innocent (boisson)

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innocent
Description de l'image New_dude_and_logo.jpg.
Création 1998
Fondateurs Richard Reed, Adam Balon, Jon Wright
Personnages clés Nicolas Marotte
Slogan Les fruits tout nus
Siège social Drapeau de Grande-Bretagne Londres (Royaume-Uni)
Activité Agroalimentaire
Produits Smoothies, jus de fruits
Société mère The Coca-Cola Company
Effectif 275 employés en Europe
Site web innocent France
Chiffre d’affaires 242 millions €[Quand ?]
+ 13 millions €
Résultat net 220 millions €
+ 13 millions €

innocent est une marque de boissons connue pour ses smoothies. Après un premier test en 1998, l'entreprise est créée l'année suivante en Grande-Bretagne par trois jeunes diplômés. Elle est la première entreprise au monde à utiliser des emballages entièrement recyclables. Coca-Cola entre modestement au capital de l'entreprise vers 2010 mais devient rapidement majoritaire quelques années après. En France, pour l'année 2015, innocent reste leader du marché des smoothies et troisième sur celui des jus de fruits frais.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

innocent est fondé par Richard Reed, Adam Balon et Jon Wright, trois anciens élèves de St John's College à Cambridge[1].

Tout commence en 1998 selon la légende : après avoir élaboré quelques recettes de smoothies, les trois amis achètent 500 livres de fruits et se rendent à un festival de musique jazz dans le but d'organiser une dégustation. Ils installent un panneau au-dessus de leur stand où l'on peut lire : « Pensez-vous qu'on devrait démissionner de nos postes pour nous consacrer à ces smoothies ? »[2],[3]

Après chaque dégustation, les personnes étaient invitées à jeter leur gobelet dans la poubelle « oui » ou dans la poubelle « non ». À la fin du weekend, la poubelle « oui » était pleine. Le lendemain, Richard, Adam et Jon ont donc démissionné et ont créé la marque « innocent »[4]. Pourtant les début sont difficiles, les financements étant impossibles à obtenir pour le trio d'entrepreneurs[2].

En avril 1999, après de longues phases de recherches et grâce à l'investissement d'un montant de 230 000 livres de l'homme d'affaires américain Maurice Pinto[2], le premier smoothie « innocent » est mis en vente dans la sandwicherie Out to Lunch des trois amis. Les débuts de commercialisation se font d'abord à Londres[5].

Développements[modifier | modifier le code]

Après les smoothies et toujours avec la même empreinte marketing qui caractérise la marque, innocent se diversifie dès l'année suivante vers différents produits[1], dont principalement le marché des jus de fruits frais[2]. Cette orientation vers les jus de fruits frais fait réagir le leader Tropicana — appartenant à PepsiCo — qui lui s'étend vers le marché des smoothies[5]. innocent, avec son marketing innovant, ses slogans décalés comme « jus t'aime » ou « Secouez avant d'ouvrir, pas après »[2] ainsi que son triple positionnement « santé »[1], « écologique » et « éthique »[2], devient le leader européen sur le marché des smoothies[6],[5]. Pourtant, les prétentions environnementales de la marque ont été contestées par une enquête du quotidien britannique The Daily Telegraph en 2008 qui dénonce un positionnement plus marketing que sincère[7]. innocent représente environ les trois-quarts du marché des jus de fruits au Royaume-Uni ; la marque est devenue leader seulement quatre ans après son lancement[3]. Son chiffre d'affaires s'élève à 116 millions d'euros en 2008[8].

Coca-Cola[modifier | modifier le code]

L'entreprise rencontre des difficultés financières en 2008, elle frôle le dépôt de bilan[5]. Le groupe Coca-Cola entre au capital pour 18 % des parts[5]. En avril 2010, innocent signe un nouveau contrat avec le groupe Coca-Cola dont le but est d'augmenter la part d'investissement du groupe[1]. Dans un communiqué de presse publié sur le site officiel d'innocent[9], l'entreprise déclare avoir augmenté les parts de Coca-Cola sans pour autant lui avoir cédé le contrôle. En 2010 The Coca-Cola Company détient 58 % des parts d'innocent[8]. En février 2013, Coca-Cola augmente son investissement pour acquérir 90 % des parts d'innocent ; bien que l'entreprise conserve une réelle autonomie d'action face à sa maison-mère, les fondateurs cèdent alors leur place[5]. Pour la marque américaine connue par ses sodas, cette prise de participation permet d'améliorer son image en s'orientant vers des produits correspondant à la tendance et de se diversifier sur un marché en pleine progression[5]. Mais, condamné à grandir, l'esprit « start-up » qui règne jusqu'alors chez innocent disparait peu à peu[5].

