Dirck Scholl

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Dirck SchollDirk Scholl
Dirck Janszoon Scholl
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait en manière noire de Dirck Scholl à l'âge de 58 ans (vers 1698-1699) par Thomas van der Wilt. À l'arrière-plan, la flèche de la nouvelle église de Delft. Cet exemplaire de la gravure provient de la collection des Archives municipales de Delft.

Naissance vers 1640-1641
Brielle
Décès
Delft
Activité principale organiste
carillonneur
compositeur
expert d'orgue
Style Musique baroque
Lieux d'activité Arnhem
Delft
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Maîtres Jan Dircxz. Scholl
Ascendants Jan Dircxz. Scholl (père)
Conjoint Johanna van Noordt
Jacoba van der Hek (en secondes noces)
Descendants Hubertus Scholl (fils)
Famille Cornelis Scholl (frère)
Jacob van Noordt (beau-père)

Dirck Scholl, né à Brielle en 1641 et mort à Delft le , était un organiste, carillonneur et compositeur des Provinces-Unies.

Biographie[modifier | modifier le code]

Apprentissage et mariages[modifier | modifier le code]

Il entra sans doute d'abord en apprentissage chez son père, Jan Dircxz. Scholl[1].

Le eut lieu, à Amsterdam, la publication des bans du mariage de Scholl avec Johanna van Noordt, fille de Jacob van Noordt, organiste de la vieille église d'Amsterdam. Le , Scholl se remaria à La Haye avec Jacoba van der Hek (dont la sœur, Sara, se maria le même jour avec son frère Cornelis (chant nuptial dans : Pieter de Neyn, Vrolyke uuren[2] [ 1681 ], p. 135).

Arnhem et Delft[modifier | modifier le code]

En 1661, il devint organiste et carillonneur[1] de l'église Saint-Eusèbe[3] d'Arnhem, où il était membre du collegium musicum [1]. Sous la représentation de ses armoiries dans l'armorial de cette société de musique, il ajouta la phrase (néerlandaise) suivante :

« Si l'amour est l'ivresse, je suis rarement sobre[4]. »

De la ville d'Arnhem, il se rendit, en 1665, à Delft, où il devint organiste et carillonneur de la nouvelle église et où il était, selon le titre de son ouvrage Delfs-Engels, publié en 1671, également maître de musique de la Maison des frères (Fraterhuis)[1]. En outre, il jouait du clavecin et de la viole de gambe et il composait de la musique de chambre, qui était sans aucun doute exécutée par le collegium musicum [3]. En sa qualité d'expert d'orgue, son aide fut sollicitée par l'église wallonne de La Haye en 1696 et en 1711, et par la nouvelle église de la même ville en 1702. Le , la nouvelle église de Delft fit appel à son expertise. En 1676, il fit l'inspection du nouveau carillon de Gouda et, le , celle des cloches de la tour de l'église Saint-Jacques de La Haye, coulées à Anvers par le fondeur de Haze[1].

L'affaire du carillon de Gouda[modifier | modifier le code]

L'expertise du carillon de Gouda incita le fondeur de ses cloches, Pierre Hemony d'Amsterdam, à contester, dans un pamphlet, l'opinion de Quirinus van Blanckenburg, qui lui avait conseillé de couler, pour ce carillon, une cloche en do dièse et une cloche en dièse à l'octave inférieure. À ce pamphlet, dont il était cosignataire, Dirck Scholl ajouta un Toegift (Supplément) rimé. Tout cela et le fait que le pamphlet en question[5] fut imprimé à Delft (par Pieter Oosterhout en 1678) nous amène à croire que ce n'était pas Hemony, mais plutôt Scholl qui s'opposait au système de Blanckenburg. À l'origine de cette divergence d'opinion ne se trouvait pas l'incompatibilité des caractères des compositeurs, mais plutôt l'avancement de nouveaux concepts rejetés par Scholl, comme en témoigne sa désapprobation de la musique de Corelli, qui commençait à pénétrer les Provinces-Unies vers cette époque, comme Blanckenburg le mentionnera plus tard, en 1739, au sujet du débat autour du carillon de Gouda[6].

