Fauvette des jardins

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Sylvia borin

La Fauvette des jardins (Sylvia borin) est une espèce de passereaux appartenant à la famille des Sylviidae, qui niche dans la plupart de l'Europe et dans l'Ouest de l'Asie. Son plumage n'a aucun contraste ou caractéristique notable et lui confère un aspect « neutre ». C'est une fauvette typique du genre Sylvia, robuste, avec les ailes et la queue longues, aux parties supérieures gris-brun olive et les parties inférieures plus claires. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel, et les jeunes ressemblent aux adultes. Deux sous-espèces sont distinguées, ne différant que légèrement et s'hybridant dans les zones de sympatrie. En raison du manque de traits distinctifs, cette espèce peut être confondue avec un certain nombre d'autres fauvettes. Son chant est beau, montant ou descendant sans mélodie définie, et ressemble à celui de la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), mais sans le motif final flûté propre à cette espèce.

La Fauvette des jardins cherche les boisements ouverts aux sous-bois touffus pour nicher, et n'occupe que rarement les jardins contrairement à ce que son nom peut laisser entendre, ne se contentant en effet pas de simples arbustes ou d'arbres isolés pour faire son nid. La ponte compte quatre ou cinq œufs blancs ou crème, tachetés, couvés pendant 11-12 jours. Les poussins sont sont nidicoles, naissent nus et avec les yeux fermés, et sont nourris par les deux parents. Ils acquièrent leur plumage en une dizaine de jours. Seul un quart des jeunes passeront la première année. La Fauvette des jardins est migratrice, hivernant en Afrique subsaharienne. Sur ce continent, elle peut être observée dans une grande gamme d'habitats, évitant toutefois le forêts fermées et le Sahel sans arbres. Pendant la saison de reproduction, cette fauvette se nourrit essentiellement d'insectes, pour l'élevage des jeunes, mais dans la période pré-migratoire elle consomme surtout des fruits, notamment de figues quand elles sont disponibles. Dans ses quartiers d'hivers, elle présente une alimentation mixte d'insectes et de fruits.

La Fauvette des jardins peut être chassé par l'Épervier d'Europe (Accipiter nisus) et des chats domestiques, et ses œufs et ses jeunes peuvent être la proie de divers mammifères et oiseaux. Elle peut également être l'hôte de divers acariens, puces et parasites internes, et ses couvées peuvent être parasitées par le Coucou gris (Cuculus canorus). Les populations déclinent légèrement dans une grande partie de l'Europe mais l'espèce est en expansion vers le Nord en Scandinavie. Ses effectifs importants sont donc relativement stables et cette fauvette jouit de surcroît d'une aire de répartition extrêmement vaste ; l'Union internationale pour la conservation de la nature considère donc cet oiseau comme de « préoccupation mineure ».

Description[modifier | modifier le code]

  • Longueur : 14 cm
  • Envergure : 22 cm
  • Poids moyen : 19-20 g

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

  • Régime alimentaire : insectivore.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition approximative de la Fauvette des jardins
  •      Zone de présence estivale
  •      Zone de présence hivernale

Taxinomie[modifier | modifier le code]

La Fauvette des jardins est décrite en 1783 par le naturaliste hollandais Pieter Boddaert sous le protonyme de Motacilla borin. Du genre Motacilla, qui regroupe les bergeronnettes, la Fauvette des jardins est ensuite déplacée vers le genre Sylvia, qui appartient à la vaste famille des Sylviidae et qui est apparu depuis 20 millions d'années au moins[1]. Le nom de genre provient du latin moderne silvia, une nymphe des bois, et apparenté à silva pour « bois, forêt »[2]. La dénomination spécifique, borin, provient d'un nom local pour l'oiseau dans la région de Gênes en Italie ; ce dernier dérive du latin bos pour « bœuf », animaux que la fauvette était pensée accompagner[3].

La Fauvette des jardins et son parent le plus proche, la Fauvette à tête noire (S. atricapilla), forment une lignée ayant divergé très tôt des autres membres du genre, il y a de cela 12 à 16 millions d'années. Au fil du temps, elles ont cependant divergé suffisamment l'une de l'autre pour être placée dans des sous-genres différents, S. atricapilla dans le sous-genre Sylvia et S. borin dans le sous-genre Epilais[4]. Ces deux espèces sœurs nichent plus loin au Nord-Est que toutes les autres fauvettes du genre Sylvia sauf la Fauvette babillarde (S. curruca) et la Fauvette grisette (S. communis)[5]. Les plus proches parents de ces deux espèces sont supposées être les deux espèce du genre Pseudoalcippe — le Pseudalcippe d'Abyssinie (P. abyssinica) et le Pseudalcippe du Ruwenzori (P. atriceps) — et le Horizorin de Dohrn (Horizorhinus dohrni), qui devraient donc possiblement être placés dans le genre Sylvia[6],[7].

