Le Fils du soleil (bande dessinée)

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Le Fils du soleil
Épisode
Auteur Don Rosa
Scénario Don Rosa
Dessin Don Rosa

Personnages principaux Picsou, Donald Duck, Riri, Fifi et Loulou

Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Autres titres The Son of the Sun
Éditeur Another Rainbow (Gladstone Publishing)
Première publication 1987
Nb. de pages 26

Le Fils du soleil est une histoire en bande dessinée de Keno Don Rosa. Elle met en scène Balthazar Picsou avec ses neveux Donald Duck, Riri, Fifi et Loulou. Il affronte un de ses ennemis récurrents, Gripsou. Elle se déroule principalement au Pérou.

Elle est la première histoire de Picsou écrite et dessinée par Don Rosa.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Alors que Picsou expose au musée de Donaldville les trésors découverts au cours de ses aventures, Gripsou vient lui lancer un défi : au premier qui trouvera et prendra possession du trésor caché par les Incas, au Pérou. Une carte en or permet à Picsou, espionné par Gripsou, de savoir que ce trésor peut se trouver dans le temple de Manco Cápac, « le fils du soleil ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Code de L'histoire: AR 102
  • Éditeur : Gladstone
  • Titre de la première publication : The Son of the Sun
  • Titre en français : Le Fils du soleil (1997) ; elle est également parue sous le titre-jeu de mots Le Trésor de Témèmpacap.
  • 26 planches
  • Auteur et dessinateur : Keno Don Rosa
  • Premières publications : Uncle Scrooge n°219, , États-Unis
  • Première publication en France : Picsou Magazine n°200, 1988

Références à Carl Barks[modifier | modifier le code]

Don Rosa est passionné par les histoires de Carl Barks. Sa première aventure de Picsou illustre sa volonté d'ancrer ses histoires dans l'univers écrit et dessiné par Barks : dès les premières planches, l'exposition du musée montre des trésors disparus, légendaires ou imaginaires trouvés par Picsou et ses neveux dans les aventures de Barks (le rubis rose bonbon rayé, la toison d'or, la couronne de Gengis Khan, le trésor familial de Sir Quackly McDuck etc., voire la liste des trésors de Picsou)[1].

L'histoire est la recherche d'un trésor fabuleux par Picsou aidé par Donald qu'il exploite, et aidé par ses petits-neveux Castors Juniors, ingénieux et dotés du Manuel des Castors Juniors. Gripsou, inventé par Barks, est un milliardaire sud-africain qui est le contraire de Picsou : là où celui-ci est honnête, Gripsou n'hésite pas à contourner la loi : ici, le détournement d'avion, la tentative d'assassinat et la prise d'otages. Finalement, Picsou l'emporte par sa finesse d'esprit qui, parfois contre son gré, rejoint sa générosité.

Don Rosa montre un vieil Indien que Gripsou consulte pour savoir où se trouve le temple de Manco Capac. Cet Indien était apparu dans Perdus dans les Andes ! pour guider Donald et ses neveux vers la cité perdue où se trouvaient les œufs carrés. Il réapparaît dans la suite de cette dernière, Retour à Sétatroce, ainsi que dans Retour au Klondike.

Cette histoire dans l'œuvre de Don Rosa[modifier | modifier le code]

Cette histoire est la première histoire de Picsou écrite et dessinée par Don Rosa. Il est alors le chef de l'entreprise de construction familiale, mais a dessiné dans des fanzines jusqu'en 1981. En 1986, l'éditeur Gladstone est créé pour reprendre le titre disparu Uncle Scrooge. Don Rosa y voit une chance pour dessiner des histoires dans l'univers de Picsou, et l'éditeur Byron Erikson lui accorde sa confiance. Don Rosa utilise alors un scénario qui lui a déjà servi treize ans plus tôt pour ses anciens personnages, John Pertwillaby et Captain Kentucky[2]. C'est ainsi qu'à l'époque, il a pu interroger directement ses professeurs de l'université du Kentucky pour les besoins de son histoire. Tout comme dans son école d'ingénieurs, il a questionné son professeur de géologie sur les métaux et pierres précieuses qui auraient pu être employées par les indigènes d'Amérique du Sud précolombienne.

En hommage à Carl Barks, dès cette première histoire, Don Rosa place une signature sur la dernière case : « DUCK » pour Dedicated to Unca Carl from Keno (dédié à oncle Carl par Keno). Gladstone supprime cette dédicace, scrupuleux de respecter la règle de l'anonymat des auteurs et dessinateurs des histoires imposées par la Walt Disney Company[1]. Cela n'empêcha pas les lecteurs de distinguer le style de Don Rosa, comme en son temps, celui de Carl Barks. Les éditions étrangères de l'histoire reprirent souvent la dédicace, qui a été publiée aux États-Unis dans une version complète de l'histoire parue dans Uncle Scrooge n°335 ()[2].

Don Rosa a posé avec cette histoire un de ses schémas narratifs, dont il s'est resservi : l'adversité entre Picsou et Gripsou dans une course au trésor. L'intrigue de Retour à Sétatroce, fonctionnant sur le même schéma, fait escale par le village au pied du temple de Manco Capac et avec les habitants duquel Picsou fait affaire à la fin du Fils du soleil.

