Hans Christian Ørsted

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Hans Christian Ørsted
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Un daguerréotype du Pr. Ørsted

Naissance
Rudkøbing (Danemark)
Décès (à 73 ans)
Copenhague (Danemark)
Nationalité Drapeau du Danemark Danois
Domaines Physique
Institutions Académie royale des sciences de Suède
Université technique du Danemark
Diplôme Université de Copenhague
Renommé pour Découverte de l'interaction entre magnétisme et électricité
Unité Œrsted
Distinctions Médaille Copley (1820)

Hans Christian Ørsted (prononcé [hans kʰʁæsjan ˈɶɐ̯sɛð]) ( à Rudkøbing à Copenhague), parfois écrit Œrsted, est un physicien et chimiste danois. Figure de l'âge d'or danois, il est le frère de A. S. Ørsted, 3ème premier ministre du Danemark. C'est également un bon ami de H. C. Andersen.

Ørsted est pionnier dans la mise en évidence de l'interaction entre électricité et magnétisme, et souvent considéré comme le premier à l'avoir observé en [1], car il a grandement participé à propager le phénomène au sein de la communauté scientifique. Ørsted fut secrétaire général de la Société royale danoise des sciences de à sa mort, et présentait aussi bien ses résultats scientifiques que ceux des autres lors des réunions de la société.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le jeune H. C. Ørsted.

Ørsted nait à Rudkøbing en . Dès son plus jeune âge, il développe un intérêt pour la chimie et l'histoire naturelle, mais aussi pour la littérature. Il est alors employé par son père, qui est apothicaire[2]. Le jeune Ørsted et son frère A. S. Anders reçoivent tous deux une instruction à domicile, et en les deux frères prennent part aux examens d'admission de l'université de Copenhague, qu'ils réussissent avec succès. En , Ørsted est recompensé pour ses essais en physique et en esthétique. Ørsted s'oriente sous l'influence de son père vers des études qui font de lui un pharmacien en , alors qu'il à vingt ans. En , une thèse sur le travail de E. Kant, intitulée The Architectonics of Natural Metaphysics conclut son doctorat en médecine, qui aurait pu lui assurer un avenir dans le corps médical.

En , l'invention de la pile voltaïque par A. Volta amène Ørsted à se pencher sur la nature de l'électricité et à réaliser ses premières expériences. En , il reçoit une bourse pour poursuivre son éducation, et il parcourt l'Europe pendant 3 ans, pendant lesquels il visite les milieux scientifiques européens, dont Paris et Berlin[3] où il rencontre entre autres G. Cuvier et J-B. Biot. En Allemagne, Ørsted rencontre J. W. Ritter, un physicien qui croyait en un lien entre l'électricité et le magnétisme. Cette théorie prend sens pour Ørsted[4], qui a pour doctrine le kantisme, et donc l'unité de la nature. Il étudie ensuite la physique sous l'impulsion de Ritter. En , il devient professeur à l'université de Copenhague, et poursuit ses études sur les courants électriques et l'acoustique. Sous sa supervision, l'université construit de nouveaux laboratoires, et développe son quartier de physique et de chimie.

En automne , Ørsted prend sous sa tutelle le jeune chimiste W. C. Zeise, qu'il loge à sa demeure familiale. Il lui offre une position de chimiste assistant. En , Ørsted visite à nouveau la France et l'Allemagne, et publie deux traités, Videnskaben om Naturens Almindelige Love et Forste Indledning til den Almindelige Naturlaere.

Portrait à l'huile de H. C. Ørsted par C. W. Eckersberg en .

Ørsted est le premier à définir et nommer le concept d'expérience de pensée. Il emploie les mots allemands Gedankenexperiment en et Gedankenversuch en [5]. Ørsted est un des pionnier de la mise au point du piézomètre, mesurant la compressibilité des liquides[6]. En , il découvre la pipérine.

