Mémoire de l'eau
La « mémoire de l’eau » est le nom, donné en 1988[1], à une hypothèse émise par le chercheur, médecin et immunologue, Jacques Benveniste, selon laquelle l’eau qui est en contact avec certaines substances conserverait une empreinte de certaines propriétés de celles-ci alors même qu'elles ne s’y trouvent statistiquement plus[Note 1]. Le sujet apparaît tout d'abord comme une simple controverse médiatico-scientifique[2], avant des accusations de fraude[3]. Jacques Benveniste est alors sous contrat avec les laboratoires d'homéopathie Boiron.
Les expériences de Jacques Benveniste sont présentées par des tenants de l'homéopathie (qui pratique une dilution très importante des principes actifs) comme une validation expérimentale de celle-ci. Cependant, une reproduction de l'expérience menée par des chercheurs anglais donna des résultats inverses[4] invalidant l'hypothèse de Jacques Benveniste : l'eau liquide ne retient pas de réseaux ordonnés de molécules pendant plus d'une fraction de nanoseconde[5]. Les résultats des expériences originales sur la mémoire de l'eau peuvent découler d'un artéfact expérimental, d'une interprétation abusive[6], ou d'une fraude scientifique. L'hypothèse de la « mémoire de l'eau » est désormais considérée comme invalidée scientifiquement.
En dépit de ce discrédit, l'hypothèse de la « mémoire de l'eau » continue d'être utilisée par certains auteurs, associations et cercles regroupant des personnes s'intéressant aux phénomènes inexpliqués et théories pseudoscientifiques[7]. D'autres continuent à l'étudier[8], en particulier le professeur Luc Montagnier, lauréat du Prix Nobel de médecine en 2008[9] mais depuis marginalisé au sein de la communauté scientifique du fait de ses prises de positions dépourvues de fondement scientifique[10],[11].
Publication dans Nature
[modifier | modifier le code]La controverse est initiée par un article publié dans la revue Nature de [12] cosigné par :
- l’équipe de la cellule U200 de l'INSERM[13],
- deux équipes en Israël : Institut d'Immunologie Clinique Ben Ari, Hôpital Kaplan (J. Amara, M. Oberbaum) et Département de Science Animale, Faculté d'Agriculture (B. Robinzon)
- une équipe au Canada : Départements de Zoologie et de Physiologie, Université de Toronto (B. Pomeranz, P. Fortner)
- et une équipe en Italie : Département de Médecine Interne, Maladies et Immunopathologie, Université de Milan (A. Miadonna, A. Tedeshi).
Cet article décrit la réaction de globules blancs au contact d’un anticorps et conclut que les globules blancs continuent de présenter des réactions alors que l’anticorps est dilué au point d’éliminer statistiquement toute molécule d’anti-IgE dans la solution.
Immédiatement, cette étude a un retentissement important dans les médias à grand public. En France, le , le journal Le Monde consacre sa une[14] au résultat surprenant annoncé par Jacques Benveniste. Mais, dès le mois suivant, la validité des travaux est mise en doute. Aux critiques d’ordre scientifique (mise en cause du protocole et des conditions de réalisation de l’expérience) s’ajoutent des arguments sur les circonstances de publication (soupçon de conflits d’intérêts, mise en cause des critères d’acceptabilité d’un travail par la revue Nature). Le Monde publie un nouvel article à ce sujet le 9 août 1988[15].
Si la revue Nature a accepté de publier l’article, il était précédé d’une mention précisant que la rédaction avait accepté la publication des résultats par ouverture d’esprit, mais les estimait douteux[16]. Le directeur de la revue déclare qu'il aurait accepté de publier ces travaux pour que Benveniste « ne se fasse pas passer pour un Galilée moderne, victime d’une nouvelle Inquisition[17] ». Selon Luc Montagnier, c'est effectivement ce qui se passa : en , il affirma dans le journal Science qu'il s'exilait en Chine pour « échapper à la terreur intellectuelle » entourant Jacques Benveniste, un « Galilée des temps modernes », et la mémoire de l'eau[9].
