Ligne de Saint-Pierre-d'Albigny à Bourg-Saint-Maurice

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Ligne de la Tarentaise
Ligne de Saint-Pierre-d'Albigny à Bourg-Saint-Maurice
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Carte de la ligne
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Traversant l'Isère, un TGV Duplex en provenance de Paris, arrive à Bourg-Saint-Maurice, durant l'hiver.
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Albertville, Moûtiers, Bourg-Saint-Maurice
Historique
Mise en service 1879 – 1913
Électrification 1988
Concessionnaires PLM (1868 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 899 000
Longueur 80 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification 1500 V continu
de Saint-Pierre à Albertville
25 kV – 50 Hz
d'Albertville à Bourg-Saint-Maurice
Nombre de voies Voie unique
Signalisation BAPR
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic TER, TGV
Thalys, Eurostar (saisonniers)
Fret

La ligne de Saint-Pierre-d'Albigny à Bourg-Saint-Maurice, également surnommée « ligne de la Tarentaise » du nom de la vallée qu'elle traverse, est un axe important des Alpes françaises, qui relie Saint-Pierre-d'Albigny (dans la Combe de Savoie, sur l'axe de la Maurienne) à Bourg-Saint-Maurice. Desservant l'une des plus grosses concentrations de stations de sports d'hiver au monde, elle est parcourue par de nombreux TGV l'hiver, qui s'ajoutent à des TER et à une trame légère de trains de fret locaux.

Elle constitue la ligne no 899 000 du réseau ferré national français.

Origine[modifier | modifier le code]

Le royaume de Piémont-Sardaigne avait concédé une ligne d'Ayton sur Annecy par Albertville à la Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel par une loi le 15 août 1857. À la suite du rattachement de la Savoie à la France en 1860, la convention signée le 1er mai 1863 entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel dégageait la compagnie de l'obligation de créer cette ligne. Cette convention est approuvée par décret le 27 mai 1863[1].

La ligne entre Saint-Pierre-d'Albigny et Albertville est concédée à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une convention signée entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la compagnie le 18 juillet 1868. Cette convention est approuvée par un décret impérial le 28 avril 1869[2].

La ligne entre Albertville et Moûtiers est déclaré d'utilité publique au titre de l'intérêt local et concédé au département de la Savoie par décret le 15 juin 1875. Selon les termes de conventions signées entre le conseil général de Savoie, et Monsieur Théodore de Saint-Pierre les 25 février 1873, 4 août 1874, et 6 avril 1875, la concession est rétrocédée à la compagnie représentée par ce dernier[3]. La ligne d'Albertville à Moûtiers est intégré dans le réseau d'intérêt général par une loi le 2 avril 1880[4]. Elle est concédée à titre définitif à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée le 2 août 1886[5].

Les 80 km de la ligne de la Tarentaise ont mis en tout 34 ans pour voir le jour, avec deux coupures dans les travaux de respectivement 14 et 20 ans. Alors que les contraintes auraient dû être purement techniques (la vallée de la Tarentaise étant en effet extrêmement encaissée), ce sont surtout des considérations politiques qui ont retardé les travaux[6].

En effet, au début des années 1880, l'Italie entre dans la Triple-Alliance suscitée par Otto von Bismarck alors premier chancelier de l’Empire allemand, vis-à-vis de laquelle les rancœurs liées à la dernière guerre sont encore bien présentes. Cette union entre l'Italie et la Prusse attire l'attention des autorités françaises en ce qui concerne la protection de la frontière des Alpes et la construction de la ligne gagne en priorité. Lorsque le chemin de fer arrive à Moûtiers en 1893[7], les volontés établies ne sont alors pas uniquement celle de la desserte locale de la vallée, et très peu de temps après se pose déjà la question d'un prolongement vers Bourg-Saint-Maurice et la frontière située au col du Petit-Saint-Bernard[6]. L'homme politique local et futur député Francis Carquet édite notamment une brochure Le percement du Petit-Saint-Bernard. Etude des avantages incontestables que présente la ligne du Petit-Saint-Bernard sur celles du Simplon et du Mont-Blanc considérées comme voies internationales (1880-81)[8].

Mais les rapports franco-italiens se redétendent à partir de 1896, et l'idée d'un prolongement vers la frontière n'est plus dans les priorités[6]. La section de ligne de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice est concédée à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le 24 janvier 1902. Cette convention est approuvée par une loi le 18 juillet 1902[9]. La section de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice ne sera desservie qu’en 1913.

Un projet de tunnel ferroviaire sous le Petit Saint Bernard avait même été élaboré, il devait rejoindre Pré Saint Didier (Val d'Aoste)[10], mais le projet n'a pas été réalisé.

Mises en service[modifier | modifier le code]

Autres dates[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La ligne de la Tarentaise au point de bifurcation avec la ligne de la Maurienne.
TGV quittant la ligne de la Tarentaise et passant les trois aiguillages pour poursuivre sur la ligne venant de la Maurienne.

Tracé[modifier | modifier le code]

C'est une ligne de montagne, avec de nombreuses courbes et des déclivités (rampes) importantes de Moûtiers à Bourg-Saint-Maurice. Les vitesses sur ce tronçon de ligne ne dépassent pas les 80 km/h. Entre Albertville et Moûtiers, la ligne est relativement plate et permet des vitesses atteignant 140 km/h.

