d'Ille-et-Vilaine, 2004 (notice Refdoc ; lire un extrait en ligne).
  • Léon Rosenthal, « La Rapsode foraine et le pardon de Sainte-Anne », Art et décoration, Floury, juillet 1920, p. 6-7.
    Poème de Tristan Corbière. Bois de Malo Renault.
  • Léon Rosenthal, « Notes d’art », La France libre, 15-16 avril 1923.
    Illustration du Jardin de Bérénice de Maurice Barrès, pour la Société des Cent Bibliophiles.
  • Émile Sedeyne, « Malo-Renault, Graveur en couleurs », Byblis, automne 1926, p. 106-109
  • Guy Tournier, Répertoire d'artistes bretons, tome III, manuscrit photocopié, documentation du musée des beaux-arts de Rennes], années 1960-1970, p. 10, 20, 20b, 21 (lire en ligne)
  • L'Estampe nouvelle : Annuaire 1897–1908, Paris, Impr. Frazier-Soye, In 8°, 1908, p. 14 et 16 [eau-forte en couleur].
  • Le Fureteur Breton, 6° année, no 32, décembre 1910–janvier 1911, p. 78. Ex-libris bretons, ex-libris de Charles Le Goffic, par Malo-Renault.
  • Malo-Renault, « Panorama de Saint Malo », A.B.C. magazine de l’art, 2e année, no 17, mai 1926, p. 134
    Reproduction de la pointe-sèche en couleur commandée par L’État.
  • Malo-Renault, « Le peintre, dessinateur, graveur Auguste Lemoine », Annales de Société d'histoire et d'archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo, 1910, p. 259-270 (lire en ligne [archive]).
  • Malo-Renault, « La technique de Toulouse Lautrec, Henri de (1864 1901) », L'Amateur d'estampes, 6e année, no 3, mai 1927, p. 83-87.

Liens externes[modifier | modifier le code]