En , la Royal Society décerne à Ørsted la médaille Copley. En , il est fait membre étranger de la Royal Swedish Academy of Sciences, et membre de la American Philisophical Society en [7]. Il devient aussi membre honoraire étranger de la American Academy of Arts and Sciences en 1849[8].

Portrait de H. C. Ørsted par C. A. Jensen. en .

En , Ørsted créé la société Selskabet for Naturlarens Udbredelse (SNU) qui a pour objectif de partager au plus grand nombre les connaissances en sciences naturelles. Chaque année, cette société décerne un prix au physicien danois auteur des contributions les plus marquantes, ce depuis . Il est aussi fondateur de sociétés à l'origine de l'institut météorologique du Danemark et le Danish Patent and Trademark Office. En , Ørsted fonde l'université Den Polytekniske Læreanstalt, plus tard renommée l'université technique du Danemark[9].

En , Ørsted est le premier à isoler de l'aluminium sous une forme quasi pure[10]. En 1808, H. Davy avait prédit l'existence du métal, qu'il avait nommé aluminium, mais ses tentatives de production par électrolyse n'aboutissent pas : il n'obtient qu'un alliage fer-aluminium[11]. Ørsted isole quant à lui l'élément par une réduction de chlorure d'aluminium. Le travail d'Ørsted est continué par F. Wöhler, qui produit de la poudre d'aluminium en , et ensuite des sphères d'aluminium ramolli en [12],[13]. En , le nom d'Ørsted est choisi pour l'unité de mesure de l'intensité du champ magnétique, l'œrsted.

Ørsted était franc-maçon[14]. Il meurt à Copenhague en , à l'âge de 73 ans, et est enterré au cimetière Assistens.

Découvertes[modifier | modifier le code]

Croquis d'Ørsted.
Vidéo de l'expérience d'Ørsted.

En , lors d'un cours d'électricité qu'il dispense à ses étudiants, Ørsted met en évidence une relation entre l'électricité et le magnétisme par une expérience : il observe qu'un fil transportant du courant est capable de mettre en mouvement l'aiguille aimantée d'une boussole. Il y a donc interaction entre les phénomènes électriques d'une part et les phénomènes magnétiques d'autre part, ce qui est révolutionnaire pour l'époque[15]. Ørsted ne suggéra aucune explication satisfaisante du phénomène, ni n'essaya de représenter le phénomène dans un cadre mathématique. Il publie cependant le ses résultats expérimentaux dans un article en latin de 4 pages intitulé : Experimenta circa effectum conflictus electrici in acum magneticam. Ses écrits sont traduits et diffusés dans l'ensemble de la communauté scientifique européenne, ce qui amène à une critique de ses résultats.

En , Ørsted reproduit son expérience plusieurs fois et tente d'avertir le domaine scientifique de ses découvertes. Mais les nouvelles se propagent à l'époque très lentement. La nouvelle finit tout de même par atteindre en septembre l'Académie des Sciences de Paris, et A-M. Ampère utilise les résultats d'Ørsted pour créer sa propre théorie. Elle est développée rapidement et entraîne l'émergence de l'électromagnétisme. Le succès de cette théorie contribue à la reconnaissance d'Ørsted, aussi bien dans la communauté scientifique que parmi ses propres concitoyens.

Ørsted reproduit l'expérience du courant mettant en mouvement une boussole aimantée.

Postérité[modifier | modifier le code]

Statue de Hans Christian Ørsted à Rudkøbing au Danemark.

Deux cent mille personnes assistèrent à l'enterrement[réf. souhaitée] d'Ørsted. La population danoise vécut sa perte en tant qu'événement majeur et comme deuil national. Par ses découvertes et ses dons d'orateur, il avait contribué à donner une image active et positive du Danemark.

