Joachim Durel

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Joachim Durel
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Parti politique

Joachim Durel, né en 1878 à Toulouse et mort en 1939 à Tunis, est un homme politique français, militant socialiste en Tunisie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joachim Durel présente en 1912 à Toulouse une thèse sur Commodien, un poète latin peut-être originaire d’Arles et qui écrivait en style populaire[1]. Il est également l'auteur de La Sagesse d’Henri Frank, poète juif (1931). Il enseigne comme professeur de lettres classiques au lycée Carnot de Tunis.

Il adhère au socialisme et écrit dans le journal Tunis socialiste. Excellent orateur, il a une grande influence sur le programme de la SFIO en Tunisie. Il devient également franc-maçon à la Loge Volonté[2].

Joachim Durel rejette les revendications du mouvement national tunisien. Selon lui, le socialisme condamne « les mouvements de xénophobie, de fanatisme et de nationalisme indigènes »[3]. Cela ne l'empêche pas de se soucier de l'émancipation des peuples colonisés. Il lutte au début du siècle contre Basilio Couitéas, un grand colon qui avait mis la main sur des terres collectives et parvient à faire intervenir Jaurès. En 1929, intervenant dans une conférence féministe à Tunis, il s'oppose au port du voile islamique. Le nationaliste tunisien Habib Bourguiba critique son point de vue dans L'Étendard tunisien et l'accuse de ne pas rompre avec le colonialisme[4].

Joachim Durel est aussi le père du syndicalisme en Tunisie. Il dirige l'union des syndicats. Il intervient en mars 1931 au congrès des syndicats de Tunisie affilés à la CGT française. En 1924, il s'oppose à l'existence de la Confédération générale des travailleurs tunisiens que vient de créer Mohamed Ali El Hammi.

Renvoyé en France en 1934 par le Résident général de France en Tunisie, Marcel Peyrouton, favorable aux riches colons, il revient en Tunisie en 1937.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chokri Ben Fraj, « Identité et altérité dans la démarche de la laïcité coloniale : l'exemple de la Tunisie dans la première moitié du XXe siècle (1901-1955) », Une France en Méditerranée : écoles, langue et culture françaises, XIXe-XXe siècles, éd. Créaphis, 2006, citant « La politique coloniale du parti socialiste », discours de Joachim Durel devant le congrès national de la SFIO (Paris, 15 juillet 1928) cité dans Mustapha Kraïem, Nationalisme et syndicalisme en Tunisie. 1918-1929, éd. Union générale tunisienne du travail, Tunis, 1976, p. 31
  • Christian Poitevin, "Jaurès et les spoliations coloniales de Tunisie : l'affaire Couitéas (1908-1912)", Jean Jaurès, bulletin de la Société d'études jaurésiennes, no 54, juillet-septembre 1974.
  • Juliette Bessis, La Méditerranée fasciste : La Tunisie et l'Italie mussolinienne, éd. Karthala, Paris, 2000, p. 75
  • Patrick Cabanel [sous la dir. de], Une France en Méditerranée : écoles, langue et culture françaises, XIXe-XXe siècles, éd. Créaphis, 2006, p. 153-154
  • Élie Cohen-Hadria, Du protectorat français à l'indépendance tunisienne, souvenirs d'un socialiste, Cahiers de la Méditerranée, 1976
  • Joachim Durel, La politique coloniale du parti socialiste, éd. Tunis Socialiste, Tunis, 22 p.
  • René Gallissot, Les thèses du socialisme colonial en Tunisie : colonisation socialiste et formation d'une nouvelle patrie par le mélange des races. Le discours de J. Durel au Conseil national du Parti socialiste S.F.I.O. de juillet 1928, éd. Pluriel, 1977, p. 58
  • L'Étendard tunisien, 18 janvier, 1er et 23 février 1929, 6 mars 1933
  • Les instructions de Commodien, traduction et commentaire de Joachim Durel, éd. Ernest Leroux, Paris, 1912