Jean Gilles (général)

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Officier général francais 4 etoiles.svg Jean Gilles
Image illustrative de l'article Jean Gilles (général)

Naissance
Perpignan
Décès (à 56 ans)
Mont-Louis
Origine Flag of France.svg Française
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Armée de terre
Grade Général de corps d'armée
Conflits Guerre du RIF,

Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Guerre d'Algérie
Crise du canal de Suez

Commandement 1re DBCCP[1]
GOMRN[2]
25e DP[3]

Commandant des Troupes Aéroportées Commandant des opérations aéroportées à SUEZ Corps d’Armée de Constantine 5e Région Militaire

Distinctions Grand-Croix de la Légion d'honneur;

Croix de guerre 1939-1945; Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs; 18 Citations

Hommages Monument Gilles à Mont-Louis;

Promotion de École spéciale militaire de Saint-Cyr; Parrain du Prytanée national militaire

Général Gilles en Indochine

Jean Gilles (Perpignan - Mont-Louis ) est un général de l'armée française qui a notamment commandé les troupes parachutistes françaises au cours de la guerre d'Indochine. Il fut également le chef de l'opération aéroportée lors de la crise de Suez et fut le seul Commandant des Troupes Aéroportées. Commandant du corps d'armée de Constantin, Adjoint opérationnel du Commandant en chef en Algérie, il a également participé à la guerre d'Algérie avant de prendre le commandement de la 5e région militaire à Toulouse et de la 2e Zone de Défense. C'est l'un des officiers généraux les plus décorés de l'armée française.

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Jean Gilles (Jean, Marcellin, Joseph, Calixte), fils de Joseph Marius Gilles (Chevalier de la Légion d'honneur), capitaine d'infanterie tué à la tête de sa Compagnie en septembre 1914, et de Marie Pagès, est né à Perpignan le . Sa sœur, Madeleine Gilles, (1906-1998), grande résistante, (Chevalier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 1939-1945) sera notamment maire de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales). En 1933, il se marie avec Suzanne Tivolle de qui il aura quatre garçons : Pierre, Michel, Louis et Henri. Pierre ancien pilote de chasse est Général de brigade Aérienne, Michel, Saint Cyrien de la promotion « Terre d'Afrique » (1957-1959), a été tué en Algérie le 2 février 1961, Louis qui travaillait chez Hachette s'est tué en voiture en septembre 1967, Henri a fini sa carrière comme Directeur Régional de le Société Générale à Toulouse.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Élève au prytanée militaire de La Flèche dès l'âge de 12 ans, il intègre Saint-Cyr en 1922 à l'âge de 18 ans[4]. Il est ainsi le plus jeune cyrard de la la promotion n°109: de Metz et Strasbourg, tandis que le plus âgé est le futur Maréchal de France Philippe Leclerc de Hauteclocque. Lors d'un exercice de tir, il est gravement blessé et perd un œil. Gilles a réussi à être maintenu dans sa promotion malgré son handicap mais devra renoncer à être aviateur.

Débuts[modifier | modifier le code]

À sa sortie de l'école en 1924, le jeune Sous-lieutenant est affecté au 24e régiment de tirailleurs sénégalais à Perpignan et rejoint le Maroc pour prendre part à la guerre du Rif où il obtient à vingt ans sa première citation qui comporte l'attribution la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec étoile de bronze ainsi que la médaille d'Alphonse XIII d'Espagne. Jean Gilles est nommé lieutenant le 1er octobre 1926 et capitaine le 25 septembre 1933.

Officier méhariste il quitte le Maroc et les sables du désert du Niger et de la Mauritanie en 1938 pour préparer l’École de Guerre à laquelle il a été reçu en 1939 mais ne pourra pas intégrer à cause de la seconde guerre mondiale.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est affecté à la 7e DIC de 1939 à 1940 et rejoint le Bilma au Niger (AOF) fin 1940.

Démobilisé en France en 1942, il tente de rejoindre l'Afrique du nord mais est capturé en Espagne et emprisonné. Finalement relâché pour raison médicale, il s'engage dans la 9e DIC et prend le commandement du 2e bataillon du 13e régiment de tirailleurs sénégalais.

Gilles prend part à la prise de l'île d'Elbe en juin 1944, puis débarque en Provence et avec la 1re Armée de de Lattre, participe à la reconquête du territoire français et à la campagne d'Allemagne de 1945.

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Adjoint au chef de corps du 23e régiment d'infanterie coloniale (nouvelle appellation du 13e RTS), il rejoint l'Indochine en octobre 1945 avec le grade de lieutenant colonel. En 1946, il est appelé à l'état-major de Leclerc et est nommé colonel à titre exceptionnel à la suite du débarquement à Haiphong le 6 mars 1946.

Il rentre en Europe en 1947 et occupe successivement les postes de chef de corps du régiment colonial de chasseurs de chars en Allemagne puis après un passage à l'école de guerre devient commandant de la 1re demi brigade de commandos parachutistes coloniaux[5]. Entre temps, Gilles a obtenu en 1949 son brevet de parachutiste[6].