Protocole expérimental controversé
[modifier | modifier le code]La reproductibilité éventuelle d'une telle expérience nécessite un respect strict du protocole expérimental, préalable incontournable à la critique positive ou négative d'un travail.
En 1993, une équipe constituée de membres des Départements de Pharmacologie[18], utilise le même protocole expérimental et ne parvient pas à reproduire les résultats[19].
Le test utilisé dans l'expérience initiale — comptage du nombre de leucocytes ayant une réaction de dégranulation — n’aurait pas été suffisamment fiable car donnant lieu à trop de « faux positifs ». L’utilisation d’une méthode de comptage donnant moins de faux positifs et éliminant l’influence de l’expérimentateur (cytométrie en flux) a permis au groupe de scientifiques dirigés par le Dr Madeleine Ennis de publier un article en 2001 dans lequel les résultats sont conformes à ceux obtenus par Jacques Benveniste[20],[21]. Alors que Madeleine Ennis s’était déclarée « très sceptique quant au travail de Benveniste », elle déclara le dans The Guardian : « Les résultats m’obligent à remettre en question mon incrédulité et à chercher une explication logique à ce que nous avons trouvé. » Plus tard, Madeleine Ennis, assistée de Jacques Benveniste, ne réussira pas à reproduire ce résultat selon le protocole expérimental proposé lors d’une émission de la BBC[22] où la James Randi Educational Foundation offre un million de dollars à toute preuve d’un phénomène paranormal.
Accusations de conflits d’intérêts
[modifier | modifier le code]Les recherches de Jacques Benveniste sont financées en partie par les laboratoires Boiron (jusqu’en 1989), spécialisés dans la production de produits homéopathiques. Certains y voient un conflit d’intérêts[23].
Les auteurs d’articles scientifiques doivent, au moment de la soumission d’un travail, soit déclarer sur l’honneur ne pas avoir de « conflits d’intérêts », soit, dans le cas où ils en déclareraient un, l'énoncer clairement. Cependant, dans l'étude publiée le 30 juin 1988, les chercheurs ne déclarent pas qu'ils n'ont aucun conflit d'intérêt, et n'énoncent aucun conflit d'intérêt[12].
Une recherche sur les liens d'intérêts de l'équipe de la cellule U200 de l'INSERM ayant participé à l'étude fait apparaître les éléments suivants :
- Dr Jacques Benveniste : /
- Elisabeth Davenas : chercheuse du groupe Boiron-LHF[24]
- Francis Beauvais : /
- Philippe Belon : chercheur du groupe Boiron-LHF[24]
- Jean Sainte-Laudy : chercheur du groupe Boiron-LHF[24]
- Bernard Poitevin : médecin homéopathe et chercheur du groupe Boiron-LHF[24].
Publications de travaux insuffisamment validés
[modifier | modifier le code]La publication des travaux de Benveniste dans les Proceedings of Molecular Biology provoqua une polémique plus générale sur les critères d’acceptabilité de la revue Nature, ses détracteurs l’accusant d’avoir publié un article sur une expérience non reproductible où la volonté de faire apparaître un résultat semblait prendre le pas sur la rigueur scientifique.
En outre, tant la revue que de nombreux scientifiques, sans discuter la validité ou l’invalidité de cette hypothèse particulière, firent valoir qu’il arrive très souvent qu’une hypothèse publiée dans une revue de haut niveau soit par la suite réfutée, qu’il s’agit même du fonctionnement normal de la science et que la publication dans une revue scientifique constitue une proposition de nouvelle théorie qui doit dans tous les cas être vérifiée ensuite par d’autres équipes de recherche.
De plus, les tests utilisés par Benveniste avaient déjà été critiqués comme non fiables pour d’autres usages[25]. Dès lors, il paraissait plus qu’osé de s’en servir pour contester les bases mêmes de la physique.
Mémoire de l'eau à la une du Monde
[modifier | modifier le code]Cet emballement médiatique est attribué par certains[Qui ?] à une manœuvre de Benveniste. Le , le journal Le Monde a annoncé la découverte de Benveniste en Une. Le reste de la presse généraliste s’est également emparé du sujet, pour ne pas laisser l’exclusivité d’un tel scoop au Monde[25]. Comme l’article de Benveniste est alors la seule publication existante, la presse commente une question scientifique sur laquelle le débat scientifique n’a pas encore eu lieu. À titre de comparaison en 2008, la supraconductivité à haute température engendre plus de dix prépublications par jour, montrant un débat approfondi entre les chercheurs.
