Guerre sociale (Athènes)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guerre sociale.

La Guerre des alliés ou Guerre sociale désigne une guerre intestine qui divise la Seconde confédération athénienne de -357 à -355. Dès -357, Chios, Cos, Byzance et Rhodes passèrent sous le contrôle direct du satrape perse Mausole ; ils sont vaincus dans une bataille navale imposante et décisive. L'histoire ne dit pas pour quelle raison Mausole les a aidés ; il avait pu recevoir l'ordre d'Artaxerxès III de pousser les Grecs à la révolte.

Origines[modifier | modifier le code]

Provoquée par la position de plus en plus impérialiste d'Athènes sur son deuxième empire maritime, la guerre commence lorsque les îles alliées Chios, Rhodes, Cos et la cité de Byzance refusèrent de payer la syntaxeis[1], renversèrent leurs gouvernements démocratiques et se séparèrent de la confédération. La guerre contre Athènes se solda par la victoire des rebelles à la bataille d'Embata qui retrouvèrent leur indépendance en -355.

Guerre[modifier | modifier le code]

Au milieu de l'été -357, la flotte de Chabrias fut défaite et lui-même fut tué lors d'une attaque contre l'île de Chios. Les généraux athéniens Charès et Chabrias reçurent le commandement de la flotte athénienne. Charès se retira vers l'Hellespont pour mener des opérations contre Byzance, Chabrias mourra au combat àsur l'île de Chios. Les généraux Timothée, Iphicrate et son fils Ménesthée[2] furent envoyés pour lui venir en aide dans une bataille qui se préparait contre la flotte ennemie qu'on avait aperçue sur l'Hellespont. Timothée et Iphicrate refusèrent de s'engager en raison d'un vent trop violent, mais Charès le fit et perdit un grand nombre de ses navires. Iphicrate et Timothée furent accusés par Charès et on fit leur procès, mais seul Timothée fut condamné à payer une amende, et s'échappa.

En -356, les alliés révoltés ravagèrent les îles de Lemnos et d'Imbros restées fidèles d'Athènes, mais ne purent mettre le siège devant Samos, défendue par les clérouques. Charès commanda la flotte athénienne à la bataille d'Embata qui fut une défaite décisive. Au retour à Athènes, Charès intenta un procès contre les autres commandants de l'armée pour trahison et concussion ; Iphicrate fut acquitté et Timothée qui ne put payer le montant de 100 talents, fut condamné à l'exil.

Intervention de Philippe II[modifier | modifier le code]

Le roi Philippe II de Macédoine vit dans la guerre une occasion de servir les intérêts de son empire macédonien dans la région de la mer Égée. En -357, il s'empara d'Amphipolis, où était entreposé l'or et l'argent des mines du mont Pangée et qui permettait de s'en approcher ; on y trouvait aussi du bois d'œuvre, ce qui pouvait assurer l'avenir économique et politique de la Macédoine. Philippe s'engagea à offrir secrètement Amphipolis aux Athéniens en échange de Pydna, port important. L'affaire conclue, il s'empara de Pydna et de Potidée au cours de l'hiver, et ne cède pas Amphipolis, puis prend la ville de Crénides aux Odrysiens et la rebaptisa.

La principale ville de la Confédération Chalcidique, Olynthe, avait été l'alliée de Philippe, mais s'état rétractée, prenant peur de sa puissance sans cesse croissante. Malgré de nombreuses tentatives de Philippe pour maintenir intacte l'alliance, où entrait la ville de Potidée, Olynthe réalisa une alliance avec Athènes. En -349, Philippe assiégea la ville, la rasa jusqu'au sol, puis soumit les autres villes de la Confédération.

Intervention de la Perse et fin de la guerre[modifier | modifier le code]

Charès avait besoin d'argent pour son effort de guerre, mais ses compatriotes répugnaient à lui en donner ; contraint en partie par ses mercenaires, il entra au service du satrape perse révolté Artabaze. Au début les Athéniens approuvèrent cette collaboration, mais ensuite ils lui donnèrent l'ordre de l'abandonner après la plainte du roi perse Artaxerxès III Ochos, car ils craignaient que les Perses ne soutinssent les confédérés en révolte.

Finalement, en -356, voyant que les opérations d'Athènes se rapprochent de plus en plus de ses territoires, l'Empire Perse donne l'ordre à Athènes de quitter l'Asie Mineure en la menaçant d'une guerre. En -355 Athènes, tout à fait incapable de supporter une autre guerre, s'inclina et se retira, reconnaissant l'indépendance des alliés confédérés. Le parti de la guerre, conduit par Charès, fut remplacé par un parti de la paix, conduit par Eubule. Le surplus financier de ce qui avait été rassemblé pour la guerre fut utilisé pour des divertissements publics.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. L. Cawkwell, « Notes on the Failure of the Second Athenian Confederacy », in Journal of Hellenic Studies 101, 1981, S. 40-55. DOI:10.2307/629842
  • Martin Dreher, Hegemon und Symmachoi. Untersuchungen zum Zweiten Attischen Seebund, Berlin/New York 1995, S. 287-292. (ISBN 3-11-014444-1)
  • Scott Peake, « A Note on the Dating of the Social War », in Greece & Rome 44, 1997, S. 161-164.
  • Stephen Ruzicka, « Epaminondas and the Genesis of the Social War », in: Classical Philology 93, 1998, S. 60-69.
  • Raphael Sealey, « Athens after the Social War », in Journal of Hellenic Studies 75, 1955, S. 74-81. DOI:10.2307/629172

Notes[modifier | modifier le code]

  1. contribution de l'alliance, qui à l'origine n'était pas obligatoire, afin de marquer la volonté d'Athènes de renoncer à l'impérialisme du 5e siècle
  2. gendre d'Iphicrate

Références de traduction[modifier | modifier le code]