Jean de Riquer

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Jean de Riquer
Monogramme Jean de Riquer.jpg
Monogramme de graveur de Jean de Riquer
Titres de noblesse
Vicomte
Biographie
Naissance

Oloron-Sainte-Marie
Décès
(à 80 ans)
Oloron-Sainte-Marie
Pseudonyme
Alexandre
Nationalité
Drapeau : France française
Activité
Père
Alexandre de Riquer, 7e comte de Casa Dávalos
Mère
Marguerite Laborde (Andrée Béarn)
Autres informations
Distinctions

Croix de Guerre 1939-1945

Croix de chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur

Médaille de l’ordre des Arts et Lettres
Monogramme Jean de Riquer.jpg
Marque ou logotype

Jean de Riquer (né le 18 septembre 1912 à Oloron-Sainte-Marie et y décédé le 15 avril 1993) est un artiste, peintre et graveur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il crée un groupe de Résistance à Oloron. Il est déporté au camp de concentration de Dachau. Après la guerre, il participe à diverses explorations, notamment au Groenland en tant que membre des Expéditions polaires françaises - Missions Paul-Emile Victor.

Origines familiales : noblesse espagnole et monde des arts[modifier | modifier le code]

Son père, Alexandre de Riquer (1856-1920), 7e comte de Casa Dávalos[n 1], est une figure de proue de l’art nouveau et du modernisme catalan.

Sa mère, Marguerite Laborde[n 2] (1880-1973), originaire d’Oloron-Sainte-Marie, est une femme de lettres, connue sous le nom de plume « Andrée Béarn »[n 3].

C’est en 1910, grâce au bibliophile Octave Uzanne (ami de sa sœur Augusta), que Marguerite Laborde rencontre Alexandre de Riquer. Veuf depuis 1899, celui-ci se remarie en 1911 avec Marguerite, qui s’installe avec lui à Barcelone. En 1912 et 1913, le couple séjourne en Béarn. En 1914, en raison de la mésentente entre Marguerite et Emilia (fille issue du premier mariage d’Alexandre), le couple se sépare[1]. Avec son fils Jean (né le 18 septembre 1912), Marguerite retourne vivre dans la maison familiale du quartier médiéval Sainte-Croix, à Oloron. Elle y retrouve ses deux sœurs : Augusta qui tient boutique et Marie qui est sage-femme. Toutes deux entretiendront des relations quasiment maternelles avec leur neveu Jean. Alexandre se retire en 1917 à Majorque où il meurt en 1920[2], après s’être réconcilié avec son épouse qui l’y a rejoint[2].

Peintre et graveur[modifier | modifier le code]

Secrétaire de mairie de la ville d’Oloron-Sainte-Marie où il a la responsabilité de l’état civil, Jean de Riquer est avant tout un artiste autodidacte, peintre et graveur en taille-douce[n 4].

Avec son ami André Lombard[n 5], il crée le Cercle artistique oloronais et organise des expositions dans la salle des fêtes du Grand hôtel de la Poste, auxquelles participent le peintre palois René-Marie Castaing (1896-1943, Grand prix de Rome 1924), les sculpteurs Ernest Gabard (1879-1957) et Viatcheslav Garine (1891-1957), le dessinateur, peintre et caricaturiste Paul Mirat (1885-1966), le peintre expressionniste de l’École de Paris Rodolphe Caillaux (1904-1989) et le peintre Léon Heymann (ces deux derniers étant des Parisiens repliés en Béarn en 1940)[3].

Exposant temporaire, puis membre associé de la Société des artistes méridionaux (sise à Toulouse) entre 1937 et 1951, Jean de Riquer participe aux expositions organisées par cette société[4].

Après avoir publié Images d’Oloron en 1948, il publie en 1957[5], accompagnées d’un texte de Raymond Ritter, 15 gravures en taille-douce sur cuivre dans l’ouvrage Charmes et merveilles de la Soule[6] préfacé par Léon Bérard.

En 1973, cinq estampes de Jean de Riquer sont présentées par la Bibliothèque nationale lors de l’exposition intitulée L’estampe contemporaine à la Bibliothèque nationale[7].

