Affaire Léo Taxil

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Affiche promouvant Les mystères de la Franc-maçonnerie, l'un des ouvrages antimaçonniques de Léo Taxil (1896).

L'affaire Léo Taxil (parfois nommée mystification de Léo Taxil ou canular de Taxil) est une imposture antimaçonnique française célèbre, qui débuta en 1885 et se poursuivit jusqu'en 1897. Son auteur, Marie Joseph Gabriel Antoine Jogand-Pagès alias Léo Taxil, entouré de quelques collaborateurs restés dans l'ombre (Paul Rosen, Louis LeChartier etc.) conçut une mystification qui visait à discréditer la franc-maçonnerie et à duper l'Église catholique.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Contexte[modifier | modifier le code]

L'antimaçonnisme est une tendance marquée dans les milieux catholiques depuis le xviiie siècle. La Franc-Maçonnerie était attaquée par le Saint-Siège tout comme par des auteurs catholiques écrivant en leur propre nom, sur la base de griefs variés : suspicion d’hérésie, dénonciation de complots ou même l’adoration du Diable.

En 1738, Clément XII publia la bulle In eminenti apostolatus specula, qui considérait les francs-maçons comme suspects en raison des serments faits sur le secret de leurs activités maçonniques. La bulle interdisait aux catholiques de s’associer à la franc-maçonnerie ou même de lui apporter la moindre assistance, sous peine d’excommunication. Un édit des États pontificaux de l’année suivante prévoyait la condamnation à mort pour les mêmes motifs. La bulle Providas romanorum, émise par Benoît XIV en 1751 renouvelait la condamnation de la franc-maçonnerie au motif que celle-ci faisait s’associer des hommes de différentes religions[1].

Après la Révolution française, l'abbé Augustin Barruel développa l’idée du complot maçonnique dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme. Sous une optique essentiellement politique, il estimait que la Révolution était un complot fomenté par les francs-maçons, qu’il pensait être des ennemis acharnés de l'Église et de la monarchie.

Tout au long du xixe siècle, l’Église tira de nouvelles salves contre la franc-maçonnerie à cause de ses liens avec le carbonarisme, un mouvement initiatique et secret, qui militait pour l’unification de l'Italie, et était donc en conflit ouvert avec les États pontificaux. Léon XII, Pie V, Grégoire XVI et Pie IX ont condamné chacun à leur tour les sociétés secrètes, carbonarisme et franc-maçonnerie, comme foyers de subversion[2].

À la fin du xixe siècle, l’antimaçonnisme catholique assimile couramment franc-maçonnerie à Satan. Cette accusation de satanisme peut se comprendre de deux manières : étant déclarés ennemis de la religion par les catholiques, les francs-maçons serviraient les intérêts du Diable, ou bien les francs-maçons adoreraient réellement l’esprit du mal.

La première vision est appuyée par l’épître Scite profecto du 14 juillet 1873, puis dans l’encyclique Humanum genus de Léon XIII (1884), laquelle divise le monde en deux camps : le premier « est le royaume de Dieu sur la terre », le second est appelé « royaume de Satan » et regroupe « les fauteurs du mal […] coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec l’aide d’une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des francs-maçons »[3].

Certains auteurs avant Taxil ont affirmé l’existence d'un culte satanique chez les francs-maçons. L’évêque Louis-Gaston de Ségur, dans Les francs-maçons, ce qu’ils sont, ce qu’ils font, ce qu’ils veulent (1867), mentionnait une « haute-maçonnerie » secrète, où l’on n’était admis qu’après avoir commis un meurtre pour la société secrète, et dont le rituel d’initiation comprenait la profanation d’hosties[4]. Emmanuel Chabauty, chanoine et essayiste antisémite, écrivait en 1880 que les francs-maçons se livraient aux pratiques magiques de la Kabbale et invoquaient les démons. L’archevêque Leo Meurin avançait que Charleston était le siège mondial du satanisme maçonnique, et que Satan apparaissait en personne devant le chef du Suprême Conseil du Rite Écossais[5].

Les ouvrages de Paul Rosen ont pu servir d'inspiration à Léo Taxil. Cet ancien rabbin et franc-maçon se convertit au catholicisme, il prétendait révéler les secrets de la franc-maçonnerie. Rosen mêlait d'authentiques documents maçonniques à des rituels issus de divers courants ésotériques et à ses propres inventions. Selon lui, la franc-maçonnerie avait une direction mondiale à Berlin et l’initiation n’avait d’autre but que de mener les maçons à reconnaître Satan comme le vrai dieu[6].

Conversion de Taxil[modifier | modifier le code]

La conversion de Léo Taxil caricaturée par Le Grelot, il viendrait manger au ratelier clérical car le ratelier anti-clérical est vide.

Gabriel Jogand-Pagès est issu de la petite bourgeoisie catholique de Marseille. Dès l’adolescence, il s’éloigna de la religion pour devenir un journaliste radical remarqué pour ses pamphlets et romans anticléricaux. Il envoya un de ses romans, Le fils du jésuite au pape Léon XII, ainsi dédicacé : « en formant les vœux les plus sincères pour la chute prochaine et définitive de la Papauté. Léo Taxil, baptisé malgré lui. » Cette provocation lui valut d’être excommunié par la Congrégation de l’Index en décembre 1879[7].

Léo Taxil fut initié à la franc-maçonnerie dans la loge parisienne Le Temple des amis de l’honneur français, le 21 février 1881. Il fut accusé de fraude littéraire dans sa loge, suite à ses activités de rédacteur en chef du journal Le Midi Républicain de Montpellier. Il avait reproduit des lettres de soutien de Victor Hugo et Louis Blanc, que les intéressés démentaient avoir écrites. Taxil affirma avoir produit les lettres devant ses accusateurs, mais ils auraient voté son exclusion pour avoir outragé Victor Hugo et Louis Blanc, qu’il avait traités de « vénérable débris d’un glorieux passé ». L’exclusion fut confirmée par le Grand Orient de France, 13 décembre 1881, alors que Taxil n’avait pas dépassé le grade d’apprenti[8].

La conversion de Léo Taxil serait due à Jeanne d'Arc, à laquelle il a consacré l’ouvrage Jeanne d'Arc, victime des prêtres, Étude historique avec Révélations et Documents, publiés en 51 livrets. Il avait choisi cette figure patriotique à la mode après la guerre franco-allemande de 1870 pour en faire une biographie sensationnaliste et anticléricale : il niait les visions de l’héroïne lorraine et accusait l’Église catholique de l’avoir éliminée par un procès d’inquisition et même de l'avoir violée. Le récit était accompagné d’une traduction des actes du procès, Taxil aurait pris conscience de sa mauvaise foi en comparant ses propres écrits à ceux-ci, mais il aurait coupé les passages contraire à ses vues anticléricales. Ce travail aurait inspiré des doutes à Taxil, qui se serait ensuite convaincu du rôle surnaturel de Jeanne d’Arc, avant de retourner à la foi catholique de son enfance[9]. En avril 1885, le folliculaire annonce à grand renfort de publicité sa « conversion » au catholicisme avant de fonder le journal La France chrétienne - Jeanne d'Arc[10].

