Kyphi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le kyphi (du grec ancien, κῦφι, traduction de l'égyptien kp.t) est un parfum sous forme solide de l'Égypte antique. C'est une sorte d'encens sacré. Les Égyptiens le faisaient brûler en l'honneur du dieu , qu'ils vénéraient. Ils croyaient que chaque ingrédient composant le kyphi (généralement de dix à seize, jusqu'à cinquante ingrédients chez Nicolas Myrepsos) avait des propriétés magiques. On y trouve notamment le souchet odorant, du miel, de la cannelle, de la myrrhe, des baies de genièvre et du bois de santal[1].

Ses propriétés sont réputées bienfaisantes et il aurait des vertus apaisantes : « mélangé à des boissons, il est prescrit dans les affections pulmonaires et hépatiques. Cuit avec du miel, il est conditionné en pastilles pour garder l'haleine fraîche »[2]. Ce parfum rappelle ainsi que la pharmacopée égyptienne tirait l'essentiel de ses remèdes (potions, gargarismes, infusions, cataplasme, pilules...) des résines et des herbes odoriférantes[3]. Diverses tentatives modernes de reconstitution du kyphi ont été entreprises. La parfumeuse Sandrine Videault s’est inspirée d’un texte de Plutarque et de représentations des temples d’Edfou et de Philae, complétées par des données égyptologiques et botaniques, pour créer un kyphi composé de seize ingrédients[4].

Attestations[modifier | modifier le code]

La plus ancienne référence connue au kyphi provient des textes des pyramides où il apparaît dans la liste des éléments dont le roi pourra profiter dans la vie de l'au-delà. Le papyrus Harris I garde la trace des donations et livraisons d'herbes et de résines pour sa fabrication dans les temples de l'époque de Ramsès III. Les instructions pour la préparation du kyphi et la liste des ingrédients se trouvent parmi les inscriptions murales des temples d'Edfou et de Dendera en Haute-Égypte. Le prêtre égyptien Manéthon est connu pour avoir écrit un traité nommé Préparation du kyphi - Recettes, mais aucune copie ne nous est parvenue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lise Manniche, An Ancient Egyptian Herbal, University of Texas Press, , 176 p. (ISBN 0-292-70415-1) ;
  • Lise Manniche et Forman Werner, Sacred Luxuries : Fragrance, Aromatherapy and Cosmetics in Ancient Egypt, Cornell University Press, (ISBN 0-8014-3720-2) ;
  • (en) Naomi F. Miller, « The Aspalathus Caper », Bulletin of the American Schools of Oriental Research, no 297,‎ , p. 55-59 ;
  • Plutarque (trad. Frank Cole Babbit), Isis and Osiris [« The Moralia »], vol. V, Loeb Classical Library, (lire en ligne) ;
  • John Scarborough, Early Byzantine Pharmacology, Dumbarton Oaks (Washington, DC), John Scarborough editor, coll. « Symposium on Byzantine Medicine », (ISBN 0-88402-139-4), p. 229-232.
  • Victor Loret, Le Kyphi: Parfum Sacré Des Anciens Égyptiens, Imprimerie nationale, (réimpr. 2018 (ISBN 978-0270676686)) (1re éd. Extrait du « Journal asiatique », 1887), 61 p., 22 cm

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Annick Le Guérer, Le parfum. Des origines à nos jours, Odile Jacob, , p. 25.
  2. Annick Le Guérer, Le parfum. Des origines à nos jours, Odile Jacob, , p. 31.
  3. Béatrice Boisserie, Le parfum, La Boétie, , p. 87.
  4. Voir le dossier en format PDF. sur le site du CNRS