Disparition de Madeleine McCann

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37° 05′ 19″ N 8° 43′ 51″ O / 37.08865, -8.73083

Disparition de Madeleine McCann
Nature du crime Enlèvement
Titre Disparition de Madeleine McCann
Pays de lieu du crime Drapeau du Portugal Portugal
Date du crime
Nombre de victimes 1
Jugement
Statut Affaire non élucidée


La disparition de Madeleine McCann, fillette britannique de presque quatre ans née le à Leicester, s'est produite durant la soirée du jeudi à Praia da Luz en Algarve au Portugal.

Histoire[modifier | modifier le code]

Madeleine Beth McCann (née le 12 mai 2003), dite « Maddie », est la fille d'un couple de médecins, Kate Marie McCann, née Healy (née en 1968 à Huyton, près de Liverpool) et Gerald Patrick McCann (né en 1968 à Glasgow). Le 28 avril 2007, la famille McCann arrive au Portugal pour une semaine de vacances. Ils séjournent dans un bungalow du complexe hôtelier Ocean Club de Praia da Luz, une station balnéaire à 300 km au sud de Lisbonne. Le 3 mai 2007, les parents McCann mettent au lit « Maddie » ainsi que leurs deux autres enfants, Sean et Amelie (des jumeaux âgés de 2 ans) et vont dîner avec un couple d'amis dans un restaurant de tapas à 120 mètres de leur bungalow[1].

Vers 21 h, le père prend le soin d'aller vérifier que les enfants dorment tranquillement dans leur chambre. À environ 22 h, la mère fait de même et découvre le lit de Maddie vide, les volets et la fenêtre ouverts. Les parents, aidés de leurs amis, prospectent dans les environs, vainement. Ils donnent alors l'alerte, appelant non le 112, mais la gendarmerie à 22 h 41. Pensant à une escapade, les gendarmes, le personnel du complexe, des hôtes et des habitants de Praia da Luz poursuivent les recherches jusqu'à h 30, tandis que la police des frontières et tous les aéroports portugais et espagnols sont mis en alerte. La piste de l'enlèvement se précise lorsque une famille d’Irlandais en vacances dans le secteur, les Smith, témoigne avoir aperçu, un peu avant 22 heures, un homme tenant dans ses bras une fillette en pyjama rose dont le signalement correspond à Maddie[2].

Le , Interpol diffuse une alerte mondiale à tous ses membres pour sa disparition[3],[4]. Les diplomates britanniques en poste au Portugal reçoivent des instructions pour apporter de l'aide aux parents[5].

La disparition de cette enfant est très largement médiatisée en Europe.

La chaîne d'information française LCI rapporte qu'un site lancé par la famille pour recevoir des informations et recueillir des fonds afin d'aider aux recherches a reçu cinq millions de visites en moins de vingt-quatre heures. Des offres de dons ont été reçues de la part de simples particuliers, de petites entreprises mais également de multinationales afin d'aider à lancer une campagne d'affichage dans toute l'Europe[6].

La ministre de la justice allemande, Brigitte Zypries, affirma le , à une réunion des ministres de la justice du G8, que la disparition de la fillette a été causée par un réseau pédophile[7].

Le , Kate McCann est mise en examen par la police portugaise. Elle est « soupçonnée d'avoir accidentellement tué sa fille » suite aux résultats d'examens pratiqués dans un laboratoire britannique sur des tâches de sang, vêtements et autres objets de la chambre d'hôtel après que des chiens pisteurs anglais entraînés à renifler des cadavres aient repéré ces objets. Cette mise en examen est suivie de celle du père mais selon les avocats des McCann, cette procédure aurait été faite à leur demande[8].

Après de multiples pistes plus ou moins sérieuses étudiées, dont celle de la culpabilité des parents, et la possible intervention d'un pédophile étranger[9],[10], le ministère public portugais classe l'affaire le (la mise en examen des parents est donc levée) mais se réserve le droit de le rouvrir[11].

En , le policier portugais chargé de l'enquête, Gonçalo Amaral, publie les conclusions des enquêteurs dans le livre Maddie, l'enquête interdite : Madeleine est morte dans l'appartement, son cadavre a été caché[12].

Le , les parents de Maddie lancent un nouvel appel à témoin avec deux photos de Maddie, vieillie de deux ans, diffusées dans un message vidéo, traduit en 7 langues[13].

En mars 2010, un tribunal portugais autorise la publication du rapport d'enquête, lourd de deux mille pages. Certaines pistes, crédibles selon les parents mais sans pertinence selon la police judiciaire, n'auraient pas été exploitées[14].