Il semble que cette conversion a été motivée par des revers financiers. Léo Taxil publiait des livres anticléricaux via la Librairie Anti-cléricale, dont son épouse Marie Besson était gérante, mais cette entreprise fut déclarée en faillite le 30 juillet 1884[11]. Ses attaques virulentes contre la religion lui avaient valu de nombreux procès intentés par des catholiques, avec des condamnations à des dommages et intérêts, qui ont porté préjudice à la Librairie Anti-cléricale[12].

Écrits antimaçonniques[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Les mystères de la Franc-maçonnerie (1886), Léo Taxil prétend que les francs-maçons adorent Baphomet.

Léo Taxil publia ses premiers ouvrages antimaçonniques sous le titre général de Révélations complètes sur la franc-maçonnerie. Cette œuvre s’inscrit dans la continuité de l’encyclique Humanum genus, qui exhortait « arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre, et montrez-la telle qu’elle est ». Taxil promettait des révélations sensationnelles utilisant son expérience dans la franc-maçonnerie comme argument de vente, même s’il n’avait été qu’apprenti.

Les deux volumes des Frères Trois-Points (1886) prétendaient dévoiler les rituels d’initiation du rite français et du rite écossais ancien et accepté, les constitutions et règlements de ces deux obédiences ainsi que leurs signes de reconnaissance. Le culte du grand architecte se voulait une description de diverses cérémonies maçonniques (inauguration d’une loge, banquets, etc). Taxil mélangeait des éléments réellement tirés de rituels maçonniques avec des déformations de son invention pour faire de la franc-maçonnerie « l’œuvre personnelle de Satan, sa religion, son culte » : Dieu y était condamné et le Grand Architecte de l’Univers identifié à Satan. En particulier, sur plusieurs images désormais célèbres, il réutilisait des symboles du 18e degré du Rite écossais ancien et accepté en y remplaçant l'agneau pascal[13] par un bouc inspiré du « Baphomet » imaginé en 1854 par l'occultiste français Éliphas Lévi[14]. Si la dimension diabolique était présente, Taxil ne décrivait pas de messe noire, de magie noire, ni de phénomène surnaturel[15]. Il dénonçait largement l’action politique des maçons : ils combattraient le catholicisme comme une superstition, ils manipuleraient le calendrier électoral pour être élus, la plupart espionneraient pour la hiérarchie maçonnique ou la police, ils comploteraient en secret pour diffamer leurs ennemis, voire les assassiner[16].

Dans Les sœurs maçonnes, Léo Taxil défendait une thèse controversée : la franc-maçonnerie initierait massivement des femmes dans des loges d’adoption, à la fois pour transmettre leur idéologie dite antichrétienne et satisfaire les appétits sexuels des maçons dans des orgies. À la fin du 19e siècle, la présence de femmes dans la franc-maçonnerie était anecdotique, comme la maçonnerie d’adoption avait disparu, et que l’initiation de femmes dans les loges masculines était encore très rare[17].

Voulant prolonger ses succès de librairie, il publia un résumé de ses « révélations » dans La franc-maçonnerie dévoilée et expliquée. Suivit un grand livre de 700 pages, dont une centaine de gravures, Les mystères de la franc-maçonnerie. Les assassinats maçonniques (1890) est un recueil de récits historiques où Léo Taxil dénonçait des complots maçonniques, il reprenait notamment la thèse complotiste d’un assassinat de Léon Gambetta. Taxil pratiqua également la dénonciation publique des franc-maçons : sous le titre La France Maçonnique, il publia plusieurs tomes contenant les noms, adresses et professions de milliers de maçons[18].

La vente de livres antimaçonniques était lucrative pour Taxil, en 1889, il put acheter un château à Sévignacq, où il envoya sa femme et ses enfants[19].

Le tournant luciférien : le Palladisme et Diana Vaughan[modifier | modifier le code]

En 1891, Joris-Karl Huysmans fit paraître Là-bas, roman qui explorait le satanisme moderne ; Huysmans y décrivait notamment une messe noire, où un prêtre déviant insultait le Christ, glorifiait le Diable et profanait des hosties. Ce roman attisa l’appétit du public pour le satanisme et inspira à Taxil un renouvellement de sa littérature anti-maçonnique[20]. La franc-maçonnerie ne serait plus son sujet principal, mais une secte luciférienne de la « haute maçonnerie », nommée le Palladisme. En plus de dénoncer de réels maçons, il inventerait des maçons lucifériens en rapport direct avec les démons, tels que Diana Vaughan. Au lieu de décrire des rites maçonniques authentiques ou inventés, il mettrait en scène le surnaturel diabolique, dans des histoires fantastiques dépassant les contes des Mille et Une Nuits[21].

Le Palladium[modifier | modifier le code]

Albert Pike était dénoncé comme un pape luciférien dirigeant le Palladium.

Un « Ordre du Palladium » et un « rite palladique » sont mentionnés dans les Les sœurs maçonnes parmi les « révélations » de Taxil sur la maçonnerie d'adoption, on y initerait des hommes et des femmes issus de la franc-maçonnerie ; cependant, aucun lien n’était fait avec le satanisme[22]. L’existence d’une organisation para-maçonnique nommée Palladium est attestée historiquement, elle fut fondée 1737, mais elle ne se développa guère et n’existait certainement plus à la fin du xixe siècle[23].

Dans Y a-t-il des femmes dans la franc-maçonnerie ?, Léo Taxil affirmait l’existence du « Palladium Nouveau Réformé », ordre maçonnique mixte et ouvertement satanique, fondé en 1870 par Albert Pike, Grand Commandeur du Suprême Conseil de la Juridiction Sud du Rite écossais ancien et accepté, présenté comme le chef suprême de tous les francs-maçons du globe. Cet ordre serait à la tête de la franc-maçonnerie et aurait son siège mondial à Charleston (Caroline du Sud). Il aurait essaimé en France dès 1881, avec trois loges à Paris[24], sous la direction de la « Sœur Sophia-Sapho » (plus tard nommée Sophia Walder), une lesbienne hystérique. Le rituel palladique inclurait la profanation d’hosties consacrées, sur lesquelles on cracherait avant de les poignarder, ainsi que l’épreuve du « Pastos », qui n’est autre que la copulation en public. Les adeptes du Palladium considèreraient Adonaï, le dieu des chrétiens, comme mauvais, et glorifieraient Lucifer sous le titre de « Dieu-Bon ». Jésus aurait trahi son maître Lucifer pour pactiser avec Adonaï, par conséquent les palladistes lui voueraient une haine farouche, et profaneraient l’eucharistie[25].

