El Jem

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El Jem
El Jem
Vue sur El Jem.
Administration
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Mahdia
Délégation(s) El Jem
Maire Adel Farhat[réf. nécessaire]
Code postal 5160
Démographie
Population 21 234 hab. (2014[1])
Géographie
Coordonnées 35° 18′ nord, 10° 43′ est
Localisation

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El Jem

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El Jem ou El Djem (arabe : الجم Écouter) est une ville tunisienne située aux portes de la région du Sahel.

Rattachée administrativement au gouvernorat de Mahdia, elle constitue une municipalité comptant 21 234 habitants en 2014[1].

Fondée sur les ruines de la cité antique de Thysdrus ou Thysdritania colonia[2], elle est célèbre pour son amphithéâtre, le plus grand de l'Empire romain (entre 27 000 et 30 000 spectateurs[3]) après le Colisée de Rome (45 000 spectateurs) et celui de Capoue. Celui-ci accueille chaque été depuis 1985 le Festival international de musique symphonique d'El Jem.


Origine du nom[modifier | modifier le code]

De Tzor à Thysdrus[modifier | modifier le code]

Un ancien centre urbain phénicien porte le nom phénicien tzor, du même nom que la ville libanaise de Tyrus tyros, mot composé de deux personnages phéniciens tsade et ateliers de resh, c'est-à-dire un type de silex, son nom a peut-être été initialement nommé dans la région pour la présence de ce type de roche.

La traduction de la langue punique en langue latine à l'époque romaine a donné Thysdrus.

De Thysdrus à El Jem[modifier | modifier le code]

La ville ne connut son nom actuel qu'au début du VIIIe siècle de notre ère lorsque les conquérants arabes l'appelèrent Aljam, ce qui signifie la forteresse ou le palais. Selon les spécificités du dialecte tunisien, le nom a été changé en El Jem ou El Djem.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période capsienne[modifier | modifier le code]

Les prospections récentes ont montré l'existence, à quelques kilomètres à l'est d'El Jem, des sortes de monticules artificiels de dimensions fort variables qui se sont formés sur l'emplacement des campements, de l'époque capsienne par suite de l'accumulation de cendres, d'outils divers en pierre, d'ossements humains et animaux et surtout de coquilles d'escargots que l'on consommait alors en abondance. les gisements de ce type dans des endroits qui s'appellent précisément Remimid et Henchir Bou Remad. La Ogla de la région d'El Jem étant relativement riche en eau peu profonde, a peut-être attiré un campement capsien qui a laissé son empreinte dans la toponymie.

Période phénicienne[modifier | modifier le code]

La cité de Tzor a été fondée par les Puniques, elle était au centre d'une importante plaine agricole où la culture du blé prédominait.

Période romaine[modifier | modifier le code]

Cité prospère sous Hadrien, elle reçoit, sans doute dès l'époque césarienne, le statut de colonie romaine puis acquiert le statut de municipe libre (municipia libera) sous le règne de l'empereur Septime Sévère[4]. Par la suite elle est intégrée à la province de Byzacène. Au cœur d'une région qui connaît une forte productivité agricole, la cité semble jouir d'une relative prospérité.

La cité de Thysdrus bénéficie d'une active politique de mise en valeur des terres et de développement économique : les empereurs Vespasien et Titus y amènent l'eau par l'entremise du proconsul d'Afrique. Ainsi, dès le IIe siècle, elle apparaît selon l'expression de Gilbert Charles-Picard comme la « capitale de l'huile » de Byzacène. Nœud routier des plus importants puisque six voies romaines y aboutissent[5], localisé au centre d'une région oléicole, Thysdrus dispose d'un marché agricole très dynamique.

S'il est communément admis que la cité de Thysdrus, devenue municipe entre 193 et 198, n'échappe pas à la règle commune, elle n'a pu devenir colonie avant la décennie 240-250[6], ce qui confirme l'indication qu'a fournit l'épitaphe d'Arles, et qu'il n'est nullement exclu qu'elle soit même devenue colonie un peu plus tard, sous Gallien et Valerien, comme Thugga, ou sous Gallien seul, comme Thibursicum Bure, sinon même ultérieurement.

En tout état de cause, Thysdrus était au plus tard colonie dans les premières années du règne de Dioclétien, puisque l'Itinéraire Antonin, 59, 1, indique : Thusdro colonia. Sur la date de l'Itinéraire Antonin, rédigé sous Caracalla, mais remanié

sans doute au début du règne de Dioclétien.


Révolution de 238[modifier | modifier le code]

Au début de l'an 238, Thysdrus est le cadre d'un litige qui doit avoir de fortes répercussions sur l'histoire de l'Empire romain. À la suite d'un différend survenu à la suite de la levée de nouveaux impôts, une révolte éclate. Le procurateur de l'empereur Maximin Ier le Thrace, doit affronter le peuple thysdritain et les habitants des campagnes environnantes. Le collège des iuvenes et les paysans semblent apparaître comme le fer de lance du mouvement.

Portrait de Gordien Ier.

Après l'assassinat du procurateur, les révoltés se rendent à la résidence du vieux proconsul d'Afrique, Gordien, qui réside à Thysdrus, dans le cadre de sa tournée provinciale, et le proclament empereur. Le nouvel empereur accompagné de son fils, Gordien II, associé au pouvoir, se rend à Carthage et procède à son adventus. La répression du légat de Numidie, Capelianus, est aussi rapide que brutale. Cependant, l'appui puis la reconnaissance de la lignée par le Sénat romain ainsi que par certaines provinces déclenche une brève guerre civile et une crise du pouvoir impérial.

Cette singulière révolte civile se solde par l'élimination de l'empereur Maximin et l'avènement du jeune Gordien III.


L'antique cité de Thysdrus fini par être détruite par les légions romaines de Maximin le Thrace en sa qualité de capitale des rebelles du sénateur Gordien.

L'antique cité de Barrarus (actuelle Henchir Rougga)[7][modifier | modifier le code]

L'antique cité de Barrarus s'étant sur plusieurs centaines d'hectare. Elle se situe à 13 km de l'antique cité de Thysdrus (l'actuelle El Jem).

C'était une ville prospère et un ancien évêché dépendant de l'épiscolat de Carthage. Son seul évêque, historiquement documenté, Iulianus Vararitanus (ou Bararitanus), qui figurait sur la liste des évêques de la province de Byzacène (l'actuel Sahel tunisien) ayant assisté en 484 au Concile de Carthage convoqué par le roi Vandale Huneric.

