Littoralisation

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La carte de la densité de la population dans le monde illustre la littoralisation avec 60 % de la population mondiale qui habite à moins de 100 km d’un littoral en 2017[1].

La littoralisation est un processus alliant anthropisation littorale et mutations des activités, et qui a pris une dimension importante et mondiale depuis la seconde partie du XXe siècle.

Elle consiste en :

Historique[modifier | modifier le code]

« La plupart des civilisations ont nourri des sentiments ambivalents à l'égard de la mer, mais avec une dominante de crainte, voire de répulsion. La proximité des mers effrayait, tant pour des raisons naturelles (humidité du climat, violence des vents et des tempêtes, voire souvenir de tsunamis) que pour des raisons humaines » (peur de la piraterie). L'attractivité des littoraux s'est développée au XIXe siècle avec « la mondialisation, le développement des échanges et de la civilisation des loisirs »[2].

L'essor des transports maritimes à la fin du XIXe siècle entraîne une croissance considérable des villes portuaires et accélère brutalement le phénomène de littoralisation du monde commencé à l'époque moderne[3].

En 2001, l'ONU estime à 44 % la population mondiale résidant à moins de 150 km de la mer et à 50 % celle vivant à moins de 200 km[4]. En 2010, plus de la moitié de la population mondiale vit à moins de 150 km le long des 1,6 million de kilomètres de côtes qui bordent les mers et les océans[5]. Selon une projection démographique réalisée en 2006 par le Center for Climate Systems Research (en) de l'université de Columbia[6], le nombre de personnes habitant à moins de 100 km des côtes devrait augmenter de 35 % entre 1995 et 2025.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les conséquences de la littoralisation sont une concentration croissante de population sur les côtes, ce qui est à la fois un avantage (ces populations peuvent plus facilement travailler donc vivre) et un inconvénient. La forte concentration de population entraîne dans certains pays des problèmes liés à l'approvisionnement en eau et à la pollution, voire des problèmes de chômage, donc de pauvreté si le phénomène est trop important, sans compter un accroissement des risques comme en témoigne le tsunami de décembre 2004 dans l'océan Indien ou celui survenu dans la région de Sendaï au Japon en mars 2011. 6 % de la population mondiale vit sur la frange littorale (à moins de 10 m d'altitude, notamment au niveau des atolls, des grands deltas)[2]. L'élévation du niveau de la mer menace ainsi les habitats de millions de personnes et est une des causes de la projection de l'ONU qui prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050[7].

Une autre conséquence est l'évolution des perceptions et des usages du littoral. L'artificialisation du littoral entraîne ce que le géographe maritimiste André Vigarié appelle la « démaritisation du littoral »[8]. Si 260 millions de terriens ont un travail directement lié à la mer[1], les métiers de la mer, exercés typiquement par les gens de mer, sont de moins en moins maritimes dans les pays industrialisés comme la France alors que ceux liés à l'écotourisme, à l'économie résidentielle et l’emploi public se développent[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Stratégie nationale pour la mer et le littoral », sur ecologique-solidaire.gouv.fr/, .
  2. a et b Pierre Royer, Géopolitique des mers et des océans. Qui tient la mer tient le monde, Presses Universitaires de France, , 208 p. (lire en ligne).
  3. Sylvain Venayre, Pierre Singaravélou, Histoire du Monde au XIXe siècle, Fayard, , p. 247.
  4. Michel Paillard, Véronique Lamblin, Denis Lacroix, Énergies renouvelables marines. Étude prospective à l'horizon 2030, Editions Quae, (lire en ligne), p. 63.
  5. Rachid Amara, Impact de l’anthropisation sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes marins. Exemple de la Manche-mer du nord, VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, Hors-série 9, juillet 2011
  6. (en) « It's 2025. Where Do Most People Live? », sur columbia.edu, .
  7. Pascal Canfin, « Défense : « Il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde » », sur lemonde.fr, .
  8. Jean-Pierre Paulet, La France: villes et systèmes urbains, Armand Colin, , p. 160.
  9. « : démographie et économie du littoral », Dossier de l'observatoire du littoral, no 1,‎ , p. 11 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]