Couvent des Jacobins (Rennes)

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Couvent des Jacobins
Rennes - Couvent des Jacobins 20150207-03.jpg

Travaux d'aménagement du centre des congrès en 2015

Présentation
Type
Construction
1369
Destination initiale
couvent
Destination actuelle
futur centre de congrès
Propriétaire
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Division administrative
Commune
Adresse
Localisation
Coordonnées
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Localisation sur la carte de Rennes
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Le couvent des Jacobins, nommé également ancien couvent de Bonne-Nouvelle[1], est un ancien édifice religieux et une ancienne caserne, situé dans le centre-ville de Rennes. Il comprend une abbatiale, un cloître et des bâtiments conventuels. En 2018, l'édifice deviendra le centre des congrès de Rennes Métropole.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le couvent se situe dans le quartier Centre, au nord du centre historique de la ville de Rennes et s'élève à l’angle nord-ouest de la place Sainte-Anne, le long des rues d’Échange (au sud) et de Saint-Malo (à l’est). Cette dernière sépare le couvent de la basilique Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le couvent[modifier | modifier le code]

Les fouilles menées par l’INRAP en 2012 et 2013 ont confirmé l’importance du lieu à l'époque gallo-romaine. Les premières traces d'une occupation humaines découvertes datent du Ier siècle[2]. Les recherches permettent de retrouver sous le couvent la trace attendue de l’intersection du cardo maximus, rue principale de Condate, et d'une autre artère importante. À cette intersection est érigé un monument (un édicule ou une statue), qui deviendra, trois siècles plus tard, un temple[2]. Des traces de bâtiments de trois époques différentes sont retrouvées, ainsi que des objets du quotidien. Un glaive est également retrouvé sur place, confirmant la qualité martiale de la ville.

À la chute de l’Empire romain, Rennes s’enferme dans ses remparts. Le lieu est alors hors des murs, et laissé à l'abandon au IVe siècle[2].

Fondation[modifier | modifier le code]

Le renouveau du site débute au XIVe siècle quand l'ordre des dominicains décide d'installer un couvent sur le site[2]. Un bourgeois de Rennes, Pierre Rouxel, serait à l'origine du couvent par un don en 1367 mais le fondateur est le duc Jean IV qui en pose la première pierre.

Entre les XVe et XVIIIe siècles, le couvent est un important lieu d'inhumation. Les fouilles menées par l’INRAP mettent au jour près d'un millier de sépultures, parmi lesquelles plusieurs tombes prestigieuses notamment des sarcophages de plomb abritant les dépouilles de nobles et de personnalités rennaises[2].

Dans ce lieu, sont célébrées les fiançailles d'Anne de Bretagne et de Charles VIII en 1491[3]. Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, un tableau du XIVe siècle représentant la Vierge fait du couvent un lieu de pèlerinage et de prédication. Il est aujourd'hui visible dans la basilique Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle.

En 1624, alors que sévit la peste, la ville de Rennes offre un vœu d'argent à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Cette maquette, dont il aurait existé une reproduction, a été fondue vers 1794. Le couvent connaît son plein développement au XVIIe siècle ; il compte alors une soixantaine de religieux dominicains et est reconnu comme un centre de formation. La bibliothèque comptera jusqu'à 5 000 volumes. Le couvent décline ensuite, jusqu'à sa fin à la Révolution. Certains frères refusent de prêter serment, tandis que d'autres trouvent un poste de curé à Rennes. C'est le frère dominicain Félix-Alexis Mainguy qui sera chargé de trier les livres obtenus lors des différentes spoliations et deviendra le premier bibliothécaire de Rennes[4].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1793, le bâtiment est affecté à l'armée qui le transforme en caserne, puis abrite le club sportif de la garnison de Rennes.

L’ancien couvent de Bonne-Nouvelle est tout d’abord inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 12 septembre 1986 puis il est classé par arrêté du 14 mai 1991[1],[5].

Pour un euro symbolique, l'armée vend ce monument en mai 2002 à Rennes Métropole[3].

Le couvent héberge la biennale d'art contemporain de Rennes en 2008[3] et en 2010[6].

Lors des fouilles préalable au réaménagement du site, la sépulture de Louise de Quengo, morte en 1656, est retrouvée sous le couvent[7].

