Ligne de Rognac à Aix-en-Provence

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Ligne de
Rognac à Aix-en-Provence
La gare de Roquefavour-Ventabren ; à l'arrière plan l'aqueduc
La gare de Roquefavour-Ventabren ; à l'arrière plan l'aqueduc
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Rognac, Aix-en-Provence
Historique
Mise en service 1856
Concessionnaires Lyon à la Méditerranée (1852 – 1857)
PLM (1857 – 1937)
SNCF (1938 – 1997)
RFF (1997 – 2014)
SNCF (depuis 2015)
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 928 000
Longueur 25 km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

Non électrifiée

Pente maximale 15
Nombre de voies Voie unique
Signalisation CAPI
Trafic
Propriétaire SNCF
Exploitant(s) SNCF
Trafic Fret
Schéma de la ligne

La ligne de Rognac à Aix-en-Provence est une ligne de chemin de fer française, à voie unique, reliant l'étang de Berre à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Sa longueur est de 25 kilomètres.

Elle constitue la ligne 928 000 du réseau ferré national.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

C'est en 1832 qu'est lancée l'idée d'une « route de fer allant du Havre à Marseille » , qui « servirait de base à une réédification de toutes les communications du royaume »[1]. Dès lors de nombreux projets sont avancés concernant la région provençale. En 1836 la municipalité d'Aix-en-Provence exprime son refus de voir une voie ferrée traverser son territoire. En 1841, un projet de Franz Mayor de Montricher fait passer la ligne Marseille - Avignon par La Fare, Salon et Cavaillon, itinéraire relativement direct (celui de l'actuelle autoroute).

Finalement, c'est le projet de Paulin Talabot qui est retenu : la ligne passera le long de l'étang de Berre, ce qui exigera le percement d'un important tunnel à la sortie nord de Marseille, puis par Arles, de manière à desservir le port fluvial, car la navigation sur le Rhône reste privilégiée pour les marchandises. Ni Aix ni Salon ne seront desservis. En 1845 cependant un embranchement est décidé depuis l'étang de Berre vers le bassin minier de Gardanne et Fuveau par la vallée de l'Arc et Aix-en-Provence[2].

Concession et utilité publique[modifier | modifier le code]

La loi du 19 juillet 1845 autorise la mise en adjudication de « l'embranchement d'Aix sur le chemin d'Avignon à Marseille »[3]. La municipalité d'Aix apporte une subvention d'un million de francs, sur les 7 millions du coût total estimé, car depuis l'ouverture de la ligne principale en 1849 elle n'acceptait plus d'être à l'écart des grands axes utilisant ce nouveau moyen de communication[4].

Émile Rigaud maire d'Aix.

Le 19 juin 1852, le ministre des Travaux publics et les compagnies du chemin de fer de Marseille à Avignon et du chemin de fer de Lyon à Avignon signent une convention prévoyant le rachat de la première compagnie par la seconde. Ce même texte prévoit la concession à la nouvelle société de la ligne de Rognac à Aix. Une loi du 8 juillet 1852 approuve cette convention et rassemble différentes concessions du sud-est de la France au sein de la Compagnie du chemin de fer de Marseille à Avignon, renommée Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée[5]. Cette fusion est réalisée pour résoudre les problèmes financiers récurrents de ces compagnie en réalisant un réseau de lignes cohérent et rentable. Cela permet à la nouvelle compagnie d'accepter une concession à 99 ans avec notamment à sa charge la construction de l'embranchement d'Aix[4]. Ce sera la première ligne de chemin de fer à desservir la ville d'Aix[6].

Travaux et mise en service[modifier | modifier le code]

La ligne à réaliser a une longueur de 23,341 kilomètres avec des pentes variant principalement entre 4‰ et 8‰, sauf sur le « plan incliné d'Aix », tronçon long de 2 km entre Aix et les Milles, où la pente est de 15‰. Le rayon minimum prévu pour les courbes est de 500 mètres. Les tranchées et ouvrages d'arts doivent êtres établis pour deux voies mais une seule sera posée sauf sur le plan incliné qui en aura deux. Le cubage totale des terrassements prévus est de 570 000 mètres cubes. Il y a 70 ouvrages d'arts, dont trois viaducs sur l'Arc. C'est la Compagnie du chemin de fer de Lyon à la Méditerranée qui réalise les travaux sous le contrôle des services de l'État[7].

