Alerte populaire orthodoxe

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Alerte populaire orthodoxe
(el) Λαϊκός Ορθόδοξος Συναγερμός
Présentation
Leader Georgios Karatzaferis
Fondation
Scission de Nouvelle Démocratie
Siège 52, Kallirois Avenue, 117 45 Athènes, Grèce
Porte-parole Georgios Kirtsos
Organisation de jeunesse Jeunesse de l'Alerte Orthodoxe
Positionnement Droite[1] à extrême droite[2],[3]
Idéologie Conservatisme religieux[4]
Nationalisme[5]
Populisme de droite[6],[2],[3]
Euroscepticisme[7]
Libéralisme économique
Affiliation européenne ADIE (2005-2008)
MELD (2011-2015)
Couleurs Bleu foncé
Site web laoslive.grVoir et modifier les données sur Wikidata
Représentation
Périphéries de la Grèce
43 / 725

L’Alerte populaire orthodoxe (en grec, Λαϊκός Ορθόδοξος Συναγερμός (Laïkos Orthodoxos Synagermos), abrégé en LAOS (en français : « peuple »)) est un parti politique grec populiste, d'inspiration conservatrice et nationaliste[8], fondé en 2000 et qui appartenait au groupe Europe libertés démocratie de 2009 à 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 2000, à la suite de son exclusion de la Nouvelle Démocratie, Georgios Karatzaferis, journaliste de formation, fonde un parti rassemblant la droite nationaliste et traditionaliste.

Jusqu'à la fin des années 1990, le souvenir de la junte des colonels, une dictature d’extrême droite, rendait difficile le retour sur la scène politique d'un parti d’extrême droite. En revanche, souligne le journaliste Dimitri Psarras, « au cours des années 90, l’afflux soudain d’immigrés clandestins a alimenté le succès des thèses xénophobes et la question du nom de la République de Macédoine a renforcé les nationalistes les plus virulents. Le Laos a été créé l’année où le gouvernement socialiste a décidé de retirer la mention de la religion sur les cartes d’identité, suscitant la colère de l’Eglise orthodoxe. Le Laos a toujours revendiqué sa proximité avec l’Église et défend avec ferveur l’identité orthodoxe[9]. »

La formation présente des candidats aux élections législatives de 2004 et rassemble 2,20 % des suffrages, n'obtenant aucun député au Parlement grec. En revanche, lors des élections législatives de 2007, le LAOS recueille 3,8 % des voix et 10 sièges.

Le , lors des élections législatives, le LAOS obtient 386 152 voix (5,63 %) et 15 députés. Dès 2009, le leader du Laos propose le nom de Loukás Papadímos, ancien gouverneur de la Banque de Grèce puis vice-président de la Banque centrale européenne, pour diriger le pays[9].

Le , deux membres du LAOS font leur entrée dans le gouvernement d'union nationale dirigé par Loukás Papadímos, Mavroudís Vorídis devenant ministre des Transports et des Infrastructures et Adonis Georgiades secrétaire d'État au Développement, à la Compétitivité et aux Affaires maritimes. Le LAOS s'est cependant retiré du gouvernement le par opposition au plan d'austérité présenté par Loukás Papadímos.

À l'occasion des élections législatives anticipées de mai 2012, la formation perd tous ses élus au Parlement grec, n'obtenant que 2,9 % des suffrages exprimés.

Lors des élections européennes de 2014, le LAOS remporte 154 027 voix, soit 2,69 % et perd sa représentation européenne.

À la suite de ces mauvais résultats, plusieurs des dirigeants du LAOS abandonnent le parti et rejoignent Nouvelle démocratie. C'est notamment le cas de Spyrídon-Ádonis Georgiádis (nommé ministre de la Croissance et des investissements dans le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis) ou encore de Mavroudís Vorídis (devenu ministre de l'Agriculture et porte-parole de Nouvelle démocratie)[10].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Le programme du LAOS s'articule autour de :

  • La dénonciation d'une immigration considérée comme massive : selon Georgios Karatzaferis, « 1,6 million d'entre eux [les immigrants] devraient partir » ;
  • La baisse drastique des impôts sur les sociétés et les ménages. Ainsi, les couples disposant de moins de 15 000 euros de revenus annuels devraient être exemptés de l'impôt sur le revenu ;
  • L'opposition à une constitution européenne qui renforcerait le contrôle des États-Unis sur l'Europe. Par ailleurs, le LAOS se déclare fermement opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne ;
  • La non-reconnaissance de la république de Macédoine sous son nom actuel.