Le nom de Bararus apparaît dans d’autres sources antiques : un vétéran de cette cité est mentionné sur une liste de soldats de Nicopolis (Égypte) recrutés en Afrique[8] ; un curateur republicae exerçait ses fonctions à la fois dans les trois villes de Thysdrus, Thaenae et Bararus .

La ville a subit un tremblement de terre important en l'an 365.

Le toponyme n’est pas d’origine punique ni latine mais appartient bien au substrat libyco-berbère où il s’inscrit dans une série onomastique aisément repérable par la négation verbo-nominale UR/WR/WAR. Ces noms sont fréquents dans l’antiquité et au Moyen Age : on a par exemple Varsissima (la déesse sans...) ; Wararni (sans égal) (cf. Chaker S., Textes en linguistique berbère, Paris, 1984, p. 280).

Le VIème siècle a été une période prospère pour la ville, avec un trésor de pièces d'or retrouvée dans la ville, témoignant de cette richesse[9].

La ville figure sur la feuille de route de la Tabula Peutingeriana (Table de Peutinger) romaine. Dès le VIIème siècle, il existe des preuves de logements fortifiés, bien que des vestiges de la poterie indiquent une poursuite de l'occupation jusqu'au Xème siècle, bien après la conquête musulmane du Maghreb.

La ville romaine a été saccagée par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh en 647. Une population berbère s'installa après la conquête islamique et utilisa les matériaux de construction romains pour d'autres colonies.

Les ruines de la cité comprennent les restes reconnaissables d'un théâtre, d'un arc de triomphe et d'un ensemble souterrain de deux citernes permettant le stockage de l'eau. provenant des oueds environnant.

La cité a été bâtie sur un oued asséché la plupart du temps que les Arabes ont appelé Oued Raqqa (le dialecte local l'a transformé en "Rougga").

Le vendredi 13 novembre 1972, des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour un trésor de 278 pièces d'or datant de l'époque Byzantine.

Le trésor est actuellement visible au musée de Mahdia[10].

Utilisation de l'amphithéâtre après la période romaine[modifier | modifier le code]

Après la période romaine, l'amphithéâtre romain de Thysdrus a souvent servi de forteresse défensive par les armées assiégées ou la population locale.

En 647, suite à la défaite des Byzantins (الإمبراطورية البيزنطية) contre les Arabes à Sbeïlta. Les Byzantins se réfugient à Thysdrus, et ils transforment le Colisée en bouchant les arcades du rez-de-chaussée et en aménageant d'autres installations dont une tour.

en 703, la Kahena (ديهيا) a rassemblé les tribus berbères pour combattre les Arabes. Vaincue et traquée, elle se réfugie avec ses partisans dans l'amphithéâtre et y résiste durant quatre ans. Dans son ouvrage "Description de l'Afrique Septentrional" l'auteur du XIème siècle Al-Bakri (Abd Allâh ibn Abd al-Azz Ab Ubayd al-Bakr), décrit que la Kahena se voyant assiégée dans cette forteresse, fit creuser dans le roc un passage souterrain qui conduisait à Salakta, et qui était assez large pour laisser passer plusieurs cavaliers de front. Par cette voie elle se faisait apporter des vivres et tout ce dont elle avait besoin.

El Tijani, historien, chroniqueur au XIVème siècle rapporte que l’amphithéâtre d'El-Jem servit de forteresse à la population locale, lorsque les Almoravides (de l'arabe : المرابطون al-Murābiṭūn, « les gens du ribāt ») s’emparèrent de la région vers le XIIIème siècle: «Ce château fut vigoureusement attaqué par le général Yahia Ibn Ghania qui, fatigué, dut abandonner le siège et se retirer honteusement. On raconte qu’après une longue résistance, les assiégés lancèrent sur lui des poissons frétillants qu’ils se procuraient par le moyen du passage conduisant à Salakta . Aussi, désespérant de toute réussite, Yahia Ibn Ghania leva le siège.»

Al-Bakri, dans son oeuvre écrite au XIème siècle "Description de l'Afrique Septentrionale", décrit ainsi la ville :

"De Sfax on se rend à El Jem, château de la Kahena. Cet édifice marque la limite de Souk el-Hoceini « le marché du descendant d'El-Hocein », canton dont le marché se tient auprès d'un bourg grand et peuplé qui se nomme Arozlès, et qui possède un djamê (grande mosquée), un bain et quelques bazars. Cette localité compte au nombre des bourgs du littoral (Sahel). De El Jem on se rend à Al-Mahdia"[11].

Jusqu'en 1695 le Colisée était entier et intact.

L'amphithéâtre aurait ensuite été partiellement détruit suite à une révolte d'origine fiscale (hausse de la Mejba) contre le pouvoir beylicale en 1695 sous le règne de Mohamed Bey el Mouradi (dynastie Mouradite).

Une seconde révolte d'origine fiscale contre le pouvoir fiscal a eu lieu lors de l'insurrection de 1864 sous le règne de Sadok Bey (dynastie Husseinite). Le Général Ahmed Zarrouk a finalement fait bombarder l'édifice à coup de canon pour déloger les rebelles.

Après ces dernières révoltes, la population puise largement dans ces ruines pour reconstruire leur habitation. Cela est notamment visible dans le quartier d'habitation d'historique d'El Jem situé entre l'actuelle Gare et l'amphithéâtre aux abords de l'actuelle avenue Habib Bourguiba.

en 1881, les chefs des tribus de la région se sont réunis dans l'enceinte de l'amphithéâtre pour décider du combat à mener contre les troupes coloniales françaises[12].

Arrivée du chemin de fer[modifier | modifier le code]

Le chemin de fer est arrivé à El Jem à travers la construction de la ligne de chemin de fer Sousse-Sfax. La mise en exploitation de la ligne a eu lieu en 1912. L'exploitant de la ligne était la Compagnie Fermières des Chemins de Fers Tunisiens (CFT) qui a existé de 1923 à 1956[13]. un premier hôtel moderne a vu le jour, pendant la période coloniale avec l'arrivée du chemin de fer. Il s'appelait Buffet de la Gare et se situait sur l'emplacement actuel de l'hôtel Julius.

Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

La ville d'El Jem a subit l'occupation de l'armée allemande du Maréchal Rommel lors de la campagne de Tunisie en 1942-1943.

L'armée allemande stationnait à proximité d'un corps de ferme dans l'actuel village de Telelsa dépendant de la délégation de El Jem.

Ce corps de ferme appartenait à Hassan Hosni Abdul Wahab, un propriétaire terrien fortuné à l’est de El Jem et ancien fonctionnaire de l’Etat.

Au début des années 1930, Khaled Abdul-waheb, fils de Hassan Hosni Abdul-waheb qui était un historien reconnu, étudia l’art et l’architecture à New York et travailla ensuite sur la préservation du patrimoine archéologique de la Tunisie.

Les familles Boukhris et Uzzan, expulsées de leurs domiciles par les occupants, trouvent refuge dans une huilerie (presse pour l'huile d'olives) à 9 km de Eljem dans le village de Tlelsa et à 30 km de Mahdia.

Khaled Abdul-Wahab [14]décida de conduire tout le groupe (24 personnes) à sa ferme, leur installa un abri dans les écuries. Pendant 4 mois, les juifs tunisiens se sont réfugiés chez Khaled Abdul-Wahab jusqu’à la fin de l’occupation en avril 1943.

La ville d'El Jem fut libérée par les troupes britannique du général Montgomery en avril 1943.

Thysdrus, capitale de l'école africaine de la mosaïque[15][modifier | modifier le code]

A la fin du Ier s. ap. J.-C., se développe en Afrique du Nord une école de mosaïque qui se dégage peu à peu des influences italiennes et orientales et crée des œuvres originales, d'une grande fantaisie décorative et d'une infinie variété de formes et de couleurs. À partir du milieu du IIe siècle et au IIIe siècle, on peut parler d'un véritable âge d'or de l'école africaine de mosaïque dont les productions contribueront largement avec celles des autres provinces romaines d'Europe et d'Orient à la genèse de la mosaïque byzantine au IVe siècle.

El Jem, l'antique Thysdrus, a livré une quantité impressionnante de très belles mosaïques aux décors variés : combats d'animaux, scènes de banquet, thèmes dionysiaques, scènes galantes, etc.

Le labyrinthe de Thysdrus[modifier | modifier le code]

La mosaïque du labyrinthe de Thysdrus[16], retrouvée en août 1969 par Hédi Slim, lors de travaux municipaux de creusement d’égouts sur la route des Souassi, à cinq mètres exactement de l'endroit où la mise en place de pylônes électriques avait révélé, en 1960, une mosaïque dyonisiaque. Ces vestiges, fortuitement découverts à neuf ans d'intervalle, appartiennent sûrement à un même ensemble. Ils sont situés devant la rue Debbeba et la maison Mohamed Ben Ali El-Yazid qui les bordent au nord, alors qu'au sud, ils sont limités par un cimetière contemporain d'enfants et la maison Salem El Bassi. A l'ouest passait une rue romaine au remarquable dallage en V, la même, sans doute, qui longeait la "Sollertiana Domus" et la "Maison du paon".

Le calendrier de Thysdrus[modifier | modifier le code]

Le calendrier de Thysdrus[17] fait référence à une mosaïque retrouvée en 1961 par Louis Foucher à El Jem, l'antique Thysdrus. La mosaïque a été retrouvée dans une maison importante, située en face de grands thermes et qui a subi plusieurs remaniements. L'auteur, et fouilleur, présente une analyse détaillée et minutieuse du calendrier de Thysdrus dont l'iconographie lui semble homogène, toutes les images pouvant se référer à des fêtes religieuses. Il reprend la chronologie de la mosaïque en la plaçant un peu plus tôt qu'il n'est admis traditionnellement (début du IIIe s. au lieu des alentours de 235). La mosaïque murale représente, dans la salle 6, les quatre saisons et les mois. La figure symbolisant Laniarius représente deux hommes se donnant l’accolade, embrassades pratiquées à l’occasion du Nouvel An . A l’arrière-plan on distingue « des branches, une galette, le reste étant des fruits, peut-être une figue, une poire, une pomme » . La consommation de fruits, frais si possible, constitue une marque des repas du Nouvel An latin. Ce qui prouve, que les calendes de Janvier étaient pratiquées en Afrique du nord à cette époque, comme dans tout le pourtour méditerranéen.

L'eau, ressource névralgique à El Jem[modifier | modifier le code]

La gestion de l'eau à Thysdrus et Barrarus[18][modifier | modifier le code]

El Jem, l'antique Thysdrus et Rougga, l'antique Barrarus se situent dans les confins du Sahel et de basse steppe. Le climat y est semi-aride avec un approvisionnement irrégulier en eau via des oueds et les précipitations hivernales, la sécheresse n'étant plus atténuée par l'influence maritime.

Parcourant le pays d'El Jem à Sfax le naturaliste René Desfontaines (1750-1831) écrit : « Nous marchâmes pendant huit à neuf heures dans une grande plaine inculte et inhabitée où l'on trouve ça et là quelques bosquets d'oliviers dont la plupart tombent de vétusté». De son côté Hermann von Pückler-Muskau prenant un itinéraire différent décrit le pays entre Ksour-Essaf et Sfax comme «un désert nu, monotone et pierreux, coupé de loin par quelques longues plantations d'oliviers rabougris»; de Rougga à Sfax cela devient pire que le

désert et on ne voit guère qu'un «petit nombre d'oliviers languissants ou bien tout à fait desséchés».

Certes le paysage s'est beaucoup transformé depuis, grâce surtout à une intense mise en valeur des campagnes mais il porte toujours la marque des inconvénients du climat qui ajoute aux chaleurs excessives de l'été et à la sécheresse saisonnière prolongée les effets cumulés de l'insuffisance et de l'irrégularité très fortes des pluies.

Pour augmenter le potentiel hydraulique urbain on a eu recours à Thysdrus à l'aménagement d'un aqueduc assez original alors qu'à Rougga d'impressionnants réservoirs alimentés essentiellement par un puits profond ont été édifiés. Mais le système repose surtout sur la multiplication considérable des citernes publiques et privées ainsi que sur des dispositions visant à économiser le précieux liquide. Mais en dépit de ce remarquable effort d'économie et de toutes les installations évoquées, les possibilités demeurèrent limitées. Aussi, note-t-on sans surprise, l'absence, à Thysdrus comme à Bararus (Rougga), de certains équipements de luxe comme les bains privés ou les fontaines à l'intérieur des maisons ainsi que la rareté des thermes publics, par ailleurs assez modestes.

