Jean-Louis d'Anglebermes

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Jean-Louis d'Anglebermes
Fonctions
Vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
En fonction depuis le
(3 ans, 7 mois et 16 jours)
Élection
Réélection
Président Philippe Germain
Gouvernement Germain I
Germain II
Prédécesseur Vacant
Membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
chargé du Travail et de l'emploi, du Dialogue social, de la Formation professionnelle et des Relations avec le CESE
En fonction depuis le
(4 ans, 4 mois et 22 jours)
Élection
Réélection
Président Cynthia Ligeard
Philippe Germain
Gouvernement Ligeard
Germain
Membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
chargé de l'Écologie et du Développement durable, de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche

(1 an, 8 mois et 2 jours)
Élection
Président Philippe Gomès
Gouvernement Gomès
Biographie
Nom de naissance Jean-Louis d'Anglebermes
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Nouméa
Parti politique Union calédonienne (UC)-FLNKS
Profession Enseignant
Résidence Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Jean-Louis d'Anglebermes
Vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Jean-Louis d'Anglebermes est un homme politique indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, né le à Nouméa. Militant du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), et en son sein de l'Union calédonienne (UC). Il est le vice-président et membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie chargé du Travail et de l'emploi, du Dialogue social, de la Formation professionnelle et des Relations avec le CESE. Il a été auparavant membre du Huitième Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, chargé de l'Écologie, du Développement durable, de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche.

Militant du FLNKS[modifier | modifier le code]

Fils d'un Néo-calédonien d'origine européenne et d'une Mélanésienne, Jean-Louis d'Anglebermes est diplômé en biologie et en thermodynamique. Il a enseigné les sciences, avant de devenir chargé de missions auprès de François Burck, président de l'Union calédonienne (UC) de 1989 à 1996. Il est candidat pour la première fois aux élections provinciales du sur la liste du FLNKS menée par Rock Wamytan dans le Sud (en 28e place pour 32 sièges à pourvoir dans une collectivité qui plus est majoritairement anti-indépendantiste, il n'est pas élu)[1]. Il est commissaire politique adjoint de l'UC et conseiller au bureau politique du FLNKS à partir de 1998, et participe à ce titre aux négociations de l'accord de Nouméa[2]. Il est l'un des signataires le de la version définitive de l'accord de Bercy qui met en place un échéancier pour la construction de l'usine du Nord qui est confiée au canadien Falconbridge[3].

Il reste ensuite un fidèle de Rock Wamytan, président du FLNKS de 1995 à 2001 et de l'UC de 1999 à 2001, face à la fronde de jeunes élus du parti (le « G7 », mené par Pascal Naouna ou Charles Pidjot, qui forme son propre groupe à l'UC et force finalement Wamytan à abandonner ses deux présidences en 2001). D'Anglebermes est ainsi en 8e place de la liste FLNKS menée par Rock Wamytan pour la formation du 2e gouvernement local le (elle obtient 3 des 11 sièges à pourvoir), puis en 6e place sur celle tirée par Déwé Gorodey pour la désignation de l'exécutif suivant le (2 élus sur 10)[4]. Cette fidélité lui vaut une certaine mise à l'écart des instances dirigeantes du FLNKS et de l'UC en même temps que la traversée du désert de Wamytan, entre 2004 et 2007.

Aux élections municipales de , il est présent à Païta en cinquième position sur la liste « Union citoyenne avec le FLNKS » de Louis-Jean Païta[5]. Celle-ci n'obtient que 421 voix et 7,97 % des suffrages exprimés, et ne se qualifie pas pour le second tour[6]. Ensuite, pour les élections provinciales du , il est le directeur de campagne de la liste unitaire du FLNKS menée par Rock Wamytan dans le Sud, étant qui plus est candidat en 21e place[7]. Elle réunit 5 342 votes (8,82 %) et gagne ainsi 4 sièges sur 40 à l'Assemblée provinciale (dont 3 des 32 envoyés au Congrès).

Membre du gouvernement[modifier | modifier le code]

Jean-Louis d'Anglebermes est choisi ensuite pour mener la liste du groupe FLNKS (dominé par l'UC) pour l'élection du 8e gouvernement le  : elle obtient 13 voix (les 9 de l'UC, 1 du RDO, 1 du Palika, 1 du LKS et 1 du RPC) et 3 des 11 sièges à pourvoir[8]. Le 15 juin suivant, les secteurs d'animation et de contrôle sont répartis entre les membres de l'exécutif, et Jean-Louis d'Anglebermes hérite de ceux de l'Écologie et du Développement durable, de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche[9].

