Déclin urbain

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Le quartier de Pruitt-Igoe à Saint-Louis a été l'un des symboles, des difficultés qu'ont connues certains centres urbains américains au XXe siècle.

Le déclin urbain, contrairement à la notion de décroissance urbaine, induit l'irréversibilité du processus. Ces deux notions sont malgré tout employées comme synonymes l'une de l'autre[1]. Le déclin urbain est une notion empruntée au terme anglais shrinking cities, traduite par ville rétrécissante. Ce phénomène se répercute sur trois principaux critères: démographique (baisse de la population), économique (diminution des activités et du nombre d'actifs) et social (hausse de la précarité et de l'insécurité)[2].

Il peut se répercuter notamment par l'abandon du bâti avec un nombre de logements vacants bien plus élevé que celui de la population. Le déclin urbain peut toucher une partie ou la totalité d'une ville, ainsi certains quartiers urbains peuvent décliner alors même qu'ils sont situés dans une ville en croissance démographique et économique[3].

En France, le phénomène reste limité à 20% environ des aires urbaines. Il concerne surtout les petites villes ( 2000 à 50000

habitants, taille variant selon les institutions et les chercheurs )[4] et les villes moyennes (moins de 50 000 habitants) situées dans les anciens bassins industriels (Lorraine, pourtour du Massif Central, Nord). Il est provoqué par une perte d'attractivité. Il se traduit par une baisse de la population. Cette baisse intervient depuis 1970 environ pour les grandes villes centres (Saint-Étienne, Le Havre), depuis 1990 environ pour les communes de périphérie. Cette décroissance n'est pas neutre socialement, car les populations aisées, partent plus facilement ; elle provoque une paupérisation des habitats et des habitants, et une spécialisation ethnique.[1]

Jusque dans les années 1970- 1980 la décroissance urbaine concerne principalement les pays développés qui rassemblent 70% des villes en décroissances. Le phénomène touche notamment les Etats-Unis, le Japon et l’Europe (Allemagne, Royaume-Unis). Dans les années 1990, le nombre de villes en déclin explose : à l’échelle mondiale plus d’un quart de villes de plus de 100 000 habitants sont en décroissance. En France métropolitaine on considère que moins 10% de la population urbaine est touchée par le déclin urbain[5].

Définition[modifier | modifier le code]

Terminologie[modifier | modifier le code]

L’utilisation de termes imagés pour décrire ce phénomène démontre la difficulté relative à décrire et cerner celui-ci. Les termes employés varient d’un pays à l’autre emportant chacun une idée particulière. En français on parle de déclin, de décroissance illustrant une approche plutôt démographique et économique. Tandis qu’en anglais on parlera de “shrinking cities” et en allemand de “schrumpfende Städte”, la traduction en français serait “les villes rétrécissantes” mais ce terme n’est pas toujours adapté puisque les villes en question ne perdent pas de superficie. Elles font même partie d’agglomérations qui continues de grossir, de s’étendre et de s’étaler. Certains auteurs en France (Ducom et Yokohari 2006) privilégient le terme de “rétraction urbaine” comme la manifestation physique et démographique du déclin urbain[6].

Mondialisation et déclin urbain[modifier | modifier le code]

Les débats liés à la mondialisation sont récurrents ces dernières décennies. La mondialisation provoque une désindustrialisation dans les pays occidentaux mal préparés, qui accentue un déclin urbain existant. Ce lien s’accompagne d’une période de changements urbains majeurs à la fois démographiques et économiques. Ces mutations se caractérisent principalement par un vieillissement de la population, par la diminution de la fécondité et par le déclin des activités industrielles qui sont souvent le pillier de l'économie de ses villes spécialisés dans le secteur de l'industrie.

Le système de production industrielle contemporain est devenu plus structuré. La structuration donne naissance à une dimension spatiale au moyen de la sous-traitance. L'espace d'implantation dépends du choix des multinationales ; pour faire face à la crise ou à la compétition économique, un bon nombre d’entreprises font appel à la délocalisation de leurs unités de production pour réduire les coûts et, qui peut expliquer en grande partie le déclin urbain des villes dans le monde.

Le processus de mondialisation est à l’origine à la fois de l’élargissement et de l’accentuation du phénomène de déclin.[7] « Les recompositions économiques se combinent avec la nouvelle donne démographique pour induire des changements dans les formes de développement urbain »[8]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Décroissance urbaine - Hypergéo », sur www.hypergeo.eu (consulté le 6 novembre 2018)
  2. « Shrinking city, ville en déclin, ville rétrécissante », sur Géoconfluence, 14 décembre 2013. (consulté en novembre 2017)
  3. « Shrinking Cities, villes en décroissance : une mesure du phénomène en France », sur Cybergeo, (consulté en novembre 2017)
  4. Gresillon, Etienne, (1978- ...)., Alexandre, Frédéric., Sajaloli, Bertrand. et impr. par Chirat), La France des marges, Armand Colin, dl 2016, cop. 2016 (ISBN 9782200615918 et 2200615914, OCLC 957749759, lire en ligne)
  5. « La décroissance urbaine en France : les effets cumulatifs du déclin - Métropolitiques », sur www.metropolitiques.eu (consulté le 6 novembre 2018)
  6. Sylvie Fol et Emmanuèle Cunningham-Sabot, « « Déclin urbain » et Shrinking Cities : une évaluation critique des approches de la décroissance urbaine », Annales de géographie, vol. 674, no 4,‎ , p. 359 (ISSN 0003-4010 et 1777-5884, DOI 10.3917/ag.674.0359, lire en ligne)
  7. Fol Sylvie, Cunningham-Sabot Emmanuèle C, « « Déclin urbain » et Shrinking Cities : une évaluation critique des approches de la décroissance urbaine », 2010,‎ (URL : https://www.cairn.info/revue-annales-de-geographie-2010-4-page-359.htm)
  8. (en) Champion A., « A changing demographic regime and evolving polycentric urban regions : Consequences for the size, composition and distribution of city populations », .,‎ , p. 657-677

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Fol, « "Déclin urbain" et shrinking cities : une évaluation critique des approches de la décroissance urbaine », Annales de géographie, 2010/4 (n°674)
  • Florence Nussbaum, « Quartiers fantômes et propriétaires invisibles. Les propriétés abandonnées, symptômes de la crise des villes américaines », Géoconfluences, 2015.
  • Fol Sylvie, Cunningham-Sabot Emmanuèle C, « déclin urbain » et Shrinking Cities : une évaluation critique des approches de la décroissance urbaine, 2010.
  • Champion A. (2001), « A changing demographic regime and evolving polycentric urban regions : Consequences for the size, composition and distribution of city populations », Urban Studies, vol. 38, n4, p. 657-677.

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Liens internes[modifier | modifier le code]