Le défi de Science et Vie
[modifier | modifier le code]En 1989, la revue de vulgarisation scientifique Science et Vie lancera à Benveniste un défi (avec un million de francs à la clef) pour prouver l’existence de la mémoire de l’eau[3] ; Benveniste ne relèvera jamais le défi .
Enquête de Nature
[modifier | modifier le code]En , la conclusion de la contre-enquête : « Le phénomène décrit n’est pas reproductible au sens habituel du terme. Nous concluons qu’il n’existe pas d’arguments solides pour affirmer que l’anti-IgE à haute dilution (à une dilution aussi élevée que 10120) garde une activité biologique, et que l’idée que l’on puisse imprimer dans l’eau la mémoire de solutés y ayant transité est aussi inutile que fantaisiste »[26].
Critiques et défenses de la théorie
[modifier | modifier le code]Pour l'immense majorité des physiciens et des chimistes, l'hypothèse de la mémoire de l'eau formulée par Benveniste n'est pas compatible avec les propriétés de cette molécule[27],[28], même en tenant compte des liaisons par pont hydrogène entre les molécules, responsables par exemple de sa dilatation quand elle prend en glace.
En 2017, un article publié dans Science Magazine[29] largement commenté par la communauté scientifique pose l’hypothèse de l’existence d’un second point critique de l'eau. Lorsque l'eau est refroidie en dessous de 0 °C sans geler (on appelle cela eau surfondue), certaines de ses propriétés changent drastiquement; en particulier : sa compressibilité augmente fortement, sa capacité calorifique augmente et sa densité adopte un comportement inhabituel. Ceci fournit des explications possibles à des particularités de l’eau qui en font un matériaux hors norme, notamment le fait qu’elle devient plus légère quand elle passe à l’état solide et que sa compressibilité s’accroît lorsque, à l’état liquide, sa température baisse[30].
Du point de vue de la physique de la matière condensée, l'hypothèse d'une mémoire conservée à des distances macroscopiques ou mésoscopiques[31], et l'existence de nanoparticules à base d'eau ou entièrement composées d'eau n'est pas une impossibilité, et ce malgré la courte vie des liaisons hydrogène entre molécules H2O et le fait qu'aucune molécule n'occupe un rôle spécifique dans ces agrégats. Certains auteurs mentionnent parfois que la formation de clusters locaux quantiques[32] pourrait fournir un mécanisme à la mémoire de l'eau, et les clusters d'eau sont à l'étude in vitro et in silico car ils pourraient expliquer certaines des caractéristiques étonnantes de l'eau, la plus connue étant sa dilatation lors du refroidissement. D'autres auteurs affirment que de tels clusters n'ont jamais pu être observés et que cette idée a été abandonnée[28].
Un autre argument exprimé par les critiques porte sur la difficulté à expliquer pourquoi l'eau qui a été en contact avec des milliers de substances différentes ne garde pas la mémoire de toutes celles-ci. À cet argument, moins courant, Martin Chaplin, comme les homéopathes, réplique que seules les eaux isolées pour le processus de dilution et de « dynamisation » (opération du monde homéopathique, consistant à secouer fortement de l'eau au contact avec telle ou telle substance active appropriée) sont concernées par la théorie de la mémoire de l'eau[33].
De façon générale, pour la majorité des chimistes et physiciens, pour valider la théorie de la mémoire de l’eau, il faudrait préalablement préciser dans quelles conditions elle est sensée intervenir[25]. Selon Josephson, Chaplin, Rustum Roy et d'autres chercheurs, ces arguments révèlent une méconnaissance de la science de l'eau comme matériau et comme milieu des opérations biologiques[33] et de la recherche scientifique, voire d'une forme de dogmatisme[31] ou de « rhétorique non scientifique » proférée par des scientifiques s'exprimant hors de leur domaine d'expertise[34].
