Jean-Louis Delayen

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Jean-Louis Delayen
Naissance 16 mars 1921
Saint-Raphaël (Var)
Décès 3 octobre 2002 (à 81 ans)
en Virginie (USA)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie de marine
Grade Général
Années de service 1940-1978
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Guerre d'Algérie
Conflit tchado-libyen
Commandement Bataillon d'Infanterie de Marine de Tahiti
2e Régiment d'Infanterie de Marine
Distinctions Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Croix de la valeur militaire
Croix du combattant volontaire

Jean Louis Delayen, né le 16 mars 1921 à Saint-Raphaël (Var), et décédé le 3 octobre 2002 en Virginie (États-Unis), est un général français, Grand' croix de la Légion d'honneur.

Sa biographie, publiée en 1979 par Georges Fleury, porte comme titre Le Baroudeur. Les 4 Guerres Du Général Delayen, en référence à son surnom, et à ses 4 campagnes: Seconde Guerre mondiale, Guerre d'Indochine, Guerre d'Algérie et Tchad.

Enfance[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Raphaël en 1921, Jean-Louis Delayen passe les premières années de sa vie au Maroc, puis en Indochine, au gré des affectations de son père, colonel dans l'infanterie de marine.

Il rentre en France en 1935 pour poursuivre sa scolarité au Prytanée national militaire de La Flèche.

Carrière militaire (« Les 4 Guerres Du Général Delayen »)[modifier | modifier le code]

Deuxième Guerre mondiale (1940-1945)[modifier | modifier le code]

En 1940, il déserte le Prytanée pour tenter de rejoindre les Forces françaises libres à Londres, mais il ne parvient pas à trouver de bateau pour l'y emmener, et finit par débarquer au Maroc.

Il s'engage alors dans l'armée, et est affecté au 6e régiment de tirailleurs sénégalais (6e RTS), puis au régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM).

Nommé Aspirant au sein du RICM, il participe en août 1944 au débarquement de Provence et à la libération de Toulon. Toujours avec le RICM, il participe à la « Marche du Rhin » (l'avancée victorieuse des armées alliées vers les rives du Rhin), à la tête d'un peloton de reconnaissance de quatre jeeps armées de mitrailleuses.

Son peloton est la première unité alliée à atteindre le Rhin, le 13 novembre 1944, à Rosenau où il sera blessé. La photo de l'aspirant Delayen, « Premier officier allié à atteindre le Rhin », trempant le fanion de son peloton dans le fleuve, fera la « une » du New York Times (en fait une reconstitution[1]).

Grièvement blessé le lendemain à Battenheim[2], l'aspirant Delayen, considéré comme mort, se réveille à la morgue de l'hôpital. Il se rétablit cependant après cinq mois de convalescence, et est nommé sous-lieutenant en décembre 1944.

Guerre d'Indochine (1945-1955)[modifier | modifier le code]

En 1945, le sous-lieutenant Delayen est volontaire pour partir en Indochine, avec le RICM (au sein du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient). Blessé une seconde fois, il est nommé lieutenant en 1946, et fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1947.

Il rentre en France en 1948, puis repart au Tonkin comme officier de renseignement, de 1949 à 1952, puis de 1953 à 1955. Il y crée au sein des Commandos Nord Viet-Nam le premier commando uniquement composé de Tonkinois. Il est promu Officier de la Légion d'honneur en 1954.

Guerre d'Algérie (1955-1962)[modifier | modifier le code]

Il rejoint l’Algérie en 1955, pour rejoindre le "Centre d'Instruction Amphibie" à Arzew, puis rejoint Nemours, à la frontière avec le Maroc.

Il y forme le commando Yatagan, composé de musulmans encadrés par des fusiliers-marins-commandos, sur le modèle des commandos Nord Viêt Nam.

Il est promu Commandeur de la Légion d'honneur en 1959.

Pacifique (1962-1965)[modifier | modifier le code]

Au début de l’année 1962, le commandant Jean-Louis Delayen prend le commandement du Bataillon d'Infanterie de Marine de Tahiti, pour 3 ans.

Métropole (1965-1972)[modifier | modifier le code]

En 1965, promu lieutenant-colonel, il est affecté pour la première fois de façon pérenne en métropole : il dirige alors le « Centre d'Instruction Amphibie » basé à Lorient.

Après un an de formation au sein du corps des Marines, aux États-Unis, au « Command and Staff College » à Quantico, il rentre en France pour prendre le commandement du 2e régiment d'Infanterie de marine, au camp d'Auvours.

Tchad (1972-1977)[modifier | modifier le code]

En 1972, le Tchad est secoué par la guerre civile. Le colonel Delayen est nommé conseiller du Général commandant en chef des forces armées tchadiennes. Il restera 6 ans en poste à N'Djamena. Il est promu Grand Officier de la Légion d’Honneur en 1975.

Métropole et retour à la vie civile[modifier | modifier le code]

En 1977, Jean-Louis Delayen est admis en 1re section des officiers généraux avec le grade de général de brigade, et il regagne la France, ou après un bref passage au ministère de la Coopération à Paris, il demande à passer dans le cadre de Réserve en juin 1978.

De 1978 à 1982, il s’installe dans une péniche, amarrée près du pont de la Concorde à Paris. Puis il rejoint son épouse américaine et son fils aux États-Unis, où il résidera jusqu'à son décès d’une crise cardiaque en 2003.

Il est enterré à Saint-Raphaël dans le Var, où ses obsèques ont été célébrées par le Père Heinrich, ancien aumônier de Diên Biên Phu. À la demande du général Delayen, lors de son enterrement, son cercueil a été accompagné par les marsouins de ses anciens régiments (RICM et 2e RIMA) au chant de Marie Dominique, hymne officieux de l’Infanterie de Marine.

Décorations[modifier | modifier le code]

Blessé trois fois, titulaire de 19 citations dont 11 avec palmes (officier français le plus décoré après le général Marcel Bigeard), le général Delayen avait été élevé à la dignité de Grand’ Croix de la Légion d’Honneur en 1996.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Le Général Delayen est aussi le parrain de la 53e promotion de l'École Militaire Interarmes. Le chant promotion lui est dédié et chanté en son honneur.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le Baroudeur. Les 4 Guerres Du Général Delayen », Georges Fleury, Grasset

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La célèbre photo du New-York Times représentant « L’aspirant Delayen trempant son fanion dans le Rhin » ne représente en fait pas l’aspirant Delayen : les journalistes n’étaient pas présents lors de cet événement, et demandèrent aux soldats du RICM de représenter la scène le lendemain pour l’immortaliser. L’aspirant Delayen ayant été gravement blessé entre temps, l’un de ses camarades prit sa place pour la photo
  2. Grièvement blessé à Roseneau, l’aspirant Delayen est recueilli par un habitant du village qui ne parle que l’alsacien. Celui-ci fait boire a l’aspirant du schnaps artisanal pour le « remonter ». Ses camarades de régiment retrouveront l’aspirant à l’oreille, en suivant la voix de celui-ci chantant a tue-tête Marie-Dominique à son hôte..

Liens externes[modifier | modifier le code]