Maison Picassiette

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Maison Picassiette
Maison Picassiette arrière.JPG

Arrière de la maison Picassiette.

Présentation
Destination initiale
Habitation
Destination actuelle
Musée
Style
Architecte
Raymond Isidore
Propriétaire
Ville de Chartres
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
22 rue du ReposVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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La maison Picassiette est un exemple d'architecture naïve constitué de mosaïques de faïence et de verre coulées dans le ciment. Elle est située à Chartres et dépend du musée des beaux-arts de la ville[3].

La maison a été construite par un seul homme Raymond Isidore[4] (), dit Picassiette, employé communal de la ville de Chartres pour laquelle il travaillait en tant que cantonnier, puis balayeur du cimetière.

Une fois sa maison construite, il eut l'idée de réaliser des fresques recouvrant tout peu à peu. Sa vie a été totalement consacrée à la construction et à la décoration de sa maison et du jardin, notamment à l'aide de débris de céramiques et de porcelaines, entre autres des assiettes qu'il se procurait dans les décharges publiques, d'où son surnom « pique-assiette ».

Considéré comme un original, Raymond Isidore connaît une médiatisation tardive : dans les années 1950, la presse s'intéresse à lui. Mais sa fin de vie, dans son espace saturé de mosaïques, est tragique. Son inspiration tarie, lui-même épuisé, il connaît des troubles mentaux. Par une nuit d'orage, il s'enfuit de chez lui à travers les champs, en proie à un délire de fin du monde. Retrouvé et ramené chez lui, il meurt peu après.

Description[modifier | modifier le code]

Intérieur[modifier | modifier le code]

Les fresques réalisées par Raymond Isidore à l'intérieur de sa maison représentent des vues du Mont Saint-Michel, de Chartres et de ses alentours. Il les a agrémentées de pâquerettes faites de bouts d'assiettes cassées.

Peu à peu, tout l'intérieur des trois pièces d'habitation, murs et plafonds, s'est retrouvé recouvert de fresques rehaussées de mosaïques. Le mobilier, devant quand même être déplacé à l'occasion, a été peinturluré, mais de façon mosaïque. Le sol a été recouvert de mosaïques faites de débris de marbrerie.

Extérieur[modifier | modifier le code]

C'est lorsque Picassiette n'a plus eu de place pour ajouter quoi que ce soit, à l'intérieur de la maison, qu'il s'est attaqué à l'extérieur et que la fresque a été complètement abandonnée au profit de la mosaïque, plus résistante aux intempéries.

Après les murs de la maison, ce sont les allées et les murs d'enceinte du jardin qui furent l'objet de cet inlassable travail de décoration.

Sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Selon sa veuve et ses deux beaux-fils, ses rêves nocturnes furent la source de son inspiration. L'interprétation, dans une perspective jungienne, de cette longue série de rêves, révèle un mythe christique de mort et de résurrection.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  •  : Raymond Isidore, balayeur au cimetière de Chartres, achète une parcelle de terre en friche rue des Rouliers (actuellement rue du Repos) et entreprend aussitôt, et seul, la construction d'une maisonnette sans étage, sans eau courante ni commodités.
  •  : Il y emménage avec sa femme et les deux fils de celle-ci. Sa vie se confond désormais avec la décoration de la maison et du jardin attenant.
  • 1938: Début de l'aménagement de la maison. Ses matériaux de prédilection sont les débris de vaisselle récupérés dans les décharges des alentours, d'où le sobriquet donné par le voisinage de « Picassiette », c'est-à-dire « Picasso de l'assiette ».
  • 1964 : Mort de Raymond Isidore.
  • 1981 : La ville de Chartres acquiert la maison.
  • 1983 : La maison Picassiette est classée monument historique.
  • 1989 : L'association les 3R crée une Régie de quartier,une structure d'insertion par l'économique pour soutenir la réhabilitation des Hauts de Chartres. Elle emprunte largement au balayeur, sa philosophie d'exclu avec pour objectif, d'impliquer les habitants dans la reconstruction de cette ancienne cité de transit située derrière le cimetière municipal. Une démarche qui s'inspire, principalement, des écrits et recherches de Fernand Deligny : Le Croire et le Craindre, Stock, Paris 1978, et de Saül Alinsky: Etre Radical, Rules for Radicals, dernière édition, Aden, Bruxelles 2011.[5][réf. nécessaire]
  • 1996 : À Chartres, Les Rencontres Internationales de Mosaïque[5] organisées tous les deux ans par la Régie des 3R (Rénover, Restaurer, Réhabiliter), remettent un prix qui porte son nom: le prix Picassiette. La structure a réalisé de nombreuses mosaïques sur le quartier des Hauts de Chartres. Un jalonnement de Mégalithes partiellement recouverts de mosaïques permet d'y accéder[6].
  • 2003: La ville confie à la Régie des 3R la gestion de la chapelle St Eman, espace dévolu à la mosaïque contemporaine. La Régie des 3R installe au sol un jalonnement de petites mosaïques qui relie la chapelle à la Maison Picassiette en traversant le cimetière municipal où est enterré Picassiette.
  • 2014: L'association les 3R, fête le 25e anniversaire de la création de la Régie de quartier, la dixième édition du Prix Picassiette, le 50e anniversaire de la disparition de Raymond Isidore à la chapelle du lycée Fulbert, à la chapelle Saint-Eman, sur les boulevards de la ville.
  • 2015: La Régie des 3R, inaugure la décoration en mosaïque d'un poste électrique aux allures de sémaphore. Situé à l'entrée du quartier aux abords de la rue de Sours, proche de la Maison Picassiette, il en est autant le témoin que la vigie.
  • 27 février 2017 : La maison Picassiette subit un acte de vandalisme. La nuit, un individu y entre par effraction et brise la maquette de la cathédrale de Chartres édifiée par Picassiette dans le jardin.[7]. Le suspect est ensuite appréhendé. La mairie de Chartres décide de prendre en charge la restauration de cette partie du monument, évaluée à environ 10 000 euros[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Maison Picassiette, actuellement musée Picassiette », notice no PA00097013, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. * « Les amis du musée des beaux-arts de Chartres », sur www.amis-musees.fr (consulté le 17 décembre 2016)
  4. Pour lever toute ambiguïté, Isidore est le nom et Raymond le prénom
  5. Les Rêveurs de mosaïque : Prix Picassiette, premières rencontres internationales de Chartres, Éd. Association les 3R, Chartres, 1997, 64 p. (ISBN 2-9514318-0-5) ; Les Nouveaux mosaïstes : Prix Picassiette ; 2e Rencontres Internationales de Mosaïque de Chartres Éd. Association les 3R, Chartres, 1999, 83 p. (ISBN 2-9514318-1-3)
  6. Ces informations sont extraites du livre de Patrick Macquaire "le quartier Picassiette" Edition L'Harmattan, Paris 2008.
  7. Hélène Bonnet, « Fait divers - La cathédrale de la maison Picassiette saccagée à Chartres », L'Écho républicain,‎ (lire en ligne)
  8. Que devient la cathédrale de Picassiette, vandalisée en février, à Chartres ?, L'Écho républicain, 21 juillet 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edgardo Franzosini, Monsieur Picassiette : Raymond Isidore et sa cathédrale (trad. de l'italien par Philippe Di Meo), JC Lattès, Paris, 1998, 159 p. (ISBN 2-7096-1825-7)
  • Paul Fuks, Picassiette : le jardin d'assiettes (photogr. de Robert Doisneau, Jacques Verroust et Paul Fuks), Ides et Calendes, Neuchâtel, 1992, 125 p. (ISBN 2-8258-0042-2)
  • Caroline Holmes, « La maison Picassiette, Chartres » in Folies et fantaisies architecturales d'Europe (photographies de Nic Barlow, introduction de Tim Knox, traduit de l'anglais par Odile Menegaux), Citadelles & Mazenod, Paris, 2008, p. 194-197 (ISBN 978-2-85088-261-6)
  • Maarten Kloos, Le Paradis terrestre de Picassiette, Encre, Paris, 1979, 102 p. (ISBN 2-86418-017-0)
  • Patrick Macquaire, Le quartier Picassiette : un essai de transformation sociale à Chartres, L'Harmattan, Paris, 2009, 188 p. (ISBN 978-2-296-07268-8)
  • Patrick Macquaire, Picassiette ou le complexe d'Isidore, Cultures et Sociétés, avril 2011, Ed Téraèdre Paris (ISBN 978-2-36085-017-4)
  • Patrick Macquaire, " L'esprit Picassiette", Mosaïque Magazine, N°12-13-14, Juillet 2016, janvier et juillet 2017, Mosaïque Magazine, Paris {{ISSN:2114-2793}}
  • Clovis et Claude Prévost, Raymond Isidore, dit Picassiette, de Chartres, Chêne, Paris, 1978, 75 p. (ISBN 2-85108-164-0)
  • Maïthé Vallès-Bled, Picassiette : guide du visiteur, Association des amis du Musée des Beaux-arts de Chartres, 2002, 34 p. (ISBN 2-9518542-0-X)

Liens externes[modifier | modifier le code]