En 1951, il retourne en Indochine et s'illustre notamment lors de la bataille de Na San (septembre à décembre 1952) puis lors de la conquête de la cuvette de Dien Bien Phu, en novembre 1953 (opération Castor).

Il obtient ses étoiles de général de brigade en pleine bataille de Na San le [7] et devient en 1953 commandant des TAPI (Troupes aéroportées en Indochine). Il est élevé, pour services exceptionnels,à la dignité de Grand-Officier de la légion d'honneur.

Retour en métropole, Algérie et Suez[modifier | modifier le code]

De retour en métropole en mars 1954, il obtient le commandement des troupes aéroportées et de la 25e DIAP. Il part en novembre 1954 avec la 25e DIAP pour maintenir l'ordre dans les Aurès (Algérie). Courant novembre 1954, le général Gilles giflera le sous-préfet de Batna et prononcera le mot "merde" à l'adresse du ministre de l'intérieur de l'époque François Mitterrand exprimant ainsi son mécontentement face à l'incompétence de la chaîne de commandement civile puisque la France n'est pas encore en guerre. De Janvier à Avril 1955, il part en convalescence à Baden-Baden à la suite d'un infarctus.

Lors de crise du canal de Suez fin 1956, il obtient le commandement de l'opération aéroportée[8] sur Port-Saïd. Le 27 avril 1957, il est cité à l'ordre de l'armée au titre de la campagne d'Egypte alors qu'il y exerçait le commandement des opérations aéroportées.

L'Algérie (1958-1960)[modifier | modifier le code]

Insigne de la Promotion de Saint Cyr: Général Gilles

En 1958 il devient commandant du corps d'armée de Constantine, ou il exerce les pouvoirs civils et militaires pour tout le constantinois. Il cumule alors ses fonctions avec celles d'adjoint opérationnel du commandant en chef en Algérie, de Commandant des Troupes Aéroportées et de Commandant de la 25ème division infanterie aéroportée.

Lors des événements du 13 Mai 1958, Gilles est déjà commandant du corps d'armée de Constantine où il recevra le général de Gaulle le 5 juin 1958.

Il dirige d'Avril à Juillet 1958, des opérations contre les rebelles de l'est Algérien, qui sont "couronnées de succès" notamment à Beni Sbihi, dans la région de Guelma, dans les Aures et dans la région de Soumman. Puis conduit d'autres opérations dans l'Oranie et le Sud Algérois. Il organise également la mise sur pied des 117 commandos de chasse et commandos de réserve générale afin de lutter contre le FLN. Il est élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée en septembre 1959.

Le 9 octobre 1959 il sort indemne ainsi que les généraux Gracieux, Saint-Hilliers et le pilote du crash d'un hélicoptère Alouette II.

Retour en France[modifier | modifier le code]

À son retour d'Algérie, 1er juillet 1960, Gilles prend le commandement de la 5e région militaire à Toulouse "région des paras" et de la 2e Zone de Défense. Il venait de refuser de prendre le commandement de Dakar. Le 2 février 1961 son fils Michel, sous-lieutenant d'Infanterie de Marine (chevalier de la légion d'honneur) est tué en Algérie[9]. Il est attristé par le putsch d'Alger et son issue de par son amitié avec le général Challe et dénonce les mesures discriminatoires prises à l'encontre des paras. Le 14 juillet 196, à titre exceptionnel, il est élevé par De Gaulle, pour services exceptionnels, à la dignité de Grand croix de la Légion d'honneur.

Il meurt le 10 août 1961, à la suite d'une crise cardiaque. La mention "mort pour la France" lui sera attribuée quelques jours plus tard.

Le général Gilles totalise plus de 537 heures de Vols opérationnels de jour ainsi que 25 heures de Vols opérationnels de nuit. Ses Vols normaux de jour sont de plus de 1985 heures et de 231 heures de nuit.

Il aimait danser la valse et la vie au grand air notamment la pêche.

État des services[modifier | modifier le code]