Le LAOS n'est pas nécessairement considéré comme un parti extrémiste par les médias grecs et ceux-ci ne l'ont donc jamais ostracisé. Pourtant, selon le journaliste Dimitri Psarras, auteur d’une biographie sur le fondateur du parti, ses représentants pratiquent un double langage : « Sur les grands médias, ils s’affirment démocrates et tolérants, et sur la chaîne privée du fondateur du parti, ils attaquent les immigrés clandestins, les Juifs, les francs-maçons, tous considérés comme les ennemis de la nation »[9].

Le parti est apprécié par le patronat et défend le libéralisme économique. Il est le seul parti d’opposition à soutenir les mesures d’austérité réclamées par la Commission européenne dès 2010[9].

Affiliations européennes[modifier | modifier le code]

Le LAOS a fait partie de l'Alliance des démocrates indépendants en Europe de sa création en 2005 jusqu'à sa dissolution en 2008. Il a ensuite été membre du Mouvement pour l'Europe des libertés et de la démocratie de 2011 à 2015.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
2004 162 492 2,2 5e
0 / 300
Extra-parlementaire
2007 271 764 3,8 5e
10 / 300
Opposition
2009 386 152 5,6 4e
15 / 300
Opposition (2009-2011), Papadímos (2011-2012)
mai 2012 183 467 2,9 9e
0 / 300
Extra-parlementaire
juin 2012 97 099 1,6 9e
0 / 300
Extra-parlementaire
janvier 2015 63 692 1,0 11e
0 / 300
Extra-parlementaire
septembre 2015 Ne se présente pas
2019 Ne se présente pas

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges Groupe
2004 252 429 4,1 5e
1 / 24
IND/DEM
2009 366 615 7,2 4e
2 / 22
ELD
2014 154 027 2,7 8e
0 / 21
2019A 69 528 1,2 12e
0 / 21

A En coalition avec l'Union radicale patriotique (el) d'Elefthérios Synadinós.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « "First term judged by second" », sur Ekathimerini.com, (consulté le 10 janvier 2011).
  2. a et b (en) Paul Hainsworth, The Extreme Right in Western Europe, Routledge, (lire en ligne), p. 66.
  3. a et b (en) David Art, Inside the Radical Right: The Development of Anti-Immigrant Parties in Western Europe, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 188.
  4. Papadopoulos, Alex G. "The Puzzle of the 2012 Greek Elections", 8 May 2012, International Policy Digest. Retrieved 2012-06-02.
  5. (en) Justine Lacroix et Kalypso Nicolaīdis, European Stories: Intellectual Debates on Europe in National Contexts, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-959462-7, lire en ligne), p. 188.
  6. Gemenis, Kostas (2008) "The 2007 Parliamentary Election in Greece", Mediterranean Politics 13: 95–101 and Gemenis, Kostas and Dinas, Elias (2009) "« Confrontation still? Examining parties' policy positions in Greece »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)", Comparative European Politics.
  7. (en) Sofia Vasilopoulou, Euroscepticism and the radical right: domestic strategies and party system dynamics, The London School of Economics and Political Science (LSE), , 157– p. (lire en ligne).
  8. « La position idéologique générale est nationaliste, chauviniste, irrédentiste, raciste et antisémite », Valia Aranitou, « L'extrême droite et les petits entrepreneurs en Grèce : du paradoxe à la règle », dans Birgitta Orfali (dir.), La banalisation de l'extrémisme à la veille de la présidentielle : Radicalisation ou dé-radicalisation ?, L'Harmattan, 2012, 170 p, (ISBN 978-2296965140) [EPUB] emplacement 1 006 sur 3 209.
  9. a b c et d « Parti nationaliste, antisémite et xénophobe, le Laos envahit la Grèce », sur Libération.fr,
  10. « L'extrême droite grecque ne disparaît pas, elle se recompose », sur Slate.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Prévélakis, Géopolitique de la Grèce, Complexe, 1997. (ISBN 2-8048-0073-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]