Succession[modifier | modifier le code]

Après la mort de Dirck Scholl, son fils Hubertus lui succéda. Il fut enseveli dans la vieille église de Delft comme son père[3].

Notoriété[modifier | modifier le code]

Vander Straeten émit cette opinion sur lui :

« Il avait d'ailleurs un esprit caustique naturel qui s'épanchait en mille saillies sur les questions scabreuses à l'ordre du jour[7]. »

En effet, il semble avoir été une personne éminente ; ainsi, Poot l'a chanté (Mengeldichten[8], p. 35-37 [9])[10], et Thomas van der Wilt a gravé son portrait en manière noire vers 1698-1699 (Muller, no  4809)[3]. Dans le Bellum juridicum ofte den oorlogh der advocaten[11] (Utrecht, 1743) sont publiés deux conseils juridiques du sur une procédure non précisée entamée par Rebecca Palache, veuve d'Abraham Cohen, contre lui et son épouse[10].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

Scholl a surtout composé de la musique de chambre. Mais, les seules compositions instrumentales conservées de ce compositeur sont les simples danses françaises du Vrede-triumph ofte Thalia's lust-hoff[11] (1678)[3]. Le seul exemplaire connu de cet ouvrage est conservé à la bibliothèque de la cathédrale de Durham. Aussi s'agirait-il du seul ouvrage musical connu imprimé à Delft au XVIIe siècle[12]. Pourtant, on connaît un exemplaire d'une œuvre sur des paroles néerlandaises : une lamentation sur la mort de Marie Stuart.

Musique vocale[modifier | modifier le code]

  • (nl) Olypodigro, ofte mengelmoes [Mélanges, à une voix et basse continue].
  • (nl) Rouw- en liefde-tranen uitgestort over de dood van Maria Stuart. Koninginne van Groot Brittanje [Larmes de deuil et d'amour, versées sur la mort de Marie Stuart, reine de Grande-Bretagne, à une voix, deux violons, une viole de gambe et basse continue], Delft, 1695.
  • (nl) Troost in ouderdom door d'Hr. A. Alewijn, en tegenzang voor de jonkheyd door T. van der Wilt [Consolation dans la vieillesse, de monsieur Abraham Alewijn et Chant pour la jeunesse, de Thomas van der Wilt, à une voix et basse continue], Delft, 1717.
  • (nl) D'onnaspeurlijke naspeuring, bestaande in vraag, antwoord en toesang, door T. van der Wilt [La Recherche introuvable, consistant en la question, en la réponse et en l'épilogue, de Thomas van der Wilt, à une voix et basse continue], Delft, 1717.

Musique instrumentale[modifier | modifier le code]

Le code entre parenthèses indique la langue utilisée dans l'ouvrage et non nécessairement un ouvrage de musique vocale dans cette langue.

Ressources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Jan Willem ENSCHEDÉ, p. 1293.
  2. Heures joyeuses.
  3. a b c d et e Adelheid RECH, Music in the Time of Vermeer: Music in Delft, sur le site web essentialvermeer.com.
  4. « Is liefde dronckenschap, soo ben ick selde nuchter », cité de Dirk Jacobus BALFOORT, p. 34.
  5. De on-noodsakelykheid en ondienstigheid van Cis en Dis in de bassen der klokken (ou Le superflu et l'inutilité de do dièse et de dièse dans les basses des cloches). Voir aussi : Edmond VANDER STRAETEN, 1867, p. 59-60.
  6. Jan Willem ENSCHEDÉ, p. 1293-1294.
  7. Edmond VANDER STRAETEN, 1878, p. 280.
  8. Mélanges. Voir aussi : Wilhelmus Hermanus THIJSSE, p. 125.
  9. Hubert Kornelisz. POOT, p. 35-37.
  10. a et b Jan Willem ENSCHEDÉ, p. 1294.
  11. a et b Guerre juridique ou Guerre des avocats. Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « note2 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  12. Kees KALDENBACH, Barok bladmuziek gecomponeerd en gedrukt in Delft door Dirk Scholl in de tijd van Vermeer's MP3 & Afbeelding.

Sources[modifier | modifier le code]

Fichiers audio[modifier | modifier le code]

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