Ørsted ne fut pas la première personne à découvrir que l'électricité et le magnétisme étaient reliés. Un clerc italien, Gian Domenico Romagnosi, s'en était avisé 18 ans auparavant. Il publia sa découverte dans un journal local, mais elle resta ignorée de la communauté scientifique.

Depuis 1936, l’association américaine des professeurs de physique décerne la médaille Ørsted, qui récompense des contributions notables dans l'enseignement de la physique.

Le premier satellite danois a été baptisé du nom d'Ørsted en raison de sa mission, consistant à mesurer principalement le champ magnétique terrestre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léonce Élie de Beaumont, Éloge historique de Jean-Christion Oersted, associé étranger, lu à la séance publique annuelle du , dans Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, Gauthier-Villars, Paris, 1864, tome 34, p. XXXVII-LXXXIV (lire en ligne).
  • (da) Bjarne Kousholt, H.C. Ørsted og fornuften i naturen, Polyteknisk forlag, Copenhague, 2000, 112 p. (ISBN 87-502-0910-8).
  • (en) Robert M. Brain, Robert S. Cohen et Ole Knudsen Hans Christian Ørsted and the romantic legacy in science : ideas, disciplines, practices, Springer, Dordrecht (Pays-Bas), 2007, XVII-442 p. (ISBN 978-1-4020-2979-0).
  • (fr) Hans Christian Orsted : 1777-1977, Ministère des Affaires étrangères du Danemark, Copenhague, 1977, p. 48.
  • (fr) M. C. Harding (dir.), Correspondance de H. C. Örsted avec divers savants, H. Aschehoug, Copenhague, 1920, vol. 2.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un clerc italien, G. D. Romagnosi s'en était avisé 18 ans auparavant.
  2. « Hans Christian Ørsted », Hebrew University of Jerusalem (consulté le )
  3. Inspiration fra Europa - planer i København Institut Niels Bohr.
  4. Brian, R.M. & Cohen, R.S., Hans Christian Ørsted and the Romantic Legacy in Science, Vol. 241, Boston Studies in the Philosophy of Science,
  5. Witt-Hansen J., H.C. Ørsted, Emmanuel Kant and the Thought Experiment, Danish Yearbook of Philosophy, Vol.13, , p. 48–65
  6. Frédéric Aitken et Jean-Numa Foulc, From Tait's Work on the Compressibility of Seawater to Equations-of-State for Liquids (Des profondeurs océaniques au laboratoire. 3, Des traveaux de Tait sur la compressibilité de l'eau de mer aux équations d'état des liquides), Londres, , 368 p. (ISBN 978-1-78405-466-3 et 1-78405-466-6, OCLC 1081319739, présentation en ligne, lire en ligne), chap. 1
  7. « APS Member History », sur search.amphilsoc.org (consulté le )
  8. « Book of Members, 1780–2010 : Chapter O », American Academy of Arts and Sciences (consulté le )
  9. « History of DTU » [archive du ], Technical University of Denmark (consulté le )
  10. (da) H.C. Örsted, Oversigt over Det Kongelige Danske Videnskabernes Selskabs Forhanlingar og Dets Medlemmerz Arbeider, Fra 31 Mai 1824 Til 31 Mai 1825 (Récapitulatif de la Société Royale Danoise des Sciences des méthodes et du travail de ses membres, du 31 mai 1824 au 31 mai 1825), (lire en ligne), p. 15–16
  11. Halvor Kvande, Two hundred years of aluminum... Or is it aluminium?, vol. 60, (DOI 10.1007/s11837-008-0102-3, Bibcode 2008JOM....60h..23K, S2CID 135517326), p. 23–24
  12. « Aluminum Discovery and Extraction – A Brief History », sur The Aluminum Smelting Process (consulté le )
  13. « ALUMINIUM HISTORY », sur All about aluminium, UC RUSAL (consulté le )
  14. A Talk to our less senior Brethren
  15. L'expérience de Hans-Christian Œrsted (1820) (video, documents historiques).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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