La gestion de l'eau sous le Protectorat français[19][modifier | modifier le code]

Dès le lendemain de l'établissement du protectorat français, ce problème préoccupa, à l'échelle de l'ensemble du territoire, les autorités coloniales qui, cherchant à renouer avec la prospérité antique, voulurent percer les secrets de l'archéologie. Un recensement des installations hydrauliques fut commandé à la Direction des Antiquités par le Résident Général Millet. Chargé de mener l'enquête dans la région d'El Jem, le capitaine Charles Maumené devait conclure son étude en affirmant que le système thysdritain ne reposait guère sur des adductions d'eaux foraines mais simplement sur des puits. De son côté M. Guasco supposait que l'alimentation de la ville était fournie par les citernes. Ces points de vue, contrairement à l'attitude de Tissot, ne tenaient manifestement pas compte des renseignements fournis par l'inscription évoquée plus haut.

Depuis, une seconde inscription est venue confirmer l'existence d'adductions d'eau. Il s'agit plus exactement d'une partie d'une inscription trouvée en 1960 par les employés du service hydraulique à environ 5 km à l'ouest d'El Jem. Le texte est gravé en très belles lettres de caractère monumental sur une plaque de calcaire gris olive provenant sans doute des carrières de la région de l'Enfida. Dans son état actuel la plaque mesure, 1,44 m de long, 0,68 m de haut et 0,15 à 0,16 m d'épaisseur. Les lettres mesurent 15 cm à la première ligne, 9,5 cm à la seconde, 9 cm à la troisième et 6,5 cm à la quatrième.

Les conclusions négatives de Maumené concernant le problème des adductions avaient été contestées, un quart de siècle environ après avoir été formulées, par un sourcier autochtone de la région de Mahrès qui révéla au service des Travaux Publics de Mahdia l'existence de conduites d'eau antiques alimentant Thysdrus. Ces révélations ne suscitant pas l'intérêt escompté, demeurèrent sans effet jusque vers 1938, date à laquelle Jean Cintas reprit l'affaire en main pour la faire aboutir avec le concours du même sourcier et c'est grâce à ces efforts que les habitants d'El Jem purent pendant près de vingt ans, bénéficier de l'eau courante fournie par les mêmes ressources et utilisant, en partie les mêmes circuits utilisés par leurs ancêtres thysdritains.

L'aqueduc qui alimentait Thysdrus n'avait rien de spectaculaire : C'était un modeste ouvrage souterrain reliant la ville à un impluvium naturel de 12 km2, situé à une quinzaine de kilomètres au nord ouest d'El Jem et appelé «Oglet Er Rmada».

De prime abord, la toponymie est révélatrice d'un site, à tous égards, digne d'intérêt. Ogla (pluriel Oglet) est en effet d'un usage extrêmement courant dans le monde rural tunisien et désigne une zone où l'eau est abondante à peu de profondeur. Ces zones où la nappe est toujours voisine de la surface (1 à 4 ou 5 m) présentent en général un aspect assez typique dans la mesure où elles sont truffées de puits qui sont de simples trous protégés contre l'éboulement par un coffrage de pierres sèches. Ces puits ou trous d'eau appelés aussi «hassis» jalonnent généralement les cuvettes et les talwegs surtout dans le voisinage des garas et des sebkhas. Ces points d'eau sont les lieux de rendez-vous des troupeaux et jouent un rôle essentiel dans la vie du bétail et aussi des hommes. Quant au terme remada, il convient de rappeler qu'il est d'un usage particulièrement courant dans la toponymie de la préhistoire. Les ramadiat (pluriel de remadia) désignent généralement des sortes de monticules artificiels de dimensions fort variables qui se sont formés sur l'emplacement des campements, de l'époque capsienne par suite de l'accumulation de cendres, d'outils divers en pierre, d'ossements humains et animaux et surtout de coquilles d'escargots que l'on consommait alors en abondance. On a établi le lien entre ces «escargotières» et certains noms de lieux tels que Remada. Les prospections récentes ont montré l'existence, à quelques kilomètres à l'est d'El Jem, de gisements de ce type dans des endroits qui s'appellent précisément Remimid et Henchir Bou Remad. La Ogla de la région d'El Jem étant relativement riche en eau peu profonde, a peut-être attiré un campement capsien qui a laissé son empreinte dans la toponymie. Mais il fallut, sans doute, attendre l'époque romaine pour voir les ressources hydrauliques de «ogglet Er rmada» exploitées de manière systématique et intensive grâce à un aqueduc souterrain reliant Thysdrus à cet impluvium naturel formé par une sorte de dépression encadrée au nord par les collines de Sidi El Bgass et de Sidi Amara, à l'est par une ligne de hauteurs atteignant 153 m, à l'ouest par un exhaussement de quelques mètres au-desus de la Sebkha de Sidi el Hani et au sud par des élévations dominant un passage étroit d'où part le dispositif d'alimentation de la ville.

Édifices[modifier | modifier le code]

Amphithéâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Amphithéâtre d'El Jem.
Vue des deux premiers amphithéâtres.

Si le troisième amphithéâtre d'El Jem compte parmi les monuments les plus célèbres de Tunisie, l'antique Thysdrus a possédé deux autres amphithéâtres, de moindre mesure.

Le premier serait datable du Ier siècle av. J.-C. et devait donc être rudimentaire, sans maçonnerie, mais avec une cavea « creusée dans le roc d'une colline, dont la typographie lui a imposé ses dimensions et ses contours »[20]. Il a dû être aménagé par des marchands ou des agriculteurs italiens immigrés pour les combats de gladiateurs. Il est d'une grande valeur documentaire car représentant un jalon unique dans son genre[21].

Par suite de la détérioration de cet amphithéâtre et au développement économique et urbanistique de Thysdrus, et après plusieurs tentatives de restauration, il est décidé à l'époque flavienne de réaménager complètement la même colline — la seule de la région — en « la comblant de remblais sur une hauteur de plus de deux mètres, [pour] allonger le grand axe de l'arène, qui atteignit les proportions de 60 mètres sur 40 mètres »[22].

Amphithéâtre d'El Jem.