Signature du graveur et peintre Jean de Riquer

Soutien des républicains pendant la guerre d’Espagne[modifier | modifier le code]

En septembre 1937, lors d’une brève visite à Oloron, sa ville natale, François Mazou (combattant des Brigades internationales) y reçoit un accueil enthousiaste, dans une atmosphère de Front populaire. Dans ses souvenirs, il note que Jean de Riquer avait peint les grandes oriflammes qui décoraient la façade du bâtiment servant de siège aux activistes[8].

Mobilisé pendant la « drôle de guerre »[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1939, Jean de Riquer est mobilisé comme sergent dans un bataillon de chasseurs des Pyrénées.

En tant que sous-officier de la 7e Armée (à laquelle est rattaché son bataillon) et combattant ayant pris part aux opérations[n 6] du 5 au 24 juin 1940, resté en armes dans son unité, il se voit décerner la croix de guerre, sur décision du général Aubert Frère, qui commande alors l’une des rares unités à n’avoir pas capitulé en rase campagne[n 7].

Démobilisé après la débâcle de mai-juin 1940, il reprend ses fonctions à la mairie à Oloron.

Résistant pendant la seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fondateur d’un groupe de résistance à Oloron[modifier | modifier le code]

Avec quelques amis sûrs, Jean de Riquer prend l’initiative d’aider des fugitifs (juifs, résistants, réfractaires au Service du travail obligatoire, prisonniers évadés, proscrits en tous genres…) à se cacher et à passer en Espagne, généralement vers la vallée de Roncal, en Navarre[9].

Ses fonctions administratives lui permettent de truquer les registres et de fabriquer divers laissez-passer, fausses cartes d’alimentation et fausses pièces d’identité (en particulier pour des Juifs souhaitant franciser leur patronyme).

Ses activités artistiques lui servent de couverture : les responsables nazis locaux sont friands des expositions qu’il organise dans le cadre du Cercle artistique oloronais.

Le groupe « De Riquer », créé au cours du deuxième semestre 1942 (p. 124)[10], sera reconnu au titre de la résistance intérieure française et homologué au Journal officiel de la République française dans la catégorie des « Groupes divers »[11].

Chef local de l’Armée secrète[modifier | modifier le code]

Contacté par Jean Bonnemason (son ancien capitaine des chasseurs des Pyrénées), Jean de Riquer accepte d’organiser la Résistance dans l’arrondissement d’Oloron[3], sous l’autorité de chefs résidant à Pau et engagés dans le mouvement Combat, l’une des composantes de l’Armée secrète, de tendance gaulliste : Honoré Baradat (pseudonyme : Achille), Ambroise Bordelongue (pseudonyme : Michel) et Paul Boudoube (pseudonyme : Ramena)[12].

Il reçoit la liste des « contacts » qu’il peut joindre en toute confiance à Pau, à Oloron et dans la vallée d'Aspe. Sa première tâche consiste à recruter des agents en groupes de six bien cloisonnés entre eux. Ses missions : établissement de faux papiers, passages et renseignement. Il contribue aussi au ravitaillement du maquis de républicains espagnols et du maquis de réfractaires, animé par des Francs-tireurs et partisans (FTP) d’inspiration communiste.

C’est ainsi que Jean de Riquer devient l’un des responsables locaux de l’Armée secrète, sous le pseudonyme d’Alexandre (p. 327)[10], prénom de son défunt père.

Chef militaire de la compagnie d’Oloron[modifier | modifier le code]

Lors de la constitution des unités militaires, Jean de Riquer devient le chef de la compagnie d’Oloron, rattachée au secteur 3 dit « secteur de la vallée d’Aspe ». Au début de 1944, cette compagnie comprendra 112 membres, dont 12 officiers et 15 sous-officiers (p. 327)[10].

Ne parvenant pas à obtenir des armes par le canal de l’Armée Secrète, il prend contact, par le truchement de Christian de Roquemaurel (membre de l’Armée Nouvelle, organisation liée à l'Organisation de résistance de l'Armée, de tendance giraudiste, du nom du général Henri Giraud), avec Jacques Galtier d’Auriac, Oloronais membre de cette organisation, qui accepte d’être placé sous son commandement.

