François Antoine Lallemand

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François Antoine Lallemand
Le général François Antoine Lallemand.
Le général François Antoine Lallemand.

Naissance
Metz, Moselle
Décès (à 64 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Lieutenant-général
Années de service 1792-1839
Faits d'armes Bataille de Friedland
Bataille de Waterloo
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Grand Croix du Dannebrog
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 37e colonne.
Autres fonctions Pair de France

François Antoine « Charles » Lallemand, né le 23 juin 1774 à Metz et mort le 9 mars 1839 à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Exilé aux États-Unis en 1815, il est réhabilité en 1830, promu lieutenant-général et fait pair de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils d'un perruquier de Metz, François Antoine Lallemand naît le à Metz[1], une place forte du royaume de France. Il reçoit une bonne éducation.

La Révolution et le Consulat[modifier | modifier le code]

Attiré par le métier des armes, il s'engage comme volontaire dans la 16e compagnie d'artillerie légère, formée à Strasbourg le 1er mai 1792, Lallemand fait dans ses rangs les campagnes de l'Argonne et de Trèves ; il entre le 1er mars 1793 dans le 1er régiment de chasseurs à cheval avec lequel il sert aux armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse ; il est appelé au mois de ventôse de l'an III, en qualité d'aide de camp provisoire auprès du général Elie, commandant de la 2e division militaire puis vient à Paris, dans le mois de prairial suivant, avec le général Loison qui le conserve à l'état-major de la 17e division militaire.

Le 13 vendémiaire il défend la Convention dans les rangs de l'état-major du général Napoléon Bonaparte, obtient le brevet de sous-lieutenant de dragons et celui d'aide de camp. Nommé lieutenant des guides à cheval de l'armée d'Italie en l'an V, il part pour l'Égypte en l'an VI et devient capitaine aide de camp du général Junot pendant le siège de Jaffa. Bonaparte l'emploie à cette époque comme négociateur auprès de l'amiral Sidney Smith.

Officier de la Grande Armée[modifier | modifier le code]

Chef d'escadron et chevalier de la Légion d'honneur en l'an XII, le Premier consul le charge d'une mission à Saint-Domingue auprès du général Leclerc. À son retour en France, il suit Junot au Portugal, entre comme major au 18e dragons et fait la campagne d'Autriche. Colonel du 27e régiment de dragons après la bataille d'Iéna, officier de la Légion d'honneur après la bataille de Friedland, il entre en Espagne en 1808 avec la 11e division de dragons et revient en France en 1809 pour se remettre de ses fatigues.

Ayant rejoint son régiment en janvier 1810, il est promu au grade de général de brigade le 6 août 1811. Dès son arrivée en Murcie avec la 2e division de cavalerie, il culbute les insurgés, leur fait beaucoup de prisonniers et attaque le 21 juin 1812, à Valencia de la Torrès, une forte colonne de cavalerie anglaise qu'il met en déroute, tuant 300 hommes et 500 chevaux et faisant 130 prisonniers. En 1813, il sert à la Grande Armée et commande la cavalerie légère du 13e corps. Pendant la Campagne de France (1814), il commande tous les corps danois enfermés dans Hambourg et rentre en France au mois de mai.

La première Restauration et les Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Le gouvernement royal le créa chevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion d'honneur, en lui confiant le commandement du département de l'Aisne. À la nouvelle du débarquement de Napoléon Ier il tente d'entraîner les troupes des garnisons de Guise et de Chauny dans le mouvement que le général Lefebvre-Desnouettes fait à la tête des chasseurs royaux et veut s'emparer de la ville et de l'arsenal de La Fère. Le général d'Aboville fait échouer cette tentative et Lallemand est obligé de se déguiser et de fuir avec quatre officiers. Arrêté avec son frère le 12 mars à la Ferté-Milon, il est conduit à Soissons et ne recouvre sa liberté que le 21 mars.

Nommé lieutenant-général le 30 mars 1815 et pair de France, il prend le commandement des chasseurs à cheval de la Garde et combat à Ligny et à la bataille de Waterloo. Après ce désastre, il part de Paris, rejoint Napoléon à Niort et l'accompagne à Rochefort. Les Britanniques autorisent l'empereur déchu à choisir parmi ceux qui l'accompagnent trois officiers pour venir avec lui, excluant les généraux Savary (pour son rôle dans l'affaire du duc d'Enghien) et Lallemand (pour avoir trahi Louis XVIII qu'il a rallié lors de la Première Restauration[2]). Pendant que l'Empereur est transféré à bord du Northumberland, le général Lallemand est arrêté à Plymouth et jeté sur l'Eurotas pour être conduit avec Savary comme prisonnier de guerre à Malte.

L'exil sous la Restauration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Champ d'asile.

Un peu plus tard, les deux généraux apprennent qu'ils ont été placés par Fouché, toujours en poste, sur la liste de proscription du 24 juillet 1815, article 1 (arrestation et comparution en conseil de guerre). Ils ne sont cependant pas rapatriés, avec le risque d'être condamnés à mort comme ils le craignent[3], mais conduits à Malte comme prisonniers de guerre. Les Britanniques ne souhaitent cependant pas garder les deux officiers prisonniers à vie. Le gouvernement fait donc savoir à Savary et à Lallemand qu'ils sont libres de partir à la condition de se prêter à un simulacre d'évasion[4]. La Couronne britannique souhaite en effet rester en bons termes avec la France, où s'est ouvert leur procès par contumace.