Une tribune est ajoutée sur le petit axe, des gradins construits sur des remblais tassés, deux carceres (cellules et pièces où les gladiateurs et les bêtes sauvages attendent l'entrée en scène) sont mis en communication avec l'arène. Si l'édifice gagne en solidité et fonctionnalité, c'est sans préoccupation d'ordre esthétique. Malgré leur proximité, ce deuxième amphithéâtre est distinct du premier par l'emplacement et le style de construction, notamment les éléments essentiels que sont la cavea et l'arène qui « divergent totalement par le choix de leur modèle »[23]. Ce nouvel amphithéâtre est comparable à de nombreux autres présents en

Tunisie, comme à Thuburbo Majus, avec une structure adossée à une butte naturelle partiellement aménagée[22].

El Jem est « unique au monde » par le fait de posséder trois édifices appartenant chacun à l'une des trois grandes catégories connues d'amphithéâtres, tous trois étant civils et non militaires, puisque la ville n'a jamais eu de garnison[24].

Il est fort probable que la carrière ayant servi à l'extraction des blocs de pierre constituant l'amphithéâtre de Thysdrus, proviennent de l'actuelle Rejiche.

Rejiche se trouve à une quarantaine de kilomètres d'El Jem. Ses carrières fournissent de la pierre en grès dunaire assez tendre qui est très appréciée dans toute la région et qui a été utilisée notamment pour l'amphithéâtre thysdritain.

Musée archéologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée archéologique d'El Jem.

À la périphérie de la ville, le musée archéologique présente de nombreuses mosaïques issues des fouilles dans les villas romaines de Thysdrus. Nombre de pièces retrouvées sur le site sont conservées au musée national du Bardo et au musée archéologique de Sousse.

Jouxtant le musée, la villa d'Africa est une reconstitution à portée didactique d'une maison romaine. Elle comporte deux mosaïques remarquables : la première représente la déesse Africa, surmontée d'une dépouille d'éléphant et entourée de bustes représentant les quatre saisons. La seconde est une représentation symbolisée de Rome et de ses provinces.

El Jem accueille aujourd'hui un festival de la mosaïque[25].



Géographie[modifier | modifier le code]

Du point de vue topographique la région d'El Jem se présente sous la forme d'un haut plateau de plus de 115 m d'altitude qu'entoure un chapelet de dépressions fermées comme la Sebkha de Sidi El Hani et celles de Cherita, El Ghorra et El Jem. L'aspect aride et desséché de la campagne est accentué par ces cuvettes aux berges molles et très évasées dont la présence, en grand nombre, est due à l'indigence de la pluviométrie et de l'écoulement des eaux.

Mais c'est l'insuffisance et surtout la mauvaise répartition des pluies qui demeure le fait dominant dans cette région. Comme on l'a souvent affirmé, l'irrégularité intersaisonnière et interannuelle est la règle. Souvent, succédant à des périodes prolongées de sécheresse, surviennent des pluies rares mais diluviennes qui chargent brusquement les oueds de quantités considérables d'eau, ravinent les sols, emportent l'humus et vont se perdre dans les sebkhas.L'extrême rareté, voire l'absence de sources s'explique par le fait que le relief est faible et que les terrains de surface sont souvent horizontaux. Par ailleurs les oueds de toute la région se déversent dans les nombreuses dépressions fermées comme les sebkhas, herias ou garaa.

En 1961, de mars à novembre, la campagne d'El Jem n'a reçu que 20 mm d'eau seulement. La sécheresse a été fatale au troupeau qui a perdu près de 50% de son effectif mais en 1969, 270 mm d'eau se sont abattus sur la région en 24 heures, soit la même quantité que celle qui est tombée pendant toute l'année 1968. Il convient donc d'insister sur le fait que si la moyenne annuelle se situe autour de 240 mm à El Jem, le trait fondamental du climat demeure la succession de pluies surabondantes et de grandes sécheresses se traduisant parfois par des déficits très prononcés : en 1913-1914 la quantité annuelle d'eau n'a guère dépassé 50,5 mm[26]. Les insuffisances de la pluviométrie et ses caprices ne sont compensés ni par les sources et eaux pérennes, quasiment absentes, ni par la nappe phréatique dont les carences ont déjà été soulignées par J. Despois. Les eaux profondes elles-mêmes sont parmi les moins abondantes et les plus médiocres de toute la Tunisie. On a creusé, autour d'El Jem, jusqu'à 400 m de profondeur et on n'a guère rencontré que deux pauvres nappes à 145 et 175 mètres présentant 5 grammes de résidu sec. L'existence de ces nappes est due à la présence, au sein de la masse compacte du sous-sol argileux, de minces couches intercalaires de sable. Au sud d'El Jem les conditions sont encore moins bonnes du fait de la plus grande fréquence du gypse qui aggrave la salure des eaux. Un examen de la carte des ressources hydrauliques du Sahel et de la Basse Steppe permet, à cet égard, de saisir le contraste frappant entre la zone littorale où les puits abondent et celle d'El Jem où ils sont particulièrement rares[27].

Cette pénurie caractérisait déjà la campagne de Thysdrus à l'époque de Jules César. On sait, en effet, que celui-ci, après s'être emparé de Sarsura, s'était rendu à Thysdrus le 4 mars 46 après J-C. La cité était alors occupée par Considius qui disposait d'une garnison et d'une cohorte de gladiateurs. Examinant les lieux, et constatant qu'il n'y avait pas d'eau, César préféra renoncer à l'attaque et installa son camp à quelques quatre milles de là, à proximité d'un point d'eau dont l'identification pose des problèmes.

Aménagements urbains au XXème siècle autour de l'amphithéâtre[modifier | modifier le code]

Inscrit par l’UNESCO sur la liste patrimoine mondial en 1979, l’amphithéâtre d’El Jem est présenté comme l’un des plus grands monuments de l’Afrique Antique. Émergeant et omniprésent de n’importe quel point du tissu ancien de la ville, il représente l'élément de repère majeur par la singularité de son échelle, sa forme et sa couleur.

Au Moyen Age, « El Jem », héritière de l’antique « Thysdrus », doit à l’amphithéâtre romain l'apparition de la première agglomération qui constitue le noyau initial de la ville actuelle. Construit en partie sur l’ancienne « Thysdrus », ce tissu a profité durant ses périodes de croissance des matériaux existants puisés de la cité antique. L’étude de l’ancien tissu urbain de la ville et de son histoire révèle une relation particulière de la population avec leur « Ksar » et une cohérence exceptionnelle entre son image symbolique ancrée dans la mémoire collective des habitants et leurs modes de productions spatiales, économiques et socioculturelles.

