Jean François Mayor de Montricher

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Jean François Mayor de Montricher
Description de cette image, également commentée ci-après
Buste en marbre de Jean François de Montricher sculpté par André-Joseph Allar
Nymphée du Palais Longchamp
Naissance
Lully (actuelle Suisse en 1810 département français du Léman)
Décès (à 48 ans)
Naples (Italie)
Nationalité Drapeau : France France Naturalisé en 1833
Domaines Hydrographie
Diplôme École polytechnique
École des Ponts et chaussées
Renommé pour

Canal de Marseille dont

aqueduc de Roquefavour

Jean François Mayor de Montricher est un ingénieur suisse né le à Lully dans le canton de Vaud en Suisse, naturalisé français en 1833 et décédé à Naples en Italie le . Polytechnicien et ingénieur du corps des ponts et chaussées, il est célèbre pour les nombreux travaux qu'il réalisa à Marseille et dans sa région dont le canal de Marseille et l'aqueduc de Roquefavour. Décédé lors de l'assèchement du lac Fucin en Italie, les Marseillais organisent de remarquables funérailles à l'approvisionneur de Marseille en eau potable pérenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jean François Mayor de Montricher[1] naît à Lully dans le canton de Vaud en Suisse au château de Lutry, de l'union entre Marie Nicolette Pauline Françoise Chamot et Jean Charles Louis Mayor de Montricher. À sa naissance Lully est dans l'ancien département français du Léman. Il part en pension en 1818 avec son frère à Gottsad dans le canton de Berne puis rejoint à l'âge de 13 ans son père négociant installé à Marseille[2] avec toute sa famille dans un domicile situé rue Grignan.

Formation[modifier | modifier le code]

Jean François effectue ses études secondaires au lycée de Marseille. En 1827, il est reçu 17e au concours d'entrée à l'École Polytechnique et en sort classé 9e en 1829[3]. Il choisit ensuite l'École des ponts et chaussées dont il sort major diplômé en 1832.

Parallèlement à ses études scientifiques, il suit des cours de musique de Galey et de peinture avec Léon Cogniet. Élève-ingénieur dans les Basses-Alpes, il y complète ses études géologiques puis accompagne Lami, ingénieur des mines en voyage d'études en Angleterre et Midi de la France en tant qu'attaché pendant un an au département de la Loire[2].

Louis-Philippe Ier naturalise français par ordonnance "l'aspirant ingénieur des Ponts-et-Chaussées"[4].

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-François appartient à une famille protestante de baronnie patrimoniale suisse propriétaire du château de Lutry[2]. Fils de Jean-Charles louis de Monricher et de Colette Marie Chamot, il se marie en 1839 Sophie Mathilde Rogers. À son décès dû à une typhoïde, il laisse six enfants un septième à titre posthume[5].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est d'abord attaché au secrétariat du Conseil général des ponts et chaussées, puis nommé dans l'arrondissement de Die en 1833.

Il étudie des routes et pense déjà à des travaux de dérivation des eaux de la Durance. Il seconde ensuite l'ingénieur en chef, de Kermaingant, pour la réalisation de la ligne de chemin de fer Marseille-Avignon et son projet de ligne directe est retenu par l'ingénieur en chef et la Chambre de commerce de Marseille.

De Kermaingant chargé de l'étude du canal de Marseille, se sentant trop âgé, laisse ce projet à De Montricher qu'il avait apprécié pour ses propositions du chemin de fer Marseille-Avignon[2].

Le canal de Marseille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal de Marseille.

En 1836 nommé ingénieur du département, il est attaché à l'arrondissement de Marseille. Il travaille sur le projet de canal de dérivation de 82 km des eaux de la Durance pour l'alimentation de la ville phocéenne. La municipalité et les Ponts-et-Chaussées retiennent son projet de canal gravitaire en tracé direct plutôt qu'un passage par Aix-en-Provence ainsi qu'un pont-aqueduc plutôt qu'un pont-siphon. Ce sera le Canal de Marseille dont il dirige les travaux de constructions de 1838 à 1848 avec l'ouvrage d'art colossal l'aqueduc de Roquefavour.

Pont-aqueduc de Roquefavour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : aqueduc de Roquefavour.