La compagnie d’Oloron opère des sabotages (notamment sur des lignes à haute tension et des voies ferrées), prépare des terrains d’atterrissage et réceptionne des parachutages (p. 187)[10].

Ainsi, le 18 octobre 1943, un comité de réception (composé de Jean de Riquer et de 18 camarades parmi lesquels Jean Bonnemason et Jacques Galtier d’Auriac) récupère une douzaine de conteneurs (armement, postes émetteurs, espèces, cigarettes…) parachutés au Faget, non loin d’Oloron. Le matériel est provisoirement entreposé dans une grange (p. 209)[10]. Au terme de nombreuses navettes nocturnes, il est transporté et déposé dans les combles de la mairie, au-dessus de la salle du Conseil municipal.

Grâce à ses nouveaux contacts avec l’Armée Nouvelle, Jean de Riquer obtient pour lui-même un poste émetteur-récepteur, des jumelles, des armes, de fausses cartes nationales d’identité (document récemment créé par le régime de Philippe Pétain) et de l’argent à verser aux familles cachant des réfractaires.

À la demande d’Honoré Baradat, chef départemental de l’organisation Noyautage des administrations publiques (NAP), il propose, en vue de la Libération, le futur sous-préfet, des futurs conseillers généraux, municipaux et des députés.

Fin mai 1944, Raoul Prat (commandant du secteur 3) lui apprend qu’il est démis de ses fonctions de chef de la compagnie d’Oloron, le général de Gaulle souhaitant empêcher les giraudistes d’occuper un poste-clé lors de la Libération[3].

La figure du résistant Jean de Riquer est évoquée dans un roman historique de Pierre Dayad[13].

Arrêté par la Gestapo et déporté à Dachau[modifier | modifier le code]

Le 3 juin 1944, Jean de Riquer est arrêté à Pau par la Gestapo, interrogé les 3 et 4 juin par Heinrich Sasse à la villa Briol (siège de la Gestapo à Oloron), de nouveau « interrogé » à la villa Saint-Albert (siège de la Gestapo à Pau), puis transféré au fort du Hâ (ou château du Hâ) à Bordeaux. Le 27 juin, il est embarqué dans un train vers le camp de concentration de Dachau où il arrive le 7 juillet 1944. Il y est enregistré sous le matricule 78357[14]. Il est affecté aux Kommandos d’Allach, puis de Kaufbeuren et, à nouveau, d’Allach, où il travaille pour les usines Bayerische Motoren Werke (BMW).

Il est libéré le 30 avril 1945 par les forces américaines. Les tortures et les souffrances endurées lui laisseront des séquelles, physiques et morales. Il conservera de durables liens d’amitié avec certains de ses compagnons d’infortune, parmi lesquels le journaliste Fabien Lacombe (1921-1993), auteur d’un émouvant poème[15] composé à la Noël 1944 à Kaufbeuren.

Dans l’immédiat après-guerre, il illustre par des dessins le livre de souvenirs de Georges Loustaunau-Lacau[16], chef-fondateur du réseau Alliance (de tendance giraudiste), déporté politique au camp de Mauthausen.

Jean de Riquer déclare avoir identifié les responsables de son arrestation : des compatriotes dont il taira les noms, afin de ne pas faire de tort à leurs descendants[3]. Cependant, cette question constitue encore un objet d’études pour des historiens[17].

Explorateur[modifier | modifier le code]

De retour de Dachau, Jean de Riquer reprend ses fonctions à la mairie d’Oloron, ainsi que ses activités artistiques et associatives. Par ailleurs, il participe à deux explorations.

Au Groenland avec Paul-Émile Victor (en 1950)[modifier | modifier le code]

En 1950, Jean de Riquer participe à la troisième campagne des Expéditions polaires françaises au Groenland qui, sous la direction de Paul-Émile Victor, vise à poursuivre l’étude scientifique de l’inlandsis et à assurer la relève des 8 hommes qui ont hiverné dans la Station centrale établie lors de la campagne précédente au cœur de l’inlandsis, à 2965 m d'altitude, par 70° 55' N et 40° 37' W.

