Hama Amadou

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Hama Amadou né en 1950 à Youri (Ouest du pays) est un homme politique nigérien. Président de l'Assemblée nationale du Niger de 2011 à 2014, il a aussi été deux fois Premier ministre. Il a été président du parti MNSD Nassara (Mouvement national pour la société du développement) qui porta Tandja Mamadou au pouvoir en 1999 et dirige actuellement le MODEN FA Lumana.

Études[modifier | modifier le code]

Après ses études primaires et secondaires à Niamey, il obtient le diplôme de contrôleur des douanes (niveau moyen) de l'École nationale d'administration de Niamey en 1971. Puis diplômé chef de division d'administration générale (niveau supérieur) en 1978 de la même école, et enfin en 1983 avec un diplôme de directeur administartif de l'Institut international d'administration publique (IIAP) de Paris.

Carrière[modifier | modifier le code]

Commençant sa carrière dans la fonction publique nigérienne en 1971en tant que contrôleur des douanes, il gravit vite les échelons. Entre 1971 et 1991, il fut deux fois adjoint de préfet, secrétaire général de préfecture, sous-préfet d'arrondissement, directeur général de l'Office de radiodiffusion télévision du Niger (ORTN) (27 août 1984-24 septembre 1985), trois fois PCA (président du conseil d'administration), ministre de l'Information (15 juillet 1988-20 décembre 1989), deux fois directeur de cabinet du président du conseil militaire suprême, le général Seyni Kountché (septembre 1985-novembre 1986), puis du général Ali Saibou (novembre 1987-juillet 1988). Il devient secrétaire général du MNSD (Mouvement national pour la société du développement) au congrès extraordinaire de mars 1991. Il participe de juillet à novembre à la conférence nationale souveraine de 1991.

En février 1993 Hama Amadou est élu député national au titre de la communauté urbaine de Niamey, il est aussi président du groupe parlementaire et membre de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Il est élu troisième vice-président de l'Assemblée nationale le 30 mai 1994 jusqu'à la dissolution de l'assemblée le 17 octobre de la même année. Il est réélu député à l'issue des législatives anticipées du 12 janvier 1995.

Le 21 février 1995 sous la troisième République de Mahamane Ousmane, Hama Amadou est nommé Premier ministre d'un gouvernement de cohabitation qu'il dirigea jusqu'au coup d'État du 27 janvier 1996 du colonel Ibrahim Baré Maïnassara qui conduisit à la dissolution du gouvernement.

Au congrès ordinaire de Niamey de novembre 1995 et d'octobre 1998 il est réélu secrétaire général du bureau politique national du MNSD-Nassara. En août de la même année 1998, il est réélu président de la section MNSD-Nassara de Niamey.

Dès le lendemain du coup d'État et de l'assassinat du général Ibrahim Baré Maïnassara le 9 avril 1999, Hama Amadou devient membre d'un organe mis en place durant la période de la transition, le conseil consultatif.

Le 22 décembre 1999 Tandja Mamadou est investi président de la cinquième République, Hama Amadou devient de nouveau Premier ministre le 3 janvier 2000.

Le 31 mai 2007, une motion de censure votée par les députés de l’opposition et d’une partie de la majorité est adoptée entraînant la démission de son gouvernement.

Cette motion de censure était motivée par des affaires de détournement de fonds publics destinées à l’éducation, auxquelles quelques personnalités proches du gouvernement sont impliquées notamment un ancien ministre de l'Éducation de base et de l'Alphabétisation et un ancien ministre de la Santé publique et de lutte contre les endémies. Amadou a annoncé la chute de son gouvernement en déclarant : « Aujourd’hui, le gouvernement s’est écroulé. Je veux en féliciter l’opposition qui a réussi un travail de maître parce que la chose la plus improbable dans une majorité de 88 % vient de se réaliser »[1].

En 2008, il est arrêté et emprisonné pour des charges de détournement de fonds d'aide à la presse, les preuves de sa culpabilité sont infondées selon ses partisans, membres du parti de la majorité MNSD qui voient dans son arrestation un complot visant à l'éloigner de l'élection présidentielle qui aura lieu en 2009. Il bénéficie toutefois d'une remise en liberté provisoire obtenue le 26 avril 2009, puis d'une ordonnance de non-lieu en 2012.

Il est remplacé durant son incarcération, le 21 février 2009, à la présidence du MNSD par Seyni Oumarou, alors Premier ministre. En 2010 il perd le procès contre Seyni Oumarou dans la reconquête de la présidence du parti MNSD et se fait porter à la présidence de parti nouvellement crée MODEN FA Lumana aux côtés de Ladan Tchana et Sala Habi.

Lors des législatives de 2011, le MODEN FA Lumana obtient une trentaine de députés sur la centaine que compte l'Assemblée nationale et soutient le président actuel Mahamadou Issoufou au second tour de l’élection présidentielle contre Seyni Oumarou.

Il est élu président de l'Assemblée nationale du Niger en avril 2011.

En août 2013, après l'échec de la formation d'un gouvernement d'union nationale regroupant toutes les formations politiques voulue par son allié Issoufou Mahamadou, il quitte la coalition au pouvoir et rejoint l'opposition retrouvant ses anciens amis Seyni Oumarou du MNSD et Mahamane Ousmane de la CDS.

Considéré comme le principal adversaire du chef de l'État, Mahamadou Issoufou, pour l'élection présidentielle de 2016[2], Hama Amadou quitte Niamey et se réfugie au Burkina Faso puis en France car il est suspecté d'être impliqué dans un vaste trafic de bébés. L'une de ses épouses est écrouée dans le cadre de cette affaire retentissante qui a crispé le climat politique dans le pays. Avec sa fuite, un nouveau président de l'Assemblée nationale est élu : Amadou Salifou. Amadou revient au Niger en novembre 2015 et est arrêté[3]. Il est battu au second tour de l'élection présidentielle avec 7,27 % des voix, contre 92,73 au président sortant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le gouvernement nigérien renversé par le Parlement, Reuters, 1er juin 2007
  2. « « Le Niger subit en silence la dictature de Mahamadou Issoufou » », Le Monde/Afrique,‎ (lire en ligne)
  3. Jean-Louis Le Touzet, « Niger : un candidat à la présidentielle rentre à Niamey pour dormir en prison », Libération,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]