Sophie Scholl

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Sophie Scholl
Image dans Infobox.
Sophie Scholl en 1942.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Friedhof am Perlacher Forst (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Sophie Magdalena SchollVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Étudiant à l'université, résistanteVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Magdalena Scholl (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
Religion
Membre de
Partenaire professionnel
Condamnée pour
Grab Sophie und Hans Scholl Christoph Probst-1.jpg
Vue de la sépulture.

Sophie Magdalena Scholl, née le à Forchtenberg (Allemagne) et exécutée le à Munich, est une résistante allemande au nazisme et l'un des piliers du réseau « La Rose blanche » (Die Weiße Rose) avec son frère Hans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Comme le reste des jeunes Allemands, elle est embrigadée dans les jeunesses hitlériennes. Elle y ressent très tôt la restriction des libertés, en particulier de pensée et de religion. Chrétienne, elle est comme son frère profondément croyante[1]. Après l'Abitur en 1940, elle travaille dans un Kindergarten. Dans les « services du travail » et « service auxiliaire » qu'elle effectue en 1940-41 à Krauchenwies, elle parvient à garder, malgré l'interdiction de posséder des livres, les Confessions de saint Augustin ; elle garde en mémoire cette phrase : « Tu nous as créés pour que nous allions à Toi, et notre cœur est inquiet, jusqu'à ce qu'il repose en Toi[2]. » Elle entame ensuite des études de biologie et de philosophie en mai 1942 à Munich. Influencée par son éducation protestante, par l'opposition déclarée de son père Robert Scholl au nazisme, et par l’expérience vécue par son frère, militaire étudiant en médecine à Munich, puis infirmier dans les hôpitaux du front de l’Est, qui est témoin de la barbarie de l'armée à l'encontre des juifs et des populations russes, elle prend conscience de la vraie nature du régime nazi. À partir de , elle tient des réunions avec son frère Hans et Carl Muth. Elle les aide à imprimer et à diffuser les tracts hostiles au régime nazi et à la guerre. Sophie Scholl distribue des tracts dans la rue, glissant des feuillets sur les voitures en stationnement, dans des cabines téléphoniques, les diffusant à la gare centrale de Munich[3]. Elle effectue quelques voyages à travers le pays pour promouvoir les idées de la Rose blanche auprès d'étudiants sympathisants.

Le , après avoir lancé avec son frère Hans des tracts dans la cour intérieure de l'université de Munich, elle est repérée par le concierge de l'université, Jakob Schmid. Ils sont remis au rectorat où, après plusieurs heures d'interrogatoire par l'inspecteur Robert Mohr, le doyen et le président de l'université, ils sont remis à la Gestapo. Conduite devant le « Volksgerichtshof » (« Tribunal du peuple »), elle est condamnée à mort après un procès mené en trois heures seulement. C'est Roland Freisler lui-même, le chef du Tribunal du peuple, venu spécialement de Berlin, qui annonce la sentence pour faits de « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l'ennemi et démoralisation des forces militaires ». Elle est guillotinée[4] le jour même le à Munich à la prison de Stadelheim par le bourreau Johann Reichhart[5], et cela malgré la législation allemande qui imposait un délai de 99 jours avant l'exécution d'un condamné. Selon le témoignage des gardiens de la prison, elle fait preuve de beaucoup de courage lors de son exécution[5]. Sa compagne de cellule rapporte un rêve qu’elle a fait la veille de son exécution : « Par un jour ensoleillé je portais un enfant en langes blancs pour le faire baptiser. Le chemin de l’église suivait une montagne escarpée. Toutefois je serrais l’enfant en sécurité dans mes bras. Quand soudain il y eut devant moi une crevasse. J’ai eu juste le temps de déposer l’enfant de l’autre côté avant de tomber dans le précipice ». Sophie Scholl explique le sens de ce rêve : « L’enfant est notre idée, elle s’accomplira malgré les obstacles. Nous pouvions en être les précurseurs, mais nous devions mourir auparavant pour elle »[6].

Elle est ensuite enterrée dans le cimetière proche de la forêt de Perlach, aux côtés de son frère Hans et de Christoph Probst, exécutés le même jour.

Postérité[modifier | modifier le code]

Pendant la période nazie[modifier | modifier le code]

Le , Thomas Mann leur rend hommage sur les ondes de la BBC : « Courageux, magnifiques jeunes gens ! Vous ne serez pas morts en vain, vous ne serez pas oubliés »[7].

Héroïne emblématique de la RFA[modifier | modifier le code]

Photos des membres de la Rose blanche et reproduction des tracts incrustés sur les pavés devant l'université de Munich.

Face à la République démocratique allemande, qui se présentait comme l'héritière de la résistance de milliers de communistes allemands, la République fédérale d'Allemagne, membre fondateur de la CEE et alliée des États-Unis chercha elle aussi à revendiquer une filiation avec la résistance antinazie. Hans et Sophie Scholl présentaient à cet égard l'avantage d'être passés par les Jeunesses hitlériennes[8], d'être chrétiens et de ne pas avoir usé de violence. Ils possédaient donc toutes les qualités pour devenir les héros emblématiques de la RFA naissante[9]. La RDA revendiquait elle aussi l'héritage de Hans et Sophie Scholl, et a édité un timbre à leur effigie en 1961[10].