À la fin de l'année 1816, les généraux français quittent donc leur prison maltaise et embarquent sur un navire anglais à destination d'Odessa. Ils débarquent à Smyrne. C'est là qu'en janvier 1817, Savary et lui apprennent l'issue de leur procès : la Chambre des pairs a condamné Savary à mort. Quant à Lallemand, le 1er conseil de guerre de la 1re division militaire l'a condamné à l'unanimité le 20 avril 1816, à la peine de mort, comme coupable de rébellion et de trahison.

Il passe alors en Perse, puis s'embarque pour les États-Unis, où, l'année suivante, il arme quelques bâtiments légers dans le but de fonder au Texas une colonie de réfugiés français qui prend le nom de Champ d'asile. Le groupe est d'abord accueilli par les frères Laffite à Galveston, qui les aident à remonter la rivière Trinity jusqu'à l'ancien emplacement d'un fort espagnol construit au-dessus des berges escarpées du fleuve, chez les autochtones Orcoquisa (en). L'emplacement est en territoire espagnol, mais loin des garnisons de San Antonio. Cependant, cette région au nord-est des terres espagnoles est contestée par les États-Unis depuis l’achat de la Louisiane, et pour le moment la considère comme « zone neutre » et s'est engagée à ne pas patrouiller ni coloniser.

Selon deux rapatriés, Lallemand et ses compagnons construisent quatre forts[5], mais par la suite le climat difficile du Texas leur donne beaucoup de difficulté[6]. Puis, au mois de juillet, ils apprinnent l'arrivée prochaine d'un détachement de San Antonio afin de chasser les intrus ; ils se replient à Galveston sous la protection de Jean Laffite. Après la visite de George Graham, messager du gouvernement de Washington, Charles Lallemand part pour La Nouvelle-Orléans chercher des provisions. Galveston est soumise à un ouragan du 13 au 15 septembre. À la mi-octobre, les troupes mexicaines arrivent, mais en mauvais état elles aussi. Le capitaine Juan Castañeda se rend compte que les Français ne sont plus une menace, et repart, mais sur le chemin du retour, repasse par le Champ d'Asile et prend deux jours à en détruire les constructions françaises. Il reconnait être fort aise de n'avoir pas eu à prendre d'assaut de si solides fortifications[7].

Lallemand repart à La Nouvelle-Orléans, où il obtient la nationalité américaine. Le reste des Français se dispersent, six officiers qui entrent dans les rangs de l'armée mexicaine sont envoyés à La Havane aux frais du gouvernement espagnol[8]; d'autres restent avec les flibustiers ; la majorité reprend la mer pour La Nouvelle-Orléans, d'où certains repartent pour l'Alabama rejoindre le groupe français de Charles Lefebvre-Desnouettes[9].

En 1823, il se rend à Lisbonne, puis à Cadix, pour y défendre la cause des constitutionnels ; mais le triomphe des royalistes le force à retourner aux États-Unis.

La monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Revenu en France à la suite de la révolution de 1830, il est rétabli sur le tableau de l'état-major et nommé successivement lieutenant-général, pair de France, commandant d'une division de cavalerie, inspecteur général de son arme, commandant de la 17e division de la Corse, grand officier de la Légion d'honneur, commandant la 10e division de Toulouse, membre du comité d'infanterie et de cavalerie et enfin président du jury d'examen de l'École militaire. Couvert d'honneurs, François Antoine Lallemand meurt à Paris le 9 mars 1839[1]. En littérature, il est évoqué par Honoré de Balzac dans La Rabouilleuse avec l'orthographe Lallemant[10]. François Antoine Lallemand est le frère ainé d'Henri Dominique Lallemand.

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 37e et 38e colonnes.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Liste des généraux mosellans du consulat et de l'empire sur patrimoines.lorraine.eu
  2. Lentz 1993, p. 252.
  3. Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. I, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, , 1228 p. (ISBN 2-07-010302-1), p. 40.
  4. Melchior-Bonnet 1962, chapitre XIV.
  5. L. Hartmann et J.B. Millard, Le Texas, ou notice historique sur le Champ d'Asile, Paris, Béguin,
    traduit en anglais par Donald Joseph sous le titre de The Story of Champ d'Asile as Told by Two of the Colonists, Dallas : Book Club of Texas, 1937
  6. (en) L. Hartmann et J.B. Millard (trad. Jack Autrey Dabbs), « Additional Notes on the Champ d'Asile », Western Historical Quarterly, no 54,‎ 1950-1951, p. 347-358
  7. (en) The Letters of Antonio Martinez, Last Spanish Governor of Texas, 1817-1822, Austin, Texas State Library,
  8. (en) Kent Gardien, « Take Pity on Our Glory: Men of Champ d'Asile », Southwestern Historical Quarterly, vol. 86, no 3,‎ , p. 241-268
  9. (en) Betje Black Klier (dir.), French in Texas, Austin, University of Texas Press, coll. « Texana / French Studies », (ISBN 978-0-292-70528-9, présentation en ligne, lire en ligne), chap. VI (« Champ d'Asile, Texas »)
  10. Bibliothèque de la Pléiade, 1976, t. IV, p. 300 (ISBN 2070108627)
  11. a, b, c et d Dossier de légionnaire (cote LH/1450/29) sur la Base léonore

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]