Jean de Riquer est engagé en tant qu’assistant topographe dans la section de géodésie dirigée par le colonel Jean Nevière (ancien officier géodésien du Service géographique de l’Armée), aux côtés de Jean Bourgoin (ingénieur hydrographe de la Marine) et Maurice Grisoni (aide géodésien)[18].

Leur principale mission consiste à établir le profil de la surface de l’inlandsis, par la méthode dite du « nivellement géodésique ». La synthèse des résultats de la section de géodésie et de ceux de la section de géophysique et sismologie (dirigée par Alain Joset) permettra de déterminer l’épaisseur de glace, ainsi que le profil du socle rocheux sous-jacent.

À cet objectif principal s’en ajoutent deux autres : la mesure des déplacements de la surface de l’inlandsis dans la zone sujette à la fonte, ainsi que la cartographie et le balisage de l’itinéraire dans cette région dangereuse, afin d’y sécuriser le passage des convois[19].

Au terme d’une traversée mouvementée, l’expédition atteint la baie de Quervain (sur la côte ouest du Groenland) fin mai 1950. Après avoir participé aux travaux de remise en état de la piste d’accès à l’inlandsis (aujourd’hui empruntée par les touristes), la section de géodésie commence sa mission : nivellement géodésique sur 320 km jusqu’à la Station centrale (qu’elle atteint le 1er juillet), puis sur 240 km vers l’est-sud-est, jusqu’au « Terme Nevière » (qu’elle atteint le 6 juillet après avoir franchi la ligne de crête à plus de 3000 m d’altitude).

De retour dans la région ouest, la section de géodésie poursuit sa mission dans la zone de fonte, louvoyant entre bédières et crevasses camouflées par des ponts de neige. Il faut marcher devant les véhicules à chenille, en sondant la neige avec un bâton. Malgré ces précautions, les véhicules basculent dans des crevasses, à de multiples reprises. Les géodésiens achèvent la descente à pied, lourdement chargés. Fin septembre, les véhicules seront récupérés lors de deux périlleux raids pédestres[20]. En attendant, Jean de Riquer participe à la construction de la « cabane de Paul-Emile Victor », au-dessus de Port Victor, en baie de Quervain (encore utilisée aujourd’hui comme refuge par les randonneurs).

Cette expédition, qui s’inscrit dans la période dite « héroïque » des Expéditions polaires françaises, se rattache encore, par bien des aspects, aux anciennes traditions des explorations polaires[21].

Au mont Ararat à la recherche de l’arche de Noé (en 1952)[modifier | modifier le code]

Jean de Riquer, qui a pris goût aux explorations, est admis dans la Société des explorateurs et voyageurs français (fondée en 1937 et rebaptisée « Société des explorateurs français » après 1999), dont Paul-Emile Victor fut président en 1947-1948, puis 1954-1955. Grâce à divers appuis, Jean de Riquer obtient des autorités turques l’autorisation de monter une expédition dans la zone militaire interdite de l’Ararat.

En octobre 1951, il annonce dans la presse son projet d’expédition au mont Ararat, à la recherche de vestiges de l’arche de Noé. Le professeur Louis Massignon déclare : « Bien entendu, il n’a aucune chance de retrouver l’arche, si toutefois celle-ci a jamais existé. Mais il ne faut décourager aucun homme de bonne volonté. Ce ne serait pas la première fois que, partant sur une donnée fausse, on ferait une trouvaille tout à fait inattendue… »[22].

En juin 1952, Jean de Riquer part avec Raymond Zubiri, Fernand Navarra (qui finance l’expédition), Michel Veilhan (ancien officier d’état-major) et deux cinéastes, Jean-Claude Sée et Roger Kirschner (membre des Expéditions polaires françaises). Après avoir traversé en voiture l’Italie, la Yougoslavie et la Grèce, l’expédition gagne Ankara, puis le Kurdistan situé en Turquie extrême-orientale. Objectif : gravir le mont Ararat, haut de 5165 mètres, et explorer ses glaciers.

