Claudine Hermann

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Claudine Hermann
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Mars 2013.

Naissance
Paris (France)
Nationalité Française
Institutions Professeur de physique émérite
École Polytechnique
Diplôme Agrégation de physique
Doctorat d'État ès sciences
Formation École normale supérieure de Sèvres
Renommée pour Cofondatrice de l'association Femmes & Sciences

Claudine Hermann, née en 1945 à Paris, est une physicienne française et professeur émérite à l'École polytechnique.

Elle est la première femme nommée à un poste professoral dans cette école, en 1992[1]. Elle est présidente d'honneur de l'association Femmes & Sciences qu'elle a co-fondé en 2000 et vice-présidente de la Plateforme Européenne des femmes scientifiques (European Platform of Women Scientists EPWS).

Parcours de formation et professionnel[modifier | modifier le code]

Ancienne élève de l'École normale supérieure de jeunes filles (S1965)[2], agrégée de physique (1969), elle soutient en 1976 une thèse de sciences intitulée Pompage optique dans l'antimoniure de gallium : détection optique de la résonance électronique, à l'université Paris VI[3] et obtient le titre de docteur d'État ès sciences. Spécialiste de physique des solides, ses travaux ont porté sur le pompage optique dans les semi-conducteurs, la photo-émission d'électrons polarisés, et l'optique en champ proche. Elle est assistante à l'École normale supérieure[réf. souhaitée], avant d'être recrutée comme maître de conférences à l'École polytechnique (1980), où elle est nommée professeur en 1992. De 1980 à 2005, elle est directrice-adjointe du Laboratoire de physique de la matière condensée (LPMC UMR 7643). Elle devient professeure émérite en 2005.

Engagement et responsabilités institutionnelles[modifier | modifier le code]

Claudine Hermann étudie la situation des femmes scientifiques en Europe occidentale. Fille de pharmacienne, elle s'interroge sur l'influence du métier de la mère et du métier du père dans l'orientation professionnelle des filles[4]. Elle s'efforce d'inciter les filles à investir les activités scientifiques, en réalisant des conférences et en publiant des articles[5]. Claudine Hermann souhaite « leur donner d'autres exemples que l'inaccessible Marie Curie[1]. »

À la suite de sa nomination comme première femme professeur de physique à l'École polytechnique, Claudine Hermann se sensibilise au déficit de femmes dans les secteurs scientifiques, et s'engage dans des actions institutionnelles. Elle participe aux études pionnières que dirigent Huguette Delavault (1924-2003) et le réseau Demain la parité, sur la place des filles dans les classes préparatoires scientifiques (1997), puis dans les grandes écoles scientifiques (1998). Elle est co-auteure d'un rapport intitulé Les enseignants-chercheurs à l'université : la place des femmes, avec Noria Boukhobza, Huguette Delavault et Françoise Cyrot-Lackmann[6], dont est tiré l'ouvrage, Les enseignantes-chercheuses à l'université : demain la parité ?[7].

En 2000, Claudine Hermann est membre fondatrice et première présidente de l'association Femmes & Sciences, créée avec Huguette Delavault, Françoise Cyrot-Lackman, Françoise Gaspard, Colette Kreder et l'association femmes et mathématiques. Elle en est actuellement présidente d'honneur.

De 1999 à 2006, elle représente, au sein de la Commission européenne, l'association Femmes et Sciences auprès de la Direction générale de la recherche. Elle est coauteure du rapport du groupe de travail « Femmes et sciences » du réseau ETAN, Intégrer la dimension du genre, un facteur d’excellence en 2000[8]. Ce rapport qui présente un état des lieux détaillé et des recommandations concrètes à l'intention de l'Union Européenne et des États membres, a reçu l'approbation du commissaire européen à la Recherche Philippe Busquin. Claudine Hermann fait également le point sur les développements de cette question en France, à la direction de l'Enseignement supérieur du ministère de l'Éducation Nationale et au Centre national de la recherche scientifique, dans la revue Sciences de l'Association française pour l'avancement des sciences (AFAS)[9].