Hommages[modifier | modifier le code]

Buste représentant Sophie Scholl.

En Allemagne, de nombreuses écoles portent le nom de Sophie et Hans Scholl. Un prix littéraire, le prix frère et sœur Scholl, a été créé en 1980.

Un buste de Sophie Scholl est ajouté le au Walhalla (mémorial allemand à Ratisbonne).

À Paris, le jardin Hans-et-Sophie-Scholl est ouvert en 2020[11].

Le collège La Rose Blanche, 34 rue Marie-Georges-Picquart, dans le 17e arrondissement de Paris.

Documents d'archives[modifier | modifier le code]

La chute du mur en 1989 et l'accès aux archives de l'ex-RDA ont permis de découvrir les procès-verbaux des interrogatoires des deux étudiants par la Gestapo. Inge Aicher-Scholl a légué à sa mort ses archives à l'Institut d'histoire de Munich.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Dernière Volonté, La Rose blanche (album Obéir et mourir).
  • Les Joyaux de la Princesse et Regard Extrême, Die Weiße Rose (album, 1997, label : Les Joyaux de la Princesse).
  • Louis Philippe, Ballad of Sophie Scholl (album Appointment with Venus, 1986, El Records).
  • Otto M. Schwarz, The Secret of "The White Rose" (composé en 2013)
  • Mickey 3D, La rose blanche, 2015 (album Sebolavy, 2016).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Earl R. Beck, Under the Bombs : The German Home Front, 1942-1945, University Press of Kentucky, , 252 p. (ISBN 978-0-8131-0977-0, lire en ligne), « Stalingrad and All-Out Warfare ».
  • Didier Chauvet, Sophie Scholl, une résistante allemande face au nazisme, Paris, L'Harmattan, , 201 p. (ISBN 978-2-343-03418-8).
  • Carole Bitoune (préf. Beate Klarsfeld), La révolte au féminin : Portraits de femmes exemplaires, Paris, Hugo et Cie, coll. « Hugo doc », , 189 p. (ISBN 978-2-7556-0154-1).
  • Hans Scholl, Sophie Scholl et Inge Jens (directeur) (trad. de l'allemand, préf. Pierre-Emmanuel Dauzat), Lettres et carnets, Paris, Tallandier, , 368 p. (ISBN 978-2-84734-436-3).
  • Inge Scholl (trad. de l'allemand par Jacques Delpeyrou), La Rose Blanche, six Allemands contre le nazisme, Paris, Les éditions de Minuit, coll. « double Minuit », , 156 p. (ISBN 978-2-7073-2051-3)
  • (de) Barbara Beuys, Sophie Scholl : Biographie, Munich, Carl Hanser Verlag, , 496 p. (ISBN 978-3-446-23505-2).
  • Didier Chauvet, « La Rose blanche », Histoire du Christianisme magazine,‎ .
  • Marc Veber, Régis Hautière, Francis Laboutique, Emmanuel Polack, Femmes en résistance. Numéro 2 Sophie Scholl, Éditions Casterman, 2014, 63 p.
Jeunesse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Bayard, Aurais-je été résistant ou bourreau ?, Les Éditions de Minuit, 2013, p. 89.
  2. Inge Scholl, La Rose blanche, Éditions de Minuit, p.  48.
  3. Barbara Koehn, La résistance allemande contre Hitler 1933-1945, Paris, Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-053671-9), p. 89.
  4. Beck 1999, p. 51.
  5. a et b (en) « The execution of women by the Nazis during World War II – Sophie Scholl – guillotined in Munich », sur le site capitalpunishmentuk.org, consulté le 9 septembre 2008 et le 4 janvier 2009.
  6. Charlotte Beradt, Rêver sous le IIIe Reich, Payot & Rivages, , 240 p. (ISBN 978-2-228-89895-9), p. 134-135
  7. (de) Dr. Dirk Heißerer, « Discours pour l'inauguration de la Thomas-Mann-Halle de l'université Louis-et-Maximilien de Munich », sur Thomas-Mann-Forum, (consulté le ).
  8. « Leur trajectoire, de la Jeunesse hitlérienne à la guillotine, prouvait que de jeunes Allemands soumis à l'endoctrinement du régime pouvaient être restés rebelles à son idéologie et étrangers à ses crimes. » selon François Roux, « Des résistants modèles », dans la revue d'histoire populaire Gavroche, no 157, janvier-mars 2009, p. 44.
  9. François Roux, « Des résistants modèles », dans la revue d'histoire populaire Gavroche, no 157, janvier-mars 2009.
  10. « Antifaschisten, Hans und Sophie Scholl - Briefmarke DDR », sur www.suche-briefmarken.de (consulté le )
  11. « Jardin Hans et Sophie Scholl », sur www.paris.fr (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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