Début , Scotland Yard relance l'enquête grâce à une nouvelle piste : deux hommes incarcérés en Écosse pour pédophilie, Charles O'Neil et William Lauchlan. Ils se sont beaucoup déplacés en Europe, notamment au Portugal à partir de 2006. De plus, Charles O'Neill ressemble au suspect aperçu en train de rôder autour du complexe touristique portugais de Praia da Luz où la fillette a disparu.

Hypothèse de Gonçalo Amaral[modifier | modifier le code]

En 2009, les McCann tentent de faire interdire la publication du livre de Goncalo Amaral, L’Enquête interdite (Bourin éditeur). L'hypothèse de ce policier de la police judiciaire responsable de l’enquête, est en effet que Maddie aurait été victime d'un incident domestique[15], qu'elle serait décédée dans l'appartement et que les parents auraient simulé un enlèvement[16]. L'injonction décidant d'interdire la vente du livre et la divulgation d'un documentaire portant le même titre est prononcée en septembre 2010 mais est annulée le 19 octobre 2010 par la Cour d'appel de Lisbonne qui estime que « le contenu du livre ne portait atteinte à aucun des droits fondamentaux »[17]. Les McCann intentent une action dans le civil accusant l'ancien policier de diffamation et réclament cette fois-ci 1,2 million d'euros d'indemnité en réparation du préjudice subi. Le 28 avril 2015, Amaral est condamné à payer 500 000 euros aux parents, somme assortie d'intérêts s'élevant à 106 000 euros. Le tribunal civil de Lisbonne condamne en outre Amaral et ses éditeurs à retirer les exemplaires en circulation et leur interdit toute réédition du livre, de même que toute nouvelle diffusion d'un documentaire basé sur ces mêmes thèses[18].

Des instructions données par le Premier Ministre britannique à l’ambassadeur John Buck et au consul Bill Henderson pour prodiguer une aide exceptionnelle aux parents, auraient permis que ceux-ci échappent à la justice portugaise[19].

Roman[modifier | modifier le code]

Lors de la rentrée littéraire de en France, un roman écrit par Arthur Dreyfus s'inspire largement du déroulement de la disparition de Maddie : Belle Famille, et explore la piste des parents metteurs en scène d'enlèvement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Peter Villiers, Police and Policing, Waterside Press,‎ , p. 1
  2. (en) Danny Collins, Vanished. The Truth About the Disappearance of Madeline McCann, John Blake Publishing,‎ , p. 75
  3. « INTERPOL diffuse une alerte mondiale pour une enfant de nationalité britannique portée disparue », sur Interpol,‎ (consulté le 23 mars 2014)
  4. « Fiche jaune d'Interpol sur McCann Madeleine Beth », sur Interpol (consulté le 23 mars 2014)
  5. McCann Case: Freedom of Information Act on John Buck former Ambassador
  6. « tf1.lci.fr. »
  7. (en) « Madeleine paedophile gang theory 'is likely' », The Scotsman,‎ (lire en ligne)
  8. « Disparition de Maddie : mise en examen de la mère », sur tempsreel.nouvelobs.com,‎
  9. (en) Matt Blake, « Paedo Raymond Hewlett 'saw Maddy twice before she vanished' », sur The Daily Mirror,‎ (consulté le 23 mars 2014)
  10. « Maddie: Un pédophile suspecté », sur Le Journal du dimanche,‎ (consulté le 23 mars 2014)
  11. « Disparition de Maddie: l'enquête prend une nouvelle direction », sur bfmtv.com,‎
  12. Maddie, l'enquête interdite, Bourin Éditeur, Paris, 2009, (ISBN 2849411256)
  13. « Nouvel appel à témoin pour retrouver Maddie », sur Le Parisien,‎ (consulté le 23 mars 2014)
  14. « Au troisième œil »,‎ (consulté le 23 mars 2014)
  15. « Maddie, L’Enquête Interdite »
  16. Maddie : l’inspecteur raconte l’enquête
  17. (en) Giles Tremlett, « Madeleine McCann book ban overturned by Portuguese court », sur theguardian.com,‎
  18. « Un ex-enquêteur condamné à verser 500 000 euros aux parents de Maddie McCann », sur lemonde.fr,‎
  19. Les McCann ont le tiercé gagnant dans l’ordre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Danny Collins, Vanished. The Truth About the Disappearance of Madeline McCann, John Blake Publishing,‎ , 300 p. (lire en ligne)
  • (en) Kate McCann, Madeleine: Our daughter's disappearance and the continuing search for her, Random House,‎ , 496 p. (lire en ligne)
  • (en) Frederic P. Miller, Agnes F. Vandome, John McBrewster, Disappearance of Madeleine McCann, Alphascript Publishing,‎ , 68 p.

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Émission radiophonique[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) Missing Madeleine Site officiel incluant une déclaration vidéo des parents remerciant les médias et tous ceux qui aident à rechercher leur fille.