Après l’indépendance, en réponse aux nouveaux défis socioéconomiques, les politiques urbaines ont changé profondément le paysage de la ville et sa structure. Aux années soixante, plusieurs constructions sises aux alentours de l’amphithéâtre ont été démolies et leurs terrains ont été expropriés dans le but de mettre en valeur le monument par rapport à son environnement.

Les interventions, qui étaient orientées vers la gestion du foncier dans les zones riches en vestiges archéologiques, consistaient à l’élargissement des rues, à la démolition des monuments religieux (zaouia, mosquée…) et à l'expropriation et gel des terrains archéologiques (plus de trente Hectares). L'amphithéâtre romain n’appartenait plus aux habitants mais au pouvoir de l’état qui assurera sa gestion et sa protection. Les années soixante-dix étaient marquées par l’inauguration du musée d’El Jem et l’inscription de l’amphithéâtre sur la liste du patrimoine mondial, quant aux restes des vestiges ils ont été délimités, sécurisés et jusqu’alors délaissés.

Plus qu’une quarantaine d’années après, la situation de ce patrimoine et sa relation avec les habitants n’ont pas beaucoup changé dans une ville qui a connu, entre-temps, des mutations socio-économiques majeures. L’amphithéâtre continue à jouer son rôle économique en accueillant des centaines de milliers de visiteurs et monopolise toutes les activités et les événements culturels. Le musée, situé à moins d'un kilomètre de l’amphithéâtre, reste peu visité (moins de 10 % des visiteurs). Le petit amphithéâtre est abandonné et connait aujourd'hui des dégradations majeures. Les terrains archéologiques gelés et délaissés restent non classés et inexploités. L’ancien tissu urbain limitrophe à l'amphithéâtre est de plus en plus abandonné par sa population initiale et menacé par la dégradation. Toutes ces structures représentent un potentiel foncier et patrimonial immense. Non exploités et non articulés avec les nouveaux quartiers et les autres éléments de la ville, ces terrains ne peuvent que constituer un handicap pour son développement.

Sport[modifier | modifier le code]

Le football tient une place importante à côté du handball dans la ville d'El Jem. L'équipe locale de football Etoile Sportive d'El Jem joue dans les divisions inférieures du championnat de Tunisie de football.

La ville compte diverses salles de sport privées couvertes qui permettent la pratique de la boxe, des arts martiaux et notamment du Taekwondo, et aussi du fitness. Des piscines ont été construites par des investisseurs privés pour la pratique de la natation.

Des clubs de pétanque, de tennis de table, de modélisme ont été montés par l'intermédiaire de bénévoles d'El Jem.

Culture[modifier | modifier le code]

La ville connaît une effervescence culturelle l'été avec la tenue de deux festivals musicaux.

Le festival international de musique symphonique de El Jem[28] a été fondé en 1985 par M. Mohamed Ennaceur, actuel président de l'Assemblée Représentative du Peuple.

Ce festival est le seul d'envergure réellement internationale dans le monde arabe, et il a la particularité de se dérouler dans l'enceinte de l'amphithéâtre romain de Thysdrus.

La 33ème édition de ce festival s'est déroulée du 30 juin 2018, avec le spectacle Opéra Aida de Verdi au 11 août 2018 avec le spectacle de l'orchestre "New Musique" de la République du Tatarstan, Fédération de Russie.

La ville héberge aussi le festival El Jem World Music[29] qui s'est déroulé, pour sa 3ème édition, dans l'amphithéatre romain de Thysdrus du 13 au 31 août 2018.

Pour combler l'absence de manifestations culturelles en dehors de la période estivale, mais aussi pour impulser l'activité touristique à El Jem avec le tourisme local, un festival est organisé par l'association "We love EL Jem". Le festival est intitulé les "Thysdrus, Journées romaines d'El Jem" et se déroulera pour sa 3ème édition les 22,23 et 24 mars 2018.

L'association a noué des partenariats avec des associations de reconstitution historique françaises, et a sollicité des artisans pour la fabrication de costumes d'époques, d'outils.

Le festival "Thysdrus, Journées romaines d'El Jem" [30]a permis d'attirer un flux d'environ 7 000 visiteurs sur la ville d'El Jem ce qui a permis de dynamiser l'activité commerciale, de restauration et d'hébergement sur le territoire de la ville et jusqu'à la ville de Mahdia pour l'hébergement.

Dar El Jem[31][modifier | modifier le code]

Le complexe culturel Dar El Jem[32] est un atelier-musée, où l'on peut aussi prendre un café, dans la proximité immédiate de l'amphithéâtre romain d'El Jem. Il a été créé en 2009 par M. Ridha Hfayedh et s'est spécialisé dans la micro-mosaïque. Le complexe forme et fait travailler des artisans et des artistes à la fabrication de tableaux en micro-mosaïque mais aussi de cadeaux artisanaux. Le musée abrite des expositions d'oeuvre d'arts conçues en collaboration avec des artistes du monde entier.

Edifices religieux[modifier | modifier le code]

De nombreuses mosquées sont présentes en ville, mais elles sont pour la plupart de construction contemporaine.

Une mosquée du XIIIème siècle se situait sur l'emplacement de l'actuel café Bacchus sur l'avenue Habib Bourguiba.

Marabout Sidi Ben Aissa[modifier | modifier le code]

Le marabout Sidi Ben Aissa est situé juste en face de la face Sud de l'amphithéâtre, il abrite l'actuelle maison de la culture de El Jem. Le marabout contient la tombe d'un saint qui aurait vécu lors de l'occupation Almolhade de El Jem.

Santé[modifier | modifier le code]

La ville possède un hôpital de circonscription qui assure les urgences, la maternité et les premiers soins. En attendant le nouvel hôpital régional d'El Jem[33] qui est prévu pour 2020, les patients sont redirigés vers l'hôpital universitaire Tahar Sfar de Mahdia où vers les structures publiques ou privées de santé à Sousse.

La ville compte plusieurs cabinets médicaux avec des dentistes, des kinésithérapeutes, des médecins généralistes et des médecins spécialistes qui assurent une première couverture médicale de la population.

