Franz Jägerstätter

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Franz Jägerstätter
Plakat Jaegerstaetter.JPG
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
St. Radegund (depuis le )Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Franz HuberVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
St. Radegund (jusqu'au XXe siècle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Religion
Ordre religieux
Vénéré par
Étape de canonisation
Membre de
Tiers-Ordre franciscain (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Condamné pour
Fête
Gedenktafel Franz Jaegerstaetter.jpg
plaque commémorative

Franz Jägerstätter (parfois orthographié Jaegerstaetter), né le à St. Radegund, près de Salzbourg, et exécuté le à Berlin, est un objecteur de conscience autrichien. Victime du régime nazi, il est vénéré comme bienheureux et martyr par l'Église catholique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Franz naît à Sankt Radegund, dans le Land de Haute-Autriche, un petit village entre Salzbourg et Braunau am Inn. Il est l'enfant illégitime de Rosalia Huber, femme de chambre, et de Franz Bachmeier, fermier. Comme ses parents n'ont pas les moyens de se marier, Franz est tout d'abord confié à sa grand-mère, Elisabeth Huber. Si père biologique est tué pendant la Première Guerre mondiale, alors que Franz est encore tout jeune. En 1917, sa mère épouse Heinrich Jägestätter, qui adopte l'enfant.

Issu d'une famille pauvre de paysans, ayant suivi l'école élémentaire en classe unique, il développe toutefois un goût prononcé pour la lecture[1]. Après une courte expérience de trois ans comme mineur à Eisenerz, il retourne à Sankt Radegund en 1933 lorsqu'il hérite de la femme de son père adoptif. La même année, il a une fille hors-mariage, Hildegard Auer. Le jeudi saint de l'année 1936, il épouse Franziska Schwaninger (4 mars 1913–16 mars 2013), une femme très profondément religieuse. Le couple se rend en pèlerinage à Rome pour son voyage de noces. Sous l'influence de sa femme, Jägerstätter se met à lire la Bible et les vies de saints. Leur couple donne naissance à trois filles.

Ce village traditionnel et catholique est d'abord hostile à la montée du National-socialisme et dont le prêtre, le père Joseph Karobath est arrêté par la Gestapo pendant l'été 1940[1]. En 1938, après que les troupes d'Hitler ont pénétré en Autriche, il est le seul de son village à voter contre l'Anschluss[2]. Il se rend à une brève période de formation militaire d'octobre 1940 à avril 1941, mais n'adhère à aucune organisation politique et manifeste ouvertement son opposition au nazisme. Il parvient à être exempté du service militaire en 1941 et choisit de devenir bedeau, apprenant très vite les répons en Latin[1]. Sacristain Jägerstätter, marié à Franziska Schwaninger[1], et alors père de trois filles, dont la plus âgée a six ans, est appelé au service actif en février 1943. Il refuse de combattre pour le Troisième Reich et, en conséquence, est emprisonné à Linz, puis à Berlin. Condamné à mort par un tribunal militaire, il est guillotiné le 9 août 1943 à la prison de Brandenbourg[3].

Ses cendres sont, au moins en partie, conservées, intégrées dans l'autel de l'église de son village natal [4].

Citations[modifier | modifier le code]

"Qui est responsable de mes actes de soldat ?"[1]

"Le Christ n'est pas seulement le serviteur souffrant du Vendredi Saint, il est aussi celui qui le matin de Pâques a triomphé de la mort"[1]

Béatification[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, Franz Jägerstätter est largement oublié. Ce n'est qu'en 1964 que le sociologue américain Gordon Zahn (en) publie une biographie qui le fait connaître[5].

En juin 2007, le pape Benoît XVI a autorisé la Congrégation pour la cause des saints à publier un décret reconnaissant Jägerstätter comme martyr. Celui-ci a été béatifié à la cathédrale de Linz le , jour de la fête nationale autrichienne[6].

« Au fond, tous les chrétiens auraient dû refuser de servir. Ainsi, le régime serait devenu impuissant », affirme Mgr Walter Mixa, évêque allemand aux armées[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Franz Jägerstätter (trad. de l'allemand par Claire de Oliveira et Dieter Gosewinkel), Être catholique ou nazi : lettres d'un objecteur de conscience, Montrouge, Bayard, , 85 p. (ISBN 978-2-227-49814-3)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Franz Jägerstätter 2019
  2. a et b Madeleine Banvillet, « Franz Jägerstätter, le courage d’un martyr autrichien face au nazisme », La Croix,‎ (lire en ligne)
  3. André Larané, « Une Vie cachée de Terrence Malick Un film de foi et d'amour », sur herodote.net, (consulté le 11 décembre 2019).
  4. Documentaire "Cinema Austria - Les 112 premières années" de Frederick Baker - Autriche - 2019
  5. Guillaume Desvignes, « Face au nazisme, les martyrs de l’ombre », sur fr.aleteia.org, (consulté le 11 décembre 2019).
  6. Le résistant autrichien Franz Jägerstätter béatifié, AFP, 26/10/2007, cité par Romandie news