Guy Ribes

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Guy Ribes
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Guy Ribes est un artiste peintre et faussaire en art français né le [1],[2] à Riorges, près de Roanne (Loire) .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né dans une maison close[1],[3] (l'hôtel du Cheval blanc) de parents proxénètes[4], Guy Ribes passe son enfance et sa jeunesse dans la région lyonnaise. Le père, Jean-Baptiste Ribes, est un colosse mesurant plus de deux mètres ; la mère, « Madame Jeanne », une Gitane originaire de Murcie, en Espagne. Quand ceux-ci, qui possèdent aussi un cinéma, sont absents, ce sont les prostituées qui s'occupent du jeune Guy. Conséquence de la loi Marthe Richard, l'hôtel ferme et les parents sont arrêtés, jugés et emprisonnés. Guy se retrouve alors en internat, où un père jésuite lui fait, à l'âge de huit ans, découvrir et travailler la peinture[1].

À onze ans il aide son père, sorti de prison, sur les marchés[1] ; à douze ans il travaille en usine[3], à treize il dort dans la rue[4], et à seize il est apprenti dans un prestigieux atelier de dessins de soierie à Lyon[1], mais continue de peindre et vend ses toiles et aquarelles sur les marchés[5]. Il garde néanmoins un pied dans le milieu, faisant même le portrait de la mère de Mémé Guérini, sur commande de ce dernier[1].

Le faussaire[modifier | modifier le code]

Après un passage dans la Marine nationale, il vit à Athènes, où il essaye de vivre de son art, peignant notamment deux décors pour le théâtre national grec, et fréquente la jet set locale[1]. Il commence, en 1975, à copier des chefs-d’œuvre[6]. Sa rencontre en 1996 avec le marchand de tableaux Pascal Robaglia le fait devenir faussaire professionnel, ne copiant plus simplement des œuvres préexistantes mais s'emparant du style de peintres pour le reproduire dans des pastiches[5]. Installé à Saint-Mandé dans un atelier[5], il réalise alors, souvent sur commande, des faux Chagall, Picasso, Dalí, Léger, Bonnard, Modigliani, Renoir, Laurencin, Braque, Vlaminck ou Matisse, ne faisant jamais de copie de tableau existant, préférant peindre dans le style de l'artiste copié[3]. Certaines de ses œuvres sont même authentifiées comme vraies par des experts sincères, ou publiées dans La Gazette de l'Hôtel Drouot[6] ; la propre fille de Marc Chagall s'y laisse aussi prendre, croyant d'un faux être une toile de son père[3]. Il déclare avoir peint un millier de faux[7],[8].

Guy Ribes ne vend pas directement ses toiles, un réseau prenant en charge cette tâche. Une des méthodes les plus courantes est la suivante : un membre du réseau se fait passer, auprès d'un acheteur potentiel, pour un héritier d'un grand maître, ne voulant pas payer des droits de succession (voulant vendre au black un tableau) ou se disant désargenté et donc mis dans l'obligation de vendre une œuvre héritée. C'est seulement à partir du moment où Guy Ribes vend directement ses toiles qu'il est arrêté par la police.

Arrestation, procès et condamnation[modifier | modifier le code]

Dénoncé, il est arrêté par la police à Saint-Mandé le 5 janvier 2005[1] et jugé à Créteil pour « contrefaçon en bande organisée » en juillet 2010 dans un procès où l'on montrera plus de 350 de ses œuvres[2],[3]. Il est condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis[7]. Onze autres personnes, complices du trafic, sont condamnées à diverses peines, dont le marchand de tableaux parisien Pascal Robaglia, considéré comme le cerveau de la bande, qui écope de deux ans et demi ferme et 50 000 euros d'amende[7].

Au cours du procès, Guy Ribes déclare :

« J’ai tout appris en imitant les plus grands. Je les aimais, je voulais me comparer à eux, par orgueil puis par jeu. J’ai bien essayé d’adapter mon œuvre à celle de Picasso, mais c’était impossible. Les gens préféraient mes toiles inspirées des grands maîtres. C’était plus facile de réaliser des imitations que de peindre pour des gens qui se détournaient de mes œuvres. »

Il ajoute, à propos du trafic : « Je n’étais pas systématiquement payé ». Et sur son arrestation : « J’étais content que les policiers débarquent. Chez moi, c’était devenu la porte ouverte à tout un tas de gens qui voulaient grappiller des choses. »

Gilles Perrault, l'expert venu témoigner, avoue quant à lui :

« Je suis déjà intervenu dans beaucoup de dossiers de ce genre, mais je n’ai encore jamais vu un faussaire avec une telle palette d’artistes. Si Picasso était encore vivant, il l’embaucherait[5]. »

D'après l'avocat de Guy Ribes, le tribunal a fait valoir à son client « la grande qualité de ses œuvres », reconnaissant sa « qualité d'artiste » et ne le limitant pas « à un simple faussaire »[7].

Après avoir été démasqué, Guy Ribes met un terme à la fabrication de faux et peint des œuvres sous son nom.

Renoir[modifier | modifier le code]

Maquillage des mains de Guy Ribes pour Renoir.

Il réalise en 2012 des toiles pour les besoins du film de Gilles Bourdos Renoir. Il y double aussi les mains de Michel Bouquet, qui joue le rôle-titre, et le conseille techniquement lorsque celui-ci est censé peindre[9],[10],[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Un vrai faussaire, documentaire de Jean-Luc Léon (2015)[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. La Dépêche du Midi, 7 octobre 2015 et 11 octobre 2015