En France[modifier | modifier le code]

En France où la marque s'est implantée en 2005[5], elle représente prés des deux-tiers des parts de marché des smoothies à fin juin 2013 devant Tropicana et les marques distributeurs. innocent réalise un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros avec une progression constante depuis 2009 grignotant années après années des parts de marché à ses concurrents[6]. Pour les jus de fruits frais lancés dans ce pays en 2013, elle occupe deux ans plus tard environ 15 % de part de marché, encore loin derrière les leaders de ce domaine à 2015, Tropicana[2] le numéro 1 ou Andros le second[5].

Produits[modifier | modifier le code]

À la suite du succès de leurs smoothies, innocent propose désormais des « smoothies de saison » et des « smoothies invités » qui sont vendus en édition limitée à certaines périodes de l'année. Cependant, face à une concurrence croissante, l'entreprise élargie son offre et commercialise différents produits depuis plusieurs années. Tous les produits innocent sont à base de fruits et de légumes frais. Chaque produit est ainsi décliné en plusieurs recettes.

Activités caritatives[modifier | modifier le code]

Fondation innocent[modifier | modifier le code]

La Fondation innocent est un fonds de solidarité, alimenté par un dixième des bénéfices annuels[5], qui travaille en partenariat avec des ONG de divers pays[10]. Le but affiché de la fondation est d'aider les communautés à exploiter les ressources naturelles qui sont à leur disposition afin de garantir un avenir durable. La Fondation est essentiellement présente dans des pays en voie de développement: Costa Rica, Bangladesh, Indeetc.[10].

« The Big Knit »[modifier | modifier le code]

Opération « The Big Knit »

innocent organise également des évènements à but caritatif au niveau national. En effet, chaque hiver la marque met en place une opération appelée « The Big Knit » au Royaume-Uni[11] (« Grand Tricot » ou opération traduite en France par « Mets ton bonnet »[5] ou « Tricothon ») : chaque petite bouteille est ornée d'un bonnet en laine tricoté par des bénévoles. Une partie de la vente est reversée à certaines associations caritatives luttant contre la pauvreté[12] comme par exemple les Petits Frères des pauvres[5]. Par la suite, le principe des bonnets est décliné afin de créer une image marketing ou merchandising[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Ivan Letessier, « Coca-Cola avale une bonne gorgée des «smoothies» Innocent », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 28 janvier 2016)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Scemama 2016, p. 81
  3. a et b (en) Stephen Adams, « Innocent path to world domination », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ (consulté le 28 janvier 2016)
  4. (en) Tara Evans, « Not so Innocent now... Bumper payday for trio of Cambridge graduates who founded ethical smoothie maker after Coca-Cola snaps up firm for a fruity £100m », sur dailymail.co.uk/,‎
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Scemama 2016, p. 82
  6. a et b « Nicolas Marotte, nouveau directeur général des smoothies Innocent », sur http://www.lsa-conso.fr,‎ (consulté le 28 janvier 2016)
  7. (en) « Innocent Smoothies accused over environmental marketing », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ (consulté le 28 janvier 2016)
  8. a et b Coca-Cola majoritaire chez Innocent, Pointsdevente.fr, avril 2010.
  9. innocent UK
  10. a et b Fondation innocent
  11. (en) Site de l'opération « The Big Knit »
  12. Sophie Bourgeois, Les boissons Innocent portent le bonnet pour la bonne cause, Plurielles.fr, 24 novembre 2008

Source[modifier | modifier le code]

  • Corinne Scemama, « Mais comment rester innocent ? », L'Express, no 3368,‎ , p. 80 à 82 (ISSN 0014-5270) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Lien externe[modifier | modifier le code]