L’ascension a lieu en août 1952, dans des conditions météorologiques difficiles. Des camps successifs sont établis à flanc de montagne. Conduite par Jean de Riquer, et accompagnée d’un détachement militaire turc, l’expédition atteint le sommet le 18 août 1952, après 11 heures de marche dans une tempête de neige. Mais les recherches de vestiges de l’arche demeurent sans résultat, y compris dans la zone de l’anomalie d'Ararat repérée par des aviateurs soviétiques (voir à ce sujet les articles parus à l’époque dans le quotidien Le Monde[23]). Cette expédition est évoquée dans un article d’une société savante[24] et dans l’ouvrage de J. David Pleins[25].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voies baptisées des noms de Jean de Riquer et de ses parents[modifier | modifier le code]

  • Rue Alexandre et Jean de Riquer à Oloron-Sainte-Marie
  • Rue Andrée Béarn à Oloron-Sainte-Marie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En tant que fils de comte, Jean de Riquer (Juan de Riquer y Laborde, selon la tradition espagnole) portait le titre de vicomte. C’est le petit-fils d’Alexandre de Riquer (fils d’Emilio, l’aîné de la fratrie issue de son premier mariage avec Dolores Palau González de Quijano), qui deviendra le 8e comte de Casa Dávalos (es) : Martí de Riquer (1914-2013), écrivain et philologue espagnol, fait Grand d'Espagne en 2005 par le roi Juan Carlos Ier.
  2. Voir le portrait de Marguerite Laborde peint par Alexandre de Riquer en 1911, année de leur mariage. Leur fils Jean de Riquer en fit don en 1972 au Musée national d'art de Catalogne.
  3. « Fiche biographique de la femme de lettres Andrée Béarn (mère de Jean de Riquer) » [PDF], sur le site de la mairie d’Oloron-Sainte-Marie.
  4. En juillet-août 2015, des gravures de Jean de Riquer furent présentées à Oloron-Sainte-Marie dans le cadre de l’exposition « Oloron, voyage dans le temps » organisée par Maylis Laborde (cf. vidéo de présentation de l’exposition).
  5. Voir la fiche biographique de André Lombard, résistant mort fusillé le 15 août 1944, mise en ligne par la mairie d’Oloron-Sainte-Marie à l’occasion de l’inauguration de la salle Lombard, le 13 septembre 2014 (lire en ligne), Ville d'Oloron Sainte Marie, octobre 2014.
  6. Les « opérations » évoquées par le général Aubert Frère consistent en un vaste repli face à l’avancée de l’ennemi. C’est pourquoi, comme l’écrit Louise Weiss, « Les fanfares de ces lugubres prises d’armes retentirent dans les grandes villes de la zone libre […] Les Français ne s’y méprirent pas et ils ne tardèrent pas à baptiser les milliers de récompenses qui constellèrent les dolmans du nom ironique de Croix du Sud. » (Louise Weiss, Mémoires d’une Européenne, La Résurrection du Chevalier, juin 1940 - août 1944, Albin Michel, Paris, 1974, (ISBN 2226000577), p. 161).
  7. Dans son ordre du jour du 24 juin 1940, le général Aubert Frère écrit : « Soldats de la 7e Armée, conservez le cœur fier et la tête haute : vous n’avez pas connu la défaite. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eliseu Trenc Ballester et Alan Yates, Alexandre de Riquer (1856-1920) : The British Connection in Catalan Modernisme', The Anglo-Catalan Society, , 139 p. (ISBN 9780950713748, lire en ligne), pp. 42 et 44.
  2. a et b Eliseu Trenc Ballester, « Rapports d’Alexandre de Riquer avec l’art français, belge, allemand, autrichien et italien », dans Mélanges de la Casa de Velázquez, (lire en ligne), chap. 19(1), p. 317-346.
  3. a, b, c et d Jean de Riquer, Mémoires
    De larges extraits de ce livre furent publiés sur Internet par son fils Xavier de Riquer)
    .
  4. Voir les catalogues des expositions de la Société des artistes méridionaux (Toulouse) en 1937, lire 1938), 1939), 1941), 1942) et 1948.
