Gabriel Banon

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Gabriel Banon
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Gabriel Banon est un homme d'affaires franco-marocain, économiste et consultant international, né à Casablanca en 1928. Il partage sa vie entre le Maroc, les États-Unis et la Suisse[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Natif de Casablanca, il fait ses études au lycée Lyautey, puis à Lyon, où il décroche une licence en droit ; il étudie également à l'école polytechnique d'Oslo (diplôme d'ingénieur civil). De retour au Maroc, il participe à la création de la chambre syndicale des ingénieurs du Maroc, puis à celle de l'école des responsables syndicaux de l'UMT (premier syndicat marocain) de Rabat. Membre du cabinet du ministre de l'Industrie Thami Ouazzani, il retourne en France en 1956, pour s'acquitter de son service militaire. Durant son service, il est envoyé en Israël, où il est conseiller du commandant en chef de l'armée de l'air israélienne Dan Tolkovsky[3].

Entrepreneuriat[modifier | modifier le code]

De 1957 à 1961, Gabriel Banon est directeur des usines Japy du groupe Worms (sous la direction d'André Dewavrin), puis directeur des usines du groupe Alfa Laval de 1961 à 1971[4].

En 1969, il est fait conseiller pour la politique industrielle auprès du président français Georges Pompidou, et est nommé à la tête de l'Institut de développement industriel (IDI)[5],[6], dont il fut le premier directeur, jusqu'en 1973[3],[7],[8].

Dirigeant de la société Siersatom (industrie nucléaire) de 1973 à 1980, et de Sofinem de 1981 à 1984, il devient ensuite président-directeur général de deux sociétés : Winvest, société d'investissement (qui sera absorbée par sa filiale américaine, et dans laquelle étaient associés notamment l'ancien président Gerald Ford et l'ancien sous-secrétaire d'Etat Lawrence Eagleburger[3]) à partir de 1984, et Solitair Kapital AB, société de leasing d'avions[Note 1],[9] à partir de 1997[10].

Il fut également vice-président national du Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD) en France, membre du conseil du Comité national de l'organisation française et de la Fondation nationale pour l'enseignement du management[10]. Aux États-Unis, il est membre du conseil consultatif de l'Université de Caroline du Sud à Columbia de 1986 à 1992[10].

Consultant international[modifier | modifier le code]

Peu après les Accords d'Oslo, en décembre 1993, Gabriel Banon rencontre Yasser Arafat[11]. Celui-ci le prend comme conseiller économique en chef[10],[11]. L'Autorité palestinienne le nomme ensuite à la tête d'une société conseil à but non lucratif[12], la "Strategic and Development Policy Advisors"[13],[14], basée en France[12], et chargée d'assister la Palestine dans sa politique de développement économique[12],[5],[6]. Les différentes missions dont sont alors chargées la SDPA comprennent notamment de porter assistance au PECDAR[Note 2],[12] et de gérer le reversement par Israël des fonds de pension palestiniens. Arafat met fin à cette dernière mission en janvier 1997[15] pour la confier à un autre groupe de gestion.

Via la SDPA, Banon s'occupe également du développement du réseau téléphonique sur le territoire palestinien[4], de la création du port de Gaza[6], et de la fondation de la Lettre économique palestinienne, en partenariat avec l'agence de presse palestinienne Wafa. Le rédacteur en chef en est Stéphane-Xavier Trano ; le mensuel cesse sa parution début 1997.

En 2005, Gabriel Banon est conseiller auprès du Conseil de sécurité économique de la Fédération de Russie[16].

Il participe à de nombreux travaux pour la fondation Initiatives et Changement[17],[18], est le secrétaire général du groupe de travail israélo-palestinien de Caux pour la paix et la réconciliation (Caux Working Group for Peace and Reconciliation) en 2009[19],[20], et reste conseiller spécial pour plusieurs gouvernements africains[18].

En 2012, il est chroniqueur en économie et en géopolitique de la radio marocaine Luxe Radio[21].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Gabriel Banon est le fils de Jacob Banon (1904-1983), juriste proche de Mohammed V puis de Hassan II[Note 3] et président de la communauté juive de Casablanca durant de nombreuses années[22].