Economie[modifier | modifier le code]

Historiquement, le commerce de l'huile d'olive a fait la fortune de l'antique Thysdrus et son commerce continue d'assurer l'activité économique de la ville. La ville fut aussi le siège d'une usine de poudre noire à destination de l'industrie militaire au XIXème et au début du XXème siècle.

Les principales activités économiques à El Jem[34] sont : l'agriculture, l'industrie et les services, le tourisme et l'artisanat.

La production oléicole est abondante et la ville compte plusieurs presses et usines de mise en bouteille de l'huile d'olive. Cependant, la ville ne s'est pas encore doté d'industrie pour la valorisation des margines qui sont les résidus de la fabrication de l'huile et qui sont utilisés pour la fabrication d'engrais végétaux.

L'élevage ovin est prédominant sur le territoire de la délégation d'El Jem. Il s'agit d'élevages extensifs avec une prédominance de la race barbarine dans le cheptel local.

La ville compte beaucoup d'unités d'élevages industriels avicoles (poulets) notamment pour la chair et les oeufs. les cheptels bovins (production de lait), caprins, et de dromadaires sont présents mais en plus faible proportion que les élevages ovins et avicoles.

La ville compte une zone industrielle sur le bord de la route nationale N1 avec notamment la présence remarquée du groupe industriel allemand Draexlmaier[35]. Le site industriel compte deux usines SATE 1 & 2 et emploie environ 1500 personnes dans la fabrication de faisceaux de câble pour l'industrie automobile.

De nombreuses usines et ateliers de fabrication de prêt-à-porter cuir et maroquinerie, de fabrication de matériaux de construction (Concasseur, carrelages, briques), de plastiques sont implantées sur le territoire de la ville d'El Jem.

La ville est aussi connue comme une plateforme de commerce, idéalement située sur les grands axes routiers Nord-Sud et Est-Ouest la ville possède un souk important qui se déroule le lundi. Le souk historique se situe sur les artères perpendiculaires à l'avenue Habib Bourguiba, et était un lieu important pour la vente des animaux, de l'huile d'olive, et d'autres objets et denrées alimentaires. Une partie du souk a été déportée dans le nouveau marché Ong Jamel, qui était l'ancienne partie du Souk où se déroulait la vente des bêtes vivantes et notamment des dromadaires. Un autre souk se situe sur la rue Arbi Zarrouk près de l'oued parallèle à la route de Sousse.

La rocade qui entoure la ville et qui permet de relier les portions Nord et Sud de la route nationale N1 sans rentrer dans le centre-ville de El Jem est bordée d'innombrable échoppes qui alimentent le commerce local et national, de nombreux clients venant de toute la Tunisie pour venir faire leur emplette sur cette rocade.

L'artisanat tient une part importante dans l'activité de la ville. La ville est notamment réputée pour ses tapis Margoum fait main. Les artisans de la ville possèdent un savoir faire dans la fabrication de mosaïque réputé à l'international.

24 clusters ont été identifiés sur tout le territoire de la Tunisie, et El Jem a été retenue pour héberger un cluster lié à la mosaïque. Cela permettra à la ville de devenir un pôle important pour le développement économique du gouvernorat de Mahdia[36].

La ville d'El Jem est reconnue mondialement par le savoir-faire de ses artisans dans la reproduction de mosaïques romaines, mais aussi dans la mosaïque de pavement et la micro-mosaïque qui consiste en la reproduction de chefs d’œuvres de la peinture sous forme de micro-mosaïque.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville d'El Jem est desservi par l'autoroute A1 avec une sortie via un péage. Elle est aussi desservie par 2 autres axes routiers de grande circulation : la route nationale N1 (ex: GP1) et la route C87.

L'autoroute A1 permet la desserte, sur sa portion Nord, de M'Saken à 57 km, Sousse à 62 km, Hammamet à 154 km, Tunis à 205 km. Sur sa portion Sud, elle permet de desservir El Hencha à 21 km, Sfax à 63 km, Gabès à 213 km. Ces villes sont aussi accessibles via la route nationale N1, mais c'est une route à 2x1 voie qui passe par une multitude de petites villes sur son tracé.

La route C87 permet la desserte, sur sa portion Est, des villes de Ksour Essef à 31 km, la Chebba via Ksour Essef à 45 km, Mahdia à 42 km. Sur sa portion Ouest, elle permet la desserte des villes de Essouassi à 8 km, Ouled Chamekh à 42 km et de Kairouan à 71 km.

Des routes secondaires permettent de desservir les villes de Zelba à 20 km, Bou Merdes à 20 km, ainsi que de petits villages dépendant de la délégation de El Jem.

Les transports en communs sont assurés par des taxis pour les déplacements à l'intérieur de la ville, des louages à bandes jaunes permettent la desserte des villages dépendant de la délégation de El Jem. Les louages à bandes jaunes sont au départ de la station située sur l'Avenue Hedi Chaker près du Souk de la ville.

Les louages à bandes bleues (intra-gouvernorat) et à bandes rouges (inter-gouvernorat) permettent la desserte de Mahdia, Sousse, Tunis, Sfax, M'Saken. La station de louage principale se situe près de la Grande Mosquée.

La ville est également desservie par le train. la gare d'El Jem est située en centre ville. la desserte ferroviaire de la SNCFT permet de desservir les villes de Tunis, Bir Bouregba, Enfidha, Sousse, Kaala Sghira, Kerker, Sfax et Gabès.

La Société de transport du Sahel met à la disposition des lignes de bus qui permettent de desservir Mahdia et Sousse.

La Société Nationale de Transport Interurbain met à la disposition des bus qui marquent un arrêt à El Jem au niveau du relais sur la route GP1 à l'entrée de El Jem en venant de Sousse, ces bus assurent les liaisons Tunis-Gabès, Tunis-Médenine, Tunis-Tataouine et Tunis-Djerba via Sousse.

Elections municipales de 2018[37][modifier | modifier le code]

Les premières élections municipales en Tunisie depuis la Révolution tunisienne ont eu lieu en 2018. A El Jem, il y avait 24 sièges en jeu pour le conseil municipal.

3 listes étaient en concurrence : la liste portée par le parti Nidaa Tounes, la liste portée par le parti Ennahda et la liste indépendante "Al Horra".