Le Diable au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1892, Léo Taxil s’associa avec Charles Hacks pour publier sous le pseudonyme collectif de Dr Bataille la revue Le Diable au XIXe siècle ou, Les mystères du spiritisme : la Franc-maçonnerie luciférienne, révélations complètes sur le palladisme, la théurgie, la goétie et tout le satanisme moderne, magnétisme occulte, pseudo-spirites et vocates procédants, les médiums lucifériens, la cabale fin-de-siècle, magie de la Rose-Croix, les possessions à l’état latent, les précurseurs de l’anté-Christ. L'ouvrage rassemble 240 brochures publiées sous forme de périodiques entre 1892 et 1894. Les récits du Diable, souvent comparés à des penny dreadful, sont centrés sur le personnage du Dr Bataille, un médecin catholique, qui aurait infiltré les milieux occultistes pour pouvoir révéler leurs terrifiants secrets. Hacks fournissait avant tout les descriptions de pays exotiques, où Taxil décrivait des pratiques occultes toutes supposément liées à la franc-maçonnerie[26]. En 1893, Charles Hacks apparut à une conférence publique à Paris, où il déclarait être le Dr Bataille, auteur du Diable au XIXe siècle et témoin oculaire de ses scènes fabuleuses[27]. Après que Hacks se mette en retrait, Taxil continua seul ses révélations, en publiant la Revue Mensuelle, religieuse, politique, scientifique, complément du Diable au XIXe siècle, entre 1893 et 1897.

Le Diable décrivait un voyage du Dr Bataille à Charleston, où il aurait rencontré Albert Pike, le « pape luciférien », la prêtresse Sophia Walder et son père Phileas Walder. Les palladistes étaient également désignés sous le nom de « re-théurgistes optimates », une expression empruntée au roman Là-bas de Huysmans[28]. Dans la suite du feuilleton, Adriano Lemmi, politicien italien, serait devenu le chef du Palladisme.

Diana Vaughan[modifier | modifier le code]

La prétendue « Diana Vaughan » en tenue d'« Inspectrice Générale du Palladium ».

La prétendue conversion de Diana Vaughan, jeune et belle Américaine, supposée Grande Maîtresse du Rite Palladique Rectifié représente un élément important de la mystification de Léo Taxil. Diana Vaughan était un personnage récurrent du Diable au XIXe siècle, elle aurait provoqué un schisme au sein du Palladisme après la mort de Pike, par opposition à son successeur Adriano Lemmi. À partir de 1893, Diana Vaughan se manifesta dans le monde réel en correspondant avec des personnalités catholiques de premier plan, dont Amand-Joseph Fava, et en faisant des dons à des œuvres pieuses. Selon des rapports de police[29], Taxil utilisait les services d’une poste restante située au 29, passage de l’Opéra à Paris afin de rendre crédible l’existence de Diana Vaughan : il pouvait faire croire que celle-ci écrivait de tous les coins du monde et recevait lui-même des dons destinées à son héroïne. Léo Taxil se fit le garant de son personnage, il affirmait la connaître personnellement et chercha à produire des témoins qui l’auraient rencontrée. Pierre Lautier, président de l’ordre des avocats de Saint-Pierre, affirmait l’avoir rencontrée à Paris en compagnie de Taxil et Hacks, il décrivait une « jeune femme de vingt-neuf ans, jolie, très distinguée, l’air franc et honnête » [30]. Le 13 mars 1897, une jeune femme déclarant être Diana Vaughan se présenta aux prêtres de Patay et Loigny-la-Bataille, elle souhaitait entrer en contact l’Ordre des Épouses du Sacré-Cœur de Jésus Pénitent, une communauté monastique de Loigny en rébellion contre l’Église, qui prétendait que le pape Léon XIII avait été enlevé et remplacé par un imposteur. Les deux prêtres dissuadèrent la jeune femme de rencontrer les nonnes, et ils témoignèrent que cette Diana Vaughan était la jeune femme dont la photographie avait été publiée par Taxil[31].

Taxil fit de son personnage un auteur à succès, avec la publication, dès le 21 mars 1895, d’une nouvelle revue, Le Palladium régénéré et libre, signée de Diana Vaughan[32]. La revue était présentée comme une œuvre de propagande du Comité Fédéral Palladium Régénéré et Libre, une branche dissidente de la secte, elle exposait les doctrines palladistes de manière à choquer les catholiques : Lucifer serait le Dieu-Bon, tandis qu'Adonaï, dieu des chrétiens serait le principe du mal.

Le Palladium régénéré et libre cessa de paraître après trois numéros pour être remplacé le 1er juillet par Mémoires d’une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante, une revue mensuelle par laquelle Diana Vaughan annonçait abandonner le Palladisme, puis après sa conversion au catholicisme, elle vouait sa vie à la lutte contre son ancienne religion[33]. Sa conversion est similaire à celle de Taxil car elle aurait été convaincue par une manifestation miraculeuse de Jeanne d'Arc, de plus elle aurait rompu avec le Palladisme pour avoir voulu le débarrasser des rituels contraires à sa conception du luciférisme, tout comme Taxil aurait été expulsé de la Franc-Maçonnerie pour ne pas avoir pris les rituels maçonniques au sérieux. Diana Vaughan se disait condamnée à mort par les palladistes, et forcée de vivre dans la clandestinité, réfugiée tantôt dans un couvent, tantôt dans un foyer catholique. Seul Léo Taxil aurait été au courant de ses déplacements, il prétendait servir d’intermédiaire entre Diana Vaughan et son éditeur.

Collaboration avec Domenico Margiotta[modifier | modifier le code]

Adriano Lemmi, banquier et franc-maçon italien, était la principale cible des écrits de Margiotta.

Domenico Margiotta fut également un contributeur de la mystification. Ce journaliste et historien spécialiste de la ville de Palmi a été initié à la franc-maçonnerie, et il revendiquait de nombreux titres maçonniques. Il entra en contact avec Amand-Joseph Fava en 1894, il lui expliqua s’être converti au catholicisme après de longues années dans le Palladisme ; allié de Diana Vaughan, il aurait rejoint sa révolte contre Lemmi. Sa collaboration avec Taxil est peu claire mais réelle, car la préface du premier ouvrage de Margiotta, Souvenir d’un Trente-troisième, Adriano Lemmi, chef suprême des francs-maçons est signée par le Dr Bataille ; de plus, il écrivit des articles pour la Revue Mensuelle de Taxil.

Margiotta reprenait l’univers du Diable au xixe siècle en le mêlant avec la politique italienne[34]. En plus de s’acharner sur Adriano Lemmi, il accusait de satanisme bien d’autres maçons et politiciens italiens dont Francesco Crispi et Giosuè Carducci. Ces livres faisaient spécialement recette à cause des relations conflictuelles entre le gouvernement italien et le Vatican après la prise de Rome de 1870.

Les écrits de Margiotta poussèrent Taxil à investir le même domaine, sous le pseudonyme de Diana Vaughan, dans les Mémoires d’une ex-palladiste et dans Le 33e∴ Crispi, un ouvrage consacré à Francesco Crispi, qui était alors Président du conseil.

L'historien italien Aldo Mola a émis l’hypothèse que Margiotta était manipulé par les services secrets pour nuire au gouvernement Crispi, dans le but d’affaiblir la triple alliance entre l’Italie et les principaux ennemis de la France, l’Empire allemand et l’Autriche-Hongrie[35]. La participation de Margiotta à l’affaire a probablement été motivée par les ventes importantes de ses livres sur le palladisme, alors que ses ouvrages sur l’histoire de Palmi avaient une diffusion limitée.