Références historiques et culturelles[modifier | modifier le code]

Les Incas sont soupçonnés d'avoir caché un immense trésor pour qu'il échappe aux conquistadores espagnols. Cela a inspiré les auteurs de fiction. En bande dessinée, Carl Barks avait fait découvrir une cité inca cachée à Picsou et les siens dans Sur la piste des conquistadors. Mais elle était vide d'objets précieux et les canards ne purent exploiter les mines qu'ils avaient découvert. Une aventure de Tintin, Le Temple du Soleil, pose aussi le mystère du devenir des trésors des Incas.

Dans cette présente histoire, Donald bise accidentellement une urne funéraire trouvée autrefois par Picsou parmi des vestiges des mines incas. Et celle-ci contient un disque d'or évoquant l'empereur Inca Yupanqui, qui régnait sur cette civilisation à son apogée. Il ordonna vers 1475 la construction d'un temple secret au sommet d'une montagne inaccessible, afin d'y honorer Manco Capac, alors divinisé. Selon le manuel des Castors juniors, les conquistadores de Francisco Pizarro envahirent en 1532 l'empire inca. Prenant en otage l'empereur inca Atahualpa, il réclama l'or des Incas comme rançon. Mais une majeure partie de cet or était en possession des partisans de l'ancien empereur Huascar, rival du prisonnier. Et, refusant de payer, ils cachèrent l'or dans ce même temple. D'après le disque, celui-ci se trouve près du Lac Titicaca (Lac Titicoocoo, dans la version originale, comme on le voit dans Retour à Sétatroce), que Picsou connait pour avoir commercé en 1916 auprès des éleveurs d'alpagas et de lamas.

Sur place, les héros partent de Cuzco en camion et rencontrent le vieil Indien. Celui-ci affirme que l'or se trouve au fond du Lac Titicoocoo, d'origine volcanique, figurant la "bouche de Manco Capac" et Donald souligne que les Aztèques ont fait la même chose. Mais Riri, Fifi et Loulou indiquent que ce n'est pas possible car ce lac était un des camps de bases de Pizarro. Au bord du lac, les habitants croient en une prophétie annonçant le retour de Manco Capac, afin qu'ils les sortent de la misère. Ils sont en effet trop pauvres pour pomper l'eau nécessaire à contrer la sècheresse accablant leurs cultures en terrasses, à flanc de montagne, système employé par les civilisations andines depuis des siècles.

À bord de avion de Gripsou, déguisé en pilote, les héros survolent la région de la Vilcabamba. Picsou explique que c'est une des dernières régions inexplorées au monde, au point que plusieurs sommets alentour n'ont même pas de nom. Et si en 1911, l'équipe d'Hiram Bingham III redécouvrit le Machu Picchu, la région reste encore largement inexplorée. Alors que Donald et ses neveux sont contraints par Gripsou de l'accompagner jusqu'au temple, ils traversent un des fameux ponts de corde inca pour aboutir au temple. Ils s'agit d'une pyramide à degrés, comprenant un autel avec un puits d'où s'échappe des fumeroles venant des profondeurs des Andes. Représentant le souffle de vie de Manco Capac, elles provoquent des nuages camouflant le temple, qui abrite des artefacts en or 24 carats, le trésor caché par les partisans de Huascar. Mais les neveux pressentant la présence d'un autre trésor, Gripsou monte dans la salle du trône, qu'il appelle "huaca". Ce terme désigne tout ce que les Incas tenaient comme sacré : les sanctuaires, les tombeaux, les étoiles, les momies, les empereurs et leurs ancêtres, les principales divinités...

Et il découvre le véritable trésor du fils du soleil, l'oeil de Manco Capac, un immense disque. Sur une face, figurant un soleil, on peut voir de la platine incrusté jade, entourée de perles noires de Polynésie et les rayons sont faits d'énormes émeraudes d'Équateur, séparés par des saphirs posés sur des tapis d'opales brunes et de pierres de lune. Enfin, au centre, au milieu de l'alexandrite et du béryl doré sont incrustés des diamants bleus, de la taille de grains de raisin. L'autre face est simplement en or. Mais en déboitant ce disque, il le fait tomber dans le puits et le bouche. La pression des fumerolles est si forte que le temple saute comme un bouchon de champagne et atterri dans le lac, tandis que les personnages utilisent une tapisserie inca comme parachute. L'eau giclant arrosant les cultures, les habitants fêtent le retour de Manco Capac, qui les a sauvé de la sècheresse. Picsou leur achète le lac pour un peso, contre la promesse de leur construire une station de pompage. Ce qui fait de lui le propriétaire du lac, du temple qui y est immergé et... du trésor qu'il contient. Ce qui fait que même s'il ne peut le récupérer, il a gagné le concours.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Grande épopée de Picsou 3 - Le fils du soleil et autres histoires, Glénat,
  2. a et b Don Rosa, « The Son of the Sun. Commentary by Don Rosa », publié dans Uncle Scrooge n°335, novembre 2004. L'auteur y raconte l'histoire de sa famille installée à Louisville, dans le Kentucky depuis 1905 et sur comment sa passion pour la bande dessinée l'a conduit à devenir un des dessinateurs de Gladstone.

Liens externes[modifier | modifier le code]