Il est le père de quatre enfants : Patrick, écrivain et chercheur affilié à la chaire « Management et Diversité » de l'université Paris-Dauphine[23], Bruno, comédien et professeur d'art dramatique[24], et Anilore, artiste collagiste et sculptrice[25] divorcée de l'avocat Pierre Lellouche, enfants de Guilaine Banon[26], et Tristane, fille d'Anne Mansouret[27], née hors mariage, reconnue à la naissance par Gabriel Banon[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plus tard filiale de la société Wexford, fonds d’investissement américain.
  2. Palestinian Economic Council for Development and Restructuration, organisme chargé de la reconstruction et du développement économique des territoires palestiniens.
  3. Le monarque le décora de l'Ouissam alaouite.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fabienne Le Moal, « Tristane Banon, l’ombre du père », sur Europe1.fr, Europe 1, (consulté le 29 août 2012).
  2. Gabriel Banon, « Biographie », sur Gabriel Banon - Politiquement incorrect, (consulté le 29 août 2012)
  3. a, b et c Khalid Belyazid et Fedoua Tounassi, « Le Maroc doit sauter vers la société post-industrielle », L'Économiste, no 611,‎ (lire en ligne).
  4. a et b (en) Robert S. Greenberger et Amy Dockser Marcus, « Arafat's operators », The Wall Street Journal Western Edition, Dow Jones & Company, Inc.,‎ (ISSN 0193-2241)
  5. a et b Zeghidour Slimane, « Après le retour de Yasser Arafat à Jéricho : Le nerf de la paix », La Vie, no 2550,‎ (lire en ligne).
  6. a, b et c Nicolas Beau, « Gaza : Les fruits amers de la paix », L'Expansion,‎ (lire en ligne).
  7. Éditions Séguier, « Gabriel Banon : Le Partage de la mémoire », sur fnac.fr, Fnac (consulté le 29 août 2012).
  8. Gabriel Banon, « De quelle bourse le Maroc a besoin ? », Maroc Hebdo International, no 856,‎ , p. 43 (lire en ligne [PDF]).
  9. Abdellah Chankou, « Fil info de Maroc Hebdo International », Maroc Hebdo International, no 472,‎ , p. 2 (lire en ligne [PDF])
  10. a, b, c et d (en)Strategic Partners Group, « Management », sur http://www.artel.ru, Artel (consulté le 29 août 2012).
  11. a et b (en) Max Berley, « Palestinians' Investment Guru Shrugs Off Death Threats : Arafat's French-Jewish Adviser », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  12. a, b, c et d Dépêche AFP du 7 juillet 1994.
  13. Gabriel Banon, « Mise au point », sur Gabriel Banon - Politiquement incorrect, (consulté le 29 août 2012).
  14. Ayoub Akil, « Mourir pour la liberté et la dignité », Perspectives Méditerranée,‎ (lire en ligne)
  15. Reuters, « Yasser Arafat limoge un conseiller économique français »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), Libération, .
  16. Fatima El Ouafi, « Les Russes s'intéressent de plus près au Maroc », L'Économiste, no 2072,‎ (lire en ligne).
  17. « Clôture du deuxième Forum de Caux pour la sécurité humaine », Initiatives et Changement, (consulté le 29 août 2012).
  18. a et b Gabriel Banon, « Débat autour de l'insécurité humaine », Changer International, Initiatives et Changement, no 333,‎ (lire en ligne [PDF]).
  19. Nadia Belkhayat, « Gabriel Banon raconte Arafat au quotidien », L'Économiste, no 3422,‎ (lire en ligne).
  20. (en)Mike Lowe, Mike Brown, Mary Lean, Andrew Stallybrass, « International Caux Conferences 2009 - Report », Initiatives et Changement, (consulté le 29 août 2012), p. 6[PDF].
  21. « Gabriel Banon », Luxe Radio (consulté le 29 août 2012).
  22. Abdellatif Mansour, « Le père, le fils et Casablanca », Maroc Hebdo International, no 530,‎ , p. 36 (lire en ligne [PDF]).
  23. Patrick Banon, « En savoir + sur Patrick Banon », Patrick Banon (consulté le 29 août 2012).
  24. « Atelier Libre Jeu ».
  25. « Banon, Annie-Laure », sur www.ledelarge.fr, Le Delarge (consulté le 29 août 2012).
  26. « Décès de Guilaine Banon », Maroc Hebdo International, no 685,‎ , p. 49 (lire en ligne [PDF]).
  27. Ondine Millot, « Tristane Banon, le mal-être à livres ouverts », Libération,‎ (lire en ligne).