De par sa situation en fond de vallée après Albertville, la ligne subit de nombreux éboulements, notamment entre Moûtiers et Saint-Marcel. Le dernier gros éboulement remonte ainsi à avril 2015 et avait causé l'interruption de la circulation des trains entre Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice pendant 4 mois.

Électrification[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, la ligne fut modernisée en prévision des Jeux Olympiques d'hiver de 1992 : elle fut entièrement électrifiée, les voies d'évitements dans les gares ont été reconstruites, la signalisation entièrement automatisée, etc. Auparavant il fallait 2 locomotives Diesel BB 67400 jumelées pour affronter les fortes pentes de la ligne et maintenir une vitesse constante des trains.

Vitesses limites[modifier | modifier le code]

Vitesses limites de la ligne en 2012 pour les autorails, les TGV et Z2 dans les deux sens de circulation (certaines catégories de trains, comme les trains de marchandises, possèdent des limites plus faibles)[11] :

De À Limite
St-Pierre-d'Albigny
Bif. Km 1,8
Km 16,7 100
Km 16,7 Albertville 120
Albertville Km 34,7 140
Km 34,7 Moûtiers - Salins 110
Moûtiers - Salins Bourg-Saint-Maurice 80

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « N° 11547 - Décret impérial qui approuve la convention passée le 1er mai 1863 entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel : 27 mai 1863 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 22, no 1141,‎ , p. 114 - 137 (lire en ligne).
  2. « N° 16808 - Décret impérial qui approuve la convention passée, le 18 juillet 1868, entre le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 28 avril 1869 », Bulletin des lois de l'Empire Français, Paris, Imprimerie Impériale, série XI, vol. 33, no 1699,‎ , p. 364 - 373.
  3. « N° 4259 - Décret qui déclare d'utilité publique l'établissement d'un chemin de fer d'intérêt local de Moûtiers à Albertville : 15 juin 1875 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 10, no 259,‎ , p. 754 - 779 (lire en ligne).
  4. « N° 9141 - Loi qui incorpore dans le réseau d'intérêt général le chemin de fer d'intérêt local de Moûtiers à Albertville : 2 avril 1880 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 20, no 514,‎ , p. 433 - 434 (lire en ligne).
  5. « No 17,490 — Loi qui concède diverses lignes de Chemins de fer à la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : 2 août 1886 », Bulletin des lois de la République française, 12e série, vol. 33, no 1036,‎ , p. 633 - 634 (lire en ligne).
  6. a b et c Trains de montagnes par Pascal Benjui, presses et éditions ferroviaires (1985)
  7. a et b Historique de la ligne sur le site de l'APMFS
  8. Francis Carquet, Le percement du Petit-Saint-Bernard. Etude des avantages incontestables que présente la ligne du Petit-Saint-Bernard sur celles du Simplon et du Mont-Blanc considérées comme voies internationales, 1880-1881, 63 pages disponible sur Gallica
  9. « N° 41987 - Loi ayant pour objet l'approbation d'une convention avec la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée pour la concession des lignes suivantes : de Nice à la frontière d'Italie ; de Chorges à Barcelonette ; de Moutiers à Bourg-Saint-Maurice ; de Bourron à Melun ; De Chamborigaud à Bessèges, d'Aigues-Mortes au Grau-du-Roi : 18 juillet 1902 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série XII, vol. 65, no 2376,‎ , p. 645 - 646 (lire en ligne).
  10. Pierre Messiez, Le rail en Tarentaise, Breil-sur-Roya, Éditions du Cabri, (ISBN 2908816075)
  11. Renseignements techniques SNCF/RFF - RT 5077 Chambéry - Bourg-Saint-Maurice

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marius Hudry, « La voie ferrée d'Albertville à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) », Les Transports de 1610 à nos jours (Actes du 104e Congrès national des sociétés savantes, Bordeaux, 1979, Section d'histoire moderne et contemporaine), 1980, 452 pages
  • Jacques Defrance, Le Matériel moteur de la SNCF, Éditions N.M., Paris, 1969
  • Jean-Chaintreau, Jean Cuynat et Georges Mathieu, Les Chemins de fer du PLM, Editions La Vie du Rail et La Régordanne, 1993
  • Pierre Messiez, Le rail en Tarentaise, Breil-sur-Roya, Éditions du Cabri, , 151 p. (ISBN 2-908816-07-5)
  • Patricia et Pierre Laederich, André Jacquot et Marc Gayda, Histoire du réseau ferroviaire français, Éditions de l'Ormet, Valignat, 1996
  • Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau français : lignes 601 à 990, vol. 2, La Vie du Rail, , 239 p. (ISBN 978-2-918758-44-0), « [899] St-Pierre-d'Albigny - Bourg-St-Maurice », p. 177.
  • Bernard Collardey, « Moûtiers-Salins - Bourg-Saint-Maurice : Les 100 ans d'une ligne alpine à haut débit », La Vie du Rail, no 3457,‎ , p. 16-22
  • Bernard Collardey, « Moûtiers-Salins - Bourg-Saint-Maurice : Les 100 ans d'une ligne alpine à haut débit (la suite) », La Vie du Rail, no 3458,‎ , p. 18-27

Article connexe[modifier | modifier le code]