Selon le Congrès ornithologique international (version 6.1, 2016)[8] et Alan P. Peterson[9], deux sous-espèces sont distinguées :

Des oiseaux de morphologie intermédiaire sont observés là où les deux sous-espèces coexistent et s'hybrident, et ont parfois été décrites comme des sous-espèces distinctes, comme S. b. kreczmeri en Pologne ou S. b. pateffi Jordans, 1940 en Bulgarie, mais elles ne sont généralement pas reconnues comme des taxons valides[10].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Johann Arnason et Peter Murphy, Agon, Logos, Polis: The Greek Achievement and Its Aftermath, Wiesbaden, Franz Steiner,‎ (ISBN 978-3-515-07747-7)
  • (en) Kevin Baker, Warblers of Europe, Asia and North Africa (Helm Identification Guides), Londres, Helm,‎ (ISBN 978-0-7136-3971-1)
  • (en) Vincent P. Benítez, Olivier Messiaen: A Research and Information Guide, Londres, Routledge,‎ (ISBN 978-0-415-97372-4)
  • Pieter Boddaert, Table des Planches Enluminéez d'Histoire Naturelle de M. D'Aubenton, Utrecht, sine nomine,‎ (lire en ligne)
  • (en) Mark Cocker et Richard Mabey, Birds Britannica, Londres, Chatto & Windus,‎ (ISBN 978-0-7011-6907-7)
  • (en) Allen J. Coombes, RSPB Wildlife of Britain, Londres, Dorling Kindersley,‎ (ISBN 1-4053-6709-1)
  • (en) Olga Dolnik, Some aspects of the biology and host-parasite interactions of Isospora spp. (Protozoa: Coccidiida) of passerine birds, Oldenburg, Oldenburg University,‎ (lire en ligne)
  • (en) D.W. Gibbons, A. Amar, G.Q.A. Anderson, M. Bolton, R.B. Bradbury, M.A. Eaton, A.D. Evans, M.C. Grant, R.D. Gregory, G.M. Hilton, G.J.M. Hirons, J. Hughes, I. Johnstone, Newbery, W.J. Peach, N. Ratcliffe, K.W. Smith, R.W. Summers, P. Walton et J.D. Wilson, The predation of wild birds in the UK: a review of its conservation impact and management, Sandy, Bedfordshire, Royal Society for the Protection of Birds,‎ (ISBN 978-1-905601-02-8, lire en ligne)
  • (en) James A. Jobling, The Helm Dictionary of Scientific Bird Names, Londres, Christopher Helm,‎ (ISBN 978-1-4081-2501-4, lire en ligne)
  • (en) Robert Sherlaw Johnson, Messiaen, Berkeley, University of California Press,‎ (ISBN 978-0-520-06734-9)
  • (en) Giorgio Locatelli, Made in Sicily, Londres, HarperCollins,‎ (ISBN 978-0-00-743369-8)
  • (en) Clive F Mann, Brammer, Frederik et Fuller, Richard A, Cuckoos of the World, Londres, Christopher Helm Publishers,‎ (ISBN 978-0-7136-6034-0)
  • (en) C.F. Mason, The Blackcap (Hamlyn Species Guides), Londres, Hamlyn,‎ (ISBN 978-0-600-58006-5)
  • (en) Prosper Montagné et Charlotte Snyder Turgeon, The new Larousse gastronomique, New York, Crown,‎ (ISBN 978-0-517-53137-2)
  • (en) Ian Newton, Bird Migration (Collins New Naturalist Library 113), Londres, Collins,‎ (ISBN 978-0-00-730732-6)
  • (en) Richard Bowdler Sharpe, Catalogue of Birds of the British Museum, Londres, British Museum,‎
  • (en) Hadoram Shirihai, Gabriel Gargallo, Andreas Helbig, Alan Harris et Cottridge, Sylvia Warblers: Identification, Taxonomy and Phylogeny of the Genus Sylvia, Londres, A & C Black,‎ (ISBN 978-0-7136-3984-1)
  • (en) Eric Simms, British Warblers (New Naturalist Series), Londres, Collins,‎ (ISBN 978-0-00-219810-3)
  • (en) Barbara Snow et Snow, David, Birds and Berries (Poyser Monographs), Londres, Poyser,‎ (ISBN 978-1-4081-3821-2)
  • (en) David Snow et Christopher M. Perrins, The Birds of the Western Palearctic concise edition (2 volumes), Oxford, Oxford University Press,‎ (ISBN 978-0-19-854099-1)
  • (en) Harmut Walter, Eleonora's Falcon: adaptations to prey and habitat in a social raptor, Chicago, University of Chicago Press,‎ (ISBN 978-0-226-87229-2)
  • (en) Dale A. Zimmerman, Donald A. Turner et David J. Pearson, Birds of Kenya and Northern Tanzania, Princeton, Princeton University Press,‎ (ISBN 978-0-691-02658-9)

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mason (1995), p. 11
  2. Jobling (2010), p. 59
  3. Jobling (2010), p. 75
  4. Shirihai et al. (2001), p. 25-27
  5. (en) Knud A. Jønsson et Jon Fjeldså, « A phylogenetic supertree of oscine passerine birds (Aves: Passeri) », Zoologica Scripta, vol. 35, no 2,‎ , p. 149–186 (ISSN 0300-3256, DOI 10.1111/j.1463-6409.2006.00221.x)
  6. (en) Angus Buckling, Javier Pérez-Tris, Olof Hellgren, Asta Križanauskienė, Jonas Waldenström, Jean Secondi, Camille Bonneaud, Jon Fjeldså, Dennis Hasselquist et Staffan Bensch, « Within-Host Speciation of Malaria Parasites », PLoS ONE, vol. 2, no 2,‎ , e235 (ISSN 1932-6203, DOI 10.1371/journal.pone.0000235)
  7. (en) Gary Voelker et Jessica E. Light, « Palaeoclimatic events, dispersal and migratory losses along the Afro-European axis as drivers of biogeographic distribution in Sylvia warblers », BMC Evolutionary Biology, vol. 11, no 1,‎ , p. 163 (ISSN 1471-2148, DOI 10.1186/1471-2148-11-163)
  8. a, b et c Congrès ornithologique international
  9. Alan P. Peterson
  10. a et b Baker (1997), p. 339-340
  11. Sharpe (1877), p. 308-311