Autres collaborations et influences[modifier | modifier le code]

Jules Doinel, fondateur de l’Église gnostique de France se convertit au catholicisme en avril 1895 et adopta le pseudonyme Jean Kostka. Il collabora avec Léo Taxil pour créer, en novembre 1895, la Ligue du Labarum anti-maçonnique, une contre-maçonnerie catholique pratiquant une initiation à trois grades. La ligue se fixait comme objectif de « chasser du pouvoir les sectaires qui y sont aujourd’hui », en mobilisant des comités électoraux pour faire battre les candidats franc-maçons[36]. Jean Kostka publia la même année Lucifer démasqué, un livre antimaçonnique et antioccultiste, que Léo Taxil recommandait chaudement, sous la signature de Diana Vaughan[37].

Réactions[modifier | modifier le code]

L'affaire prend une telle ampleur dans les milieux catholiques que Mgr Northrop, évêque de Charleston (Caroline du Sud), part spécialement à Rome afin d'assurer Léon XIII que les francs-maçons de sa ville épiscopale sont des gens normaux, dignes et que leur temple ne s'orne d'aucune statue de Satan[38]. De même, Mgr Gonzalo Canilla, vicaire apostolique de Gibraltar, écrivit au Pape pour dénoncer de prétendues révélations du Diable au XIXe siècle qui situaient un complexe souterrain luciférien dans le rocher de Gibraltar ; des nains, des géants et autres monstres y fabriqueraient des idoles, poisons et armes bactériologiques[39].

La nonne Thérèse de Lisieux a compté parmi les mystifiés, elle était persuadée de l'existence de Diana Vaughan, et a même correspondu avec elle. Sa pièce de théâtre Le Triomphe de l’humilité est dédiée à l'ex-palladiste et met en scène les démons des écrits de Taxil.

Bien que Léo Taxil persuade nombre de catholiques de son incroyable histoire — il entretient une correspondance avec le pape Léon XIII où il l'informe des sombres menées du Palladisme –, ses affirmations sont de plus en plus dénoncées comme une imposture, y compris par Léon XIII.

Au congrès antimaçonnique de Trente de 1893, un des points évoqués est la réalité de l'existence de Diana Vaughan[40].

Deux jésuites, le père Grüber et le père E. Portalié, dénoncent l'imposture, sans être entendus[41].

Remises en cause et révelation de la mystification[modifier | modifier le code]

Tout au long des douze ans de l’affaire, des doutes de pesaient sur la conversion de Taxil. Sa femme était accusée de vendre les anciens ouvrages anticléricaux de la Librairie Anti-cléricale, alors que son mari les aurait abjurés et fait détruire[42]. De plus, plusieurs livres anticléricaux inédits de Léo Taxil paraissaient, dont, en 1889, un ouvrage pornographique, Les Splendeurs de la Charité chrétienne des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, qui accusait les nonnes de pratiquer la sodomie avec leurs confesseurs[19].

Aveux des collaborateurs[modifier | modifier le code]

Léo Taxil dut faire face à la défection de ses associés. Domenico Margiotta affirma dès avril 1896 que Diana Vaughan ne s’était nullement convertie et continuait de pratiquer le palladisme, l’auteur des Mémoires d’une ex-palladiste serait un imposteur. Le 2 novembre 1896, il télégraphia à La Libre Parole que l’épouse de Taxil endossait le rôle de Diana Vaughan. Il témoigna ensuite dans La France Libre de Lyon, cette fois il nia avoir jamais rencontré l’ex-palladiste et avoua avoir signé un « contrat barbare » avec Taxil, par lequel il collaborait à la mystification en échange d’une partie des bénéfices[43].

Le journal allemand Kölnische Volkszeitung révéla, le 13 octobre 1896, que Charles Hacks était un libre-penseur combattant les catholiques : l’homme qui donna une conférence en 1893, se présentant comme le Dr Bataille, avait publié en 1892 un ouvrage résolument athée intitulé Le Geste[44]. Cela força Hacks à avouer son rôle dans l’affaire par une série de lettres envoyées à Kölnische Volkszeitung, à l’Univers et à La Libre Parole. Il admit que contrairement à son personnage, le catholique Dr Bataille, il était un libre-penseur et « bouffon littéraire », qui souhaitait à la fois se moquer de la crédulité catholique et compléter ses revenus de médecin. Il admit avoir collaboré sur le premier volume du Diable au xixe siècle, mais nia toute implication concernant Diana Vaughan[45].

Léo Taxil réagit à ces défections sous la plume de Diana Vaguhan, en dénonçant une « grande manœuvre contre la manifestation de la vérité ». Il publia sous deux autres pseudonymes, Adolphe Ricoux et E. Viator, prétendant que Margiotta et Hacks s’étaient vendus à la franc-maçonnerie[46].

Le congrès antimaçonnique de Trente[modifier | modifier le code]

Photographie du congrès antimaçonnique de Trente.

À la même période, le congrès antimaçonnique de Trente a donné lieu à de sérieuses remises en question de la littérature palladique. Un délégué allemand, Mgr Gratzfeld, exprima ses doutes sur l’existence de Diana Vaughan et dénonça une imposture. Une séance spéciale fut consacré le 29 septembre 1896 à l'existence de Diana Vaughan, où Mgr Baumgarten exigea qu’on rende public son acte de naissance. Léo Taxil répliqua qu’elle n’en avait pas, car les registres d'état-civil étaient mal tenus au Kentucky où elle était née. On demanda alors à Taxil de révéler le certificat du prêtre qui l’avait baptisée, les noms de son parrain et sa marraine et de l’évêque qui avait autorisé sa première communion. L'ex-libre-penseur déclara avoir toutes les preuves en main, mais il refusa de les exhiber pour ne pas compromettre la sécurité de Diana Vaughan, qu’il disait « condamnée à mort par les Loges ». On annonça qu’une commission serait formée à Rome pour examiner le cas de Diana Vaughan[47],[48].

Le 22 janvier 1897, la commission romaine rendit des conclusions prudentes, affirmant qu’elle n’avait pas trouvé de preuves confirmant ou infirmant son existence. Elle gardait la même réserve sur son baptême et ses ouvrages[49].

Le père jésuite Eugène Portalié déclara, dans la revue Études religieuses, historiques et littéraires du 14 novembre 1896, que le congrès de Trente marquait la « fin d’une mystification », il jugeait que les écrits du Dr Bataille et de Diana Vaughan faisaient partie d’une même imposture, menée par des libres-penseurs, pour discréditer les efforts antimaçonniques de l’Église et tirer un profit financier de la crédulité des catholiques. Estimant que les récits surnaturels sur le palladisme jetaient le ridicule sur l’Église, il incitait les catholiques à la plus grande prudence, attendu que les récits miraculeux ne devaient être publiés que sur autorisation épiscopale[50].