Travaux de Jacques Benveniste
[modifier | modifier le code]Caractère scientifique
[modifier | modifier le code]Il peut sembler difficile de qualifier les travaux de Jacques Benveniste sur la mémoire de l’eau comme scientifiques. À partir de 1988, il propose de nombreuses expériences déroutantes[Lesquelles ?] et peu d’entre elles ont pu être reproduites par des laboratoires indépendants (Marcel-Francis Kahn estime que « [les recherches de Benveniste] ne satisfont pas aux critères de reproductibilité qu’exige la biologie actuelle »), la reproductibilité des expériences étant la base de la science moderne. Les avis divergent sur l'interprétation de cette non-reproductibilité. Le professeur Montagnier pense que c’est la nature même des expériences qui les rendaient difficilement reproductibles, d’autres pensent que Benveniste ou un membre de son équipe (peut-être même à l’insu de Benveniste) trafiquaient ses expériences, consciemment ou non (c’est ce qu’on appelle l’effet expérimentateur)[35]. Certains chercheurs ont même déclaré que celui-ci était fou[36].
Hautes dilutions
[modifier | modifier le code]Jacques Benveniste commence sa carrière de chercheur en 1965 à l’Institut de recherche sur le cancer de Villejuif. Il travaille ensuite à la Scripps Clinic and Research Foundation à La Jolla en Californie. Il devient un chercheur internationalement reconnu grâce entre autres à la découverte en 1971 d’un facteur activateur des plaquettes sanguines, le PAF-acether. En 1973, il revient en France et intègre l’INSERM puis y crée l'unité 200 en 1980. Ce laboratoire est spécialisé dans l’immunologie de l’allergie et de l’inflammation. En 1981-1982, Bernard Poitevin (qui est également médecin homéopathe) prépare sa thèse en biologie dans ce laboratoire et commence à réaliser des expériences avec des produits à haute dilution. Les résultats obtenus intriguent Jacques Benveniste puisqu'ils ont l'impression que des produits hautement dilués continuent d’avoir un effet alors qu’ils ne contiennent plus aucune molécule de substance active. Des résultats similaires sont obtenus par Elisabeth Davenas et Francis Beauvais[37],[38].
Origine électromagnétique de la mémoire de l’eau
[modifier | modifier le code]À partir de 1989, Alfred Spira, rejoint l’équipe de Benveniste et mène des expériences, en partie en réponse à l’enquête de Nature. De nouvelles expériences d’activation et d’inhibition de la dégranulation des basophiles sont menées en aveugles à Clamart. Le résultat de ces expériences est publié dans les comptes rendus de l’Académie des Sciences de Paris.
Ces résultats sont toutefois contestés par Michel de Pracontal, journaliste scientifique français, dans son livre L’Imposture scientifique en 10 leçons[39]. La lecture critique de Michel de Pracontal souligne que les résultats positifs se trouvent essentiellement dans les échantillons traités par Élisabeth Davenas, alors que les autres sont non concluants. De plus, la différence relevée n’est pas dans la proportion de basophiles dans les tubes où ils sont censés avoir été dégranulés par l’effet, mais dans leur proportion sur les solutions témoin[25]. Bernard Poitevin considère pour sa part qu’Élisabeth Davenas est meilleure que ses collègues à la lecture des solutions. Michel de Pracontal considère d’une part que les résultats obtenus restent peu vraisemblables même dans ce cas, d’autre part que cela confirme que la méthode relève d’une lecture trop subjective et sujette à l’effet expérimentateur pour apporter des conclusions sur un effet majeur[25].
Expériences du National Institute of Health
[modifier | modifier le code]À partir de , la société Digibio, créée par Benveniste, réalise une expérience au National Institute of Health à Bethesda dans le Maryland. Afin de supprimer au maximum l’interférence possible de l’expérimentateur, cette expérience est automatisée grâce à un robot analyseur. Ce robot permet de détecter la transformation du fibrinogène en fibrine sous l’action de la thrombine. Au début de l’expérience, la thrombine est soumise à un signal électromagnétique numérisé. Ce signal est censé inhiber l’action de la thrombine. Du au , Benveniste et deux de ses expérimentateurs réalisent des expériences concluantes montrant qu’un signal électromagnétique issu d’un enregistrement numérique pourrait bloquer l’action de la thrombine[40]. L’équipe américaine fait toutefois une découverte étrange : quand un des expérimentateurs de l’équipe Benveniste (Jamal Aïssa) n’est pas physiquement présent, l’expérience échoue systématiquement. Dès le départ de l’équipe Benveniste, aucune action sur la thrombine n’est plus détectée[41].
