Clitocybe nébuleux

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Clitocybe nebularis

Clitocybe nebularis, développement annulaire

Clitocybe nebularis, de ses noms vernaculaires français, le Clitocybe nébuleux, et régionaux Gris de sapin, Petit-gris des sapins ou Mousseron d'automne, est un champignon basidiomycète commun, parfois indigeste, du genre Clitocybe, dans la famille des Tricholomataceae.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Nom scientifique[modifier | modifier le code]

Clitocybe nebularis (Batsch[1]) P. Kumm. 1871[2]

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Agaricus nebularis Batsch 1789 (synonyme)
  • Agaricus pileolarius Bull. 1789 (synonyme)
  • Agaricus pileolarius var. pileolarius Bull. 1789 (synonyme)
  • Clitocybe alba (Bataille) Singer 1951 (synonyme)
  • Clitocybe nebularis var. alba Bataille 1911 (synonyme)
  • Clitocybe pileolaris (Bull.) Murrill 1915 (synonyme)
  • Gymnopus nebularis (Batsch) Gray 1821 (synonyme)
  • Lepista nebularis (Fr.) Harmaja 1974 (synonyme)

Description du sporophore[modifier | modifier le code]

Hyménophore (chapeau) gris-brun, convexe, mesure de 7 à 20 cm de diamètre, puis légèrement déprimé au centre, à marge enroulée, souvent mamelonné

Cuticule : la cuticule est grise et blanche comme un ciel peu couvert d'où son nom, blanchâtre à gris clair voire gris marron, plus foncé au centre

Hyménium : les lames sont serrées, peu décurrentes (qui descendent le long du pied), de couleur crème pâle. Elles se détachent facilement lorsqu'on les gratte et laissent apparaître la chair lisse de l'hyménophore.

Stipe (pied), de 8 à 10 cm de haut pour un diamètre de 2 à 3 cm, est de la même couleur que les lames et s'élargit vers la base.

Odeur : ce champignon dégage une forte odeur très caractéristique (de farine fraîche?) mais indéfinissable.

Morphologies grégaires[modifier | modifier le code]

Clitocybe nebularis peut présenter différentes morphologies grégaires : il peut être conné, cespiteux, coalescent, concrescent et présenter des phénomène d'anastomose.

Il peut aussi développer un mycélium annulaire.

Habitat[modifier | modifier le code]

C'est un champignon très commun, qui pousse en forêt surtout sous feuillus à la fin de l'automne, dans des creux où l'accumulation des feuilles permet le développement du mycélium, souvent grégaire et parfois en ronds de sorcières.

Comestibilité[modifier | modifier le code]

Ce champignon est comestible mais peut se révéler indigeste ou laxatif. Pourtant, certains mycologues assimilent ce champignon comme étant légèrement toxique (parfois, il peut provoquer des intoxications digestives sans gravité). Pour éviter tout problème digestif, la toxine contenue peut être retirée en blanchissant les champignons réhydratés 3 fois, en jetant l'eau à chaque fois. Cela a également l'avantage d'adoucir le goût. En Franche-Comté, ce champignon est régulièrement consommé, notamment dans les croûtes aux champignons. Il est également consommé en soupe.

Clitocybe nebularis – contient plusieurs substances toxiques et allergènes: (clitocybine, clitocypine, nebularine (mutagène) – inhibiteur de protéinases (inhibiteur de la coagulation et neurotoxique) –, acide nébularique, mannitol, qui engendre un syndrome gastro-intestinal chez certaines personnes: accès diarrhéiques 40 minutes à deux heures après l'ingestion, crampe intestinales violentes. Ces molécules sont thermostables (résistantes à la chaleur)[3].

Mais, pour les mycophages passionnés, il semble qu’en enlevant la cuticule du champignon les désordres d'ordre psychique disparaissent et l'action purgative est notablement réduite. Les spécimens âgés de Clitocybes nébuleux, – même soumis à l'action du gel –, gardent un bel aspect très engageant, bien que la putréfaction ait commencé. Le mycophage récoltant commet alors une grave erreur, non pas d'identification d'une espèce ou d'appréciation de sa toxicité, mais de comestibilité stricto sensu, les hyphomycètes qui se développent en surface étant très toxiques[3].

Enfin la toxicité semble augmentée selon les conditions climatiques. En effet, un temps spécifique aurait pu stimuler la synthèse d'une grande quantité de toxines déjà présentes dans le champignon à l'état natif. Il faut donc se méfier quand on les trouve en grand nombre et bien développés[3].

Confusion possible[modifier | modifier le code]

Avec l'Entolome livide, dont toutefois les lamelles sont plus rosées et ne se détachent pas de l'hyménophore lorsqu'on les gratte. L'apparence de ce champignon, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, peut être très différente entre l'état juvénile "bon à récolter" et la pleine maturité lorsque l'espèce commence à produire les spores censées assurer sa pérennité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Régis Courtecuisse et Bernard Duhem, Guide des champignons de France et d'Europe, Delachaux & Niestlé, 1994-2000.
  • Marcel Bon, Champignons de France et d'Europe occidentale, Flammarion, .
  • Dr Ewaldt Gerhardt, Guide Vigot des champignons, Vigot, (ISBN 2-7114-1413-2).
  • Roger Phillips, Les champignons, Solar, (ISBN 2-263-00640-0).
  • Thomas Laessoe et Anna Del Conte, L'Encyclopédie des champignons, Bordas, (ISBN 2-04-027177-5).
  • Peter Jordan et Steven Wheeler, Larousse saveurs : Les champignons, Larousse, (ISBN 2-03-516003-0).
  • G. Becker, Dr L. Giacomoni, J Nicot, S. Pautot, G. Redeuihl, G. Branchu, D. Hartog, A. Herubel, H. Marxmuller, U. Millot et C. Schaeffner, Le guide des champignons, Reader's Digest, (ISBN 2-7098-0031-4).
  • Henri Romagnesi, Petit atlas des champignons, Bordas, (ISBN 2-04-007940-8).
  • Guy Redeuilh, Larousse des champignons, (ISBN 2-03-560338-2).
  • Aurélie Roux et Philippe Savuc, Intoxications par les champignons réputés comestibles (thèse (thesisnumber: 08GRE17042 ; inist: 23639421)), Grenoble, Université Joseph Fourier, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Batsch, in: Elench. fung., cont. sec. (Halle): p. 25, 1789
  2. P. Kumm. in: Führ. Pilzk. (Zwickau): p. 124, 1871
  3. a, b et c Roux et Savuc 2008

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Liens externes[modifier | modifier le code]