Les chantiers sont ouverts au mois de septembre 1854, mais ils prennent rapidement du retard, notamment du fait du manque d'ouvriers disponibles, conséquence de l'épidémie de choléra[4] qui a ravagée le département. À la fin du mois d'août 1855, le chantier est actif, depuis le début des travaux les réalisations comportent 400 000 mètres cubes de terrassement, vingt ouvrages sont terminés et les autres en cours de construction, deux des viaducs en sont au niveau des naissances, le troisième étant un peu moins avancé, et quatre stations sont en cours de réalisation[7].

L'inauguration de la ligne a lieu le . Le train inaugural parti de Marseille avec les invités installés dans cinq wagons passe à Rognac pour prendre l'embranchement jusqu'à la gare d'Aix, terminus établi en bordure sud de la vieille ville, adossée à la place dite de la Rotonde, où l'attendent les autorités et une foule enthousiaste. Après les discours, notamment d'Émile Rigaud, maire de la ville, et du comte Henri Siméon, le train repart pour une halte de déjeuner champêtre à Roquefavour près de l'aqueduc, puis il regagne la gare de Marseille en 45 minutes[4].

L'ouverture à l'exploitation a lieu le elle permet d'effectuer le trajet entre Aix et Marseille entre 2 heures et h 30[4].

Ligne du PLM[modifier | modifier le code]

Le 19 juin 1857 la ligne est reprise par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), nouvelle compagnie issue d'une fusion incluant la compagnie créatrice de la ligne.

Dans les années 1860 la ligne est parcourue par des trains omnibus, avec arrêt à Veaux, Roquefavour et Les Miles, qui font le trajet Rognac - Aix en h 11.

La ligne directe Aix - Marseille, section terminale de la « ligne des Alpes » du PLM, est inaugurée en 1877[8]. Un embranchement, partant en rebroussement de la gare, est établi d'Aix à Meyrargues[9]. L'achèvement de la ligne des Alpes, qui devait aboutir à Marseille, nécessita la construction d'une nouvelle gare de transit, qui fut établie un peu plus au sud, où elle se situe toujours. L'ancienne gare terminus devint gare de marchandises.

En 1911, la ligne de Rognac à Aix[10] comporte six gares dénommées : Rognac, Velaux, Roquefavour, Les Milles, Aix (GV) et Aix (PV), et une halte dénommée : Saint-Pons (Bouches-du-Rhône)[11].

Une nouvelle halte dénommée « Hippodrome de Parade » est créée pour la desserte du champ de course du même nom situé à Aix[12], elle est mise en service le . Elle est ouverte aux voyageurs sans bagages les jours où des courses sont organisées[13].

Jusqu'à la seconde Guerre mondiale, la ligne de Rognac à Aix était considérée « d'importance stratégique », car, jointe à la ligne de Gardanne à Carnoules, elle constituait un axe ouest - est de circulation ferroviaire permettant d'envisager un contournement par le nord de l'agglomération marseillaise, en cas d'interruption de la ligne principale ou de risque important lié à la circulation sur la côte en cas de conflit armé.

Ligne SNCF[modifier | modifier le code]

Un siècle après sa construction, le trafic marchandises étant décidément restreint, la gare marchandises, ancienne première gare d'Aix, fut rasée et remplacée par une gare routière

Le , l'explosion et l'inflammation d'une canalisation de gaz naturel à haute pression détruit une partie de la voie sur le territoire de la commune de Velaux, interrompant provisoirement le trafic [réf. souhaitée].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Tracé[modifier | modifier le code]

Viaduc sur l'Arc à l'ouest de Roquefavour

La ligne, qui suit presque de bout en bout la vallée de l'Arc, est en très légère pente : de 25 mètres d'altitude à Rognac, elle passe de manière régulière à 180 mètres à Aix, soit une pente moyenne de 10 %o. À l'exception du franchissement du défilé de Roquefavour, la ligne a une assise naturelle en terrain plat. Ce profil est incomparablement plus favorable aux circulations que celui des lignes d'Aix à Marseille ou à Grenoble.

La ligne est à voie unique ; à la construction les plateformes ont reçu un gabarit permettant la mise à double voie, mais celle-ci n'a jamais été posée. Des voies d'évitement ont été posées dans les trois gares intermédiaires, mais ont aujourd'hui disparu. Elle comportait peu d'ouvrages d'art, si ce n'est trois viaducs, dont deux sur l'Arc, aux environs de Roquefavour ; s'y sont ajoutés dans la deuxième moitié du XXe siècle plusieurs passages sur ou sous les autoroutes à l'approche d'Aix-en-Provence. Plusieurs routes sont franchies à niveau à Velaux, Saint-Pons et les Milles.

