Karaköy

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Karaköy
Galata karakoy.jpg
Géographie
Pays
Province
Grande ville
District
Coordonnées
Istanbul location Beyoğlu.svg
Identifiants
Code postal
34425Voir et modifier les données sur Wikidata
Indicatif téléphonique
0-212Voir et modifier les données sur Wikidata

Le quartier de Karaköy est un quartier d'Istanbul, la plus grande ville de la Turquie. Karaköy est situé au nord de la Corne d'Or, position qui la sépare du vieux centre de la ville de l'ancienne Constantinople. La Corne d'or est traversée par plusieurs ponts, le plus connu étant le pont de Galata. Karaköy est aujourd'hui un quartier du district de Beyoğlu.

Au centre du quartier se trouve la tour de Galata, construite par les Génois en 1348 au nord et au plus haut point de la citadelle.

Origine du nom Galata[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs théories au sujet de l'origine du nom « Galata ». Certains invoquent une origine italienne : de calata, qui signifie « pentu » car le quartier est construit en pente de la colline vers la mer : soit pour les Grecs très probablement le mot « Galat » voulant dire peuple celte des Galates qui a célébré le renouvellement hellénistique et s'est ensuite installé en Anatolie. Les habitants de la Galatie sont célèbres pour l'Épître aux Galates et le Galate mourant. D'autres y trouvent une origine grecque : le terme Galaktos signifiant « lait », fait référence au lait produit par les bergers qui occupaient la colline à l'époque médiévale.

Galata - ou plutôt sa tour[1],[2] - a donné le mot français "galetas", pour désigner une mansarde ou un réduit sous les combles.

La tour de Galata a été construite en 1348 au plus haut point de la citadelle génoise

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'histoire, Karaköy est souvent appelée Péra ancien nom de tout le district de Beyoğlu qui vient de l'ancien nom grec Sykais Peran (littéralement « champ de l'autre côté »). Beaucoup plus tard dans la période byzantine, Karaköy est devenu important avec l'Ancienne tour de Galata, grande tour de laquelle une chaîne de fer pouvait être tirée en période de guerre, pour bloquer l'entrée de la Corne d'Or. Cet ouvrage a été détruit pendant la quatrième croisade en 1204.

Un autre bâtiment célèbre est l'église de Saint-Paul (1233) qui a été construite par les Dominicains au cours de l'Empire latin de Constantinople (1204-1261). Le bâtiment est aujourd'hui connu sous le nom Arap Camii (la mosquée arabe) parce qu'il a été donné par le sultan Bayezid II aux Arabes d'Espagne, qui se sont installés à Istanbul pour fuir l'Inquisition espagnole de 1492.

De 1273 à 1453, le quartier devient une colonie génoise sous le nom officiel de Péra. Le quartier bénéficie d'un statut spécial très avantageux pour les génois : en effet, le commerce est exonéré de taxes et l'administration est assurée par Gênes. En 1296, Venise, jalouse de cette situation incendie la colonie. Cependant, Péra ne va cesser de se développer au cours du XIVe siècle. En 1303 un édit de l'empereur byzantin confirme la concession en fixant des zones autorisées à la construction. La colonie se dote de fortifications, bien que l'édit impérial interdise explicitement ce type d'aménagement à vocation militaire. L'empire byzantin, malgré quelques protestations est trop faible pour faire respecter ses propres règles. . Péra va connaitre un agrandissement considérable dans sa période génoise : la concession de 1303 concède un terrain de 12 hectares, en 1404 la colonie constitue une enceinte fortifiée de 37 hectares[3]. En 1453, la colonie génoise de Péra est prise par l'Empire ottoman durant le siège de Constantinople.

Les murs de la citadelle médiévale génoise sont largement restés intacts jusqu'au XIXe siècle, quand ils ont été démolis afin de permettre l'expansion urbaine, vers les actuels quartiers nord de Beyoğlu et Beşiktaş. À l'heure actuelle, seule une petite partie de la muraille génoise est encore en place, visible dans les environs de la tour de Galata. Le Palais de la génoise Podestà Montano de Marinis, connu sous le nom de Palazzo del Comune (Palais de la municipalité) dans la période génoise, et construit en 1316, est encore en ruines sur Banker Sokağı (historique Rue Camondo).

Karaköy a été le centre financier de l'Empire ottoman au XIXe siècle, comme en témoignent encore aujourd'hui les bâtiments qui bordent la Bankalar Caddesi (avenue des banques), y compris le siège de la Banque centrale ottomane, devenu musée de la Banque ottomane. Il faut noter que plusieurs ornements qui étaient à l'origine sur la façade du palais génois ont été utilisés pour embellir les bâtiments. Le long de cette rue se trouve également un escalier construit en 1860 par le banquier juif Abraham Salomon Camondo ; la combinaison de style néo-baroque et d'Art Nouveau en fait un monument unique en son genre.

Notables[modifier | modifier le code]

Images[modifier | modifier le code]

Vue depuis la Tour de Galata

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Etymologie de galetas sur le site du C.N.R.T.L.
  2. https://fr.wiktionary.org/wiki/galetas
  3. Jean Sauvaget, « Notes sur la Colonie génoise de Péra », Syria, vol. 15, no 3, {{Article}} : paramètre « date » manquant, p. 252–275 (DOI 10.3406/syria.1934.3760, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]