La conférence du 19 avril 1897[modifier | modifier le code]

Caricature du Grelot évoquant le désarroi des catholiques après que l’imposture soit dévoilée.

Abel Clarin de La Rive mène une enquête qui finit par confondre Léo Taxil. Celui-ci préfère alors prendre les devants et monter un dernier « coup » en annonçant des révélations incroyables, notamment une présentation publique de Diana Vaughan. Le , lors d'une conférence organisée à la Société de géographie devant des journalistes français et étrangers médusés, des délégués de la nonciature et de l'archevêché, des francs-maçons et des libres-penseurs, Jogand-Pagès dévoile lui-même son imposture, qualifiant la supercherie d'« aimable plaisanterie ». Ses propos suscitent un tel scandale que la police doit intervenir pour calmer l'assistance et protéger l'auteur.

Le canular a parfois été considéré comme un complot échelonné sur plusieurs années par Léo Taxil dans le but avoué d'appliquer in fine aux dépens de l'Église catholique romaine la maxime qui avait fait le succès du journaliste libre-penseur : Tuons-les par le rire. Cette interprétation conjecture que le mystificateur était de bonne foi durant sa conférence de presse. Cependant, il semble que Taxil en voulait aux francs-maçons en raison de son exclusion passée et que sa supercherie lucrative relevait essentiellement de l'opportunisme[51].

Univers de fiction[modifier | modifier le code]

Pendant plus d’une décennie, Léo Taxil a d’abord développé un univers de fiction centré sur la Franc-Maçonnerie et inspiré de sa propre expérience maçonnique, de rituels qu’il a consultés et d’ouvrages anti-maçonniques antérieurs. À partir du Diable au xixe siècle, il s’orienta vers le satanisme et le surnaturel, tout en puisant dans le roman d’aventures.

Description de la franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

À l’instar de l'archevêque Leo Meurin et de l’évêque Amand-Joseph Fava, Taxil soutenait que la franc-maçonnerie était la religion de Satan. L’initiation aurait pour but d’éloigner les chrétiens de l’orthodoxie par des doctrines hérétiques, puis de les amener à adorer le diable :

  • Au grade d'apprenti (1er), le déisme serait qualifié de « religion universelle de l’avenir », et serait « destiné à remplacer les cultes si nombreux qui défigurent la Divinité sur tous les points du globe »[52]
  • Au grade de maître (3e), Taxil ré-interprète la légende d'Hiram : il fait de l’artisan un homme supérieur, qui descendrait de Caïn. Caïn est présenté positivement, il ne serait pas le fils d’Adam, mais celui de l’ange de lumière Éblis[53]. Éblis est plus tard identifié à Satan, alors que Dieu est blâmé pour sa jalousie et sa tyrannie. Le Roi Salomon aurait organisé l’assassinat d'Hiram, poussé par la malveillance de son dieu.
  • Le grade de « grand maître architecte » (12e) prônerait le gnosticisme, en affirmant que le G de l’étoile flamboyante maçonnique signifie Gnose[54].
  • Au grade de rose-croix (18e), on affirme que le vrai sens de l’acronyme INRI est « Igne Natura Renovatur Integra », c’est-à-dire : « La nature est régénérée entièrement par le Feu », signifiant que le feu est la source de la vie et de la liberté et que Jésus est un symbole du soleil. Dans une des mises en scène du rite, la « chambre infernale », on voit le diable et les ennemis de Dieu vivant heureux au milieu des flammes.
  • Au grade de grand écossais de Saint-André d’Écosse (29e), les maçons rendraient hommage au Baphomet, « proclamé symbole sacré de la nature »[55].
  • Au grade de grand élu chevalier Kadosch, parfait initié (30e), on prétend que la maçonnerie descend de l’Ordre du Temple et qu’elle demande justice au nom de Jacques de Molay, tout en réclamant vengeance contre l’Église catholique et Dieu lui-même, au cri de « Nekam, Adonaï ! ».

Le Palladisme[modifier | modifier le code]

Selon Taxil, le Palladisme est un culte luciférien fondé par Albert Pike, le 20 septembre 1870, le jour où le pape Pie IX perdit son pouvoir temporel. Accessible aux maçons de plus hauts grades, il serait formé par des loges secrètes, appelées Triangles.

Charleston est décrite comme le siège mondial de la religion diabolique, par opposition à Rome. Le principal sanctuaire du palladisme serait une salle triangulaire nommée Sanctum Regnum, on y trouverait le Palladium, une statue de Baphomet héritée des Templiers. Lucifer apparaîtrait dans le sanctuaire chaque vendredi, à trois heures de l'après-midi afin de donner ses ordres aux chefs palladistes[56]. Les récits de Taxil abondent en anecdotes surnaturelles sur les pratiquants du Palladisme : Albert Pike aurait un pouvoir de téléportation, tandis que la prêtresse Sophia Walder pourrait traverser les murs.

La théologie palladique est construite en miroir de celle du catholicisme : le dieu des chrétiens, nommé Adonaï, est qualifié de Dieu-Mauvais, il persécuterait injustement l’humanité ; ses anges, les maléakhs sont des créatures insexuées et hideuses. Lucifer, dit le Dieu-Bon est paré de toutes les vertus et présenté comme le seul ami du genre humain. Aux yeux des palladistes, Lucifer et ses daimons sont d’une grande beauté et couronnés de joyaux resplendissants. Lucifer est le maître du Royaume de feu, tandis qu’Adonaï et ses séides vivent dans le Royaume humide.

Le livre sacré du Palladisme est l’Apadno, écrit à l’encre verte par Lucifer en personne. Ce livre contiendrait des prophéties eschatologiques, annonçant notamment la naissance de l’Antéchrist en 1962. Il est prédit qu’en 1995, l’Antéchrist apparaîtrait et que le dernier pape, un juif converti, adopterait le satanisme et causerait la ruine de l’Église. En 1999, Lucifer obtiendrait la victoire totale contre Adonaï, lequel serait alors enfermé pour toujours sur la planète Saturne[57].