À ce poste, il relance en les discussions sur la réforme de la réglementation des pesticides (interrompues depuis 2008), sur la base d'un projet de délibération-cadre relative aux « conditions d’autorisation, d’importation, de mise sur le marché, de détention et d’utilisation des substances et produits sanitaires à usage agricole »[10]. Il présente également le pour la première fois en conférence de presse les résultats pour 2009 du plan de surveillance phytosanitaire (mis en place depuis 2006), et selon lequel environ 9,9 % des fruits et légumes locaux comportent des résidus de pesticides non conformes, taux « en légère diminution » par rapport aux années précédentes (11,8 % en 2008, 11,4 % en 2007 et 13,7 % en 2006) mais toujours plus élevé qu'en France métropolitaine[11]. Ces chiffres sont contestés par les associations de consommateurs (qui parlent de 20 à 50 % de produits agricoles vendus en Nouvelle-Calédonie comportant des produits chimiques interdits en Europe) tandis que Jean-Louis d'Anglebermes avoue dès son incapacité à réunir les acteurs pour négocier sur le sujet[12]. Le 20 décembre suivant, le tribunal administratif de Nouméa, saisi par des groupes écologistes, interdit cinq pesticides pourtant homologués en août de la même année par le gouvernement local : le cyhexatin, le propachlore et trois produits contenant du malathion et du méthomyl. Jean-Louis d'Anglebermes réagit par l'agacement, déclarant : « Ma délibération, elle est prête. De toute façon, ils trouveront toujours un moyen d’attaquer en justice »[13].

Il est également chargé d'organiser la lutte gouvernementale contre la prolifération des cerfs, dont la croissance démographique dans les savanes et forêts sèches menacent les écosystèmes. À partir du , la prime à la mâchoire remise aux chasseurs (créée en 2007) de 1 000 à 3 000 francs pacifique pour les adultes et de 3 000 à 5 000 F CFP pour les faons. Pour Jean-Louis d'Anglebermes : « L’objectif de cette mesure est simple. C’est d’inciter les chasseurs à chasser plus et ainsi augmenter le prélèvement de cerfs sur le milieu naturel. À terme, l’objectif à atteindre serait de primer 150 000 mâchoires de cerfs par an pour les trois années à venir »[14]. À compter du , la prime est fixée à 5 000 F CFP pour les faons mais également pour les femelles, et ramenée à 1 000 Francs pour les mâles adultes[15]. En tant que président également de l'Agence pour la prévention et l’indemnisation des calamités agricoles ou naturelles (APICAN), il doit faire face aux conséquences immédiates de la dépression tropicale Vania de , dont les très fortes précipitations ont eu des répercussions graves sur les différentes productions agricoles[16].

Le , lui ainsi que les autres membres UC du gouvernement et leurs suivants de liste démissionnent en bloc, relayant ainsi la contestation de leur parti contre Philippe Gomès et Calédonie ensemble sur la question des deux drapeaux (tricolore et indépendantiste) et provoquant ainsi la chute de l'exécutif. Lors de l'élection du successeur de ce dernier le , Jean-Louis d'Anglebermes n'est pas reconduit sur la liste du groupe FLNKS et sort donc du gouvernement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Arrêté n° 910 du 23 juin 1995 fixant les listes de candidats aux élections des Assemblées de province du 9 juillet 1995, JONC n°7073, 23/06/1995, p. 1704-1724
  2. G. PAÏTA, J. CAZAUMAYOU, T. DE DECKKER, Gabriel Païta : témoignage kanak, éd. L'HARMATTAN, coll. « Mondes océaniens : Des Conflits et des Hommes », 1999, p. 222
  3. [PDF] I. LEBLIC, Chronologie de la Nouvelle-Calédonie, Société des Océanistes
  4. « Composition sur le site du Congrès »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  5. « A Païta le FLNKS change de méthode », Les Nouvelles Calédoniennes, 07/03/2008
  6. Païta : résultats municipales 1er tour, www.lepost.fr, 14/03/2008, mise à jour 16/03/2008
  7. [PDF] Arrêté n° 2009/76/HC/DIRAG/SELP du 21 avril 2009 fixant l'état des listes de candidats à l'élection des membres du congrès et des assemblées de province du 10 mai 2009, JONC n°8313, 23/04/2009, p. 3084
  8. « COMPTE RENDU INTEGRAL DES DEBATS du vendredi 5 juin 2009 (Séance solennelle) (matin) », ged.congres.nc
  9. Composition des gouvernements depuis 2009 sur le site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie
  10. H. LEPOT, « La réforme des pesticides revient sur la table », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/04/2010
  11. S. AMIOTTE, « Les résidus de pesticides passés à la loupe », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/05/2010
  12. P. FRÉDIÈRE, « Pesticides : le débat tourne à la polémique », Les Nouvelles Calédoniennes, 29/07/2010
  13. C. LÉHÉ, « Les écolos remportent une première bataille », Les Nouvelles Calédoniennes, 21/12/2010
  14. P. CH., « Chasser plus pour gagner plus », Les Nouvelles Calédoniennes, 01/07/2010
  15. C. LÉHÉ, « Une aide aux producteurs », Les Nouvelles Calédoniennes, 05/12/2010
  16. Y. MAINGUET, « "Les prix s’envolent aussi par effet d’aubaine" », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/01/2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]