  5. Commentaires dans la revue Pyrénées no 30 en 1957 (lire en ligne) et n° 33 en 1958 (lire en ligne).
  6. Léon Bérard, de l’Académie française (préface), Raymond Ritter (texte) et Jean de Riquer (15 planches), Charmes et merveilles de la Soule, tiré en 500 exemplaires numérotés, Pau, 1957.
  7. Françoise Woimant, Bibliothèque nationale, L’estampe contemporaine à la Bibliothèque nationale : Paris, 25 octobre - 9 décembre 1973, 171 pages (ISBN 2-7177-1180-5), Bibliothèque nationale, Paris, p. 148 (lire en ligne).
  8. François Mazou, Mémoire collective, no 10 (lire en ligne).
  9. Claude Laharie, Les passages vers l’Espagne, 2015. Texte sur le site web de l’association « Les Basses-Pyrénées dans la seconde guerre mondiale » (lire en ligne).
  10. a, b, c, d et e Louis Poullenot, Basses-Pyrénées : occupation, Libération, 1940-1945, Biarritz, Atlantica, , 366  p. (ISBN 978-2-7588-0137-5).
  11. Journal officiel de la République française du 19 juin 1947, p. 5692 (lire en ligne).
  12. Voir les fiches biographiques respectives de Honoré Baradat (lire en ligne), Ambroise Bordelongue (lire en ligne) et Paul Boudoube (lire en ligne) sur le site web de l’association « Les Basses-Pyrénées dans la Seconde Guerre mondiale ».
  13. Pierre Dayad, Le destin et son écho, Atramenta, Tampere, Finlande, 2015, 270 pages (ISBN 9789522735874) (lire en ligne).
  14. Livre mémorial (lire en ligne) de la fondation pour la mémoire de la Déportation.
  15. (en) Dorothea Heiser, Stuart Taberner, My Shadow in Dachau, Poems by Victims and Survivors of the Concentration Camp, Camden House, Rochester, New York, 2014, 314 pages (ISBN 9781571139078), p. 133-135 (lire (en ligne).
  16. Georges Loustaunau-Lacau, « Chiens maudits » : souvenirs d’un rescapé des bagnes hitlériens, dessins originaux de M. de Riquer, Éditions La Spirale / Réseau Alliance, Pau / Paris, circa 1945, 95 pages.
  17. (en) Sandra Ott, Gifts, ambiguity, and questionable justice : the trial of a Vichy police commissioner, Proceedings of the Western Society for French History, 2008, 36, 265-283 (lire en ligne).
  18. Expéditions polaires françaises - Missions Paul-Emile Victor, Terre Adélie Groenland, 1947-1955, Rapport d’activités, Arthaud, Paris, 1956, 154 pages, p. 68-72.
  19. Jean Nevière, Nivellement géodésique de l’inlandsis, campagne au Groenland 1948-1949-1950, Rapports scientifiques des Expéditions polaires françaises, Annales de Géophysique, 1954, 10 (1), 66–90.
  20. Jacqueline Bourgoin, Vie quotidienne d’un jeune géodésien pendant la campagne 1950 des Expéditions polaires françaises au Groenland, Revue XYZ de l’Association française de topographie, 2016, 147, 57–66
  21. Voir le film documentaire « Arctique », produit par ARAV Images et les Expéditions polaires françaises (EPF), réalisé en 1997 par Pierre-François Degeorges à partir d’images d’archives qui évoquent les premières campagnes des EPF au Groenland.
  22. André Parrot, Bible et archéologie, Déluge et Arche de Noé (4e édition complétée) / La Tour de Babel (3e édition complétée), Labor et Fides, Genève, Suisse, 1970, 123 pages (ISBN 9782830902136), p. 57-58 (lire en ligne).
  23. Articles parus dans Le Monde, respectivement les 18 décembre 1951 (lire en ligne), 6 juin 1952 (lire en ligne), 18 août 1952 (lire en ligne), 19 août 1952 (lire en ligne), et 10 septembre 1952 (lire en ligne).
  24. Emile Rougetet, A-t-on retrouvé l’arche de Noé ? Bulletin de l’académie du Var, 1957, 227-254, p. 231 (lire en ligne).
  25. (en) J. David Pleins, When the Great Abyss Opened, Classic and Contemporary Readings of Noah’s Flood, Oxford University Press, Oxford, New York, 2003, 242 pages (ISBN 9780195156089), p. 9 (lire en ligne).