Dans le palladisme, le delta retourné (▽) est employé pour marquer les abréviations en remplacement des trois points (∴) de la Franc-Maçonnerie.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Diana Vaughan est le personnage principal de la mystification. Étant la fille d'un propriétaire terrien du Kentucky et d’une française protestante des Cévennes, elle partagerait sa vie entre les États-Unis et l’Europe. Elle aurait été élevée dans le satanisme dès son plus jeune âge, nommée grande prêtresse par Lucifer, et fiancée au démon Asmodée. Dans les Mémoires d’une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante, elle expliquait être entrée en conflit avec d’autres palladistes, au sujet un rituel de profanation d'hostie, qu'elle refusait d'accomplir. Ceci l'aurait amenée à provoquer un schisme dans le Palladisme, puis à rompre avec le satanisme. Elle devrait sa conversion au catholicisme à Jeanne d'Arc, tout comme Léo Taxil. À la fin de la mystification, Léo Taxil prétendit que Diana Vaughan était une complice ayant prêté son nom à un personnage fictif, mais aucune Diana Vaughan n’a été présentée au public.
  • Sophia Sapho Walder est une palladiste inventée par Taxil[58] et ennemie jurée de Diana Vaughan. Elle serait la fille d’un pasteur mormon de l’Utah nommé Phileas Walder et de la Danoise Ida Jacobsen. Taxil affirme que le Diable est son véritable père, que le démon Bitru l’a allaitée, avant de devenir son fiancé, et qu’elle deviendrait l’arrière-grand-mère de l’Antéchrist. Le 29 septembre 1896, à Jérusalem, elle devait donner naissance à l'âge de trente-trois ans à une fille. Celle-ci, à l’âge de trente-trois ans, mettrait au monde une fille, des œuvres du démon Decarabia. Un autre démon devait féconder cette dernière, qui accoucherait, toujours à trente-trois ans, de l’Antéchrist, en 1962.
  • Le général Albert Pike, réformateur du Rite écossais ancien et accepté et dirigeant de la Franc-Maçonnerie, serait le chef spirituel du Palladisme, dont la direction politique était assurée par Adriano Lemmi. Il aurait d’abord été un alchimiste et adorateur des dieux gréco-romains. Les Hébreux Coré, Dathan et Abiron lui seraient apparus, surgissant d’un rocher, pour le convertir au culte du "Dieu-Bon" Lucifer et lui donner un fragment de la pierre philosophale[59].
  • Thomas Vaughan, alchimiste anglais, aurait offert à Lucifer le sang de l’archevêque William Laud afin d’obtenir trente-trois ans de vie pour la propagation du satanisme. Il aurait eu pour épouse la démone Vénus-Astarté, qui lui aurait donné onze jours plus tard une fille prénommée Diana, elle-même l’ancêtre de Diana Vaughan. Il ne serait pas mort de mort naturelle, mais Lucifer l’aurait emporté dans son "Royaume de feu" en 1678, alors qu’il résidait à Amsterdam. Son esprit se manifesterait grâce à une flèche de fer conservée à La Valette : celle-ci écrirait en lettres vertes et sans encre, pour raconter sa disparition miraculeuse[60].
  • Adriano Lemmi, homme politique italien, aurait fondé le Palladisme avec Albert Pike. D’abord chef politique de la secte, il en serait devenu le chef suprême à la mort de Pike en 1891. Son rôle supposé est décrit dans Souvenirs d'un trente-troisième : Adriano Lemmi, chef suprême des francs-maçons de Domenico Margiotta.

Postérité antimaçonnique[modifier | modifier le code]

Affiche publicitaire d'Albert Guillaume pour Le Diable au XIXe siècle, ouvrage de Léo Taxil écrit en collaboration avec Charles Hacks et publié sous le pseudonyme collectif de « Dr Bataille » en 1895. Ce livre constitue un apport littéraire au canular.

En dépit de la conférence de presse du 19 avril 1897, l'œuvre antimaçonnique de Taxil a continué d'exercer son influence dans certains milieux (catholiques traditionalistes, nationalistes, antidreyfusards). Ceux-ci n'ont jamais véritablement admis qu'il y ait eu mystification, refusant par conséquent de se reconnaître dupes. Avocat et écrivain franc-maçon[61],[62], Alec Mellor explique cette persistance par « ce phénomène fréquent dans la psychologie religieuse qu'est une certaine angoisse du sacrilège ; d'autant plus propre à prendre corps en pseudo-révélations fantastiques qu'elle est imprécise[63] ».

Durant l'affaire Dreyfus, les antidreyfusards reprennent à leur compte certaines affabulations antimaçonniques de Léo Taxil. Ce dernier se démarque toutefois des mouvements antisémites en se présentant notamment aux élections contre le polémiste Édouard Drumont. Taxil finit par se retirer de la course électorale puis publie Monsieur Drumont en 1890, un pamphlet visant le président-fondateur de la Ligue antisémitique de France[64], [65]. Cependant, certains proches collaborateurs de Taxil, dont Charles Nicoullaud, ont joué un rôle de première importance dans la continuation de la mystification taxillienne dans les milieux anti judéo-maçonniques liées à la Revue internationale des sociétés secrètes (RISS).

Certains ouvrages marginaux exploitent par la suite les prétendues révélations de Taxil en défendant diverses théories du complot.

Le Mystère de Léo Taxil et la vraie Diana Vaughan, publié en 1930 aux éditions RISS sous le pseudonyme de « Spectator », prétend que Taxil a été manipulé par les Francs-maçons[66] pour discréditer l'antimaçonnisme.

En 1934, Paquita de Shishmareff (sous le pseudonyme de Leslie Fry) publie Léo Taxil et la franc-maçonnerie. Lettres inédites publiées par les amis de Monseigneur Jouin (Chatou, British American Press). Antimaçonnique et antisémite, proche de l'extrême-droite, l'auteur prétend qu'un « fonds de vérité d'une importance incalculable [était] contenu dans les œuvres attribuées à Léo Taxil [...]. Que pour en déguiser la source et la portée, il eût, avec son cerveau de Méridional et son amour des tréteaux, inventé la mise en scène, cela n'enlèverait rien à l'authenticité de certaines révélations[67] ».

Dans L'affaire Diana Vaughan - Léo Taxil au scanner (2002), un ou plusieurs auteur(s) anonyme(s) renoue(nt) avec ces thèses antimaçonniques (défendues par « une poignée d'irréductibles dont nous sommes les héritiers », dixit) en affirmant que c'est l'« aveu » de Léo Taxil du 19 avril 1897 qui est faux et que le Palladisme tout comme Diana Vaughan auraient bien existé. L'ouvrage aurait été rédigé « en collaboration » avec une association portant le nom de William Morgan, prétendu « martyr antimaçonnique[68] ». Massimo Introvigne émet un compte rendu critique de ce travail, suggérant qu'il provient probablement des milieux intégristes[58].

Antimaçonnique et antisémite, André de La Franquerie a défendu une autre théorie du complot, à savoir que Diana Vaughan a bel et bien existé mais qu'elle aurait été enlevée au moment de révéler son existence[69].

La fausse circulaire d’Albert Pike, datée du 14 juillet 1889, est un texte fréquemment ré-utilisé par les antimaçons comme preuve d’un culte luciférien dans la franc-maçonnerie. Le texte a été publié par Abel Clarin de La Rive dans La Femme et l’Enfant dans la Franc-Maçonnerie universelle[70], puis revendiqué par Léo Taxil dans sa conférence à la Société de Géographie.

La conférence du 19 avril 1897 vue par Le Figaro[modifier | modifier le code]

Léo Taxil caricaturé par André Gill, revue Les Hommes d'aujourd'hui, no 71, 1879.