Mémoire de l’eau et paranormal
[modifier | modifier le code]Dès 1988, des associations visant à la promotion ou à la dénonciation de phénomènes paranormaux ou ufologiques vont s’intéresser aux travaux de Benveniste.
Henri Broch et le Comité Français d’Étude des Phénomènes Paranormaux
[modifier | modifier le code]Henri Broch est membre du Comité Français d’Étude des Phénomènes Paranormaux, association rationaliste. Le premier , il envoie deux télex à John Maddox de la revue Nature. Il explique qu’en qualité de représentant de cette association, il veut obtenir le plus rapidement possible une copie de l’article devant paraître dans Nature. Maddox ne répondra pas. Le , le numéro de cette revue arrive à la bibliothèque du campus Sciences de l’Université de Nice-Sophia Antipolis et il se met immédiatement à analyser l’article polémique. Dans son livre Au cœur de l’extraordinaire, un chapitre sera consacré aux travaux de Benveniste sur la mémoire de l’eau. Le , il fait parvenir un télex à l’Agence France Presse signalant la non-validité des résultats publiés dans Nature et la disponibilité publique des explications[42].
Benveniste et la radionique
[modifier | modifier le code]Selon Francis Beauvais, Jacques Benveniste a reçu en une personne venue lui présenter la radionique. Elle lui a présenté un étrange appareil « magique » de la taille d’une boîte d’allumette qui permettrait de transformer de l’eau en acétylcholine en tournant un simple potentiomètre[43].
James Randi Educational Foundation
[modifier | modifier le code]Benveniste participe à une émission télévisée de la BBC en 2001 organisée par James Randi, un illusionniste. Cette émission offre 1 million de dollars à quiconque prouverait un phénomène paranormal. Randi propose à Benveniste de reproduire ses expériences en double aveugle. Les expériences échouent et Benveniste ne gagne pas le prix.
7th Biennial European Meeting of the Society for Scientific Exploration
[modifier | modifier le code]Yolène Thomas, ancienne collaboratrice de Jacques Benveniste, participe en 2007 à la conférence 7th Biennial European Meeting of the Society for Scientific Exploration à Hessdalen. Elle y présente un exposé intitulé The physical nature of the biological signal, a puzzling phenomenon: the critical role of Jacques Benveniste[44].
Période post-Benveniste
[modifier | modifier le code]Travaux de Bruno Robert
[modifier | modifier le code]Bruno Robert, inventeur d'outils électromagnétiques, s'intéresse en 1997 au travail de Benveniste qui l'invite en 2004 à le rejoindre. Après le décès du professeur, Robert met au point une méthode pour isoler les fréquences spécifiques des substances biologiques.
« Nous avons pu constater qu'un signal caractéristique était bien présent dans le sang de patients atteints du sida, de la maladie de Parkinson, d'Alzheimer, de la polyarthrite rhumatoïde, de la sclérose en plaques[45]. »
Fin mai 2005, Robert se rapproche de Luc Montagnier espérant que « celui-ci lui ouvre les portes de laboratoires de pointe, où il pourrait tester son invention - notamment sur le virus du sida »[46]. Le 13 juin 2005, les deux hommes délimitent « leurs compétences respectives dans un accord de confidentialité », Luc Montagnier reconnaissant que les informations relatives aux signaux électromagnétiques sont apportées par Bruno Robert.
Le 15 novembre 2005, Bruno Robert dépose une demande de brevet relatif à un « procédé de caractérisation d'un élément biochimique présentant une activité biologique par analyse des signaux électromagnétiques de basses fréquences » à l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle) qui, le 14 décembre 2005, reçoit « une demande de brevet de Luc Montagnier sous le même intitulé que celui de Bruno Robert ». En 2008 un procès oppose les deux inventeurs que gagne Montagnier en 2009, le brevet portera désormais leurs deux noms[47].
