Guy Ducoloné

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Guy Ducoloné
Illustration.
Fonctions
Député de la Seine (55e circonscription)
puis des Hauts-de-Seine (11e circonscription)

(23 ans, 5 mois et 2 jours)
Gouvernement Ve République
Groupe politique communiste
Prédécesseur Léon Salagnac
Vice-président de l'Assemblée nationale
Conseiller général du Canton d'Issy-les-Moulineaux-Ouest
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Monsempron-libos
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique PCF
Conjoint Madeleine Vincent
Profession ajusteur

Guy Ducoloné est un homme politique français, né à Monsempron-Libos (Lot-et-Garonne) le , décédé à l'Hôpital Georges-Pompidou de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un ouvrier charpentier et d'une casseuse de noix saisonnière de Lot-et-Garonne, qui s'installent dans le 14e arrondissement de Paris dans sa jeunesse, il est fraîchement titulaire d'un CAP d'ajusteur quand il adhère en 1936, avec l'avènement du Front populaire, à la CGT. Ouvrier métallurgiste, il milite à la Jeunesse communiste puis au Parti communiste français l'année suivante.

Mobilisé en 1939, il rentre à Paris à sa démobilisation et entre en Résistance, prenant la tête de la Jeunesse communiste avec laquelle il organise des manifestations dénonçant l'Occupation allemande. Membre du Front national pour l’indépendance de la France, il participe à plusieurs opérations de sabotage contre les forces d'occupation qui lui valent d'être arrêté en mai 1942, torturé et incarcéré successivement à La Santé, Fresnes, Melun, Châlons-sur-Marne et Compiègne, avant d'être déporté en 1944 au camp de Buchenwald, où il participe à l'organisation de la résistance intérieure du camp au sein du « Comité des Intérêts Français » sous l'égide de Marcel Paul. Il participe à sa libération à l'arrivée des troupes américaines[1], et préside pendant dix ans l'association française Buchenwald-Dora et Kommandos, créée au retour des déportés, le , et milite en parallèle à la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP). Lors de la commémoration, en avril 1994, du 50e anniversaire de la libération du camp de Buchenwald, il a déclaré : « Déportés de toutes les nations d'Europe, nous avons su, malgré la langue, malgré des heurts, nous entendre. Nous avons compris que l'adversaire n'est pas l'étranger. Ce n'est pas celui, celle dont la couleur de peau, des cheveux ou des yeux, la courbure du nez est différente. L'adversaire ne peut être que l'intolérance, le racisme, l'antisémitisme, la haine de l'autre. »

À son retour de déportation, il rentre à Paris et s'unit à Madeleine Vincent, communiste déportée comme lui. Il prend alors des responsabilités croissantes au sein de l'Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF), organisation liée au PCF ayant pris la suite de la Jeunesse communiste en 1945. Il entre ainsi au secrétariat national de l'organisation de jeunesse en 1948, puis, à la suite du départ de Léo Figuères (secrétaire général de l'UJRF. depuis 1948) pour le Viêt Nam en 1950, il assume de fait la charge de secrétaire général de l'UJRF. Élu officiellement à ce poste en 1953, il demeure secrétaire général jusqu'au congrès de 1955.

En parallèle, Guy Ducoloné, intègre en 1950 le comité central du PCF, et en devient l'un des secrétaires auprès de Maurice Thorez en 1956.

Très engagé contre les guerres d'Indochine et de Corée comme dirigeant de l'UJRF, il est emprisonné en 1952 pour « atteinte à la sûreté de l'État » dans le cadre du « complots des pigeons » qui voit, de manière fantaisiste, les dirigeants communistes accusés d'espionnage après la découverte de pigeons morts dans le coffre de la voiture de Jacques Duclos à l'issue de la manifestation du 28 mai du Mouvement de la paix contre la venue de général américain Matthew Ridgway engagé dans la guerre de Corée.

Incarcéré à la prison de Fresnes, Guy Ducoloné est néanmoins élu au conseil général des Hauts-de-Seine en 1953 pour le canton d'Issy-les-Moulineaux, et sort à la suite du non-lieu de l'ensemble des inculpés après onze mois de détention. En 1964, il succède à Léon Salagnac, décédé, comme député de la Seine, puis des Hauts-de-Seine de 1967 à 1988, mandat au cours duquel il devient la « voix des Renault de Boulogne-Billancourt ». Habitant dans un quartier à forte communauté d'origine arménienne, il a été un fervent partisan de la loi reconnaissant officiellement le génocide arménien[2]. Il est élu vice-président de l'Assemblée nationale à deux reprises.

Aux élections municipales de 1977, il échoue d'extrême justesse (44 voix) face au maire sortant centriste d'Issy-les-Moulineaux, remplacé trois ans plus tard par André Santini. En 1981, il est élu pour cinq ans au conseil régional d'Île-de-France.

Mandats[modifier | modifier le code]

Honneurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les archives de l'Humanité - Guy Ducoloné raconte la libération, article paru dans l'édition du 11 avril 1995
  2. Les archives de l'Humanité - Guy Ducoloné, article paru dans l'édition du 25 avril 1995

Sources[modifier | modifier le code]

  • Olivier Mayer, « Le courage tranquille de Guy Ducoloné », L'Humanité, 26 août 2008.
  • Guillaume Quashie-Vauclin, L'Union de la jeunesse républicaine de France. 1945-1956. Entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d'avant-garde communiste, M2, Paris-I, juin 2008.
  • Guillaume Quashie-Vauclin, L'Union de la jeunesse républicaine de France. 1945-1956. Entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d'avant-garde communiste, Paris, L'Harmattan, 2009.
  • Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, t. IV, Biographies, chronologie, bibliographie, Paris, Fayard, 1984.
  • Sylvia Zappi, « Guy Ducoloné, ancien député communiste », Le Monde du 28 août 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]