Julien de Narfon écrit dans Le Figaro :

LEO TAXIL dévoilé par lui-même

  • Vous n'avez pas l'air de vous douter que vous êtes une immonde fripouille !
  • Cette interruption, absolument dénuée d'amabilité sinon de vérité, est la première qui ait coupé, hier soir, à la salle de la Société de géographie, les fort instructives déclarations de M. Léo Taxil.
  • Il m'a bien semblé, d'ailleurs, qu'elle répondait assez exactement aux sentiments de l'auditoire, en dehors des rares amis – peu dégoûtés – dont l'orateur avait composé sa claque.
  • Mais M. Léo Taxil ne paraissait pas le moins du monde se rendre compte de l'impression d'écœurement qu'il produisait sur une assemblée où les libres penseurs étaient cependant aussi nombreux que les catholiques. Et pendant près de deux heures il s'est vanté, le sourire aux lèvres, d'avoir joué, pendant les douze années qu'il vient de passer « sous la bannière de l'Église », la comédie de la conversion, et d'avoir mystifié sans mesure les catholiques, les prêtres, les évêques, les cardinaux et le Pape lui-même. Peut-être a-t-il fait toutefois moins de dupes qu'il ne se l'imagine.
  • M. Léo Taxil a résumé en trois mots ce qu'il appelle « la plus colossale mystification des temps modernes » ; « Ma conversion au catholicisme a d'abord été un simple bateau. La collaboration de mon compère le docteur Bataille en a fait une escadre. Enfin, elle est devenue une véritable flotte grâce à Diana Vaughan. »
  • Diana Vaughan a joué effectivement le rôle principal dans la grande mystification dont il se flatte aujourd'hui. Ce rôle était celui d'une ex-luciférienne convertie au catholicisme, et dont les abracadabrantes révélations sur les mystères du Palladisme et de la franc-maçonnerie étonnent depuis plusieurs années le monde religieux. Naturellement, toutes ces prétendues révélations émanaient de Léo Taxil en personne, dont le but, avoué aujourd'hui, était de gagner le plus d'argent possible en exploitant la crédulité des catholiques.
  • Mais tout finit, et l'on s'est aperçu un beau jour que Diana Vaughan était un mythe et Léo Taxil un simple farceur. On le lui a dit sur tous les tons. C'est alors qu'il s'est décidé à brûler ses vaisseaux, j'allais dire ses bateaux.
  • Il est douteux que les francs-maçons tuent le veau gras en l'honneur de ce singulier transfuge. Hier soir, il a été hué dans les grands prix. Mais le clergé, qui trop facilement lui ouvrit ses bras, fera bien de se montrer à l'avenir moins crédule et moins confiant. C'est la seule moralité à tirer de l'aventure[71].

Littérature[modifier | modifier le code]

L’affaire est un des thèmes du Cimetière de Prague d'Umberto Eco. Dans ce roman, Léo Taxil est manipulé par les services secrets français pour décrédibiliser les milieux antimaçonniques ; en 1885, il accepte un pot de vin versé par les franc-maçons pour écrire une série d’ouvrages fantaisistes contre la Franc-Maçonnerie, avec la promesse que la vente de livres antimaçonniques lui rapportera plus encore. En 1897, il aurait à nouveau perçu de l’argent pour mettre fin à sa supercherie. Eco fait de Diana Vaughan un personnage réel (alors que son existence n’est pas prouvée dans la réalité) ; elle serait une aliénée souffrant d’un dédoublement de personnalité, alternant entre une sataniste qui décrit des rituels effrayants et une fervente catholique repentante. Diana Vaughan aurait servi de source aux écrits de Taxil, avant d’être assassinée à la fin de l’affaire.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lea 1901, p. 8.
  2. Lea 1901, p. 9,10.
  3. Texte de l'encyclique Humanum genus
  4. Introvigne 1997, p. 174-175.
  5. Lea 1901, p. 12.
  6. Introvigne 1997, p. 179-182.
  7. Rossi 2015, « L’excommunié ».
  8. Rossi 2015, « L’exclusion ».
  9. Rossi 2015, « Le coup de grâce ».
  10. Bouzy 2012, p. 1005-1006.
  11. Le Figaro, 2 août 1884
  12. Taxil 1887, p. 201-203.
  13. Irène Manguy, De la symbolique des chapitres en franc-maçonnerie, Dervy, (ISBN 2-84454-363-4), p. 471
  14. Voir l'illustration à l'article Baphomet
  15. Introvigne 1997, p. 189.
  16. Taxil 1886, chapitre XII.
  17. Waite 1896, p. 231.
  18. Rossi 2015, « La France Maçonnique ».
  19. a et b Introvigne 1997, p. 193.
  20. Introvigne 1997, p. 174.
  21. Études religieuses, historiques et littéraire, septembre 1896, page 391.
  22. Waite 1896, p. 57-58.
  23. Introvigne 1997, p. 219-220.
  24. Waite 1896, p. 64-66.
  25. Waite 1896, p. 66-67.
  26. Yves Déloye, « Le geste parlementaire : Charles Hacks ou la sémiologie du geste politique au XIXe siècle », Politix, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, no 20 « L'ordre parlementaire »,‎ , p. 129 (lire en ligne).
  27. Études religieuses, historiques et littéraire, septembre 1896, page 387.
  28. Introvigne 2016, p. 159
  29. Rossi 2015, « Les agissements secrets du farceur mystique ».
  30. Rossi 2015, « Questions sur Diana Vaughan ».
  31. Introvigne 2016, p. 216-217
  32. Lea 1901, p. 18,19.
  33. Lea 1901, p. 19,20.
  34. Rossi 2015, « Domenico Margiotta ».
  35. Introvigne 1997, p. 197,189.
  36. Rossi 2015, « L’affaire Diana Vaughan ».
  37. Introvigne 1997, p. 199.
  38. Encyclopédie de la Franc-maçonnerie, La Pochothèque, France, 2000, Albert Pike, p. 666.
  39. Introvigne 2016, p. 166,206
  40. Éric Saunier (dir.), Encyclopédie de la Franc-maçonnerie, Paris, Livre de poche, « La Pochothèque », 2000.
  41. Histoire de la franc-maçonnerie en France, J-A Faucher et A. Ricker, p. 372
  42. Rossi 2015, « L’appât du gain ».
  43. Introvigne 1997, p. 203,204.
  44. Études religieuses, historiques et littéraires, 14 novembre 1896, pages 387-389.
  45. Rossi 2015, « La défection de Hacks ».
  46. Introvigne 1997, p. 204.
  47. Lea 1901, p. 22-23.
  48. Études religieuses, historiques et littéraires, 14 novembre 1896, pages 386-387.
  49. Rossi 2015, « La vérité sur Diana Vaughan ».
  50. Études religieuses, historiques et littéraires, 14 novembre 1896, pages 381-398.
  51. Bouzy 2012, p. 1006.
  52. Léo Taxil, Les Frères Trois-Points, p. 80
  53. Léo Taxil, Les Frères Trois-Points, p. 104
  54. Léo TaxilLes Frères Trois-Points, p. 161
  55. Léo Taxil, Les Frères Trois-Points, p. 253
  56. Léo Taxil, Mémoires d'une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante, p 23.
  57. Henry Charles Lea, Léo Taxil, Diana Vaughan et l’Église romaine.
  58. a et b Massimo Introvigne, « Diana Redux : L'Affaire Diana Vaughan – Léo Taxil au scanner par Athirsata (Sources Retrouvées, Paris 2002) », CESNUR (Centro Studi sulle Nuove Religioni), [lire en ligne].
  59. Léo Taxil, Mémoires d'une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante, p 231-232.
  60. Léo Taxil, Mémoires d'une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante, p 240-242.
  61. « Mellor, Alec (1907-1988) », base IdRef (Identifiants et référentiels pour l'Enseignement supérieur et la recherche), lire en ligne.
  62. https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1965_num_51_148_1746_t1_0199_0000_2
  63. Alec Mellor, Dictionnaire de la franc-maçonnerie et des francs-maçons, Paris, Belfond, 1979, p. 311.
  64. G. Rossi, Léo Taxi [1854-1907], du journalisme anticlérical à la mystification transcendante. Thèse de Doctorat, Aix-Marseille Université, 2014, [1].
  65. Hervieu 1991, p. 37.
  66. Jack Chaboud, La Franc-maçonnerie, Librio, p. 36.
  67. Leslie Fry, op. cit., p. 10 et 14.
  68. L'affaire Diana Vaughan - Léo Taxil au scanner
  69. André de La Franquerie, Lucifer & le pouvoir occulte : la judéo-maçonnerie, les sectes, le marxisme, la démocratie : synagogue de Lucifer & Contre-Église, p. 151-152-153.
  70. Abel Clarin de La Rive, La Femme et l’Enfant dans la Franc-Maçonnerie universellep 588.
  71. Julien de Narfon, « Léo Taxil dévoilé par lui-même », in Le Figaro, 20 avril 1897, p. 3, 4e colonne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • « Miss Diana Vaughan. le monde religieux mystifié », L'Observateur européen. Revue politique, littéraire, financière, commerciale et industrielle, no 28 (2e année), 19 décembre 1896, p. 354-355, [lire en ligne].