Travaux de Luc Montagnier
[modifier | modifier le code]Le , à la conférence de Lugano Nano-elements from pathogenic microorganisms, Luc Montagnier émet l’hypothèse de l’existence dans l’eau de nanostructures relativement stables capables de mémoriser au moins partiellement une information génétique[48]. Cette hypothèse explique une expérience que Montagnier présente comme parfaitement validée par son équipe : le plasma sanguin est capable d’émettre par résonance des signaux électromagnétiques caractéristiques indiquant que ce plasma a été mis en contact avec certains virus ou bactéries et ce en l’absence totale de ces virus ou bactéries, celles-ci ayant été totalement filtrées. La présentation de ces travaux est accompagnée d’un soutien clair de la part de ce chercheur aux travaux de Jacques Benveniste sur la mémoire de l’eau. Luc Montagnier indique également au sujet des expériences sur la mémoire de l’eau que Jacques Benveniste avait « des résultats exacts mais qui étaient difficilement reproductibles », tout en rejetant complètement l’idée d’une fraude de ce dernier.
En , Luc Montagnier publie un article avec Jamal Aïssa (ancien collaborateur de Jacques Benveniste), Stéphane Ferris, Jean-Luc Montagnier et Claude Lavallée. Cet article intitulé Electromagnetic Signals Are Produced by Aqueous Nanostructures[49] montre que certaines bactéries émettent dans des solutions aqueuses un signal électromagnétique spécifique comparable à ceux que Benveniste étudiait en 1996. Ces signaux restent présents dans ces solutions à haute dilution (10−13) alors qu'il n'existe plus la moindre molécule autre que de l'eau à de telles dilutions. Toutefois à des dilutions supérieures les résultats se sont montrés négatifs (« Positive signals were usually obtained at dilutions ranging from 10−5 to 10−8 or 10−12. Higher dilutions were again negative[49] »), confirmant la non-reproductibilité des travaux de Benveniste qui travaillait régulièrement sur des dilutions entre 10−16 et 10−22, voire parfois plus de 10−40. Toutefois, l'article indique que dans une expérience, des résultats positifs ont été obtenus à des hautes dilutions entre 10−9 et 10−18 (« in one experience, some very high dilutions were found positive, ranging from 10−9 to 10−18 »).
Montagnier évoque les travaux de Benveniste dans un documentaire de France 5, On a retrouvé la mémoire de l'eau ![50], diffusé en , et réalise devant la caméra une expérience de téléportation de l'ADN avec la collaboration d'un laboratoire italien.
Travaux de Widom, de Valenzi et de Srivastava
[modifier | modifier le code]Lors de la conférence Molecular Self-Organization in Micro-, Nano-, and Macro-Dimensions: From Molecules to Water, to Nanoparticles, DNA and Proteins à l’institut Bogolyubov de physique théorique (Ukraine) organisé par l’académie des sciences d’Ukraine du 8 au [51], trois chercheurs, Allan Widom (du département de physique de l’université de Boston, États-Unis), Yogi Srivastava (du département de physique de l’université de Perugia en Italie), Vincenzo Valenzi (du centre de recherche CIFA à Rome, Italie) ont présenté un article intitulé The Biophysical Basis of Water Memory (« les bases biophysiques de la mémoire de l’eau »)[52]. Dans cet article, les auteurs affirment dans le résumé (donc sans référence) que certaines expériences de Benveniste ont été reproduites par trois laboratoires indépendants, et que des travaux ultérieurs ont montré que l’activité biochimique de plus de cinquante systèmes biochimiques et même de bactéries peut être induite par des signaux électromagnétiques transmis au travers de solutions aqueuses (ce qui exclut l’eau pure et les dilutions éliminant statistiquement toute molécule). Les sources de ces signaux électromagnétiques sont des « enregistrements » de ces activités biologiques spécifiques. Les auteurs concluent que ces résultats suggèrent que l’information biochimique pourrait être stockée dans les moments des dipôles électriques des molécules d’eau d’une manière totalement analogue à l’enregistrement d’informations sur un disque dur sous la forme de moments magnétiques. Toutefois, il reste à expliquer comment l’ordre de lecture demeure, puisque dans un disque dur les 0 et les 1 sont lus dans le bon ordre à cause de l’impossibilité de déplacement des micro-supports. Dans un liquide, les déplacements des dipôles transformeraient immédiatement une telle information en bruit[53].