Le centre des congrès[modifier | modifier le code]

Entre 2005 et 2009, les élus de la ville de Rennes puis ceux de Rennes Métropole[n. 1] réfléchissent à l'opportunité de la création d'un centre des congrès sur l'agglomération rennaise[8]. Après avoir étudié différentes implantations notamment le Palais Saint-Georges[9], les élus intercommunautaires choisissent le 18 juin 2009 le site du couvent des Jacobins.

En juillet 2010, l'équipe représentée par l'architecte Jean Guervilly est désignée pour la conception du centre. De novembre 2011 à juin 2013, une campagne de fouille intégrale du site est menée par l’INRAP. Une trentaine d'archéologues recensent près d'un millier de sépultures médiévales et modernes, principalement dans la salle du chapitre, lieu d'inhumation en principe réservé aux frères, dans la galerie des enfeus ou dans l'église. Dans le chœur de l'église, ils ont mis au jour quatre tombes prestigieuses (sarcophages en plomb à loges céphaliques avec à leur tête des urnes en forme de cœur) de personnages du XVIIe siècle, notamment celle de Louise de Quengo, veuve probablement devenue religieuse au couvent où elle termine sa vie[10].

Un groupement d'entreprises mené par la société Sogea Construction est chargé en novembre 2013 de la réalisation des travaux du Centre des Congrès[11]. La livraison de l'équipement est prévue fin 2017[12].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est bâti de façon classique pour un couvent : un cloître composé d’un jardin central entouré d’une galerie. Ce cloître permet l’accès à plusieurs pièces servant à la vie monacale : église abbatiale (au sud), salle capitulaire (à l’est), réfectoire (à l’ouest), etc. Moins courant est la présence d’une chapelle (la chapelle de Bonne-Nouvelle) dans l’angle sud-est du jardin du cloître ainsi qu’une galerie des enfeus dans la partie sud du cloître le long de l’église.

Deux cours bordent les côtés nord et l’ouest du bâtiment principal. Celles-ci sont fermés par un portail chacune. Au nord-ouest du terrain, on trouve le logis du prieur datant du XVIe siècle[1].

Architecture du centre des congrès[modifier | modifier le code]

Le projet architectural prévoit les aménagements d'espaces suivants[13] :

  • un auditorium de 1000 places
  • un auditorium de 500 places
  • un auditorium de 300 places, dans l’ancienne église
  • 25 salles de commission
  • 3 000 m2 de surface d’exposition ou de restauration, notamment autour du cloître

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rennes Métropole a obtenu la compétence de la construction et de la gestion d'un centre des congrès en juin 2007.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Notice no PA00090677, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d et e Ouest-France, « Une plongée dans l'Histoire au couvent des Jacobins - Rennes », (consulté le 9 juin 2013)
  3. a, b et c « Les Ateliers de Rennes, biennale d'art contemporain, le couvent des Jacobins », (consulté le 25 septembre 2008)
  4. Jean Toravel, « "Félix-Alexis Mainguy (1747-1818), dominicain, premier bibliothécaire de la ville de Rennes" », Bulletin et mémoire de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t. LXXVIII.,‎
  5. Notice no IA35023009, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  6. « Les Ateliers de Rennes, programmation 2010, le couvent des Jacobins », (consulté le 7 mai 2010)
  7. « Louise de Quengo. Où enterrer la noble dame du couvent des Jacobins ? », Ouest-France, 28 juillet 2015
  8. Rennes Métropole, « Le calendrier du centre des congrès », (consulté le 18 décembre 2010)
  9. « Le futur centre de congrès prend enfin corps », (consulté le 18 décembre 2010)
  10. « Dernières semaines de fouille au couvent des Jacobins à Rennes : près d'un millier de sépultures recensées », sur inrap.fr,
  11. Le Moniteur, « Sogea construira le Centre des congrès de Rennes », (consulté le 20 novembre 2013)
  12. Ouest France, « Couvent des Jacobins : les élus disent oui à Jean Guervilly », (consulté le 18 décembre 2010)
  13. « Les Espaces », Rennes congrès, (consulté le 29 janvier 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Banéat, Le Vieux Rennes, Rennes, Plihon et Hommay, , p. 167-172 ; 502
  • Abbé Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, chap. tome 3, p. 145-153