En 2005, Claudine Hermann contribue à la fondation de la Plateforme européenne des femmes scientifiques (European Platform of Women Scientists (en)) (EPWS), qui regroupe une centaine d'associations et 12 000 femmes scientifiques. Elle en est la première présidente, puis la vice-présidente.

Elle est membre du conseil d'administration de la Fondation d'entreprise EADS. Elle est membre du jury des prix Irène-Joliot-Curie, membre du conseil d'administration de l'Association française pour l'avancement des sciences (AFAS), membre du groupe Égalité Femmes-Hommes de la Conférence des grandes écoles (CGE).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Physique des semi-conducteurs, avec Bernard Sapoval, Paris, Ellipses, 1991 (ISBN 978-2-729-89065-0).
  • Physique statistique et illustrations en physique du solide, Éditions de l'École Polytechnique, 2003 (ISBN 978-2-7302-1022-5).
  • Les enseignantes-chercheuses à l'université : demain la parité ? avec Huguette Delavault, Noria Boukhobza, Claudine Hermann, Corinne Konrad (ISBN 978-2-747-53157-3).
  • (Article) « Que faire pour que les filles fassent des sciences ? », avec Véronique Slovacek-Chauveau, Cahiers pédagogiques, no 467, en ligne.
  • « Femmes et sciences, en Europe et en France », Sciences, revue de l'AFAS, no 2,‎ , p. 3-6 (ISSN 0151-0304).
  • (Chapitre) « Women and Science in France », avec Françoise Cyrot-Lackmann, Jeanne Peiffer and Hélène Rouch, pp. 227-263, in Neelam Kumar, Gender and Science, Studies across Cultures, Fondation Books Delhi, Cambridge University Press Pvt. Ltd. India, 2012. (ISBN 978-81-7596-925-4).
  • « Les femmes et la science, une vieille histoire de stéréotypes », émission La tête au carré, avec Sophie Robert, Anne Pépin, 13 février 2014 [1].
  • Claudine Hermann, An interview at TSPMI, université de Vilnius [2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Azar Khalatbari, « Claudine Hermann, La cause des femmes », La Recherche, no 330,‎ (lire en ligne).
  2. https://www.archicubes.ens.fr/lannuaire#annuaire_chercher?identite=Claudine+Hermann.
  3. Thèse de sciences, notice SUDOC, consultée en ligne le 18 juin 2015.
  4. « Claudine Hermann, en habituée de l'exigence quantitative, accumule des données, établit des statistiques sur les caractéristiques de ces perles rares que sont les femmes scientifiques. Bien plus que les hommes, elles seraient issues de parents ayant tous les deux suivi des études scientifiques. Le goût des maths et de la physique se transmettrait-elle de mère en fille ? Une très forte corrélation l'indique. Du coup, moins de femmes scientifiques signifie aussi moins de filles en sciences . » (…) «  Claudine Hermann, fille de pharmacienne, - donc de mère scientifique, ce qui confirme les statistiques - était entourée de parents ayant fait de longues études », Azar Khalatbari, « Claudine Hermann, La cause des femmes », La Recherche, no 330, avril 2000.
  5. European Platform of Women Scientists, page de Claudine Hermann.
  6. « Rapport au Ministère de l’Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie, Direction de l'enseignement supérieur, notice SUDOC » (consulté le 28 juin 15).
  7. Huguette Delavault, Noria Boukhobza, Claudine Hermann et Corinne Konrad (préf. Françoise Gaspard), Les enseignantes-chercheuses à l'université : demain la parite, Paris, L'Harmattan, , 192 p. (ISBN 978-2-747-53157-3, OCLC 300773708, notice BnF no FRBNF38927375).
  8. Rapport en ligne
  9. Claudine Hermann, « Femmes et sciences, en Europe et en France », Sciences, no 2,‎ , p. 3-6 (ISSN 0151-0304)
  10. JO Décret 31 décembre 2014
  11. « Photos de la cérémonie de remise des médailles. », sur Présidence de la République (consulté le 24 mai 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notice sur le site de l'EPWS [3].
  • Gender-balanced research : an interview with Prof. Claudine Hermann, EPWS Vice-Président, 26 juillet 2012 [4].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]