Particularités[modifier | modifier le code]

La connexion avec la ligne de Marseille à Avignon se fait en gare de Rognac, qui dispose de trois voies à quai, deux pour la ligne principale et une pour la ligne d'Aix. Le passage de la ligne principale à la ligne d'Aix dans le sens Marseille - Aix ne s'obtient qu'au prix d'un rebroussement.

La jonction à Aix avec la ligne des Alpes se fait peu avant la gare d'Aix ; la fin de ligne commune jusqu'à la gare est à voie unique, alors que la plateforme (ici en tunnel) permettrait la double voie.

Exploitation[modifier | modifier le code]

La ligne ne propose plus aucun trafic voyageurs. Elle n'est utilisée que pour le transit de quelques trains complets de bauxite en provenance d'Afrique par la zone portuaire de Fos et à destination des usines de traitement de Gardanne, et pour la desserte de la zone d'activités d'Aix-les-Milles, en plein développement.

Cependant, à titre exceptionnel, la ligne a été ouverte, de janvier 2007 à décembre 2008, à quelques circulations voyageurs de la relation Marseille - Briançon détournées par cet itinéraire du fait de la neutralisation de la ligne directe Marseille - Aix. Le trajet (deux autorails par jour dans chaque sens) durait environ 20 minutes, plus un important temps de manœuvre à Rognac, ce qui portait la durée de la liaison Marseille - Aix par Rognac à 70 minutes (55 au retour), au lieu de 31 par la ligne normale.

Dans le cadre du développement des transports publics voulu par le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, Réseau ferré de France étudie la possibilité d'une réouverture de la ligne au trafic voyageurs.

Quelques vues de la ligne[modifier | modifier le code]

Circulations exceptionnelles (2007-2008)[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Mencherini et Jean Doménichino, 2001, p. 26.
  2. Robert Mencherini et Jean Doménichino, 2001, p. 30-40.
  3. « N° 12132 - Loi relative aux embranchements de Dieppe et de Fécamp sur le chemin de fer de Rouen au Havre, et à l'embranchement d'Aix sur le chemin d'Avignon à Marseille : 19 juillet 1845 », Bulletin des lois du Royaume de France, Paris, Imprimerie Royale, série IX, vol. 31, no 1226,‎ , p. 368 - 401 (lire en ligne).
  4. a, b, c, d et e François et Maguy Palau,1998, p. 161
  5. « N° 4252 - Loi relative au chemin de fer de Marseille à Avignon : 8 juillet 1852 », Bulletin des lois de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale, série X, vol. 10, no 558,‎ , p. 105 - 125 (lire en ligne).
  6. H. Lartilleux,1956, p. 3 (carte).
  7. a et b Ingénieur en chef, « Chemin de fer de Lyon à la Méditerranée », Rapports et délibérations / Conseil général du département des Bouches-du-Rhône,‎ , p. 72-73 (lire en ligne)
  8. Michel Schefer, La rénovation de la ligne Aix-Marseille, in revue Marseille (ISSN 0995-8703) n°106, mars 2007, p. 59
  9. H. Lartilleux,1956, p. 4 (carte).
  10. PLM,1911, p. 3
  11. PLM,1911, p. 170
  12. V. B. (Ingénieur en chef), « Rapport de l'ingénieur en chef du Contrôle des chemins de fer PLM : Travaux terminés : Ligne de Rognac à Aix », Rapports et délibérations / Conseil général du département des Bouches-du-Rhône,‎ , p. 111 (lire en ligne).
  13. France, « Homologations : avis », Journal officiel de la République française,‎ , p. 10235 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • PLM, Chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée : Nomenclature des gares, stations et haltes, Paris, Impr. Maulde, Doumenc, , 173 p. (lire en ligne), p. 3 et 170,
  • H. Lartilleux, Géographie des Chemins de fer français, t. 1 : La SNCF, Paris, Chaix, coll. « Géographie universelle des transports », , 337 p.,
  • François et Maguy Palau, Le rail en France : Le Second Empire, t. 1 (1852-1857), Palau, , 215 p. (ISBN 2-950-942-11-3), « 2.14 Rognac-Aix », p. 161,
  • Robert Mencherini et Jean Doménichino, Cheminots en Provence : Des voix de la mémoire aux voies de l'avenir (1830-2001), Les éditions la Vie du Rail, coll. « Régions », , 247 p. (ISBN 978-2902808953).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]