Entre 1840 et 1847, il réalise la construction du pont-aqueduc de Roquefavour et s'implique en défendant la réalisation d'un pont-aqueduc versus un pont-siphon proposé par les ingénieurs Gendarme et Villeneuve.

En 1842, il s'oppose au tracé de la voie de chemin de fer entre Avignon et Marseille proposé par Paulin Talabot et Charles Didion. Il défend le projet passant par la vallée de la Durance.

Montricher est nommé ingénieur en chef des Ponts et Chaussées en 1843 et est chargé du département des Bouches-du-Rhône en 1848. Ses fonctions sont étendues au service maritime et aux voies de chemin de fer du tronçon sud de la ligne Lyon-Marseille.

Aqueduc de Roquefavour

L'assèchement du Lac Fucin[modifier | modifier le code]

À la demande du prince Torlonia, Montricher étudie le projet d'assécher le lac Fucin, situé dans les Abruzzes en Italie. À partir de juillet 1854, il dirige le début des travaux. Il a pour adjoints deux ingénieurs Français, MM. Bermont et Alexandre Brisse. Le dernier écoulement commence le 20 janvier 1870. Les terres les plus basses ne sont mises à sec qu'en juin 1875.

En 1856, il accepte la demande de Paulin Talabot d'étudier un réseau de chemin de fer en Italie méridionale, l'année suivante, il dirige les travaux du chemin de fer à Marseille.

Modernisation de Marseille[modifier | modifier le code]

En 1857, il quitte les services de l'État pour diriger le service municipal de Marseille tout en continuant son activité d'assèchement du lac de Fucin[6]. Il participe à la vente des terrains de La Joliette comme expert et garant de l'administration des finances. Il lance le projet d'assainissement de la ville avec un égout de ceinture et soumet devant Eugène Rouher le plan de développement des ports.

Il est également l'artisan d'un plan général de circulation et d'agrandissement réfléchi dans son ensemble contrairement aux développements désordonnés depuis une vingtaine d'années[7].

Malheureusement il ne peut le réaliser car il meurt de fièvre typhoïde en Italie en 1858 pendant une visite des travaux d'assèchement du lac Fucin.

Accueil du corps de Jean François Mayor de Montricher rapatrié d'Italie par la municipalité de Marseille.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • 1839 Croix de la Légion d'honneur[8]
  • 1852 Officier de la Légion d'honneur[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il apparaît également sous le nom de Franz Mayor de Montricher.
  2. a, b, c et d Étienne (1817-1896) Auteur du texte Parrocel, L'art dans le Midi : célébrités marseillaises, Marseille et ses édifices, architectes et ingénieurs du XIXe siècle. Tome 1 / Étienne Parrocel, impr. de A. Chatagnier aîné, 1881-1884 (lire en ligne)
  3. « Fiche matricule de Jean François Mayor de Montricher », bibli-aleph.polytechnique.fr (consulté le 24 février 2013)
  4. Bulletin des lois de la Republique Francaise, Impr. Nationale des Lois, (lire en ligne)
  5. Sophie Mathilde Mayor de (1823?-18 ?) Auteur du texte Montricher, Franz de Montricher, lieutenant au 38e régiment d'artillerie : lettres et souvenirs / [par sa mère Mme J.-F. Mayor de Montricher], impr. de Berger-Levrault et Cie, (lire en ligne)
  6. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :1
  7. Marcel Roncayolo, L’imaginaire de Marseille: Port, ville, pôle, ENS Éditions, (ISBN 9782847886139, lire en ligne), P134
  8. Étienne (1817-1896) Auteur du texte Parrocel, L'art dans le Midi : célébrités marseillaises, Marseille et ses édifices, architectes et ingénieurs du XIXe siècle. Tome 1 / Étienne Parrocel, Marseille, impr. de A. Chatagnier aîné, 1881-1884 (lire en ligne), P284-Dès le 19 janvier 1839, M. de Montricher, auquel l'exécution du canal était entièrement confiée, recevait le titre d'ingénieur de 1ère classe, et peu de temps après la croix de la Légion d'honneur.
  9. Revue Espagnole et Portugaise. Religion, histoire, litterature, sciences, arts, industrie, finances, commerce, Administration de la revue (lire en ligne)