Œuvres de Léo Taxil liées au canular[modifier | modifier le code]

  • Léo Taxil, Confessions d’un ex-libre-penseur, Paris, Letouzey et Ané, , 406 p. (lire en ligne).
  • Léo Taxil, Révélations complètes sur la franc-maçonnerie : Les frères Trois-Points, Paris, Letouzey et Ané, , 880 p. (lire en ligne).
  • avec Paul Verdun, Les assassinats maçonniques, Paris, Letouzey et Ané éditeurs, 1890, [lire en ligne].
  • Le diable au XIXe siècle ou, Les mystères du spiritisme : la Franc-maçonnerie luciférienne, révélations complètes sur le palladisme, la theurgie, la goetie et tout le satanisme moderne, magnétisme occulte, pseudo-spirites et vocates procédants, les médiums lucifériens, la cabale fin-de-siècle, magie de la Rose-Croix, les possessions à l'état latent, les précurseurs de l'anté-Christ, Paris, Delhomme et Briguet, 1892-1894.
  • Mémoires d'une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante / Miss Diana Vaughan (Jeanne-Marie-Raphaëlle), Paris, Librairie antimaçonnique A. Pierret, 1895-1897, [lire en ligne].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Arthur Edward Waite, Devil-Worship in France With Diana Vaughan and the Question of Modern Palladism, Londres, Redway, , 325 p. (lire en ligne).
  • Henry Charles Lea (trad. Salomon Reinach), Léo Taxil, Diana Vaughan et l'Église romaine : histoire d'une mystification, Paris, Société nouvelle de librairie et d'édition, , 27 p. (lire en ligne).
  • Eugen Weberéd.), Satan franc-maçon : la mystification de Léo Taxil, Paris, Julliard, coll. « Archives » (no 6), , 240 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Thérèse de Lisieux, « Le Triomphe de l'humilité » suivi de « Thérèse mystifiée » (1896-1897) : l'affaire Léo Taxil et le manuscrit B, Paris, Éditions du Cerf, 1975, 144 p.
  • Jean-Pierre Laurant, « Le dossier Léo Taxil du fonds Jean Baylot de la Bibliothèque nationale », Politica hermetica, Paris, L'Âge d'Homme, no 4 « Maçonnerie et antimaçonnisme : de l'énigme à la dénonciation »,‎ , p. 55-63 (ISBN 2-8251-0146-X).
  • Fabrice Hervieu, « Catholiques contre francs-maçons : l'affaire Léo Taxil », L'Histoire, no 145,‎ , p. 32-39.
  • Jacques Van Herp, « Une source de Lovecraft, Le Diable au XIXe siècle », dans Lovecraft. Cahiers de l'Herne, no 12, Éditions de l'Herne, Paris, 1969, p. 141-146.
  • Massimo Introvigne (trad. Philippe Baillet), Enquête sur le satanisme : satanistes et antisatanistes du XVIIe siècle à nos jours [« Indagine sul satanismo : satanisti e anti-satanisti dal seicento ai nostri giorni »], Paris, Dervy, coll. « Bibliothèque de l'hermétisme », , 413 p. (ISBN 2-85076-881-2, présentation en ligne).
  • (en) Massimo Introvigne, Satanism : A Social History, Boston, Brill Academic Pub, , 668 p. (ISBN 978-9004288287), p. 158-226.
  • Bernard Muracciole, Léo Taxil, vrai fumiste et faux frère, Paris, Éditions maçonniques de France, coll. « Histoire », , 149 p. (ISBN 2-903846-32-4).
  • Michel Winock, « Autopsie d'un mythe : le complot « judéo-maçonnique » », L'Histoire, no 256,‎ , p. 62-69.
  • L'affaire Diana Vaughan - Léo Taxil au scanner, 2002, [lire en ligne]. Une interprétation antimaçonnique de l'affaire, par un ou plusieurs auteur(s) anonyme(s) se présentant comme un « collectif de chercheurs indépendants, membres de l'Observatoire de la Haute-Maçonnerie et en collaboration avec la William Morgan Association ». Compte rendu critique de Massimo Introvigne : « Diana Redux : L'Affaire Diana Vaughan – Léo Taxil au scanner par Athirsata (Sources Retrouvées, Paris 2002) », CESNUR (Centro Studi sulle Nuove Religioni), [lire en ligne].
  • Françoise Lavocat (dir.), Pierre Kapitaniak (dir.) et Marianne Closson, Fictions du diable : démonologie et littérature de saint Augustin à Léo Taxil, Genève, Droz, coll. « Cahiers d'humanisme et Renaissance » (no 81), , 342 p. (ISBN 978-2-600-01135-8, présentation en ligne).
  • Thierry Rouault, Léo Taxil et la franc-maçonnerie satanique : analyse d'une mystification littéraire, Rosières-en-Haye, Camion blanc, coll. « Camion noir », , 207 p. (ISBN 978-2-35779-134-3).
  • Olivier Bouzy, « TAXIL Léo (1854-1907) », dans Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1214 p. (ISBN 978-2-221-10929-8), p. 1005-1006.
  • Robert Rossi, Léo Taxil (1854-1907). Du journalisme anticlérical à la mystification transcendante, Marseille, Quartiers Nord Éditions, , 826 p. (ISBN 978-2-9519739-5-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]