Cérémonie du cinquantenaire de la disparition du Général Gilles à Mont-Louis en 2011
  • 1924: nommé sous-lieutenant, promotion Metz-Strasbourg de Saint-Cyr, affecté au [[24e Régiment de Tirailleurs Sénégalais]]
    • 1925: participation à la [[Guerre du Rif]]
  • 1er octobre 1926: promu lieutenant à 22ans il intègre les unités méharistes
    • 1926-1938: il part au Sahara, en Mauritanie, au Niger, en Libye, au Maroc, au Sénégal, en Guinée pour effectuer des missions d'administrateur, de cartographe et d'ethnologue
  • 25 septembre 1933: promu capitaine
    • 1939: il devait intégrer l'Ecole de Guerre
    • 1939-1940: 7eRégiment d'Infanterie Coloniale
    • 1940-1942: Commandant du Cercle de Bilma au Niger
  • 25 décembre 1941: promu chef de bataillon (commandant)
    • 1942: Bataillon d'Adages puis démobilisation
    • 1942-1943: emprisonnement en Espagne
    • 1943: reprise du combat dans les Forces Françaises Libres en Algérie 
  • 25 juin 1944: promu lieutenant-colonel
    • 1944: Chef du 2ème Bataillon du 13e Régiment de Tirailleurs Sénégalais (débarquement sur l'Ile d'ELBE, débarquement en Provence à Sainte Maxime)
    • 1944-1945: 9ème division d'Infanterie Coloniale du 1er Corps d'armée de la 1ère Armée (Campagne de France, puis d'Allemagne)
  • 24 juin 1946: promu colonel à "titre exceptionnel"
    • 1945-1946: 23e régiment d'infanterie coloniale
    • 1946: Sous-chef Opérations du commandant en chef des forces en Extrême-Orient: le général de corps d'armée [[Philippe Leclerc de Hauteclocque]]
    • 1946: Commandant des Groupements Tactiques (Opération Sud Annam)
    • 1947-1948: Commandant du Régiment colonial de chasseurs de Chars
    • 1948-1949: Instructeur à l'Ecole de Guerre et « aspirant » para
    • 1949-1951: Commandant la 1ére demi-brigade Coloniale de Commandos Parachutistes et Inspecteur des Troupes Aéroportées
    • 1952-1954: Adjoint au général commandant les forces terrestres, commandant des Unités d'Infanterie
    • 1952: Commandant du groupement opérationnel de la Route coloniale n°6
    • 1952: Commandant du camp retranché de Na San
  • 1er Janvier 1953: nommé général de brigade
    • 1953: Commandant de l'Opération Castor
    • 1954-1958: Commandant de la 25ème division infanterie aéroportée
    • 1954-1960: Commandant des Troupes Aéroportées
    • 1956: Commandant des opérations aéroportées à Suez
  • 1958: promu général de division
    • 1958-1960: Commandement du corps d'armée de Constantine
    • 1954-1960: Commandant des Troupes Aéroportées
    • 1958-1960: Adjoint opérationnel du Commandant en chef en Algérie, commandant supérieur interarmées
  • Septembre 1959: élevé aux rang et appellation de général de corps d'armée
    • 1960-1961: Commandant de la 5ème Région Militaire (Toulouse) et de la 2e Zone de Défense
  • 10 Août 1961: « Mort pour la FRANCE »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Béret et décorations du Général Gilles lors d'une cérémonie en 2016
Legion Honneur GC ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg
Medaille des Evades ribbon.svg Medaille de l'Aeronautique ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg
Ordre du Dragon d'Annam (par le Gouvernement Francais) Chevalier ribbon.svg Ordre de l'Etoile Noire Commandeur ribbon.svg Medaille commemorative de la Campagne d'Italie ribbon.svg Medaille de l'Internement pour faits de Resistance ribbon.svg
Medaille commemorative de la Guerre 1939-1945 ribbon.svg Medaille commemorative de la Campagne d'Indochine ribbon.svg Medaille commemorative des Operations de securite et de Maintien de l'ordre ribbon.svg Medaille commemorative des Operations du Moyen-Orient ribbon.svg
Vietnam gallantry cross-w-palm-3d.svg
VPD National Order of Vietnam - Grand Officer BAR.png
Ordre de l'Ouissam Alaouite GO ribbon (Maroc).svg
Ordre du Nichan Iftikhar GO ribbon (Tunisia).svg KHM Ordre Royal du Cambodge - Commandeur BAR.png Merite militaire tai ribbon.svg

Décorations françaises (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Il donne son nom en 1970 à une promotion (N°156 1969-1971) de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr[10] et sera aussi avec son fils, le lieutenant Michel Gilles, choisi en 1962 pour être parrain de la Corniche brutionne du prytanée national militaire de La Flèche.

Un monument est érigé à sa mémoire sur l'Avenue du Général Jean Gilles dans sa ville familiale de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales). Une autre avenue porte également son nom à Perpignan.

En 2016, l'Union nationale des parachutistes du Roussillon (province) choisit de porter son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 1re demi brigade coloniale de commandos parachutistes.
  2. Groupement opérationnel de la moyenne rivière Noire.
  3. 25e division parachutiste.
  4. Promotion n° 109 « Metz-Strasbourg » - 1922-1924. La même promotion que Leclerc.
  5. In Bigeard d'Erwan Bergot, page 259.
  6. In Dictionnaire de la guerre d'Indochine de J. Dalloz, page 105.
  7. In Histoire des parachutistes français, page 273.
  8. In Suez de Paul Gaujac, page 49.
  9. Biographie sur le site amis2montlouis.free.fr.
  10. « PROMOGG »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Jacques Dalloz, Dictionnaire de la guerre d'Indochine, Édition Armand Colin, 2006, (ISBN 2-200-26925-0).
  • Paul Gaujac, Suez 1956, Édition Lavauzelle, 1986, (ISBN 2-7025-0156-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]