Arbre d'alignement

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Allée de tilleuls taillés en rideaux (Saint-Germain-en-Laye)
Alignement de tilleuls à Prague
Allée piétonne bordée d'arbres, Alexandra park à Londres

On appelle arbre d'alignement les espèces d'arbres couramment plantées de manière linéaire et régulière le long des routes [1],[2] et des rues pour les orner[3] et les ombrager[réf. souhaitée]. Henri II ordonna par lettres patentes, en 1552 « à tous les seigneurs hauts justiciers et tous manants et habitants des villes, villages et paroisses, de planter et de faire planter le long des voiries et des grands chemins publics si bonne et si grande quantité desdits ormes que, avec le temps, notre royaume s’en puisse avoir bien et suffisamment peuplé ».
Dans certaines régions, les alignements de bocage et de bord de route contribuaient ou contribuent encore à une part importante au paysage[4], à la trame verte et au stock de bois sur pied (bois d’œuvre, bois de chauffage, arbres têtards producteurs de perches, fruitiers[5]...)[6].

Ils font partie du cadre de vie et peuvent contribuer au bien-être psychologique, et leur destruction ou un élagage trop "dur" peut ne pas être apprécié[7].

Aspects techniques[modifier | modifier le code]

Les espèces choisies pour ces plantations doivent répondre à divers critères, notamment de résistance à des conditions de milieu parfois difficile, surtout en milieu urbain (sol tassé, sel de déneigement, manque d'eau et de lumière, chocs divers...). Elles doivent en outre supporter facilement l'élagage et ne pas produire de fruits salissants ou toxiques et répondre aussi à des critères esthétiques, qui peuvent varier selon les lieux et les époques.
En France, un guide technique de plantation le long des routes nationales a été publié en 1979 par la Direction des routes et de la circulation routière [8] ainsi que des recommandations pour l'entretien des arbres[9].

Essences d'alignement[modifier | modifier le code]

Parmi les espèces le plus souvent utilisées à cet effet en pays tempérés, on rencontre le platane, le marronnier, le tilleul et le sophora. L'orme était autrefois également très utilisé avant la maladie (graphiose de l'orme) qui a décimé l'espèce.

Dans les pays à climat plus chaud, on utilise des palmiers, des flamboyants, par exemple.

Conflits d'usage[modifier | modifier le code]

Ces alignements, y compris dans les trous des arbres à cavités abritaient de nombreux oiseaux, qui avec le développement de la vitesse et du nombre des véhicules, ont aussi pu pâtir de mortalité par collision avec les véhicules[10]. Le long des routes, de très nombreux alignements d'arbres ont été coupés les dernières décennies pour permettre d'élargir les chaussées ou des rectifications de tracé, pour diminuer les coûts d'entretien des routes, ou pour des raisons de sécurité[11], pour ôter des obstacles préjudiciables en cas de sortie de route (localement les élus ont préféré conserver les arbres (pour leur intérêt paysager et écologique) et utiliser des limitations de vitesse, des talus.
Parfois, on a préféré la pose de rails ou glissières de sécurité pour à la fois protéger les motards, automobilistes et les arbres, leurs fonctions écosystémiques et les espèces (dont les espèces protégées) qu'ils hébergent.

Législation[modifier | modifier le code]

En milieu rural, des alignements remarquables peuvent faire l'objet d'une protection au titre de la loi paysage. Les alignements situées sur les terres d'exploitation agricoles, en Europe (et donc en France), dans le cadre de l'écoéligibilité de la nouvelle Politique agricole commune (PAC), sont éligibles au dispositif des « surfaces équivalentes topographiques », ce qui facilite l'accès aux subventions européennes pour les agriculteurs maintenant ces éléments d'intérêt écopaysagers. Il en va de même pour quelques autres éléments paysagers semi-naturels d'intérêt agroécologique et écologique éventuellement associés (ex : Prairies permanentes, bandes enherbées, lisières, mares, bocage, arbres groupés...)

Article détaillé : Surface équivalente topographique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reverdy, G. (1997), L'histoire des routes de France. Du Moyen Âge à la Révolution. Presses de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées
  2. Ex : Groupe de travail "Plantations". Les arbres de nos routes. Plan de rénovation des plantations d'aligement des routes du département de la Loire. Direction départementale de l'Equipement. Conseil Général du département de la Loire (1992)
  3. du Breuil, (1860), Manuel d'arboriculture des ingénieurs. Plantations d'alignement, forestières et d'ornement (
  4. Bourgery, C., Castaner, D. Les plantations d'alignement le long des routes, chemins, canaux, allées. Ministère de l'Equipement, du Logement, de l'Aménagement du territoire et des Transports. Ministère de l'Environnement. Institut pour le Développement Forestier (1988)
  5. Wagner, J-P (1920), L'arboriculture fruitière et les Routes fruitières. La Vie aux Champs
  6. Bélouard, T., Coulon, F.: Les arbres hors forêt: le cas de la France. Inventaire Forestier National. Solagro
  7. Toussaint, A., Kervyn de Meerendre, V., Delcroix, B., Baudoin, J-P (2002), Analyse de l'impact physiologique et économique de l'élagage des arbres d'alignement en port libre. Biotechnol. Agron. Soc. Environ.(6(2))
  8. Direction des routes et de la circulation routière(1979), Les plantations des routes nationales ; Guide technique. Ministère des transports. Direction générale des transports intérieurs
  9. Direction Générale de l'Aménagement du territoire, du Logement et du Patrimoine, Direction générale des Ressources naturelles et de l'Environnement, Préserver les arbres. Recommandations pour éviter les dégâts aux arbres
  10. Housset, Ph.: Avifaune et routes. Université de Rouen (1993)
  11. Académie des Sciences Morales et Politiques, L'insécurité routière. Les accidents de la route sont-ils une fatalité ? Sous la direction de Marianne Bastid-Bruguière (2003)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

« Projet d'avenue » (un seul côté est ici illustré), par Jacques-Joseph Baudrillart en 1827 dans son "Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches, composé d'un recueil des reglemens forestiers, dʹun dictionnaire des eaux et forêts, d'un dictionnaire de chasses et d'un dictionnaire des pêches". Sur les bords de l'avenue plantée d'un double alignement d'arbres, l'auteur planifie une coupe d'une partie des arbres tous les 30 ans, mais de manière à toujours conserver l'alignement paysager, et une ressource en bois.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site et vidéos du colloque "Arbres d'alignement en ville : vecteurs de biodiversité" (Bruxelles, mars 2012) : www.alignement.be

Bibliographie[modifier | modifier le code]