Travaux d'Auguste Meessen
[modifier | modifier le code]En 2018, le physicien belge Auguste Meessen, professeur émérite de l’Université de Louvain, publie dans Journal of Modern Physics » une étude physique du phénomène de la mémoire de l’eau. Il a découvert dans l'eau la présence de chaînes de nanoperles d'eau (chains of nanopearls) de taille égale :
« Les molécules biologiquement actives créent des substituts dans l'eau liquide en formant des cristallites ferroélectriques à domaine unique. Ces nanoparticules sont sphériques et constituent des chaînes en croissance. Les dipôles sont alignés, mais peuvent être mis en oscillation à la fréquence de vibration de la partie chargée des molécules actives. Ils sont ensuite automatiquement coupés et deviennent des supports d’information. De plus, ils produisent un champ électrique oscillant, provoquant une multiplication auto catalytique de chaînes identiques au cours de dilutions successives. Les molécules actives ne sont donc nécessaires que pour initier ce processus[54]. »
Travaux sur d'autres propriétés de l'eau
[modifier | modifier le code]Les travaux suivants ont été traités par certains médias en utilisant l'expression « mémoire de l'eau », mais sans que leurs auteurs aient présenté des liens possibles avec les phénomènes annoncés par Benveniste.
Travaux de Philippe Vallée
[modifier | modifier le code]Ingénieur spécialisé dans les phénomènes d’osmose inverse, Philippe Vallée a mis en évidence, d’une façon reproductible[55], que l’exposition à des champs électromagnétiques basse fréquence peut avoir un effet sur les propriétés physiques de l’eau, uniquement en raison des impuretés qui s’y trouvent inévitablement. Cette modification dure plusieurs jours (jusqu’à douze jours).
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Cela signifie que le taux de dilution est, en puissances de 10, très supérieur au nombre de molécules initialement présentes. On ne peut plus alors parler d’un nombre de molécules présentes, mais d’une probabilité d’en trouver au moins une (rendue ici négligeable).
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Ma vérité sur la mémoire de l'eau de J. Benveniste p. 32
« Ai-je employé les termes "mémoire de l’eau" ? Je ne m’en souviens pas. Des journalistes, dont Jean-Yves Nau du Monde, assistent à ma conférence et en rendent compte dans leurs journaux. C’est sous la plume de l’un d’entre eux que viendra pour la première fois l’expression "mémoire de l’eau". »
- ↑ « 1988, Jacques Benveniste et la mémoire de l'eau - Archives vidéo et radio Ina.fr », sur Ina.fr (consulté le )
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- ↑ Science et Vie no 1067, août 2006, p. 102-111
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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- Michel Schiff, Un cas de censure dans la science : l’affaire de la mémoire de l’eau, Paris, Albin Michel, .
- « L’Affaire de la mémoire de l’eau : pour une sociologie de la communication scientifique », Alain Kaufmann, in Beaud P., Flichy P., Pasquier D. et Quéré L., (Eds.), Sociologie de la communication, Paris, Réseaux-CNET, p. 497-519, 1997
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- Au nom de la science, Philippe Alfonsi, éd. Barrault-Taxi, 1989
- Ma vérité sur la mémoire de l’eau (publication posthume d’un essai de Jacques Benveniste), Jacques Benveniste, avec la collaboration de François Cote, Albin Michel, 2005 (ISBN 2-226-15877-4)
- L’Âme des molécules - Une histoire de la mémoire de l’eau, Francis Beauvais, coll. « Mille-Mondes », éd. Lulu.com, 2007 (ISBN 978-1-4116-6875-1)
- Water and its Memory, Prof. Dr Bernd Kröplin, Regine C. Henschel, 135 p., with over 150 drop images, eBook, GutesBuch Verlag (ISBN 978-3-9819203-0-7)