Le parti Nidaa Tounes est arrivé en tête avec 2012 voix. Nidaa Tounes a obtenu 11 sièges au conseil municipal[38].

Le parti Ennahda est arrivé deuxième avec 1718 voix. Ennahda a obtenu 9 sièges au conseil municipal.

La liste indépendante "Al Horra" est arrivée troisième avec 1008 voix. "Al Horra" a obtenu 4 sièges au conseil municipal.

Le président de la Municipalité élu par le conseil municipal est M. Adel Fahrat.

Personnalités[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ar) [PDF] Recensement de 2014 (Institut national de la statistique)
  2. Victor Guérin, Voyage archéologique dans la régence de Tunis, éd. Plon, Paris, 1862, p. 98
  3. Hédi Slim, El Jem, l'antique Thysdrus, éd. Alif, Tunis, 2007, p. 89
  4. Antonio Ibba et Giusto Traina, L'Afrique romaine : de l'Atlantique à la Tripolitaine (69-439 ap. J.-C.), éd. Bréal, Paris, 2006, p. 107
  5. Antoine Héron de Villefosse, « Lettre à M. le Docteur Carton sur une inscription de Thysdrus », Bulletin de la Société archéologique de Sousse, n°1, 1903, p. 35
  6. Jacques Gascou, « P. Iulius Liberalis sacerdotalis provinciae Africae, et la date du statut colonial de Thysdrus », Persee,‎ , pp. 189-196 (lire en ligne)
  7. Gilber Hallier, « Les citernes monumentales de Bararus (Henchir Rougga) en Byzacène », Persee,‎ , pages 129-148 (lire en ligne)
  8. R. Guéry et P. Trousset, « Encyclopédie Berbère », journals.openedition.org,‎ , Pages 1338-1340 (lire en ligne)
  9. Roger Guéry, Cécile Morrisson, Hédi Slim, « Recherches archéologiques franco-tunisiennes à Rougga. III. Le trésor de monnaies d'or byzantines », Persee,‎ (lire en ligne)
  10. « Le site de Rougga ou Barrarus à Sfax », sur zaherkammoun.com,
  11. Bakr, Abd Allâh ibn Abd al-Azz Ab Ubayd al- (1040-1094), Description de l'Afrique Septentrionale, Typographie Adolphe Jourdan - Alger, 408 p. (lire en ligne), page 49
  12. Valère Duraffourg, Notice de géographie historique et descriptive sur la Tunisie, Sfax et ses environs, Les éditions chapitres.com, (lire en ligne), Page 6
  13. « COMPAGNIE FERMIÈRE DES CHEMINS DE FER TUNISIENS (CFT) (1923-1956) », sur http://entreprises-coloniales.fr
  14. « Pour la première fois un arabe est nommé juste parmi les nations », sur lefigaro.fr,
  15. Hedi Slim, « Mosaïque romaine en Afrique du Nord », Dossiers d'Archéologie,‎ novembre/décembre 1978 (ISSN 1141-7137)
  16. Hedi Slim, « La mosaïque du labyrinthe de Thysdrus », Antiquités africaines,‎ , pp. 201-205 (lire en ligne)
  17. Louis Foucher, « Le calendrier de Thysdrus », Antiquités Africaines,‎ , pp. 63-108 (lire en ligne)
  18. Hedi Slim, « Le modèle urbain romain et le problème de l'eau dans les confins du Sahel et de la Basse Steppe », Publications de l'École Française de Rome,‎ , pp. 169-201 (lire en ligne)
  19. Hédi Slim, Le modèle urbain romain et le problème de l'eau dans les confins du Sahel et de la Basse Steppe, Publications de l'École Française de Rome, (lire en ligne), pp. 169-201
  20. Ammar Mahjoubi, Villes et structures urbaines de la province romaine d'Afrique, éd. Centre de publication universitaire, Tunis, 2000, p. 167-168
  21. Hédi Slim, « Les amphithéâtres d'El-Jem », CRAI, vol. 130, n°3, 1986, p. 469
  22. a et b Ammar Mahjoubi, op. cit., p. 168
  23. Hédi Slim, « Les amphithéâtres d'El-Jem », p. 462
  24. Hédi Slim, « Les amphithéâtres d'El-Jem », p. 468
  25. « Festival international de la mosaïque d'El Jem : une identité artisanale locale et un créneau prometteur de développement », Investir en Tunisie, 11 mai 2010
  26. Abderrahmen Bousnina, La variabilité des pluies en Tunisie, Tunis, Tunisie, Publications de l'Université de Tunis, , page 173
  27. J. Despois, La Tunisie orientale. Sahel et Basse Steppe, Paris, (lire en ligne), ch. III. les eaux, pp. 75-96 et surtout p. 91
  28. « Festival international de musique symphonique d'El Jem – Site Web Officiel » (consulté le 8 décembre 2018)
  29. « Festival El Jem World Music », sur festivaleljemworldmusic.tn
  30. « Thysdrus, journées romaines d'El Jem », sur www.agendas.ovh,
  31. « Dar el Jem », sur Creative Tunisia (consulté le 8 décembre 2018)
  32. « Dar El Jem », sur Artisans d'Art (consulté le 8 décembre 2018)
  33. « El Jem aura bientôt son nouvel hôpital régional », sur www.hospihub.com,
  34. « Culture et Patrimoine : Tunisie - El Jem »
  35. « El Jem - Dräxlmaier TN », sur tn.draexlmaier.com (consulté le 8 décembre 2018)
  36. « LES MOSAÏSTES D'EL JEM », sur Creative Tunisia (consulté le 8 décembre 2018)
  37. « Résultats – Instance Supérieure Indépendante pour les Élections », sur www.isie.tn (consulté le 8 décembre 2018)
  38. walid, « Elections municipales Tunisie 2018: Décompte des voix dans toutes les municipalités à Mahdia », sur Directinfo (consulté le 8 décembre 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilbert Charles-Picard, La civilisation de l'Afrique romaine, éd. Études augustiniennes, Paris, 1990
  • Hédi Slim, El Jem : l'antique Thysdrus, éd. Alif - Les éditions de la Méditerranée, Tunis, 1996
  • Hédi Slim et Latifa Slim, Vie et artisanat à Thysdrus, El Jem, ville d'Africa, IIe-IIIe siècles : Exposition au musée archéologique de Nice-Cimiez, éd. Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1996

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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